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REVUE

LANGUES ROMANES

Tome XLVII

(y SBRIB — TOMB VII)

SOCIÉTÉ DES LANGUES ROMANES

MONTPELLIER

REVUE

DBS

LANGUES ROMANES

HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE

Alexandrin. — Les savants' qui se sont occupés de This- toire de la versifioation'française on cru jusqu'à présent que le plus ancien exemple de remploi de ce mot, au sens technique , dont il s'agit, était fourni par le « Doctrinal de la secundo rétorique » (1432) de Baudet Harenc, dont Tunique manuscrit se trouve à la bibliothèque du Vatican («Reg. », 146 £). Voici le passage en question : Sont dittes u lignes alexandrines » pour ce que une ligne des fais du roj Alexandre fu fait de cette taille (Voir Renan et Darembert, « Archives des Mis- sions » I, 278). Mais je puis affirmer, avec les preuves à l'appui, que le mot a alexandrin » se trouve déjà dans un petit traité, composé avant 1425, intitulé « Les règles de la seconde réthorique », et qui est encore inédit : « Rime Alexandrine jd pour faire romans est pour le présent de douze

1 Cf. « Orundriss », § 60, ainsi que «Romania ». XXII. p. 2^. XLvii. - Janvier- F«'?vricp 1903.

167925

6 HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

silabes chadcuue ligne en son maBculin et de XIII en fémi- nin. Et aont à ceste exemple :

Seigneurs or faites pais pour Dieu le Roj divin

Chevalier et aergent escuier et meschin

Et vous orrez chanson d'un noble palasin, etc.

(Bibl. Nat. Manuacrits, a Nouv. acq. françaises », 4237, f» 10, r°) '.

Littré ne cite pas d'exemple antérieur à Ronsard ;Hatzfeld et Darmesteter ne remontent pas plua haut que le « Champ- fleury » (1529) de Oeoffroi Tory { cf. B. iii. V), cepen- dant, même en laissant de côtelés mss,, ils auraient pn trou- ver des exemple», tant dans « L'art el science de rliéloriqua a (Toulouse, imprimé par Vérard. 1493, T b. iii. r"). signé par Henri de Croy mais qu'il fautmaintenantattribuer & Jean Molinet ', que dans n Le grrand et vrai art de pleine rhétori- que B de Pierre Pabri (1521 ').

Assonance {nme de Goret). — Pour !e mot o assonance ii je ne connais pas d'eieraple antérieur à celui que donne le u Dictionnaire général d de Halzfeld et Darmesteter.

On sait que les théoriciens du moyen âge ont donné h l'as- sonance le nom dearirae de Goreto ou de urime en Qorel», par opposition à la rime u léonine ii dont ils dérivaient le nom de celui du lion, le plus noble des animaux. Cette expression appliquée à l'assonance ne se rencontre pas avant la lin du XV° siècle; a Rime en Goret », est quant les der- nières sillabes de la ligne participent en aucunes lettres.

Exemple :

C'est le lict denostre coûte On le fait quant on se couche.

* Sans douto que ce petil Ira'M fera partie du recueil des Arts de rh6' torique du XV' siècle que M. E. Langloia prépare depuis quelque temps el qui doit paraître prochainement dans la coUoction dos Documents inédits (cf. « Remania », janv. 190;i, p. 170), — N. B. Le recueil de M. Langlnis a paru depuis la première rédaction de rarllcle présent, Il conticat, on effet, le Iraité dont il est question ici.

* Sur cette question rnir la tliAse de M. Emest I^nglois : « Du Artibus rhetoricœ rbythmicie i, Parisiis, 1890, p. !>l. sqq.

' et. l'édition de HÉPon. Rouen, 1890, II, p. 3,

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE (Je&D Uolinet, « L'art et science de rhétoriqui

Voici on seoûDd ei ftcinéea préa, tiré de plusieurs sortes de rii

niple, de la même époque à quelques L'art de rhétorique pour rimer en

le rime b Goret » La rime des rimes Se ie suis appert Voua le veez par signes.

(A. ii. r").

"mire . — Slengel (t Grundriss », § 102) dit qu'il trouva le mot employé pour la première fois dans les i< Bigarrures a de Tabourot, dont la première édition est de 1572, et dans « La manière de Taire des vers en français comme en grec et en Istin H de Jacques de la Taille, qui fut imprimé l'année d'après. HaUfeld et Darmesteter|cilent 1' « Art poétique m de Ronsard (cf.édit. Blanchemain n Œuvres n Vll,p. 320), mai3]seulement ■u sens de (i éliaion ». Cependant le mot césure ae trouvo dans le même art poétique au sens moderne : Les vers alexandrins et !es communssont seuls entre tous qui reçoivent a césure •> sur la siiième et quatrième syllabe (u Œuvres u VU, p. 332). Il y a plus ; il est déjà employé couramment par Peletier du Mans ; par exemple dans le passage qui suit de son u Art poétique » (1555), où il s'agit de vers de dix et de douze sitiabes : Ces deus derniers ganres de vers françoes... ■ont oeus qui ont h césure n : car tous les autres n'au ont point (p. 57).

Cinquain. — La plus ancien emploi de ce terme se trouve l&na « l'Art de rhétorique pour rimer en plusieurs sortes de I rime «(ciroa 1490) :

Je suis de cinq piez Ainsi enlassez ; u Cincquain ii m'appell' on ; En dit de chancon

« HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

DiUique. — Ce mot semble avoir été employé pour la première fois, pour désigner une petite pièce oonaposéa de deux ver», dans r II Art poétique » de t'elelier du Mana : Liis vers de l'Kpiatre seront toua d'une nie^me meaure : A la différence de l'Elégie, laquelle ja suis d'opinion que aefera du vers Dodé- casyllabe, accompagné du Décasyllabe : c'eat-à-dire par « Dis- tiques H (p. 67).

Dizain. — Le mot ii dizain », dans l'acception dont il a'agit, se rencontre pour la première foia dans un petit traité de rhétorique de l'année 1521 ou 1520, compose juir un ano- nyme, qui suit Moliuet de près : Autre taille de fthétorique est trouuée de dix lignes, nommée ■ dizuins » (Bibl. Nat. f. franc. 124.34, fil, r-).

Domain. — Je ne connais pas d'exemple antérieur au traité de Molinet : Autre taille de rime nommé ndouzaina u ou deux eatas { b, il, V),

Elidei: Elision. — Pour le verbe Hatzfeid et Darmeateter citent Robert Estienne (1549J. Voici un exeoipia plus ancien, tiré de 1" b Art poétique françois » de Thomas Sibilet (1548) : Car, auenantce, faut que la sizième syllabe commence d'une voiele, soubz laquele ceat e femeiiin aoit u élidé " (f° 16, i'°).

Quant au substantif a élision », c'est égalem«nt l'auteur de 1' K Art poétique françois i> qui en fournit le plus ancien exem- ple : Du durèrent vaage de Te masculin et fenjeniu, et de r 11 élision u de l'e feraenin par l'apostrophe (f Jif, r°).

Littré ne dit rien de l'historique de ce mot, et Eatzfeld et Darmeatelarrdnvoient au a Dictionnaire Universel ii deFure* tière (1690).

Enjamber.— he plua ancien exemple de ce mot, dana l'accep- tion dont il s'agit, se trouve dans la préface de la " Franciade « de Ronsai'd : J'ay esté d'opinion en ma jeun>)3se, que les vers qui • enjambent » l'un sur l'autre n'estoient paa bons en nosire poésie, (a Œuvres », éd. Blanchemain, lll, p. 20).

Uatzfeld et Darmesteter ne remontent pas plua haut que Boiteau et la Fontaine. Littré ne dit rien de l'hiatorique de ce mot.

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE 9

Envo^. — On a dû se servir de ce terme bien avant la fin du XIV* siècle, cependant je n*ai pas réussi à découvrir d'exemple «fe son emploi antérieur à L*«Art de dictier » d*Eostache Deschamps : Et Tf envoj » d^nne balade de trois vers ne doit estre que de trois vers aussi (Œuvres, éd. De Qoeaz de Saint-Hiiaire et Rajnaud VII, p. 278).

Hémistiche. — Littré cite Boileau, et Hatzfeld et Darmes- teter renvoient au uRecueii9 de DelbouUe, qui signale l'emploi du mot dans la c Deffence » de du Beliaj (cf. édit. Person, I». 90). Mais le mot « hémistiche » est déjà d'un usage cou- rant dans r « Art poétique » de Thomas Sibilet, dont la pre- mière édition est de 1548, par conséquent antérieure d'une année à lan Deffence • : En ces deuz vers mauvais, tu cognois en Ta hémistiche » ou se commet la couppe féminine, ie ne say quel son rompu, qui ne touche point pleinement ton aureille( f* 17. v).

Hiatus, — Littré ne donne pas d'historique. Hatzfeld et Darmesteter reproduisent l'exemple cité par Godefroj, et qui est tiré du a Grand et vrai art de pleine rhétorique » de Pierre Fabri : « Hjatus » se faist quand e féminin termine les motz (cf. éd. Héron, II, 129). Mais dans ce passage le mot hiatus à la valeur de a élision ». Au sens prosodique, je n'ai pas rencontré d*exemple antérieur au « Traité de la poésie française» du père Mourgues (168 1, : C'est à cotte vicieuse rencontre de voyelles que Ton a donné le nom d'« hiatus » (p. 17). *

Huitain. — Le petit traité de Molinet semble fournir le plus ancien emploi de ce mot, si je ne me trompe : Autre taille de vers « huitains » appeliez francois sont assez corn- mans en plusieurs liuures et traictez comme en la Belle damo tans mercj, TOspital d'amours et le Champion des dames (l'cArt et science de rhétorique ». A. iii. v»).

Ijiisse, — Je ne connais pas d'exemple antérieur à celui cité par Go iefroy :

ï Malherbe(cf. « Commentaire », < Œuvres >» éd. Lalauiie IV, p. I:W(>). se sert du mot «entre-baillement».

10 HISTOIRE DES TKRMEB TECHNIQUES

De Parteaoble le Qaloia Sai je plua da .xl. « laisses > .

(Montaiglon et Raj-naud, tRec. des fableauï des XUl" ôtXIV'sièûlea, I. p. 4).

Licence poéligue. — Mais l'on ne trenua point ligne de neuf sillabes masculioe, ne 'le dii féminine, ne de XI masouline, sans " licenee poétique ». (Fabri, éd. Héron, II, p. 6).

Quatrain. — C'est Peletier du Mans qui sembla avoir introduit le mot m quatrain u : Nous avons an Ppancoes de divers noms : qui sont depuis las » Quatreins >• jusque ans Douzeins (nÀrtpoétiqueu, p. 60).

Jtefrain. -~ Littrâ cite Cbarlea d'Orléans (ballade 46). et Hatïfelil et Darmesteter l'oArt de dictier, d'EusLache Das- charaps. Le mot ■ refrain n est beaucoup pluâ ancien ; on Ht dans « Méraugis » :

Cil

Dit au a refrain » de sa obançon Or du cbanter toutes et tuil, C'est 11 " refrains D ; s'il ne s'enfuit La jouste aura certainement.

(Éd. Miclialant, p. 137).

On sait que la forme ordinaire eu ancien français est

0 refret» (» refrait »), dont Oodefroy a recueilli plusieurs exemples. On employait aussi ii reprise », comme on italien .(« ripresa «):

Mon bon seignor de Bar, en ma n reprise u Dites, chancons, que de tôt son pooip Maintaigna Amor.

(Gautier d'Épinal, éd. Lindelof et WallenskOld, p. 89).

liime masculine, rime féminine. — Je ne saobe pas que les exemples de l'emploi technirjue de ces deux mots aient été recueillis par aucun lexicographe. ISn voici les plus a

I

tlE LA VEIlSIFICiTION FIlANÇATSK II

Le premier se trouve dans Jacobus Magnua (avant 1405), et le iecond dans le traité île l'anonjme de 1425 : Si dois don- ques gauoir que quant ce voieul e se prononce imparfaite- ment et fainteraent, lora la sillabe qui e^t terminée en tei voieul est appelée u féminine h (a Des rimes et comment se doivent faire ». Voir la thèse de A. Coville : u De Jacobi Magni vita et operibus », Paris, 1889, p. 70).

Sont de 5 couplés et le prince, qui est appelez l'euvoy, et est de 11 lignes, uhascune ligne de 10 âilabes ou h masculin >> et 'le Hou << féminin '> (Bibl. Nat. Manuscrits, 0 f. franc. B 12434, C 12, v") '.

Hime suffisante. — C'est le père Mourgues qui, le premier, s'est servi de ce qualiâcalif. appliqué à ia rime. On lit dans son a Traité de la poésie frHDçaise i (Toulouse, 1884) : La Rime masculine est » suffisante h, lorsque la dernière voj'ella ou diphtongue des mots, avec tout ce qui la suit, ; rend un même son (p. 29.)

A(>ne riche, — L'historique de l'emploi technique du mot • riche n ne se trouve dans aucun dictionnaire. Stengel (« Grun- driss » § 142) dit qu'il trouve cette expression employée pour la première fois dans 1' » Abrégé de l'art poétique <> de Ron- sard. On la trouve en effet dans cet ouvrage (cf., « Œuvres m, VU, p- 32d}, mais on peut citer au moins oinq exemples anté- rieurs à la date de 1' « Art poétique n de Ronsard. Jo me bor- nerai à en citer trois seulement : La sccomle espèce de ryme est appelée, u riche », a cause de son abondance et plénitude. (Sibilflt, R (Art poétique français •, f° 22, r'). Les deux aotree sont antérieurs à Sibilet de plus de cinquante ans ;

Quand du verbe ou du nom ie rime L'un contre l'autre en équiuoque La façon passe « riche rime » Car il est parfait équiuoque.

u L'Art de rhétorique pour rimer en plusieurs sortes de e n. A ii. V*. ciroa 1490).

» MoUnet (A. ii, v) »

I, pour désigner le

la HISTOIRE DE3 TERMES TECHNIQUES

On lit à la même date environ dans « L'Art et science de rhétorique » île Molinet: Tant les plates redites que les rodiotea finies en goret et ricqueraque sont contées en termes de rhétorique et conitamnées en ri^onrem examen; il les fault éviter de toute puissance et quérir termes plus « riches n et mieulx recommandés oomma dictions aucunement pareil- les sans estre équivoques et contraires en sig^niflclion (b, iii. 2, V).

/iimes plates. — L'expression « rime plate <i sa trouve déjàoomme rubrique dana 1' t Art de rhélhorique pour rimer en plusieurs sortes de rima u (c. 1400), mais les exemples (Ail V, et A iii r'jqui suivent la rubrique b rime plate n mon- trent que l'auteur y attribuait un tout autrs sens.

Stengel (n Grundrisa » § 155) renvoie aux vers bien con- nus des « Epislres Morales et familières ii de Jean Bouchet (imprimées en 1545), dans lesquels la règle de l'aUernance des rimes est énoncée :

Je treuve beau mettre deux féminins

En << rime plate », avec deux masculins.

Semblable ment quand on les entrelasse

En vers oroisés... (>< Epistre n, cvii).

Voici deux autres exemples, dont un dans tous les cas est antérieur k Tépître mentionnée en dernier lieu. Le premier est également fourni par le procureur de Poitiers, et se trouve dans l'épltre en lêle de l'édition de i;i36 lies ■< Angoys- ges et remèdes d'amours du Trauerseur en son adolescence n (c. 1500) ; Et en a rilhme pUte n (qu'on appelle Leonyne) na ordonnois ne entrelassois les masculins et femenins vers, La second exemple est tiré de « L'Art et science de rhéthorique metrifâée d de Gracien du Pont (1538) : Et par ainsi participe des dictes « plalte » et croysée. De la croysée comme est dict dessus, et de la n platte » aulx deux premiers signes .iiij. et V. qui sont semblables(P'XVlII, r").

Hitites suivies. — L'emploi de cette expression, à côté de • rimes plates u,eat tout récent. Selon Stengel (« Grundriasu §155) on la trouve employée pour la première fois dans l'it Art

1

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE 13

de la poëaie française et latiae n de Â. P. de la Croix (Lyon 1094). Od j lit en effet à la page Q2: La 7 Règle coocerae les BRJmeaaDivie3»,c'eBt-à-dire,lors qu'aprèadeuivers masculins on eu metdeui féminins, puis deux masculins ei deux féminins ensoite, en continuant toujours ce mélange jusqu'à la fin de l'ouvrage que Ton fait. Jh ferai remarquer que cette expres- sionétaitdéjà connue de Claude Lancelot(cf. l'édit. de 1681 de a La nouvelle méthode pour apprendre... la langue latine » p. 506), et que c'est à Richelet que revient le orédit, ai crédit il y a. de l'avoir introduite : Hllles[les rimes) sont a suivies », loraqn'aprèB deux vera féminins il y a deux masculins, puis deux fémiuins, ensuite deux masculins, en continuant de la sorte jusqu'à la fin de la pièce (« La versification française ». ëd. 1677. p. 221).

Airr>» lioublelte. — En ancien français on employait plutôt l'expreasion a rime doublette » pour désigner les rime^ qui se suivent unimeut, deux par deux. A ce propoa Stengel { « Grun- drisBo. § 155) cite Molinet (1493). Voici un exemple qui date d« 1425 : Autre taille commune est dite n doublette w ai comme le romant de la Rose (h Lea règles de la seconde rhê- thorique n f°. 13, v°]. On sa servait aussi à cette époque de l'expreBsion u rime couplette ii. A l'exemple cité par Stengel (« Orundrisa u g 155), on peut ajouter :

Seize cens « couplettea ■ feras Et en quatre pars les mettras. (Froissart, n Poéaies i. éd. Scheler III. p. 75),

^^^ Rime» croisées. — Stengel (n Oruudrias ». § 158) cite Pabri {cf. éd. Héron, 11. p. 32). Il aurait pu remonter jusqu'à l'anonyme de 15'24 ou 1525 : 11 se treuve autre façon de ■ ryme croysée » qui est toute liée et lacée de quatre lignea «D 4 ligaea (f.53. v").

Rimes mêlées. — C'est le père Mourguea qui, le premier, a employé cette expression, dans le sens qu'on lui donne aajoard'hui : L'ordonnance des ouvrages de Poésie est &... « EUmes mêlées d, lora que dans le mélange des vers on ne

Il mSTOlftE DES TERMES TERCHNI0DE3

garde d'autre règle que celle de ne pas mettre de suite plug de deux masculins, ou plus da deux féminins (■ Traité de la poésie française n, p. 27), Gracieii du Pont (o Art et science de rhétorique metriffiée d, 1539. f- XXXIU, V) s'en était déjà servi, mais non pas dans la même a<:ception,

Rimes normandes. — Voici, je crois, le plus ancien témoi- gnage de l'emploi de cet adjectif, dans le sens technique dont il s'agit. Ménage, k propos de la rime « vanter: Juppiter », fait la remarque suivante dans ses « Observations » sur Malherbe (1636) : Notre poète emploie ailleurs ces rimes vicieuses, que nous appelons <i normandes n, parce que les normands, qui prononcent e ouvert comme e fermé, les ont introduites dans notre poésie (p. 371).

Rimes redoublées. — Pour cette expresaiou. je renvoie à la thèse de Rucktaschel {« Einige Arts Poétiques aus der Zeit Bonsard's und Malherbe's >, Leipzig, 1889, p. 03), ou on trouvera un exemple de l'emploi de ce terme, tiré des a Premières Addresses du chemin de Parnasse u da du Oar- din (Douay, 16a0).

Rime tiercée. Rime tierce. — On s'est d'abord servi des expressions « vers tiercés » ou <( rima florentine u ; ainsi Lemaire de Belges, dans un passage de la a Concorde des deux langages » (1511), où il réclame l'honneur d'avoir intro- duit la « terza rima M en France, s'exprime de la sorte; La première (parlie) contiendra la descrijition du temple de Venus, selon la moile poétique. Et sera rhythmée de « vers tierces », h la façon Italienne ou Toscane, et Horentine : Ce que nul autre de notre langue Gallicane ha encores attenté d'ensuivre, au moins que je sache {<• (Euvres », éd. Slécher, m, p. 101). Le plus ancien exemple de l'emploi de « rime tiercée n est fourni par Jean Bouchât ; on lit comme rubrique de la LXVII" épître des ■ Epistres familières n : Eplstre res- ponsivQ de l'acteur audîct maistre Germain Colin en mesme H rime tiercée • dicte Florentine, ou est touché de diverses choses. Quant à l'expression « rime tierce n, elle ne se ren- contre pas avant 1548: Les car^uus de dix syllabes y sont plus communs ; rien n'empesche toutesfois d'en user d'autres,

I

toot ainsi que la ryme Italienne dite >< Tierce n, y est plus souvent usurpée (T. Sihilet, <• Art poétique ii,f*68, r').

Septain, — Autres vers a aeptains n de huit sillabea et de sept lignes sout trouvez en plusieurs euures dont la derre- niere ligne chet en commun proverbe (Molinet, ii L'art et science de rhétorique », a. iii. r").

Sixain. — C'est également dans le traité de Molinet que se trouve le plus ancien emploi du mot « sixain » : Antre titille « sixains M qui se font en moralitez et ieus de person- nages en responoe ou redargutiona (ibid.).

Stance. — Je ne connais pas d'exemple aotérieur i. celui qne UatiTeld et Darmesteter empruntent au » Recueil » d« Delboalle, et qui remonte à 1555.

Vtrt blancs, — C'est Voltaire qui semble avoir le premier fait usage de cette expression ; on lit dans 1' c Avertisse- ment du traducteur'» de sa traduction de a Jules César » : Les M vers blancs n ne coûtent que la peine de les dicter, cela n'est pas plus difficile i. faire qu'une lettre. Les anciens théo- riciens s'étaient servi de l'expression a vers non rimes u (cf. Sibilet, u Art Poétique «, f 75, r°).

Vers commun. — Cette appellation, appliquée au vers de dix syllabes, ne remonte pas plus haut que Ronsnrd : Les n vers communs u sont de dix à onze jillabes. les masculins de dix, les fœmtnins de onze (a Art poétique » : te Œuvres ii, Vil, p. 331). On peut aussi, ai l'on vent, se reporter à la pré- face de la 11 Franciade " (n Œuvres », III, p. 16). Du Bellay (a DefTence u, pp. 116 et 142) préfère l'expression « vers héroïque b, que je n'ai pas trouvée avant Sibilet, qui l'emploie Gonramment (cf. P la, r", etc.).

Veri libres. — Avec la valeur qu'on lui donne aujourd'hui, cette expression ne se rencontra pas avant le commencement do XVII* siècle ; ^'pendant Du Bellay s'en était déjà servi dans la << Defience », mais seulement comme équivalente de l'italien u versi scioiti » ou vers non-rimés : Autrement, qui ) Toudroit reigler sa Hythme comme j'ay dit, il vaudroit

16 HISTOIRE DES TEliMES TECHNIQUES

beaucoup mieux De r^mer point: mais faire des » vers librea n, comme a fait Pétrarque en quelque endroit : et de nos tens le seigneur Loys Aleman, en sa non moius doute que plaisante Agriculture (éd. Person, p. 132).'

M reste tnaintenantàparlerdespocmesàtormefixe, ainsi que de quelques autres genres, qui, bien qu'ils n'iippartiennent pas strictement à cette catégorie, ont été inclue dans la liste qui suit, pour ne pas trop compliquer notre exposé.

Acrostiche. — Hatzfeld et Darmesteter citent un exemple fourni par Bullandre (1585). En voici un autre, antérieur de plusieurs années. On le trouvera dans les a Bigarrures h du seigneur des Accords (Tabourot), dont la première édition est de 1572, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer : ■ Acros- ticlies II donc sont vers qui en leurs premières lettres con- tiennent quelque nom propre, ou autre mol de chose intelli- gible (éd. de 1591, Rouen, p. 135).

ISaUnde. — Pour ce mot je renvoie aux précieuses indica- tions de P. Meyer dans la » Remania » (XIX, pp, 30-1). Jo tiens cependant à faire remarquer que le mot ii ballade n se trouve déjà dans le tns. Douce (308) de la Bodléienne, comme on peut s'en uonvaincre en lisant la copie de Steffens dans r II Archiv II de Herrig (99, p. 342): a Ballaide d sens demo- reir. uai ou ie tan voie, a ma miete parler et fai kelle toie, eto.

Le plus ancien exemple de • Ballette >, la forme française du mot qui fut supplantée, vers la fin du Xllt' siècle, par la forme provençale « ballade » ", se trouve à la rubrique d'une des sections du chansonnier Douce.

1 On pourrait également allégusr le titre du recueil de vers blancs de Biaise de Vigcn6re ; < Le Psaultier de David, tornè en proae mesurée ou • vers libres > [158S).

' La plus ancien exemple du mot 'ballads > que je connaisse en pro- reoçal, se iFouve dans la «tornadan d'une des chansons de Pont de Uipduoill, qui composait vera ttdO:

Dona N'Auda, < balladas - ni chasos No vaelb faire, que noj |iarle de vos

(Ad. M. tt>D Nupolski, p. 52).

DE LA VERSIPICATION FBANÇAISl Le dîmiDutif o balladdUeu , qu'on rencontre encore an SV' siècle, semble avoir été eraploj'ê pour la première fois dans le » Dit de la Paiitlière d'amours d {tomposé vers 130O) de Nicole de Margival :

Pour estât qui ainsi chancelé S'en ajfftitceate abaladele ».

{é.l. Todd.vv. 2339-40).

»Bergerelle. — Je ne connais pas d'exemple antérieur i wlai-oi, tiré du uDit de lapaatoure h de Christine de Pisan;

Cespastours o leurs chevretes Au joli chant des ojaiaulx Vous dient uus ti bei'giereles« Et ces beaux motez iiouveaulx. (a Œuvres n éd. Maurice Roy II, p. 243) '.

Chant royal. —L'expression «chant royal" apparaît déjà au XIII* siècle, et désignait alore une chanson de danse sans aucune forme particulière, niai^ plus étendue que les chan- sons ordinaires — Ue cinq ou de six Btrophes. Ainsi Nicole de Margival, avant de citer les premièree atropiiea de la chanson de Adam de la Halle [riQui a droit veut Amoris __Mrvir 11 : Voir de Coussemaker, ii CEuvrea n , no. XVIII) dit :

Entent qu'Adam au cuer loial

En dit en .1. sien «chant royal »

(n La Panthère d'Amour ", vv. 1140-41)'

! Appliquée au poème à forme fiie qu'on sait l'expression

■ chant rojat > n'apparaît pas antérieurement à Froisaart :

Rethorique fait virelais, Balladds, <i chans royaus » ot laia,

(a Poésies» m .72.632-3).

genrs de poâsie, l'dnalractiC ds la

e rétlioriquo <• (b. iii. r'), ou Mea encore le traita da Pierre ■i (éd. Hl'tou II. p. 11). ' Nicole do MargÎTfll applique le même terme à deur autres de» ■ da trouTère d'Arraa. cf. ■• Panthère d'amoar •, pp. 92 et 96.

18 HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

Deschampa ae connaît que uChançon royal» (Art de dic- tier » : «Œuvres VU. p. 278), qui ae trouve pour la pre- mière fois dans le «Roman du comte d'Anjou» de Jehan Maillart, aolievé en 1316 (cf. «Romania d XIX pp. 31 et 106).

Li autre dient en vielles H Cbançons royaux » et estempiea, Dancea, noetes et baleries (v. 13-14).

Descort. — On sait que le mot Kdeacortii désignoen ancien français une sorte de chanson où la forme et ta musique des différentes strophes changeât selon les sentiments contraires et variés qui y sont exprimés'. Le mot (aussi bien que la chose) sembla avoir été omiJruntô aux troubadours par les trouvères. Voici quelques-uns des plus anciens emplois de ce mot au nord de la France :

Ne Bai «dascort» u lai Mais il ol u refai, etc.

(Bartsch, iiHom. und Past ». I. 65).

Douce rien pour oui ie chant En mon « descort » vos demant.

(Waokernagel, «Altfranz. Lieder», p. 73)

Une bore dit les et a descors ii Et sonnez douz de cootrovaille. (a Roman de la Rose», éd. Michel, v. 4507-8).

< La meilleure définition de • descort» est eucore celle dcsi Lejs d'à- mors ■ (1356) : Deacorti ei ilictaz mot divers, e pot baver aylaatas coblaï coma vers— desacopilabliia e vamblaa en accort, en ao et en lengatga (cf, Oa tien -Arn ouït, « Monumenï de la litt. romane ■ I p.340J. On peut âi^alement citer avec avantage le début du fameui •> descort » de Rambaul de Vaqueiraa, qui ea tui-mèmB sert d'eieellente ddânitiun :

Eraa quan vey verdeyar

Pral» a vergiers u boscatgei,

Vuelh un descort comonaar

D'amor. per qu'ieu vauc a ralges ;

Qu'una Domno tu sol amar,

Mas camjatz l'es sos coratges,

Per qu'iuu fauc dezacofdar

Los moU e'I aoa e'ia leoguBtgos,

(Itejiiouard, > Cboix •• 11. p. 226).

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE 19

Je note en passant que (rodefroj' n'a pas enregistré le mot «descortn &u sens plus général de » désaccord u, n dispute n '. Eq voici deux exemples :

Amie entre vos et moi

Nait ne guerre ne ii descort ».

(Waekemagei, p. 21).

Quar monter y vi tel « deacort a. Qu'il y sachierent les espées.

(Jean de Condé. II. p. 8«).

Estampie. — Pour oe mot Je ne connais pas d'exemples antérieurs à ceux cités par Godefroj'. On pourra aussi con- sulter avantageusement l'étude de Pnu! Meyer. sur ta genre de poésie dans « Les Derniers Troubadours de Provence n (p. 81), oïl son origine provençale est établie.

Leà. — En ancien français ce mot n'avait pas d'autre valeur que celle de <i mélodie » ou de << poème n, au sens le pins général (cf. f. Wolf, ii Ueber die Lais und Sequenzen, pp. 2- 12). Ce n'est qu'au XIV siècle qu'on a donné oe nom à un genre de poème à forme âxe, dont la particularité la plus frappante était que la dernière strophe devait reproduire métriquement la première. Dans ce sens je ne connais pas d'exemple de l'emplui de ce mot antérieur à 1' » Art de dic- tier n d'Eustache Deschamps: Item, quant est des « laiz », c'est une chose longue et malaiaiée à faire et trouver (n Œu- «^ » VII, p. 287).

Ode. — On sait que Ronsurd a très catégoriquement ré- oluné l'honneur d'avoir introduit ce mot en français (cf. ■ Œuvres n H, p. lOJ. Le passage de 1' n Art poétique u de Peletier du Mans appuyant l'assertion du chef de la Pléiade éit moins connu : Ce nom d'Ode a été introduit de notre tans, par Pierre de Ronsard; auquel ne falhiraî de témoignage, que lui estant ancor en grand'jeunesae, m'an montra quelques fines de sa façon, an notre ville du Mans (p. 64).

■ Qodefroy a égilemiinl nnblié >• biladi » et <• balette. i

]

80 HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

Tant Pelelier que Roaaard se aont trompés; u ode » estdéj^ employé couramment par Thomas Sibilet. Ea voici un exem- ple: Le chant lyrique, ou 'i O'in a (car autant vault a dire) se façonne ne plus ne moina que le Cantique, c'est à dire autant variablemeat et inconstamment (c< Art poétique », f° 5Ô, v"). Le mot « ode n se trouve même au commencement du XVI' siècle dans la » Description du temple de Venus o (1511) de Lemaire de Belges, mais seulement au sens général de a chanson u :

Là récite on d'inuention sapphique

Maint noble dit, cantilenea et » odes », Dont le style est subtil et mirifique

(" Œuvres», III, p. 112}.

Pastourelle. — Pour oe mot, très fréquent dans rj.njieunu langue, je renvoie à Ciodefroy.

Rondet, Rondel, Rondeau. — La forme la plus ancienne est n rondet ", qui apparaît plusieurs fois dans le « Roman de Renart », par exemple:

A.tant es vous Dama Boursee Le aingesse moult escoursée. Chantait ce « rondet p de cucr gai

(i( Renart le Nouvel », éd. Méon.V, (3861).

Quanta la forme « rondel ii, Hatzfeld et Darmealeter repro- duisent l'exemple cité par Littré et tiré de Macliaut, et Oode- froy ae donna qu'un seul exemple fourni par le roman de « Floriaiit . [cf. éd. Miohel, 6-^22), d^ins lequel le mot est employé au sens de u danse en ronde n. Cependant le mot H rondel n se trouve déjà à la an du XIII* siècle comme ru- brique des rondeaux d'Adam de la Halle icf. « Œuvres u éd. De Coussemaker, p. 21)7), et aussi daus la t Panthère d'amours n de Nicolede Margival, qui vivait et c<>m|>osait à U mSme époque qu'Adam de la Halle :

Si voua pri que vous veille plaire.

Que vous veillieElant por moi faire,

Por allegier mon grief martire

Que voua veillieE sest << ronde) u dire (v. 2509-2512)

DE I.A VERSIFICATION FRANÇAISE 81

On pourrait aussi cKer les lignes suivantes qui servent de rerrain à la vingt-neuvième pastourelle du chaDsonnlerDouoe: Et chantoit li ueiz ii roadoue >. Hous sîa qui ot les hoslaus mus. le seruirai marion, an gênons car ie suis ces amins. dons.

Quant au diminutif n rondelet •, je ne l'ai pas rencontré antérieure ment à Froissart, qui s'en sert tant dans lea :c Poé- sies D que dans le roman de u Méliador » :

Fui je requie des dames douces Et pryô de leurs belles bouclies Qu'un « rondelet <> vostsse dire

(Bpoé3ieB,I,p.26).

Rotntertge. — Aui exemples enregitrés par Godofroy et à

ceux recueillis par Paul Mejer (« Remania », XIX, p. 40},

on peat ajouter les deux suivant?, qui fembisnt prêter iippui à

lafupposition qu'à l'origine « rotruetige d s'appliquait plutôt

^^LA I& mélodie qu'aux paroles:

Mull poïssiés oïr chançons, d Kotruangea » et novias sona. (a Roman de Brut ii, éd. Leroux de Lincy, II. p. 111).

Meiute ciiangon v Meinte gigue, me Harpes, sulteiion: « Hostruenges », («Roman de Thèbes

iez et novelo,

, éd. L. Constana, II. p. 57),

Servenlûit. — En ancien français les exemples de ce mot, dont les plus anciens sont fournis par Wace, montrent qu'on a'en servait pour désigner les eliansons ou dits d'un caractère plail&nt ou satirique. Dans ce sens général du mot Paul Meyer a réuni de précieux témoignages dans la •> Homania h tXlX. p. 28).

Le Unuc " serventois o se rencontre aussi de ci de là en ftucîeii français pour désigner des chansons d'un caractère politique ou polémique, qui n'étaient sans doute que des imi- tations du H Birventès ■ provençal :

82 HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

Quena de Flandres, por qu'il vos doive plai Mon u BirveDtoia o vueili à vons envoler. Mais n'en tenez nui mot en reprovier, Car vos feriez à voatre hoaor contraire.

(Sciieler, « Trouv. Belges » II. p. 75).

A la méuie époque < serveotois u a parfois la valeur de n cliaut l'aligieux », [( chanson à la Vierge » :

Et mes sires Phelipes et li bons cuens d'Artois, Et li cuens de Nevers, qui sont pieu et cortois. Refont en lor venue a Dieu biau Kserventoia a.

(Rutebeuf, éd. Kressnerp. 43).

Mais ce n'est qu'au XIV* siècle qu'on a commencé à appli- quer ce mot à des poésies a forme use. qui ne se distin- guaient du a chant royal u que par leur caractère religieux et par le fuit qu'ils manquaient généralement d'envoi. Uaua ce sc^s je ne connais pas d'exemple qui remonte plus haut qu'Kustache Deschampa : n Serventois m sont fais de cinq couples comme les chancons royaulx (u Œuvres u VU p. 2âlj.

Sextine. — Le plus ancien exemple de l'emploi de ce mot, emprunté à l'italien au XVI' aiéole, se trouve dans 1' ii Art poétique » de Sibilet : Si tu veux faire des vers non r>'mez, et l'aider de l'exemple de Pétrarque, faiz les en <> Sestines u (f* 75, r"). On sait que c'est l'année d'après (1549) que parurent les « iirreura amoureuses » de Pontus de Tyard, qui contiennent les deux seules seitines française du XVI" aiècle. Il est k noter que tandis que Sibilet emploi la torme « seatine », Pontus se sert déjà de la forme du mot telle qu'elle a prévalu (cf. a Œuvres >. éd. Marty-Laveaux p. 33).

Sonnet. — Il s'agit, bien entendu, du poème à forme fixe composé de deux quatrains identiques et de deux tercets, emprunté aux Italiens vers le milieu du XVI* aièole '. Littré cite du Bellay (Préface de 1' ■ Olive »); Pasquier

I français qu'Bu proreoeal, est d'ua emploi fréquent, mais seulement su 1 aans gâuâral de < mélodie m ou de " cbansDii •.

1

DE LA VEEISIFICATION FRANÇAISE Ï3

iiiigi,(u Recherches • VU p. 01 1), tandis que Haizfeld et Dar- meateteraigoaleat l'emploi du mot « sonnet » comme titre d'un des poèmes de ce genre de Melin de Saint-Gelaia « sur la naifs&nce de Monsieur le Duc de Bretaigne, qui fut après l'écJipae du soleil en janvier, l'an 1544 • ("Œuvres «, éd. Blan- chemain I. p. '290). Mais dans ce caa-ci encore le premier et le plus ancien contexte est fourni par Sibilet : Le « Sonnet» mit l'Epigramme de bien près, et de matière, et de mesure : Et quant tout est dit. sonnet n'est autre chose que le parfait épigrammo («Art poétique \> f° 43. v°J.

Triolet. — On a cru jusqu'ici que le mot < triolet > , appli- qné à Tanoien ■ rondeau simple >, était inconnu avant le XVI" siècle (Slengel, cGrundriss) § 204). et que c'était Gra- eieo du Pont qui le premier s'en était servi dans cette accep- tion. On s'est trompé. Il faut remonter plus haut. Nous le trouvonsà la fin du XV° siècle dans «La départie d'amours * ■ de Biaise d'Auriol, espèce d'art de rhétorique en vers qui -as trouve & la suite de «Lâchasse et le départ d'amours J)(«rca i486}, que celui-ci signa avec Octovieo de Saint-

Fuyez Motetz, vujHei ronds cbapelletz Et chantz royalz ; vous aussi Floretons, Lajs, Virelelz, Entrelatz, « Trioletz • Arbres forciiuz, Ballades et Chansons Et Rameletz de toutes les façons

Ifi La ohaase et le départ d'amours i.

. de 1500. oc. i. V).

ViltaneUe. — Je ne connais pas d'exemple antérieur à eelnî-oi, tiré de 1' ■ Art poétique » de VauqueliD de la Frca- BS^e :

La chanson amoureuse affable et naturelle Sans sentir rien de l'Art, comme une " villanello », Marche parmy le peuple aux danses, aux festins, Et raconte aux carfouis les gestes des mutiru:!.

(éd. G. Pellisaier, p. 649-50).

Le mot ( villanelie > se trouve comme rubrique plusieurs

Si HISTOTRE IIRS TEKMES TECHNIQUES

fois au XVI* siècle avant cette date <, mais le plus ancien con- texte semltle bien être celui qu'on vient do lire.

Virelai. — Les plus anciens execuple^ da oe mot qui remou' teiit à lapreraiêrs muitié du X1LI° siëûle, et cjui apparaladent soua lea formeâ <> virenli» et » vireli » auj^i liieu que t vire- iai )3 ' [^ui est rare à cette époque), désignent non pas un poème à forme fixe, comme plus tard, mais un air populaire, un II dorenlot m ainsi que la fait remarquer Paul Meyer ((( Romanta» XIX, p. 26). 11 est même de ci de là employé comme synonyme de « ballette d.

Appliqué au poème à forme âxe qui eut une si grande vogue au XIV et XV' siècles, on ne connaît pas d'exemple de n virelai » ai]t'<rieur à Guillaume de Machaut. qui com- posait vers le miliftu du XIV siàcle '.

Je donne en dernier lieu l'historique des anciennes espè- ces de rimes, prodiguées par les grands rhétoriqueurs, et abandonnées depuis la Pléiade.

Rime annexée. — C'est l'auteur anonyme de l'^Instruotif de la seconde rétliorique » (circà 1500) qui semble avoir inventé ce terme :

Ainsi se fait <' rime annexée » Annexant vers a autre en vers Versifiée et composée Composant telz motz on diuera Diversement mis et reprins, etc. (c. i. r*]

Aime balelée. — Voici, k ma connaissance, le plus ancien exemple de l'emploi de cette expression. Il se trouve dans le petit traité de Jean Molinet : En pareille forme de vers hui-

tains se fait rhétorique a batellée » Et en a esté inventeur

maistre lehan Molinet de Valenoiennes (b- ii, v'}.

1 L' t Art pnAtique - ds Vauquelin de la Prennaje ne parui pas srant I60&, tuais it àUU comnancé dès 1574.

'On trouTB encore l'ancienno (orme dâniLomairB de Belges: Faiclaa ch*p«aui, dansex au > virolj >. (t (Ëuires n IV, p. !9&).

■ Voir, • Romanis >i XIX, p. 24-5,

1

I

I

B^i

DE LA VEBSIl'ICATION FRANÇAISE S5

Himr concalenée. — Pour la première foia duos l'ciArt et loience Je rhethoUque metrifflée >» da Graoien du Pont : iRlIbme concathenée » se fairt quant le second couplai ummeDce par la dernière ligne toute entière du premier couplet, et le tiers par la dernière du second. Et ainsi du aullreB (f. XXX. r").

Bime couronnée. — Pas d'exemple de l'emploi de couronné dua ce sens antérieur k l'ulDstruotif » :

Pour « vers eacbainez d composer

Ou couronnez l'on doit scauoir

Le nota pour les disposer, etc. (c. i. V).

Rime d'écho — Bien i|iie la * rime d'éolio » ou h en éclio o ne fût pas inconnue aux trouvères *, le nom n'apparaît pas avant le XVl' siècle : pour la première fois dans le traité de Gracien du Pont qui semble avoir pris un vif plaisir non seu- lement à décrire mais fi composer * ces tours de forces : De ia dicte espèce de Ritlirae coronnée en descend vne aultre forme que l'on dîct « Eqtio m, pource que résonne de la sorte que les Poètes faignent vng stille et resonnance de voir loiagtaine, respondante à la dernière syllabe masculine ou à deux en féminin du terme précédant comme on vojt par exemple quant l'on crie dedans vng bols, ou une vallée qu'il semble advys que quelcun responde de loing la fin du mot, (uArt et science », etc : u De Rithme dicte Equoou de Echo t, P XLVII. V').

Rime empériére. — C'est encore Gracien du Pont qui four- .t le plus ancien exemple du l'emploi de ce terme : On faict a, Rondeaulx, Ballades et Champs royauli de vne aultre forme de coronnauae plus riche, subtille, et difficile que les formes dessusdictes. Laquelle forme on nomme u Em- periere », iiouroe que ledii;t corps porte doux reaies ou coronnes (.\rt et science, etc : De Rithme Emperiere » f XLVII r).

t Cf. • HUtoire littéraire », XVI. p. S36.

* On peut conférer les ■■ Controfaraea des seies masculin et femlnino {Tonlouie, 1534) de Gracien du Pont, violente «alire contre les femmes,

r

9<i HISTOIRIC DES TERMES TECHMQOES

/time enchaînée. — Je ne connais [)a3 d'exemple antéri celui que présente l'aArt de rlietoricque poji- rimer en Bieurs sortes de rime n ' :

Je suis rhetoricque « enchaînée i»

Née suis en la an dn mètre

Ëatre pujs aouvent composée

Posée a destra et a seoestre (A. ii. V).

liimt entrelacéo. — Cette expression semble avoir été employée pourla première fois par l'auteur de l'ilnstructif de la seconde rethoricque » :

D'iiEntrelaasez vers ■ plaisans gracieux.

Euls se forment en telle forme ainsi

Si sont plaisans et melancolieux

Lieux ont itelz de ioye et de aoussi (o. i. v").

Hitne équivoque — Je n'a.i pas réussi h remonter plus haut que ûatithier de Coincjr, déjà cité par Littré :

Vous, grant seigneur, vous damoiâol, Qui a compas, qui a qisel Tailliez et compassez les rimes f Equivoques " et. léonines

(Éd. Poquet, pp. 377 v. 92).

/{inie kyrielle. — Le terme * kyrielle >i appliqué auit rimes

où l'sulenr s'est plu à accnmul de force. On Ut daas l'uBpistre

PareiUement aussi pour inciter iDoat granilemeiity peuvent proulller) Les ïeunea t;ens qui dÉsirent apprendre De composer et rhétorique entendre Ils y ïerronl des RythniB» bien subslilcs, Aux apprentïz de tel art fort uCdes, etc.

(i) Molinel se sert de l'eipression " quaufl anuèe • : Antre laUle de rime qui sa uouie n queuo anuAs • pour ce que la fin du mettre est pareille ea Toii su cçiumenceinent de l'autre et est disarso en significa- tion Ib. iii. r*).

DE LA VERSIFICATION FRANÇAISE

27

I

qui répétaient |iériodii|uenient un mêma vers est encore une invention de Graaien du Ponl: h Kyrielle n eat une aorta de Riihme qui se faiot à couplets de rithme platte, croisée ou riche, et fault que porte reffraia à obaaque couplet («Art et soiance n, etc., f XXXII r").

Rime léonine ou léonime. — On sait qu'en ancien français OD entendait par rime « léonine » la rime dissyllabique par opposition à la rime» consonnante» laquelle répondait à notre rime masculine sufBsante '. Le plus anoien emploi de ces deux mots remonte au XII" aiôcle. On le trouvera au d^but du roman de «Guillaume d'Angleterre n, attribué à Chrétien de Troie :

Chrestiien se viaut antremetre Sans rien oster et saiiz rien mètre De conter un conte par rime Ou « conaonante ji ou « léotiime ». Rime rétrograde, — Bien qn'on possède des exemples de la rime rétrograde remontant jusqu'au XIIl' siècle', le terme ■ rétrograde » ne se rencontre pas ayant 1' h Art de dictier ii d'Eustacbe OeschampB. que je sache : Et pour ce sont telz moti appelez équivoques et a rétrogrades u, car en une mssme semblance de parler et d'esoripture ilz bûchent et baillent sigBificacion et entendement contraire (h Œuvres «, VII. 277).

Rime$enie. —Dans la urime senéan tous les mots de- vaient commencer pur la même lettre. Le plus ancien exem- ple de remploi de ce mot, dans ce sens restreint, se trouve dans r «Art et science de rhetoricque melriffiée ". Cette rime semble avoir fuit les i]élik:t!3 de Oratien ; la description il eu donne, prolixe et fastidieuse, occupe quatre feuilleta

' V^ ic« propos le trait* de Molinet (b. i. V), ainsi que r«In8-

if de la seconde réthotiqua » (b. i, r"), ou bion encore Fsbri (éi.

1 II. pp. 23 et M). Los eiplication* do X • Inalructif t et deFabri

it également que l'eipression «rime léonine» arait en même

■ la Tsleur de « rime plate *. Voir également notre article de la

a de philologie française « (XVII, 3, p. 17S).

> V<^ ta * Pantbere d'amours ■ de Nicole de Hargival. éd. Todd.

2B HISTOIRE DES TERMES TECHNIQUES

de son traite. Je me borne à en citer le commencement : «Rithme senée » n'est aultre chose que celle que aulcuns modernes appellent Fratrisée. Mais vous plaira contenter du premier terme, car de la dicte fratrisée nous entendons en faire une aultre espèce ainsi nommée. Brief doncque Rithme senée est celle de laquelle toutz les termes et dictions de la ligne se commencent par une lettre * (f* XXXIV r»).

L.-E. Kastnbr. Oct. 1903.

1 Un peu plus loin Gracien donne deux explications du mot «t senée»

dans cette acception : Et debuez noter, que ceste forme est dicte Senée,

pource qu'on est contrainctsener, c'est à dire, bien asseoir et poser chas-

cune ligne et terme, ou fault bien penser auparavant affin que telz termes et lignes obéissent à ce que dessus est dict (f** XXXIV, v*).

ÉTUDES SUR LE VERS FRANÇAIS

DEUXIÈME SÉRIE (Suite)

IV

L lATUS

D*après la règle classique Viatus ou rencontre de deux vojelles quelconques est interdit entre deux mots dans Tin- térieur d*un vers, à moins que les deux vojelles ne soient séparées par un e féminin qui s'élide ou par une consonne quelconque qui ne se prononce pas. Cette règle n*est qu'an tissu de contradictions. Du moment qu^une consonne n*a pas besoin de se prononcer pour empêcher Tiatus, c*est que la régie est faite pour les ieux ; c*est dire qu*il ne faut pas que deux vojelles se rencontrent sur le papier. A ce taux il i aurait deux iatu8 dans le vers suivant :

Je viens selon Tusag^ antique et solennel,

ce qui est absurde.

Si nous Youlons comprendre quelque chose à la question il est indispensable que nous remontions à la cause qui a déter. miné la proscription de Tiatus. C*est, comme chacun sait, le désir d^éviter la suite de deux sons dont la rencontre eût pro- duit un effet désagréable sur toreille. Il s^agit donc de pro- nonciation, non d*ortografe. On a proscrit la rencontre de deux vojelles prononcées. Il n'i a donc pas d'iatus dans

Tusage antique

puisque IV n'est pas prononcé. On en a conclu par une géné- ralisation imprudente que toutes les fois qu'un e était élidé

3

. et que par ^

30 LE VERS FRANÇAIS

devant une voyelle initiale il n'i avait pas d'iatus,

coneéqueiit il n'i ea avait paa dans

la journée était belle.

C'est une fausse analogie. Du moment que Ye est élidé, il n'existe plus et les deux c sont en contact. Il i a donc iatus. li faut ajouter qu'aujourdui dans la prononciation proprement française il n'i a pas la moindre différence entre

J'ai vu ma mère immoler à mes jeux et

J'ai vu mon père immola à mes yeux.

Ce vers de Racine :

Seigneur, vous m'avez vue attachée à vous nuire

ne perdrait absolument rien de sa beauté et se prononcerait exactement de la même manière s'il était au masculin :

Seigneur, vous m'avez vu attache' à vous nuire.

Or, comme nous l'avons mainte fois expliqué dans cet ouvrage et comme M. Saint-Saëns le proclame avec raison dans son Harmonie et Mélodie: « Les vers ne sont certaine- ment pas faits pour être lus seulement des yeux, en silence ; ils ijont faits pour être dits m .

Quant aux cousonnes que l'on écrit, bien qu'on ne les pro- nonce pas, la plupart ont été prononcées à une époque plus ou moins ancienne ; ainsi on a prononcé la hache avec un h aspiré ; mais aujourdui Vk dit aspiré ne se prononce pas plus que celui du mot fiomme, qui ne s'est jamais prononcé. L'i final du mot souris s'est prononcé au moyen âge ; on a dit la ïoui-ts est prise en prononçant l's ; mais Chifflet nous apprend qu'au XVII' siècle il n'était déjà prononcé devant aucune voyelle. Dès le jour oii une consonne a cessé d'êlre pronon- cée elle a cessé d'empêcher la rencontre des deux voyelles qu'elle séparaitet l'iatus interdit a re|iaru malgré la Jègle qui l'autorisait. Pour ne pas faire l'istoire de la prononciation du français, nous ne nous occuperons guèro que de la piouonciti-

OPINIONS SUR LIATliS 91

tioD ftctnelle et nons devroos reconnaître qu'aacan A, quel qu'il Boit, ne peut empêcher l'iatua et que si la poésie doit

etiler :

le roi en rit elle ne saurait tolérer :

La chai

I de ina mie et du bon roi Henri

(Musset) ;

qoe toute voyelle nasale non suivie d'unn qui se prononce fait JatoB devant une autre voyelle :

un chemin interdit ;

enfin qae toute voyelle suivie d'une consonne <iui ne se pro- nODC« pas est exactement dans les mêmes conditions qu'une Tojella finale. Il en résulte que les poètes qui ont écrit nud dsvant voyelle n'ont pas supprimé l'iatua et n'ont été que ridicules:

C'est hideux I Satan n\id et ses ailes roussies

[Hugo).

Eu outre, si la pancontre de deux voyelles est désagréable et doit être évitée entre deux mots, le mêoje concours de voyelles produisant le même effet à l'intérieur d'un mot doit faire rejeter de notre versification tous les mots dans lesquels il i a contact immédiat entre deux voyelles qui se pronr>ncent. Pourtant les poètes semblent plutôt rechercher les mots de ce genre que de les fuir. li i a entre ce fait et la règle de l'iatus 006 contradiction qui n'a pas échappé à certains critiques : > Quoi de plus doux que les mots camélia, miette, suave, fittide, ébloui, joyeux? Ces mariages de voyelles dans le sein des mots ne donnent-ils pas lieu k de charmantes harmonies ? Qu'on m'explique donc alors comment, dés que les mots sont •éparés, ces rencontres deviennent cacophoniques, surtout lonqo'eo réalité, dans le dëbil, il i a très peu de séparations de mots absolues, et que le cours de la diction unit les ter mes les uns aux autres presque aussi étroitement que ies syl- labes entr'elles n (B. Legouvé). D'AJembert avait déclaré ATaut lui cette proscription de l'iatus assez bizarre < parce

it LE VERS FRANÇAIS

qu'ily a una grande quantité de mota au milieu desquels il v a concours de deus voyelles, et qu'il faudrait donc auEsi par ia même raison interdire à la poésie ». Becq de Fouquières dia- tingue entre les cas, p. 290 et suiv. Il pense que l'on ne peut tolérer l'iatus entre deui voyelles dont la première est tonique, parce que l'accent tonique allonge la voyelle qu'il frappe et qu'une voyelle tend à abréger une autre voyelle qui la précède immédiatemeot. C'est une erreur étalée de deux autres erreurs. Que l'iatua est toléraLle et même parfois agréable entre deui voyelles dont la première est tonique, la suite de cette étude va le montrer surabondamment. L'u du mot nu est aussi bref que possible même (|uaDd ce mot porte un accent ritmique. Une voyelle longue en iatus s'abrège en grec, mais non pas en français; dans Vécrou est tombé, \'ou est aussi long que d^ns récrou va tomber. Il est bon de ne pas attribuer à une langue la fonétique d'une autre; encore faut-il noter qu'eu grec il n'i a que dans les anapestiques qu'une voyelle longue en iatus s'abrège lorsqu'elle porte le temps marqué, U i a d'ail- leurâ dans le chapitre de Becq de Fouquières sur l'iatus quelques remarques eicellontea, mais les prîiicijies sont faux. Voici quelques exemples qui montreront par leur simple rapprochement que la rôncontpe de deuï voyelUa n'est nul- lement plus désagréable entre deux mots que dans l'intérieur d'un même mot :

!• La première voyelle est i : Que la Grèce eût jeté sur l'autei de Diane

(McissBr, RoUa). PU an ruisseau céleste un lit de diamant

(iD-, Une bonnt fortune), 0 vent, donc, puisque vent y a

(L* FONTAINS, IX, 7).

Un cheval effaré qui fienmt dans les cieux

(HuQO, ChàtimenU). Au milieu des sanglots d'une insomnie amère

(MussKT, liolla).

lATUS INTERIEURS ET EXTERIEURS 33

L7onie est divine : heureux tout âls d*Homère

(Saintb-Beuve).

Avec des cris stridents plut une pluie Aorrible

(Hbrbdia, SlymphaU).

Sur sa lèvre entrouverte oubliant sa prière

(Musset, Nuit de mai).

Le scandale est de mode ; il se relie en veau

(1d., Une bonne fortune).

Inquiétait parfois ma course ou mon sommeil

(Hkrbdia, Nessus).

Regarde; — elle a prié ce soir en s*endormant

(Musset, Eolla),

La soum étoit fort froissée

(La Fontaine, IX, 7) ;

m Vs ne se lie pas, ce que au XVII* siècle note Ghifflet o (Littré).

Que les monts de Phrjgie épanchent vers la plaine

(Hbredia, Marsyas).

Où la Pléiade avec Sirms se confond

(Hugo.)

J^entends les chiens sacrés qui /mrlent sur ma trace

(Heredia, La magicienne).

Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulant

(Id., Bacchanale).

Vous, avec vos pensers qui haussent votre front

(Hugo, Feuilles d'automne). E* flairent dans la nuit une odeur de lion

(Eeredik, Fuite de centaures).

De miel et d'ambroisté ont doré cette histoire

(Musset, Une bonne fortune).

H r,E VERS FRANÇAIS

Que oe Uen de fer que la nature a mis

( 1d., NamouTia]. Se rallie inquiet autour du père seul

[Hugo, FmUlM d' aiitonuu). 2° la première voyelle est w ;

L'attelage suoit, souffloit, étoJt rendu

(La Fontaine), ...Ahl folle que tu esl

(Musset, Namouna). Un chat-hMont a'en vint votre flla enlever

(U Fontaine, IX, 1). La tortue enlevée, on s'étonne partout

(Id.,X,3.). Car ton cœur veut goûter cette douceur cruelle

(Herkoia, ATtemU).

Seatant k sa chair nue errer l'ardent effluve

(Id., Le Upidarium).

Enfin, le Soleil vit, à travers ces nuées

(Id., Blgmpkale.).

A l'appel du Héros s'enlevant d'un seul bond

(lo., Pertée tt AvdTOmède).

Oh ! l'affreux sr/icîde ! oti ! si j'avais des ailes

(MtissKT, Rolla).

Et sa bouche éperdue, ivre enfin d'ambroisie

(Heredia, Ariane).

Fit un jour aur sa cruauté

(La FosTAiNB, X, 6). Tomba, dit-on, jadis, du haut du firmament

(MuBBBT Une bonne fnrlunr)

_i^

lATUS INTERIEURS ET EXTERIEURS 85

Ué bien ! dit le bramiD au nuage volant

(La Fontainb, IX, 7).

Flairent un sang plus ronge à travers Tor du hd\e

(Hbrbdu, Bctcchanale).

Ntte^ allongée au dos d'un grand tigre^ la Reine

(1d., Ariane).

Mais certains prétendent que lorsque la première des deux voyelles est un t ou un û Tiatus peut être permis à cause de la nature même de ces voyelles qui sont très voisines des semi-voyelles, c'est-à-dire des consonnes. La raison est évi- demment mauvaise puisque dans les cas considérés Vi et Vu sont purement voyelles ; nous allons voir d'ailleurs que l'é- tude des autres voyelles donne pour le fénomène en question des résultats analogues :

3*^ la première voyelle est a :

Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes

(1d., La naissance d'Aphrodite)'

C'est le peuple qui vient ! c'est la haute marée

(Hugo, Feuilles d'automne) .

La fille de Minos et de Pasiphaé

(Racine).

On le voit ça et là bondir et disparaître

(Musset, Une bonne fortune).

L'œil était dans la tombe et regardait Cum

(Huoo). Les cinq Emirs vêtus de soie tncarnadine

(Hbrbdia, Le triomphe du Cid).

Comme le roi Saâl lorsqu'apparut David

(Hugo).

Au mâle rugissant la At^rlante femelle

( Heredia, Bacchanale).

Et de ressusciter la naïve romance

(Musset, Nuit de mai).

36 LE VERS FRANÇAIS

Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude

Ni la joie ici-bas!

(Hugo, Contemplations).

En hiver Ispahan et Tiâis en été

(Hdoo).

Le bouton colossal qui fait plojer sa Aampe

(Herbdiâ, Fleur séculaire),

4^ la première vojelle est é :

D^iâant le pauvre siie

(La Fontainb, IX| 15).

La furne^ y pourvut, ainsi que les bassets

(iD., IX, 14).

Mon voisin léopard Ta sur soi seulement

(Id., IX, 3).

Balayer — j*en réponds! — ces Aordes devant vous

(Hugo, Burgraves).

Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne

(Id., Feuilles d'automne).

La âûte aux accords champêtres Ne réjouit plus \es hêtres

(Lamartink, Pensée des morts).

Pourquoi moi-même à toi j'ose m'y r^^wnir

(Hugo, Burgraves).

Et le glaive d'Ënee efd épargné Didon

(A. Chénibr. Élégies).

L'Océan était vide et la plage déserte

(Musset, Nuit de mai).

Que la ville étagée en long amphithéâtre

(Hugo, Feuilles d'automnr).

UrUS INTERIEURS ET EXTERIEURS 37

A cheval et à ^t'ed en bataille rangée

(Desportss) ;

Malherbe remarque avec raison que Tiatus n'est pas empê- ché par la consonne puisqu'elle ne se prononce pa^.

A rendre la brebis agréable au bélier

(HsRSDiA, A Hermès criophoré).

Oh, parfois, se débat et hennit un cheval

(1d., Le TJiermadon),

Et qui, fermée à peine aux regards étrangers

(Hugo, Feuilles d'automne).

Et lutte de clarté avec le météore

(Vigny, Eloa).

Chronos est prisonnier ; Géo tremble asservie

(Hugo).

Vojoitsans s^étonner notre arm^e autour d'elle

(Racinb, Bajdset).

Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau

(HsRRDrA, Le ravissemetU d'Andromèile);

« IV ne se lie jamais » (Littré).

Voilà d'abord Le cerf donné aux chiens. J'appuie et sonne fort

(Molibrr).

Argos et Ptéléon, ville des hécatombes

(Musset).

La tortue enlevée, on s^étonne partout

(La Fontaine, X, 3) .

b"" la première vojelle est u (ou) :

Il troua Teffrayant plafond torrentiel

(Hugo, Suprématie).

Je pensai tout à coup à faire une conquête

(Musset, Une bonne fortune) ; « le p ne se lie pas » (Littré).

3B [,E VERS FRANÇAIS

Sur les corpa oonvulsifs les fauves éblouis

(Hbkedia, Bacchanale).

Mainte roue y tient lieu de tout resprit du monde

(La Foktainb, X, 1).

Secoue vera le seuil les longs manteaux sanglanta

(HsitBniA, La magicienne).

Le printemps sur la }oue et le ciel dans le cœur

(MusssT, Unf bonne /orhtne).

En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux

(Id., Nuit de mai). Peindrona-nousune vierge à la joue empourprée

[ID.. ibid.).

Etait duc de Souabe et comte chef de guerre

(Huao, Burgravei).

Le vieux Parmis les voue à l'immortelle Rhée

(Hbrsd[a, Le laboureur).

Ces exemples suffisent. On pourrait les multiplier â l'infini, mais ae aérait sans utilité ; ceux que nous avons donnés valeot pour ceux que nous avons omis. Ce que nous venons d'établir pour a convient évidemment à toutes les vojellea éclatantes, ce qui est vrai de e' Taat aussi de toutes les voyelles claires, ce qui s'appliqua à u peut être démontré pour toute voyelle sombre. Et quand noua disons toutes les voyelles éclatantes, loutes les voyelles claires, toutes les voyelles sombres, il ne faut pas oublier d'i comprendre les voyelles nasales :

L'Oce'an était vide et la plage

(MuasKT, N«ilde mai). Du goujon ! c'est bien là le dSner d'un héron

[U PONTAINS, VII, 4}.

Leur prêta son grand sein aux mamelles fécondes (Hbkidu, La naiBUoua â'Aphrndilé).

L'IATUa AV XTl« SIBCLB Voit un pigeon auprès : cela lui donne envie

(La Fontaine, IX, 2).

Ce qu'il est particnlièreoient important de remarquer ici, c'est que parmitous les exemples que nous venons de citer il n'i en a pas un seul qui présente un iatus désagréable. Plu- eieura au contraire sont délicieux et quelques-uns même ont été souvent signalés comme tels. Notre règle se trouve donc en défaut encore sur ce point, si bien qu'il n'en reste rien, puisqu'elle avait pour but d'écarter des rencontres de aons disgracieuses et qu'elle en repousse de charmantes. Au XVI' siècle l'iatus était permis aans restriction : eu voici quelques exemples irréprochables :

Tu en pourras dicter loy ou epistre

(MaRot).

Voua qut' ovez pour moi souffert peine et injure, Oui à ma seiche aoifef à mon aaprefaim Donnastes de bon cmur votre eau et votre pain

[A, d'Aubignb),

Où allez- vous, filles du ciel ?

(Ronsasd).

Qaiose a peu souvent la fortune contraire

(Régnier).

Désirerai-je un règne ou un empire ?

Pour du loyer quelque beau Ini écrire

Ne sais si Dieu les voudra employar

Amende-lot, ô règne transitoire

(Marot, Ballade').

Tu es des vieux et jeunes adorée

Viens donc io/, â source de tous biens

Viens, fussea-tu aux champs Klysiens

(1d., Canlique û !a déetae Santi].

Qu'en voyant sa grâce niaise, On n'étoit pas moins

LE VEHS FRANÇAIS

Auaat en riant on le pleure, Et en pleurant on rit à l'heure

(Id., É^itajihe de Jean Serre).

Il demeure en danger querâma, qui est née Pour ne mourir jamais, meure éternellement

(MALUEitBS).

La Garde, tes doctes écrits Montrent les soins que tu aa prh

(ID.).

Mais souvent les poètes de cette époque usèrent raalartroi- tement àe cette licence. C'est pourquoi le XVII* siècle pros- crivit l'iatus en bloc ; c'était un autre excès. D'aucuns ont réagi plus ou moins timidement et toujours sans principe net- tement arrêté. Ne serait-il pas possible de formuler une règle précise qui concili&t tout, sauvegardant les iatus agréables et maintenaut le principe excellent qui a suscité la règle du XVII' siècle et qui consiste à écarter les concours de sons désagréables? C'est extrêmement facile t-i l'on part delà nature des sons qui entrent en jeu. Les iatus itgréables sont ceux qui présentent une modulation, les iatus disgracieux sont ceux qui n'ont pn^ de modulation. Les iatus ont une modula- tion quanil les deux voyelles en contact ne se prononcent pas avec la même ouverture buccale, quand la première est plus fermée que la seconde ou au contraire plus ouverte : les iatus produisent l'effet d'un bégaiement, d'un ânonnement ou d'un bâillement quand les deux voyelles se pronoucejit avec la même ouverture buccale, pati Aia(u, selon l'expression de Quintilien, et ont le même point d'articulation, c'est à- lire quand les deux voyelles sont la même répétée. Ces derniers seulement sont à éviter, mais aussi bien dans la prose que dans les vers ; c'est le tipe

il va à A.

voici des exemples : 11 est bien doux d'avoir

vtgnon.

lans sa vie innooente

(A. CBàtOBti, Éligitt) ;

lATUS DESAGREABLES 41

Ne peut laisser son ntW, y fait maint et maint tour

(Dbsportbs) ;

Malherbe note déjà que la consonne ne se prononce pas et par suite n*empêche pas Tiatus.

Elle s*en attribua uniquement la gloire

(La Fontaine, VII, 9).

Mon âme est devenue une prison sonore

(Hbreoia, La conque).

Dona i4nna pleurait. — Ils auraient bien un an

(Th. Oautibr, Aïbertus),

Et le glaive a tranché le fil de sa harangue

(Hbrbdia, La revanche de Diego Laynez),

. . . Vulcain, le Dieu cagneux, Les emploie à sa forge, a confiance en eux

(Hugo, Les temps paniques),

L'Océan en créant Cypris voulut s'absoudre

(Id., Archiloque).

D'une coque de noix j'ai fait un abri sûr Pour un beau scarabée étincelant d'azur

(A. Chénier, Pannychis).

Don Rodrigue est à la chasse Sans épée et sans cuirasse

(Hugo, Orientales).

Et, le soir, t^ut au fond de la vallée étroite

(Id., Voix intérieures).

Chaumière où du fojey* ^tincelait la flamme

(Lamartine, Milly) ;

c IV ne se lie jamais » (Littré).

Son cimier Ae'raldique est ceint de feuilles d'ache

(Herkdia, Les conquérants de Vor)\

iS LK VERS FRANÇAIS

a IV ne se lie pas » (Littré).

Calme, il formait l'essaim mvisible et hideux

(Hdgo, Fin dt Satan). Et que, suivADt toQJourB le chemin inconnu

(Hbkedia, Lt» conqnirtml» de l'or). Le ciel n'est point poar l'homme un témoin importun (Hugo, Chaulieu). Le temple est en ruine au haut du promontoire

(Hbrbdu, L'oubli). Depuis Eniymion, on sait ce qu'elle vaut

(MusBBT, Une bonne fortune).

Nous avons vu tout à l'eure que les iatus qui ne sont pa^ désagréables ne le sont pas plus entre deux mots que dans l'intérieur d'un même mot. La proposition contraire edt éga- lement vraie : un iatus qui est désagréable entre deux mots ne l'est pas moins dans l'intérieur d'un mot :

A tout être cré

possédant équipage

(MulSET. Une bonne fortune).

Il fut tout étonné d'ouïr cette cohorie

[La Fo.ntaisk. X, 14).

Oii c'est la loi féroce et dure ; ici Baal

(Hugo).

La blanche Oloossone à la blanche Cambre'

[Mcssbt).

Voici ton heure, 6 roi de Sennaar. ô chef

(Lbcontb de Lisle, L'oatie).

Les mots de ce genre sont ou des mot français d'origine

1 Il«

eux qa« le *era de Chénier dont celui-ci; i ! aiiaii un iatus blâmabla :

La bUncba Oalatt^e et la blanche NéAre.

lATUS FAISANT ONOMATOPEE 43

saTante comme créery coorte, ou des mots étrangers. Tous sont contraires au génie propre et populaire de notre langue. Certains poètes recherchent les mots de ce genre à cause de leur étrangeté. C*est simplement de leur part un manque de goût. L'efiet bizarre que ces noms produisent sur notre oreille ne suffit pas pour leur donner droit de naturalisation dans la poésie française.

Donc il n'i a d'iatus à éviter que l'iatus proprement dit, celui qui a lieu entre deux vojelles de même ouverture buc- cale, entre la même voyelle répétée deux fois.

Il en est de cette interdiction comme de la plupart des règles de la poésie : le poète a le droit de les violer en vue d'un certain effet à produire.

L'iatus peut faire onomatopée, peignant un bruit qui s'interrompt pour se reproduire, ou simplement se prolonge, tel le ennissement d'un cheval :

.... Ta fait à son retour punir Pour avoir entendu Babieça Aennir

(Huoo, Le Cid exilé).

Dans l'exemple suivant :

A ces mots on cria Aaro sur le baudet

(La. Fontaink, Vil, 1),

c'est Tonomatopée que nous donnent les deux dernières sillabes du mot brouaa.

Ce sont là des bruits éclatants en a^ en voici un clair en é:

La nuée éclate I La ûamme écarlate Déchire sesfiancs...

(Hugo, Le feu du ciel); puis un autre en u^ :

D'où vient qu'à l'horizon on entend ce grand bruit

(Id., Feuilles d'automne).

4 4 LE VERS FRANÇAIS

L'iatus peut encore exprimer un choc, iiae s&ccade, ud mou- vement répété et saccadé ou aiai[ilement prolongé (suivant que l'iatua ressemble plutôt à un bégaiement ou àun bâille- ment ):

Puis malgré quelques heuvta et quelques mauvais pas

(La FOSTAINB, X, 1).

Quand unpoÎQg; monstrueux, del'ombreou l'horreur dotie Sort, tenant aux cheveux la tête de Cbarlotie Pâle du coup de hache et rouge du soufflet, C'est la foule; et ceci me heurle et me déplaît

(Hugo, Année tm-ribU). Â|irès bien du travail le coche arrive au haut

(L* FoNTAiNH, VII, 9); nous avons critiqué plus aut l'iatus de cette expression » au haut» ; il semble qu'ici elle donne bien l'impression du deniier effort de l'attelage et de l'arrêt qui le suit.

E' pendant qu'il parlait, h son briu hasardeux La grande Durandal brillait toute joyeuse

{Huoo, LejielU roi de Galice), mouvement prolongé.

Et bondis à travers la /loletante orgie

(Heredià, Artimii). Le désir me baroèle ei hérissa mes crins

(Id., Nava], frisson du désir.

Le bourreau vient, la foule effareV écoutait

(Huoo, Le marquii Fabrice), état aletant de la foule.

Qu'une femme pour voua s'est tachée et honnie

(MussBT. Leê marronê de ftu) ■ OD peut considérer que l'iatua peint ici le oquet de la colC:r La balance inclinant son bassin incertain

(LAMAaTiNK, L'infini dam Us eitax).

i

lATUS EXPRIMANT UN ARRET 4 5

ésitation da plateau.

Eofio Tiatus exprime bien toute espèce d'arrêt ou de prolon. gement au sens le plus général de ces idées :

Là, le bruit de l'orgie ; — ici, le bruit des fers

(Hugo, Bur graves) ;

séparation des deux idées pour manquer leur opposition. Après a?oir exposé tons les supplices infligés aux géants, Hugo dit:

Et Proméih^e ! HélsiS ! quels bandits que ces dieux I

{Le Titan) ;

il i a là une sorte d'arrêt équivalant à des points de suspen- sion.

Il s'écrté. 71 a vu la terreur de Némée

(Ekkrdih, Néméê) ;

riatas prolonge le cri et peint Tétat aletant de la peur.

La houle s'enûe

Et déferle. Lui crie. 71 hennit, et sa queue

(Id., Le bain) ;

les deux cris se succèdent, s*opposent et se correspondent.

L'entraîne, et quand sa bouche, ouverte avec effort, Crie, il j plonge ensemble et la flamme et la mort

(CHéMBR) ;

riatus prolonge la note déjà si intense de me et marque l'op- position des deux actions.

Vous savez, en été, comme on s'ennuie ici

(Musset, Une bonne fortune) ;

l'ennui fait trouver le temps long ; c'est cette idée qu'exprime le prolongement dû à Tiatus.

Aux yeux de T Allemagne en prote à leur fureur

(Huoo, Burgravea) ;

l'iatus marque le déploiement de leur fureur.

4

*8 LE VEUS FRANÇAIS

Si ^'raods qua soient les rois, l«s pharaons, les mages Qii'fiDtoure une nu^ eternella d'hommages

(ïo.,Zim-Ziimi); expression de l'immensité .

Regarde, arec l'Orgie immense qu'il entraîne

(Hekbou, Ariane).

... la mer. . . Verdoù à l'iDâni comme ud immense pre

(Ib., Ftoridum mare). Or, de Jérusalem, où Salomon mit l'arche, Pour gagner Bélbanii!;, t'I faut trois Jours de marche (Hugo, Lt Christ et U lomleau) ; arrêt et prolongement qui suscite l'idée de la distance à pai

Note sur les faux cas d'Iatna

On se demande dans tous les manuels si l'on doit élider un e muet devant le mot oui ou au contiatre !e laisser en iatus devant ce mot et le compter pour une sillabe. La i|uestJ0D est tellement simple qu'il est vraiment étrange qu'elle n'ait pas été résolue par tout le monde. Le mol oui est en réalité toi; il Qommence par une consonne, celle qu'on Hppelle !e w anginis. Far conséquent aucune voyelle ue pouts'élider sur son initiale ni être eu iatus aveo elle. Il n'i a pas plus d'iatus dans le OUI que dans le non. La prononciation que nous venons d'indiquer était déjà celle du XVII" siècle comme le prou- vent les exemples suivants, et elle remontu â l'époque ou ce mot est devenu monosillabique :

qu'on me vienne aujourd'hui

Demander : « Aimez-vousîn Je répoudrai que oui

(La FoNTAiNK, Clymène). yuoil de ma fille î — Ou»; Clitan-lre en e?1 cli^irmi* iMoLiKaa, Ftmmei vtvanttê].

tkVX CAS d'iATUÔ Al

Moi, ma mère? — Oui , vous. Faites la sotte un peu

(Id., ibid.). Eh? c'est-à-dire otit? Jaloux à faire rire?

(Id., Ecole des femmes),

Molière a quelquefois élidé une devant ce mot; mais ce n'est chez lui qn*un arcaïsme conforme à Tusage qui s'était établi alors que le mot était dissillabe :

Toi, mon maître? — Omi, coquin I m'oses-tu méconnoître ?

(Id., Amphitryon).

Tu te dis Sosie! — Oui. Quelque conte frivole

(Id., ibid.).

C'est vous, seigneur Arnolphe? — Ow\ mais vous...? —

[C'est Horace (Id., Ecole des femmes).

Chez les poètes modernes cet arcaïsme n'est plus excusa- ble : ils se sont laissé tromper par Tortografe dans ce cas comme dans tant d'autres :

Je voudrais à mon tour te dire, s'il te plaît.

Deux mots. — A l'épie? Ouù — Veux-tu le pistolet?

(Hugo, Marion de Lorme).

Montfleurj entre en scène ? Oui, c'est lui qui commence

(E. Rostand, Cyrano).

Il nM a pas non plus d'iatus dans les exemples tels que le suivant :

Lui dît : Ce sont icf' AtVrogljphes tout purs

(La Fontaine, IX, 8).

Le mot c( hiéroglyphe » commence non par un t mais par un jod; Vh n'est pas aspiré : on dit déz-iévoglifes.

La rime est comme Tiatus un dea ohapitres sur lesquels oa

e le plus écrit et uo de ceux sur lesquels on a publié le plus d'orraurs. Quelques-unes foat autorité et ont passé dans l'usage courant.

Eu somme tout ce qui concerne la rime peut se ramener à quelques points; nous résumerons eu les précisant et en lea rectifiant ceux que l'on traite généralement dans les manuelB eluous i ajouterons nos observations personnelles :

1° 11 faut rimer pour l'oreille et non pour l'œil. Lan- celot disait déjà au milieu du XVII' siècle : « La rime n'est paii autre chose qu'un même son à la un des mots : je dis même son et non pas mêmes lettres. Car la rime n'élant que pour l'oreille et non pour les yeui. on n'y regarde que le son et non l'écriture : ainsi consians et tempt riment très bien* . Personne ne saurait plus aujourdui contester ce prin- cipe. L'idée de rimer pour les ieuz, a dit un critique (Clair Tisseur, Observations sur far^t de versifier, p. 4|, n'est pas moins plaisante que ne serait celle de peindre pour le nez.

2° La première condition pour que deux mots puissent rimer ensemble, i:'est que leurs vojelles toniques soient omofones, soient la même voyelle; l'exemple des grands poètes, auquel certains croient devoir se ranger dans les cas qui leur paraissent douteux, n'est souvent qu'un exemple d'erreur et ne saurait Taire autorité. Ainsi les vers suivants ne riment pas parce que les voyelles placées à la rime n'ont pas le m^me timbre, l'une étant ouverte et l'autre fermée :

Ce petit-flls tyran, ce grand père ofiprimf I Comme janvier cherchait à plaire au mois de mot

(Hu8o, Petit Paul).

RIMES FAUSSES 49

C'est la musique éparse au fond du mois de mai Qui fait que Tan dit : J'aime, et Tautre, hélas : J'aimai

(Id., L*art dêlre grand père).

Terre de la patrie, ô sol trois fois sacre,

Parlez tous ! Soyez tous témoins que je dis vrat

(Lboontb de Lisle, Les Erinnyes).

Si bien qu'on croit entendre en sa voix claire et gaie Sonner allègrement les sequins de la paie

(Hugo, Légende des siècles).

Il s'était si crûment dans les excès plonge Qu'il était dénoncé par la caille et le geai

(Id., Le satyre).

Quoi! je vais donc mourir ! 0 Dieu, vers qui je vais, Je pardonne à tous ceux qui m'ont été mauvais

(Id., Ze rot s^ amuse) ;

la prononciation je vè existe en français, mais la seule cou- rante et bonne est je vé.

Lorsqu'il eut bien fait voir l'hérilier de ses trônes Aux vieilles nations comme aux vieilles couronnes

(Id., Napoléon II).

Par sa mère, autrefois, la Présidente de.,. ; Mais sous cette rigueur faisant aimer son Dieu

(Smnte Bbuve, Pensées d août) ;

ne rime pas, malgré la note par laquelle l'auteur a cru jus- tifier cette rime.

Daigne protéger notre chasse.

Châsse De monseigneur saint Godefroi

(Hugo, La chasse du burgravè).

Il est remarquable que dan? cette pièce si souvent citée pour la richesse de ses rimes les deux premiers vers ne riment pas. Ce qui empêche chasse de rimer avec châsse n*est

LE VERS FRANÇAIS

paa la légère différence de quaDtilé qu'il i a entre lea deux a ; c'est que ces mots mettent en présence un a ouvert et un a fermé.

Si je pouvais couvi-ir de fleurs mon auge pâle I Lea fleura aont l'or, l'azur, l'émeraude, Vapale... Des étoiles éclore aux trous noirs de leurs arâncs. Dieu juste I et par degrés devenaot diaptianei

(Hnoo).

Point de siècle ou de nom sur cette agreste ^age. Devant l'éternité tout siècle est du même âge

(Lakaktikb, MUly).

'.'," Cette condition, l'omofonie des voyelles, ne suffit pas : verre d'eau De rinae pas avec tombeau, n'x /laiii avec main, ni lue avec venue ; ce ne sont là que des as^ionances et dans les poèmes rimes elles ne doivent être tolérées que lorsque les vers riment deux à deux ; mais dans cette condition elles sont préférables à une rime riclia toutes les fois qu"i) n'i a pas de raison pour mettre la rime particulièrement en relief. En voici quelques exemples que je prends au asard dans lioliai

Oh 1 mainteuant, mon Dieu, qui lui rendra la vie 7 Du plus pur de ton sang tu l'avais rajeunie... Tout ici, comme alors, est mort avec le temps.

Et Saturne est au bout du sang de ses enfants

Ainsi, mordant à méQ:ie au peu qu'il possédait,

Il resta grand seigneur tel '[ue Dieu l'avait fait

Son orgueil imlolent, du palais au ruisseau. Traînait derrière lui comme un royal manteau...

4" Deux mots ne riment ensemble, à proprement parler, que s'ils présentent l'omofonie non seulement de la voyelle tonique, mais encore de toutes les consonnes prononcées qui suivent cette voyelle, ou, dans le cas où cette voyelle est finale, de la consonne qui la précède. Ainsi /eiiir rime avec partir, hanni &vec fini', moi avec ht (la rime est constituée par la sillabe ton), et méaia Danaé hvl'c Cloé ; dans cp der- nier exemple la consonne qui précède la voyelle tonique ne

LA RIME RICHE 51

s^écrit paf), mais elle existe : c*est une sorte de souffle analo- gue à Tesprit doux des Grecs.

Mais dans l'exemple suivant de Hugo (Fin de Satan) :

Quand était né, sous Toeil ûxe d'Adonit, Ce Nemrod qui portait tant de ruine en lut,

il n'i a pas rime, parce que 17 final est précédé dans le pre- mier vers d*une légère aspiration et dans le dernier d'un û consonne.

5* Qu*est-ce maintenant qu*une rime riche ? c*est toute rime qui présente Tomofonie d'un élément de plus que ceux que nous avons signalés comme indispensables dans les exemples précédents. On lit partout que la rime riche est constituée par Tomofonie de la consonne d'appui, c'est-à-dire delà consonne qui précède la voyelle tonique; c'est une erreur : banni et fini ne riment pas richement, car on ne peut s'appeler riche si l'on ne possède que l'indispensable. Bannir et finir, parti et sortie noir et soir (c'est-à-dire -war), Danaé et Pasifaé sont des rimes riches.

G** Parmi les consonnes venant après la vojelle tonique nous n'avons parlé que de celles qui se prononcent] il faut dire un mot de celles qui s'écrivent sans se prononcer. Doit- on tenir compte de ces dernières en quelque façon? En prin- cipe, NON. Etranger^ rime parfaitement avec changé, changés^ remordssLYec mort, cor, lord, eic. Voici une raison qui le mon- trera avec toute l'évidence désirable : il suflSrait que l'on simplifiât un peu notre ortografe (ce qui sans doute ne tar- dera guère, car l'ortografe française s'est toujours modifiée deux ou trois fois par siècle), pour que toutes les proïbitions ineptes fondées sur les consonnes finales qui ne se pronon- cent pas, aillent en bloc rejoindre leurs inventeurs. Voici des rimes qui sont irréprochables, bien qu'elles ne soient parfois aux ieux de leurs auteurs que des assonances :

Nager autour de la caréwe

C'était sur des mers lointaines

(H. DE RÉGNIER, L'homme et la sirèiie).

58 LE VERS FRANÇAIS

Et les grottes roses et noiret

Qu'il est mieux de ne pas y croire

(b., ibid.).

Chaque goutte de pluie est une de mes larmes

Car j'entends Ion sanglot dHnsle vent où s'a/arme

(iD., ibid.].

Au métier où je tisse an fleurs lui leur ressrmblent..... Dont les flls font trembler ma maio qui les Sissemble [iD., ibid.]. Musset fait rimer excellemment dans /lolla : héritier et mè- lier avec moitié.

Non!

QuûÊ

13, la n

ï, je viens de 1 t, s'affuble d'n

1 tominnf.

(E. Ko9T^^D, Vurimo).

La sage Pénélope

Ne fut pa^ demeurée à broder soua son loii. Si le seigneur Ulj'sse eût écrit comme foi

(}o.,ibid.).

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

{\D.,ibid.).

Non, merci. Dédier, oomme tous ils le font. Des vers aux financiers? se changer en bou/fon

[In., ibid.).

Non, miHFui, Déjeuner, chaque jour d'un ampaud'! Avoir un venlro usé par la marche? unepeoa

(II.,, ibid.].

r a. cru ilevoii* tricher )ianne h la fois pour .'il avait ortogrsâé cor-

Daus las exemples auiv^nLs l'aut sur l'ortografa pour rendra la rin l'teil et [louf l'oreille. L'oreille sulBt rectumeni la rime n'eût rien perdu :

Que tout l'art d'Hjagnia n'était que dans ce but ; tju'il a, grâce au destin, dei doigt!< tous comme lui (A, CHKMSn, Les mtyrea]

CONSONNES FINALES 53

Oui, Carlos. — Seigneur duc, es-tu donc insensé?

Mon aïeul Tempereur est mort. Je ne le sai

Que de ce soir

(Hugo, Hemani),

Votre gendre est affreux, mal bâti, mal tourne'. Marqué d'une verrue au beau milieu du né

(1d., Le roi 8*amtise),

Enfin voici un exemple qui présente plusieurs cas et mon- tre matériellement combien il est absurde de continuer à observer les règles classiques :

Plus d'un aveugle, au sommet du Parnasse, Fit retentir de sublimes accords ; On peut citer, parmi ceux qui s'y placent, Milton, Homère, et puis d*autres encor. Que font aux sourds les accents que soupirent Les favoris des immortelles sœurs? Juge éclairé des enfants de la lyre, L'oreille seule en connaît la valeur

(R. Debraux).

« Il est difficile, dit Qiiicherat, de faire avec plus d'esprit une critique plus fondée. Notre poésie a conservé, des règles méticuleuses de Malherbe, bien des entraves que la raison ne justifie pas. Si la logique avait présidé à Tétablii^sement des règles de la rime, toutes les consonnances que Toreille aurait déclarées pareilles, quelle que fût leur orthographe, auraient pu être associées ».

Il i a pourtant lieu de distinguer entre les consonnes fina- les qui ne se prononcent jamais, quelle que soit la position et le rôle sintaxique du mot, et celles qui peuvent se faire entendre si le mot est étroitement uni à ce qui suit, comme il arrive fréquemment dans les petits vers et dans certains cas d^enjambement. En considération de ces cas, certains auteurs, tels que Becq de Fouquières , pensent qu'on ne doit pas faire rimer un mot qui se termine par une consonne suscepti- ble de se prononcer avec un mot terminé par une voyelle ou par une consonne ne se prononçant pas. La conclusion

H LE VERS FRANÇAIS

dépasse les ppémissea ; I« téoricien nurait gardé la Juste mesure s'il av^it dit que lorsqu'un mot termina pur une coii- aonneqiii ne se prononça pus à ta pause est lié de telle sorte avec le mot suivant qu'elle doive sa prouonoar, il rf. peut rimer qu'avec un mot terminé par la même coiiBonue se pro- nonçaiu. Cette règle est évidemment juslifiëe: faute d'i obéir le versiScateiif ferait des vera sans rime, malgré l'autorité de nos plus grands poètes qui ont souvent cru rimer richement alors qu'ils uerimuient pas du tout. Tel» les en^in^les suivants:

On ne vit plus qu'Essling, Ulm, Arcole, AusterdV: ; Comme dans les tombeaux des romains abo//ï

{Huoo, L'exjHatwn).

Les jardinières, les founriis.

Les demoiseUes, chastes mîss

Le Phébus sacré dans Reims... Des formes d'alexandrini

IIb donnaient Chypre et Pa/'Ais; Et leurs cheveux étaient favx

Le reite existait-il 7 — Le grand père mourui Quand Sem dit k Racliel, quand Booz dit à Ruth

(b., Pttit Paul).

Deux verrous ont fermé sa porte pour jainat'j, L'un qu'on nomme Strasbourg, l'autre qu'on nomme Metz (1d., Le yrisonnUr],

L'hiver à défleuri la lande et le courdV. . . Le pétale fané pend au dernier piafr/;

(Hkkbdu, BriKtiariae)-, on prononce cmrli ei pistil.

Dana la mare de pourpre oii ieura larges pieds glisscil, '^ Prenant à quatre bras les cadavres qui j.-'S«i/

(I.ïMAKTiKB, Cknie (Ttin ange).

RIMES TBOP BICHES 55

Sans doDt« ces vers aasoneot enlra eux; mais leur bb^o-

nance est choquante au milieu des rimea, tandra tjue celle da

deux ïojelles finales ne l'est nullement. Dans rexem|ile sui-

t ant il ù'i a pas même assonance :

Ces srbres, ces rochers, ces astres, cette mer; Et toute notre vie était un seul aimer

(LamartikS, Novitaima verba)

""Nous avons indiqué tout à l'eure que dans nombre de cas la rime suffisante est préfôrahlo à la rime riche. Il Taut ajouter que lians aucun cas la rime ne doit être trop riche. Il est rare que les éléments omofonea puis^eni dé|>us9er deux Bilkbes sans que l'auieur ail l'air de jouer sur les muts, ce (jui ûtL- a lu jioësie toute valeur artistique. L'art peut être gai, il ne doit pas cesser d'élro sérieux e) grave. Nous ne voulons pas parler ici d'exemples comme les suivants qui ne sont ])OQr la plupart que des piaisanleries :

Tous les soldais rju'Argant tua

Ne valaient pas Gargantua. .

Dans la bataille, Bradamanle

Ne frappait pas d'au ini» iCnntanle. . . On voit à l'hôpital maint prodigue aille Qui pleure amèrement sa prodigalité. . . La oroissaiite cherté de ces locaux motive Notre départ prochain par la lucomotive. . . Au fauteuil da Delille on place Campenon. A-t-il assez d'esprit pour qu'on l'y campe î — Son.

^VMous songeons à dei exemples série ix , mais où les élé- ments omofooes, fussenl-iU nionosilhtliiques, fournissent une répétition qui semble prêter au jeu de mots, comme la répé- tion inaleurense de la sillabe pai dans ce vers da Racine :

» Hélas 1 si cette ;>ai'i dont voua vous repaiasez Couvroît contre to< jours quelques pièges dressés {Bril-innicu, V, I).

A 1& rime l'effet est encore plus sensible et plus choquant que (Uns ua même vers ;

k

LB VERS FRANÇAIS D'un portrait de Van Djck ; puis sur la fin tapis Agacer en Jouant se; petits pieds ta/iis

A l'ombre du jupon

(Th. Gautier, EUgiet).

Assis sur cea rochers déserts. Je suis dans le vague des airs Le char de ia cuit qui s'avance

1

(Um.

;, Le lair).

Si son ordre au palais vous a fait retenir. C'est peut-être à dessein de voua eatretenîr

(Raoinb, Brilanniai», IV, 1).

Heur et malheur ! On vit cea deux homme* s'étreindre Si fort que l'un et l'autre ils faillirent s'éteindre

(MussBT, don Paet).

Qui le saura? — Pour moi, j'estime i^u'una tombe Eat un aaile sûr où l'eapéranoe tombe

{lD.,>bid.).

Oui, c'est fini :l'e Sa débile r

infant a bu la coupe sombrt ; s'évanouit et sombre

(Hugo, La pitié suprême).

Va ouvrier d'Egine a sculpté sur ia plinthe Europe, dont un dieu n'écoute pas la plainte

(Hvao, Rouet d'Omphale).

8° Reste la question complexe de la variété des rimas. Elle comprend deux points essentiels: l'alternance des rimes mas- oulities et féminines et la non assonance des rîmes successives. Au moyen âge on ne voyait aucun inconvénient à faire des poéaies tout entières en rimes maaculinea ou féraininns, et l'on cultivait la laissa monorime oCi la répétition de la même assonance n'était limitée que par l'épuisement du vocabulaire. On rdconijul au bout d'un certain temps qu'il résultait ila cei deux pratiques une monotonie déaag;réable et peu artistique. L'art vit de variété auaai bien que Je renouvelltimeiit. Aussi depuis le XVI* siècle les poètes aoigaeux ont évité âarujiuleu-

■ L ALTERNANCE DES RIMES 57

sèment I& succession des riniea du même seie et des rimes assonaDt entre elles. On ne saurait trop louer ceux qui ont introduit dana notre poésie cette observance délicate, et par contre on ne saurait trop blâmer ceux denos modernes déca- dents qui î ont renoncé, constituant le asard seul arbitre de la inccessîon des rimes. C'est un retour non pas à l'enfance de l'art, mais à l'absence d'art, et chez la plupart de ceux qui s'en sont rendus coupables ce n'est pas l'iudicalion d'une téorie réfléchie et arrêtée, ni d'une rechercha, raaleureuse peut-être, mais louable, ce n'est qu'âne marque d'impuis- sance.

Pourtant on ne peut pas trancher ainsi la question en quel- ques mots. Nous ne saurions trop noua élever contre csui qui ilisani : voici la rëgle ; tout ce qui s'en écarte est mauvais. L'art ne comporte pas de dogmes. Avant de se conformer à une règle il faut l'eiaminer et en peser soigneusement la valeur. Celle de l'alternance des rimes masculines et fémininea était excellente à l'origine, elle est absurde mijourdui. Les poètea qui n'i ont pas obéi ont eu raison puist^u'elle e^t mau- vaise, mais ils ont eu lu grand tort ij'i substituer le asard qui n'est pas un principe artistique. Cetie règle était fondée sur la prononciation, comme il convient ; mais notre poésie a évolué et surtout notre langue a changé . La règle devait évo- luer en même temps que la prononciation dont elle était l'inter- prète. Sont réputées rimes féminines toutes les fin^tles ter- minées par un e muet et masculines toutes les autres. Cette différence était très réelle et très nette à l'époque où l'on pro- nonçait tous les f à la lin des mots. Aujourdui on n'en pro- nonoe plus aucun à la pause ; ils ont dispiiru par évoluiion fonéiique. En sorte qu'il n'i a plus lamoindre différence eeusî- ble pour la finale entre Imgarre et asard, entre un dé et ime idit. Comme le disait déjà l'abbé d'Olivcl au XVllI' siècle: « Nous écrivons Danid et ain'de, un bal et une hollf. un pic et ane pique, le nommeil et il sommeille, mortel et nmrtetie. OD firoe et i\ croque, etc. Jamais un aveugle de naissntice ne soupçonnerait qu'il y ait une orthographe différente pour c«s dernières syllabes, dont la désinence est absolument la marne B.

La distinction établie par la règle n'existant plus aujour-

dui,

LE VERS FRANÇAIS :ette règle est sans râleur. Mais révoloUoD fonétiqa«

n'a-t-elle pas aubstitué une autre difiéretice k celle-là? Btt-ce que toutes les anales sont aujouiiiui masculines ? Co aucune façon. La rime i/cAar)f?étai( consiJéréo uonime féuiaine parce qu'elle se terminait par un e comme la plupart des mots fémi- nins ; or la plupart des mots terminés par on e mnet finissent dans la prononciation , après la chute total* de cet e, par une consonne. Ce sont là aujourdui les vraies rimes féminines, et tous les mots dont la prononciation se termine par une voyelle sont des rimes masculines. Le sentiment de cette distinction est très net chez le peuple qui dit lîouramment l'air esl fraîche, une centime, la moustigut, la sulfate, une légume, parce que les mots aiV, centimt, moustique, sulfate, légume se terminant par une consonne; tandis qu'il fait masculins des mois tels que entrée, comme le prouve entre autres choses l'ortojjr&fe , entrer du cirque. Il «n résulte que si je dis ;

J'aime mieux î croire Que d*i aller voir,

je fais deas vers de cinq tillabes qai riment richemeai, < rimes féminines. Il ^a résulte qu'une pièce comme ceUe-oi d Verlaine [/iomancet sans paroles), est rimé« :

C'est le ehien de Jean de Nivelle Qui mord soos l'œil même du guel Le chat de U mère Michel ; Pntuçois-les-bas-bleuss'en égaie. La lune a l'écrivain public Dispense sa lumière obscare OA Uêdor aTflc Angélique Verdissent sur le pauvre mur...

tonte la pièce est ainsi ; ce sont d'excellentes rimes : il i quelques-unej dans le reste du morceau qui sont n par la faute du poète, mais cela n'&te ri«n an principe. Ses] ment l'aliemance des rimes masculine* et fénùnines ^aei poète a cra fonder snr Tortografe n'a riea de rëal. En fàn il i a alternance daos la première strofe, nos pas qae Isa risMs fémiDÎnes soient la première et la qaatriène, uaù la

RIMES SANS ALTERNANCE 59

{iremiire et la troiaième. La ileiiiiëme alrofe est tout eatiër» 'TU fiuica féminiDes, malgré l'ortografe. De mémo la strofe luivinle de Lamartine {L' enthousiasme) eat tout entlèra eu nmesfÉmiiiiuea, ca qui ast uoe négligence dôsagiéable :

Ainsi quand tu fonds sur mon &me, Enthousiasme, aigle vainqueur, A.U bruit da tes ailes de flamme Je frémis d'une sainte horreur; Je me débats sous ta puissance, Je fuis, je crains que ta préseuce N'anéantisse un cœur mortel, Comme un fau que la foudre allume. Qui ne s'éteint plus, et consume Le bûcher, la temple et l'autel. Voici deux strofes consécutives du même poète (^a/ioMie Mn?«i qui sont toutes en rimas masculines :

Sur mea os consumés ma peau s'est desséchée ; Us enfants m'ont chante dans leurs dérisions;

Seul, au milieu des nations, U Seigneur m'a jeté comme une herbe arraclifc.

Il s'aat enveloppé de sou divin couitoux ; lia fermé ma route, il u troublé ma voie;

Mon sein n'a plus connu la joie, Et j'ai dit au Seigneur: Seigneur, souvenez-vous.

Ceiju'il in de plus beau peut-être dans les observances ipii

■Mne ont été léguée» par l'usage, c'est qae ils essaifiit, ils

fictif constituent une rime féminine, tandis iii)e iU s'ilevuient,

te mouvaient font une rime masculine, parce que ces der-

^•tnitmtdtt imparfait; cf. \niva, Condusiùn, \'.

Lm deux classes actuelles ne recouvrent donc Qu'en partie

^'* ilaux classes anciennes. Les anciennes rimes féminines

'erminées par voyelle -\- e sont devenues masculin 'S. les

«ncienues rimes masculines terminées par une consonne qui

I icoatinué à se prononcer sont devenues féminines. Malgré

>,<l*nsle plus grand nombre des uaail n'i arien de changé.

■cl, par exem|ile, un passage de Rolla qui observait bien

eO LE VP.RS FEUNÇAIS

l'alternance avec rancienne classiÛcation et qui continue â

l'observer de U mâme maaièrs avec la nouvelle i

Regrettez-vous ie temps où d'un siècle barbare

Naquit un Btècle d'or, plus fertile et plus beau 7

Où le vieil univers feudit aveu Lazare

Oe son front rajeuni la pierre du tombeau?

Regrettez-voua le temps où nos vieilles roinanceB

Ouvraient leurs atlas d'or vers leur monde enchanté ;

On tous nos monuments et toutes nos erojances

Portaient le manteau blanc île leur virgiuité -,

Où sous la main du Ckrist, tout venait de reiiatlre ;

Où le palais du prince et la maison du prêtre.

Portant la même itroii sur leur front radieux,

Sortaient de la montagne en regardant les cieux ;

Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et St-Pierrs,

S'agenouillant au loin daas leurs rnbes de pierre.

Sur l'orgue universel des peuples prosternés

Entonnaient l'boaanna des siècles nouveau nés ;

Le temps où se faisait tout ce qu'a dit l'histoire;

Où sur les saints autels les crucial d'ivoire

Ouvraient des bras saus tache et blauns comme le lait ;

Où la Vie était jeune, — oii la Mort espérait?

Cette alternance produit un cliarme délicieux. 11 est dona avantageux de continuer à l'observer, mais avec les nioJIQ- cations que nous avons indiquées, sans quoi elle disparaît ea fait à tout moment.

Il n'en faut pas conclure qu'on ne doive jamais faire de poésies tout entières en rimes masculines ou en rîmes fémi- nines. Toutes les règles de la poésie peuvent et doivent ètri violées en vue d'un effet à produire. Le charme de l'alter- nance est dt^ à la variété qui en résulte, mais si l'on veU) produire une impression d'uniformité, de monotomic, si l'on veut peindre un état ou une situation qui ne change paa, la non alternance des rimes se recommande entre autres, procédés. Voici un exemple où Verlaine (/tomancei satu paroles) a cherché et obtenu cet effet ; le morceau est tout, en rimes féminines ; il eu résulte une impression de mono* tODîe, d'uniformité, à laquelle se joint, grâce au doux pro*

RIMES FEMININES SANS ALTERNANCE 6t

loDgement dû à la consonne âaale da ces rimes, un effet de mélancolie qui concorde avec l'idée exprimée. La pièce est d'ailleurs mal écrite :

Je devine, à travers ud murmare.

Le contour subtil des voix anciennes

Et dans les lueurs musiciennes,

Amour pâle, une aurore future !

Et mon âme et mon cœur en délipts Ne sont plus qu'une espèce d'œil double Oii tremblote à travers un jour trouble L'ariette, hi^las ! de toutes l^res 1

O mourir de cette mort aeulette Que s'en vont, cher amour qui fépeures. Balançant jeunes et vieilles heures! 0 mourir de cette escarpolette !

Dans la pièce suivante le prolongement des rimes féroini- oes, semblable au bruit d'une corde ()ui vibre et retentit encoie après que l'archet l'a quittée, fournit une expression de donceur qui est parfaitement en concordance avec l'idée ; maïs la troisième strofe, dont les rimes sont en réalité mas- culines, fait tache dans le tableau :

Les donneurs de sérénades Et les belles écouteuses Echangent des propos fades Sous les ramures chanteuses.

C'est Tircis et c'est Âminte, Et c'est l'éternel Clitandre, Et c'est Damis qui pour mainte Cruelle fait maint vers tendre.

Leurs courtes ventes de soie, Leurs longues robes k queues, Leur élégance, leur joie Et leurs molles ombrea bleues

Tourbillonnent dans l'extase D'une lune rose et grise.

62 LE VERS FRANÇAIS

Et la mandoline jase Parmi Us frissons de brise

(Vbrlaihb, Slaridoliiu).

Il i a DDe chanson attribués à Malherbe qu'il coDvisntfl de rappeler ici. Ses riniea, toutes féminines, en font une sort»] de berceuse. La présence de plusiâurs vers de 9 sillabes rit-| méa à 3, 3, 3 renforça encore cet effet :

L'air est plein d'ane baleine de roses : Tous les vents tiennent leurs bouches closes, Et le soleil semble sortir de l'onde Pour quelqu'amour plus que pour luire au monde

On diroit à lui voir sur la tête

Ses rayons comme un chapeau de fête,

Qu'il s'en va luivre en si hellejournée

Encore un coup la alla de Pénéc.

Toute chose aux délioes conspire, Mettez-vous en votre humeur de rire; Les soins profonda d'où les ridea nous viennent, A d'autrea ajis qu'aux vôtres iippartieiiamit.

Il fait chaud ; mais un feuillage sombre Loin du bruit nous fournira quelque ombre

Où nou3 ferons parmi les violettes

Mépris de l'ambre et de ses cassolettes.

Il est bien évident qu'une pièce toute eu rimes mascuiinea produirait un effet opposa. Verlaiim pamlt s'i être trompé dans la btrofe suivante {/tomances lans paroles) où il semble avoir voulu peindre la langueur, la mélunuoiie ei la luuuoto- nie; il n'I a réussi en rien :

L'allée est sans fin Sous le ciel, divin D'être pâle ainsi! Sais- tu qu'on seruit Bien sous le secret De ces uibies ci '.'

I

ASSONANCE DES RIMKS SUCIC.ESSIVES 63

usTsrs sautillants de cinq sillabes et oea rimes séchea pro- duisent le contraire de l'effet cherohé.

L'iiutre point que nous avons à coasidérer, c'est l'asso- nuice des rîmes successives, que les poëtos soij^'neui évitent métodiquement et avec raison, car elle i^ii^'etidre une moDO- tonie désagréable et antîartiatique ; c'eat le défaut des exem- piet mi vanta :

Une clarté d'en haut dans mon sein deacendii. Me tenta de bénir ce que j'avaia maudit; Et, cédant sans combattre au aouffle qui m'in^-pire, L'&ma de la raison s'élança de ma lyre

(Lauahtlnb, L'homme).

Od 8d trouvarait une dizaine d'exemples dans la même pièce qui n'a pas trois centa vers.

J'aurais dû, — mais, aage ou fou, A seize ans on est farouche, — Voir le baiser sur sa bouche Plus que l'insecte à aon cou.

Ou eût dit un coquillage ; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se peuchaient dans le feuillage

[Huao, La cûccinelte) ;

jette dernière strofe est la pire des deux parce que ses rtines sont à la fois as^iouantes et du même sexe. li en est de tuéuie des exemples suivants:

L'Océan s'eutrouvrit, et dans sa nudité Radieuse, émergeant de l'écume embrasée, Dans le sang d'Ouranos fleurit Aphrodite

{llRKSOu.La niUiianee d'Aphroditi).

Jamais Iphigénie, en Auhde immolée ,

N'a coûté tant de pleurs à la Qrèoe assemblée

04 LE VERS FRANÇAIS

Que dans l'heureux spectacle à nos jeux étalé £q a fait sous son nom verasr la Ciiampmâlé

(BOILB^U).

La vie a disperse, comme t'ëpi sur l'aire. Loin du champ paternel les enfants et la mère, Et ce foyer chéri ressemble aux nids déserts D'où l'hirondelle a fui pendant de longs hivers

(Lamartine, MiUy).

Quand de ses souvenirs la France dépouillée,

HéiasI aurs perdu sa vieille majesté,

Lui disputant encor quelque pourpre souillée

Ils riront de sa nudité ! Nous, ne profanons point cette mère sacrée.

Consolons sa gloire éplorée.

GhautoDB ses astres éclipsés

(Hoao, Odettl balladu).

Mais cette règle est comme les précéduntes, le poète a le droit et le devoir de ta violer parfois en vue d'un elTet. D'abord effet de monotouie :

Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L'automne Faisait voler la grive à travers l'air atone, F>t le soleil dardait un rajou monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et k peusée au vent. Soudain, tournant vers moi ton regsrd émouvant : « Quel fut ton plus beau jour? > fit sa voix d'or vivant (Vkblaink, Puintei laturniem).

Une impression analogue peut être obtenue par la répétition, non pas constante, mais seulement fréquente des mêmes rimes ou de rimes assenant entre elles. C'est le cas daus les deux pièces suivantes :

Une aube affaiblie Verce nar Us chunin*

EXPRESSION DE LA MELANCOLIE 65

La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon cœur qui s'oublie Aux soleils couchants. Et d'étranges rêves, Comme des soleils Couchants sur les graves, Fantômes vermetls, Déâlent sans trêves, Défilent, pareils A des grands soleils Couchants sur les grèves

(Id., ibid.).

Les uit premiers vers sont sur deux rimes ; les uit der- niers assonent entre eux. L'effet produit par les rimes est renforcé par la répétition à Tintérieur des vers des mêmes séries de sons ou des mêmes mots, c'est-à-dire par la répé- tition des mêmes impressions. De tout cela sort un effet de monotonie, et par suite, dans le cas particulier, de tristesse et de mélancolie.

L'autre pièce, bien connue, est d'une facture plus compli- quée :

Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur?

0 bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s'ennuie 0 le chant de la pluie.

Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s'écœure. Quoi I nulle trahison ? Ce deuil est sans raison.

r

LE VERS FBANÇAIS C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi.

Mon cœur a tant de peine

^

,««. paroUt).

^^^^^L Sans entrer dans le deroier détail de l'analise. voici les prin-

^^^^^^V cipaiis

i qui entrent en jeu dans eelt

e pièce. D'abord

^^^^^T la répétition dea

; mêmes vojelloa dan^ l'intéri

eur des vers et à

^^P U n me, chaque

Btrofe ayant le môme mot ■

comme première

^H^ et dernière rimt

1, renforcé par la troisième ri

11 pleure dans mon oœur . . . langueur

Dans ce cœur qui a'éoœure..

C'estbien la pire peine... eto.

De làTimpreasion de monotonie- En outre le

mouvement sae-

cadé, situtillant

et continu de la pluie est

eiprimô tout le

long de la pièce par la répétition des conaon

uea.La pluie fisi-

qui) est aurtout

peinte par la combinaison <

lea occlusives et

des liquides :

Jl pleure dane mon coeur Comme i//>/eut Bur /avi//e. Qaetla eat cette /ungueur Çui pénètre mon coeur ?

Dans la strofe euivante, la pluie morale est «

furlout exprimée

par la aombinaisoo dea occlusives et des sifflantes :

Il;)leure janaraijon

Dans ce cœur yui î'ëcœupe

Puoil nulle /rahiîon ?

Cetfenileatsans raison ;

et do mâme dan

a la atrofe suivante. EnQn Taffluenae des labia-

leap, 6, répand dans toute la pièce connue une i

note sanglotante,

cf. tome XLVI.

p. 528 à 532 ; et la seconde

^

REPETITION DES MEMES RIMES 67

strofe, qui n^apas de correspondante, mais rappelle en géné- ral par sa vojelle une autre rime, une autre note de la pièce : ville pluie, écœure'Cœur , toits-pourquoi y donne à tout le mor- ceau quelque chose de vague et d*imprécis.

M La rime répétée multipliant ses consonances uniformes représente en quelque sorte les modulations ou les variations d'un thème unique », remarque M. Gh. Comte, Les stances libres dans Molière^ p. 57, à propos iV Amphitryon . Les trois passages de cette pièce que nous citons ci-après sont indi- qués par lui :

Ce ne sont point des badinages.

Le moi que j'ai trouvé tantôt Sur le moi qui vous parle a de grands avantages ;

Il a le bras fort, le cœur haut :

J'en ai reçu des témoignages ; Et ce diable de moi m'a rossé comme il faut :

C'est un drôle qui fait des rages.

(MouÀRR, Amphitrifonf II, 1).

C'est avec droit que mon abord vous chasse Etque de me fuir en tous lieux Votre colère me menace : Je dois vous être un objet odieux : Vous devez me vouloir un mal prodigieux ; Il n'est aucune horreur que mon forfait ne passe,

D'avoir offensé vos beaux yeux. C'^st un crime à blesser les hommes et les Dieux, Et je mérite enfin, pour punir cette audace, Que contre moi votre haine ramasse

Tous ses traits les plus furieux. Mais mon cœur vous demande grâce. . .

(Ibid., II, 6) ;

• larin^e a suivi jusqu'au bout les répétitions d'une même idée » (Ch. Comte, p. 57).

La reproduction des mêmes rimes dans le même ordre peut servir à reausser le parallélisme de deux développements :

88 LE VERS FKANÇAIS

Amph. — Est'Oa qua du retour que j'ai préoîpité Un songe, cette nuit, Alcmène, dans votre &me

A prévenu la vérité 1 Et que Ki'a^ant peut-être en dormant bien traité.

Votre cœur sa croit vers ma Saoïmo

Assez amplement acquitté 7 ilc. — Est-oe qu'une vapaur, par sa malignitâ.

Amphitryon, a dans votre âme Via retour d'hier au aoir brouilla U "énlé î Ut que du doux accueil duquel je mVi^quittai

Votre cœur prétend à ma flamme

Ravir toute l'honnêteté?

(Ibid., n. 2).

Même effet produit par des rimas aasonant toutes entra elles DU du moins se rappelant les unes lus nutre^, car 1'^ et Vé n'assonent pas puisqu'ils n'ont pas le même timbra, mais se rajipellent nettement :

Niêgraa de Saint-Domingue, après combifn d'ann^a

De farou''he silence et de stupidité.

Vos peupUdes sans nombre, au sol^tl encliatu^^j,

Se sont-eiles de terre enfin déracinées

Au souffle de la haine et de la liberté !

C'est ainsi qu'aujourd'hui s'éveillent tes pensées,

0 Rolla! c'est ainsi que bondissent tes frrs,

Et que devant tes yeux des torches insensés

Courent à l'îaûni, traversant les dé-^rts

(MUSSBT, Rolla).

De même une accumulation de faits analogues, uneénumé- ratioD d'idées parallèles aéra bien mise en relief pur des rimes assenant ou se rappelant :

I

g trempa

L'impie Achab détruit, at de s Le champ que par le meurtre il aTui't usurpé ; Prés de ce champ fatal Jéznbfl immolée, Sous les pieds des chevaux cette renie foui». Dans son sang inhumai» les chiens dé.saltér^f, Kt de sou corps hideux les membres déchiie> ;

ACCUMULATION d'iDÉES PARALLELES 69

Des prophètes menteurs la troupe confondue, Et la flamme du otel sur l'autd descendue ; Elie aux éléments parlant en souverain, Les cieax par lui fermés et devenus d'airatn, Et la terre trois ans sans pluie et sans rosé« ; Les morts se ranimant à la voin d'Elisée

(Racinb, AtJialie, I, I).

Fais-lui valoir l'hymen où je me suis rangée: Dis-lui qu'avant ma mort je lui fus engagée ; Que ses ressentiments doivent être effacés ; Qu'en lui laissant mon ûls c'est Testimer assez. Fais oonnottre à mon fils les héros de sa race ; Autant que tu pourras conduis-le sur leur traco : Dis-lui par quels exploits leurs noms ont éclaté, Plutôt ce qu'ils ont fatt que ce qu'ils ont été; Parle -lui tous les jours des vertus de son père ; Et quelquefois aussi parle-lui de sa mère. Mais qu'il ne songe plus, Céphise, à nous venger : Nous lui laissons un maître, il le doit ménager

(1d., Andromaqtiet IV, 1\

Je ne crois pas que sur la terre Il soit un lieu d'arbres planté Plus célébré, plus visité. Mieux fait, plus joli, plus hanté, Mieux exercé dans l'art de plaire, Plus examiné, plus vanté, Plus décrit, plus lu, plus chanté. Que Tennoveux parc de Versailles

fMcssET, Sur trois marchu de marbre rou,.

Quand il passait devant les vieillards assemblés, Sa présence éclairait ces sévères visa^res : Par la ehatne des m eur^ pares et des \'»\% %a%^% A son cher Danemark natal il enchalr.a Vingt îles, Fionie, Araboat, Fohter, Mona; Il bâtit oo grand trône en pierres féodal^v ; Il Tainqait les saxons, les pietef, les t%u^a\^.

1

70 LE VERS FRANÇAIS

Le oelte, et le boi-ussa, et le slave aui aboi Et Ua peuplas hagards qui hiirl~i:>t ila.iis im

(Hugo, Le parricide).

Et maintoosnt iiue l'Iiotniue uvait v'nié son verre. Qu'il venait dans un bougu, à aoD heure dernière Oh=rcliec ua lit de mort où l'on pût blasphémer; Quand tout ëtaît âui. '[uanJ la nuit éternrlle Attdtidait de sea jours la H(^riiiéfe étincdle. Qui ilouo au moribond osait parlei' d'aimer?

(MuasBT, Rolia).

La même impression d'insistance et d'accumulation (leut être produite par les rimes léouinea :

Le peuple est mutine, nos Araii assemblas, Le l-jTao effraya, ses confidents troubles

[Coknkillb).

Et quoi que nous disr'ons, et quoi que nous songions, Les âuménidea sont dana lea religions

(Hugo, FratemiU).

Les exemples suivants sont un peu plus compliqués. Ce ne sont plus toutes lea rimea qui se rappellent, mai^ seulement la majorité des rîmes; mais la note de leurs voyelles se réper- cute à. l'intérieur des vers dans toute la tirade :

Sur quels pieds tombez-vous, parfums de M:idetei'ne?

Où donc vibre dans Vair une voix plus qu'humaine ?

Qui de nous, qui da nous va. devenir un Dieu ?

La Tsrre est aussi vieille, aussi dégénérée.

Elle branle ane tète aussi désespérée

Que lorsque Jean parut sur le sable des mers.

Et que la moribonde, à aa parole sainte

Tressaillant tout à coup comme une femme enceinte,

Sentit bondir en elle un nouvel univers.

Les jours sont revenus de Claude et de Tibère ;

Tout ici, comme alors, est mort avec le temps,

Et Saturne est au bout du SAng de ses eufauis ;

Mais l'espérance humaine L'at lassa d'Être mère,

INSISTANCE PAR LA BIME Et le sein tout meurtri d'avoir tant allaite', Elle fait son repoa de sa stérilité

(Musset, Rolla).

I.'ir]ée d'acoumol&tion appelle naturellement l'idée d'insis- luice ; on ioaia'.e sur une idée eu la répétaiii sous des formes différentes, mais analogues, en HcciinmlEiit les faits identi- qaes, les argumenta parallèles. Nous avons déjà vu que f'iiisi^Uimâ ai p eint en accumulant les répélitioiii et les i-ap- psis des mêmes sons â l'intérieur des vers ; mais la rime est la place où les sons sont le pins en relief; o'esL donc la meil- l«i)re place pour les mettre en lumière. Le mo^eu le plus

rmeutaire d'insister par la rime est d'i répeter le même

^

. On les fera passer pour cornes, Ditr&nimal craintif, et cornes de licoines

(La Fontaihk].

Ud moyen plus compliqué mais plus artistique d'insister est de mettre à la rime des rappels de sons et de les réper- cuter dans l'intérienr des vers:

Trois ans, — les trois plus beaui de la belle jeunesse. —

Trois ans de volupté, de délire et d'ivresse.

Allaient s'évanouir comme un songe léger.

Comme le chant loinlam d'un oiseau passager.

Et cette triste nait, — nuit de mort, — la derniêpe, —

Celle où l'agonisant fait encor sa prière.

Quand sa lèvre est muette, — oCi, pour le condamna.

Tout est BL près (le Dieu, que tout st^t pardonna, —

il veodt't la passe)' chez une fille îiifikiue

(Musset, Rolla).

Quand le développement a une certaine étendue, il peut i avoir plusieurs séries de rimes qui assonent entre elles ou se rappellent. Tel le passage suivant du discours de Thémisto- cle où il o'i a guère que des rimes on e (è) et eu i. ce qui est QD mojen d'accumuler les arguments et de les rendre plut frappants, de les marquer chacun davantage II faut noter en

78 LE VERS FRANÇAIS

outre que dans ce cas particulier les voyelles des rimes sont

dsB voyelks claires, c'est-à-dire iuoisivea:

Eurybittde, àrjui Pallus confie Athèiie,

Noble Adymanthe, fils d'Oc^re, capitaine

Da Cortnthe, et voua tou^, prmcea et chefs, sacliei

Que les ilisuz sont sur nous à cette heure penchés ;

Tandis que oe conseil hést'ie, attenH, varie.

Je vois poindra une larme aux yeux de la patrie;

La Orfce en deuil chancelle et chercha un point d'appni.

Rois, je sensque tout ment, demnin trompe aujourd'hui,

Le jour eat louche, l'air est fuyant, l'onde est lâche;

Le sort est une main qui nous tient, puis nous IBiehe ;

J'entime peu la vague instable, mais je dis

Qu'un gouffre est moins mouvant soua des pieds plus hardi»

El qu'il faut traiter l'eau comme on traite la vie.

Avec force et dédain ; et, n'ayant d'autre anvie

Que la bataille, ô grecs, je la voudmis tente;- !

Il esi temps que les cœun renoncent à douter,

Et tout sera perdu, peuple, )<i tu n'opposes

La fermeté de l'homme aux trahisons des ohoses.

Nous gommes do fort près |iar Néméais suivii,

Tout penche, et o'est pourquoi je vous diioion avis.

Restons dans ce détroit. Ce qui me détermine,

C'est lie sauver Mégare, Egt'ue et Salamtne,

Et je trouve prudent en méraa temps que fier

De protéger la terre en défendant la mer

{Huoo, Lt détroit de l'Euripe).

Noua n'avons marqué parmi les toniques que les e (e, è, '") et les t. Mais k i regarder de plus près on trouve une série d'éclatantes a qui préparant et entourent la rime lâche : Je vois poindre une larme. ... la vn^ua instable, — quelques d qui préparent la rime opposes, chose*: Et qu'il faut traiter l'eau..., enfin des répétitions plus isolées: jo sens que tout ment..., Le jour est loucho.... prudent en mdme temps. . ., en défendant,.., — Jeux premiers émistichea rimant ensemble :

Tout penche, et c'est pourquoi.. Reatons dans oe détroit

I

RAPPELS INTERIILURS DES RIMES

73

DiDS l'exemple suivant il i a ensore plua de TBriét<i p>irce ([u'il est plus long et que les idées i sont plua diverses. Nous j trouvous dea rimes en voyelles claires el d'autre part en yojelles sombres suivant les nuances d'idées exprimées ; c'est dius la pièce de Hu^'O intitulée Quelqu'un twt le holà : I* Discours des lions aux rois: Rois, l'échevèlement que notre tête épdMse Seooue en sa colore est de la même espèce Que k'avalanclie énorme et le torrent des munii.

Voua, et vos légions, vous, et vos escadrons. Quand nous y penserons et quaud nous le voudrons, O prïnoea, nous ferons de cela des squelettes. Lâohes vous frissonner devant des amulâttea; Hai« noua les seuls puissants, nous maîtres des sommets. Nous rugissons toujours et ne prions jamain; Car non* ne craignons rien. Puisqu'on noua a fait bétes. N'importe qui peut bien eiistfr sur noa têtes Sans que nous le sachions at que noua j songious, Vous les rois, le ciel noir, pleùi de religions, Vous volt, mains jointes, vila, prosternés liana la poudre ; Uais, tout rempli qu'il est de tempête et de foudre. De TAJOH& et d'éclairs, il ne sait pas si nous, Qui sommes les lions, nous avons des genoux. lia dans ce morceau deux notes prin':i;iale', l une claire lk(é, éj, et l'autre sombre (ou, on) qui convient parfaitement «. Texpression d'un sourd grondement. 11 faui i ajouter quelques répétions d'écIatantes:Qiie l'avalanche énorme elle torrent.., _ — Voua les rois, le ciel noir. .., Vous voiV.. ., — enliii des premiers émistiuhes rimant ou assonnnt «jj^-emble : Voua, et vos légiona... Quand nous y penserons. . . 0 princes, nous ferons. . . - Car nous ne crai^^nons rien. - . N'importe qui peut bien . . . 1 2" Discours de Dieu aux lions:

Vous êtes lei lion- N« vous hérisse: p

mis Dieu. Crinièces, a tiens prisonniérea.

T* LE VERS FRANÇAIS

Toutes vos griffes sont davanl mon doigt levé, Ce qn'eil sous une meule un grain de sénevé; Je tolère les rois comme je vous tolère ; La grande [latience et (a grande colèi'e. C'est moi. J'ai mes deasems. Brutes et roia. tyrans, Tremblfî, eux les mangeurs et vous les dévorants. Saoh«: que je suis là. J'abaisse et j'humilie ; Je tims, je tords, je courbe, et je lie et délia La vague adriatique et le vent syrien ; Je suis celui qui prouve à tous qu'ils ne sont rien; Je suis toute l'aurore et je uni toute l'ombre; Je suis celui qui sème au hasarJ et sans nombre, I<:t qui, lorsqu'il lui platt, donne des millions D'autres au firmament et de poux aux lioiH. Nous avons là sucueasiveiuent toutes les notes : claire {é, è), éclatante {a, an), aiguë(i), somhre(ou.on), cette dernière étant réservée comme il cou vient à la menace finale sous forme d'un soufii grondement. Nous n'avons marqué dans ie texte, jiour n'en pas compliquer l'aspect, que deux notas, la claire el la sombre. La note éclatante apparaît surtout dans les vert :

l.a gronde pati?'ice et la grande colère,

C'est moi. J'ai mes desseins. Brutes et rois, tyiaiii.

Tremblez, eux les mangeurs et vous I

Sachez que je suis là. J'abaisse et j'humilie :

Je tiens, je tords, je courbe, et je lie et délie

La vague adriatique et ie vent syrien,

La note aiguë commence k :

J'abaisse et j'bumilie;

Je tiens, je tords, je courbe, et je lie et délie

La vague adriatique et ie vent syrien , et se poursuit presque jusqu'à la fin par : fois répété, et par: Et qui...

On pourrait relever enfin pour éiru complet (oar cette obser- vation rentre diins un chapitre précédent) les répétitions de uonsonues qui contribuent aussi i. insister sur chaque idée : Je (ieuE.je forJs.je courbe, etc.

UaURICB OltAUUONT.

[■4 mivre).

1

I

LES DÉLIBÉRATIONS

DU

CONSEIL COMMUNAL D'ALBI

DE 1372 Â 1388 (Suite)

BB 16

L'an M« CCO LXXI1% a XXIIII dias del mes d'octombre, los senbors cossols que s>n seguo, so es assaber senben B. d^Avisac, G" Bru, M* Dorde Gaudetru, 'n larn Redon, Ai-. Salvi, M" P. de Rieus,

Totz essemps tengro cosselb en la maio cominal, am los sot escrigs, sobre la provesio(s) dels vis, se, en lo loc de esta vila, hoai ne laissara intrar dels autres loxs, de Gualbac e de la lia e de Rabastencxs ^

Tot[z] tengro que bom no sa laisses intrar negun vi dels digz très lox ni de las pertenensas ; mas que bom serves e tengues las costumas de la ciutat e las letras del rey nostre senhor de pong en pong, segon la ténor d'aquelas.

L'au LXXII, a XXVI de novembre, Ar. Liimbart, juiai(z) de la ciutat d'Albi, fe relacio, en la maio corninal, ()uel, de mandamen del senb Isarn Redon, cossol, era atia[t] vescr ana tala per bestial boy en I ort entre rieu e Tarn, quo es de na Probinas Fabressa, de cauls e de pors e de dos rasiers de

* SuiTent les noms de 48 conseillers et notables, parmi lesquels le juge d'Albigeois.

L'Isle et Rabastens sont des chefs-lieux de cant. de Tarrond. de Gaii- Uc ; leurs crûs, celui de Gaillac particulièrement, étaient remarquables.

Tô DELIBERATIONS 1378- i388

plantas ; loqual 6S estât rlel tôt prautit a mangat per bestial boi ; et eslimec Iio, am lo lor trebalb, a VIII s. '. T[efltimoui3] Thomas de Foiieuberta, Ar. Arrufnt. B. Ciras,

L'an LXXIl, a XII de desembre, los senhors cossola qua s'en seguo... totz easemps tengro cosaelh en la mnio cominal am loa sot escrigz'.

Sobre aisBO que M' lo sensscalc de Tholosa ^ lor aiva* mandat am letra que Jor plagues que, lo dimecres venen, loi digz senbors cosaols li volguesso fsr honor al revit de Peifurt so âlh, a Rabastencia, loqual era aaat d'aquest mon al aancte sépulcre, loqual cors era aras a NapoU *. E Iotk letigro qua hom hi ânes e li faaea tota la honor que bom pogra.

L'an M" CGC LXXIl. a X dias de (ebrier, los BeiihorB coi- BOla que s'en seguo... tengro oosselh wœ los aenborsjots escrigz eobrL< la demanda que fa M° lo duc dels dos fraucx per fuoc enpau3a[.[z] el mes de (blanc) propdananien passât, qua monta XIll*! (blanc) ' francia ; loauals M° lo duo volia remetre, ab una que d'aqui a dissapde propdanamen venen bom lia pagnes a Ttiolosa V[Ii° franci ; el demoran el volia reinatre et autramen no ; Je que se agro '.

■ Le lecond jucé, G* Cabède, dont le nom est au reste on inlei'lifrne, assista à l'opération; c'est ce qui explique l'emploi de lor.

' Suirent le« noms do 6 conioUlers ou noUbles.

■ Pierre Rsjmond de Rabastens,

• Tous les mots depuis mon sont canccUés. Li Tèritable lecture de a Napoli est snapols.

Les comptes consulaires de 1368-69 nous moolrant ce Pelfort, la 23 décembre I96S, à la tête d'une (roupe de |f eus d'armes de &0 hommes, â CaguBc. Le 1 mars soiTanl, il se IrouvaiL au faubourg de la Madeleiaa à Albi venant de Sauveterre et se rendant a VilleneuTe-sur-Vère.

' Le nombre des feui àtait donc de SSCI au moins. Nous allons ren- contrer le nombre eiact.

' Suirent les noms des 75 conseillers parmi lesquels Pierre de Lafoo, juge d'Albigeois.

11 s'agit des 2 francs par feu octroyés au duc d'Anjou par les com- muaea des sénâcliaussées de Carcassonne et de Toulouse, réunies dans la première de ces villes les 3& aept.-tt oct. 1372. Cf. Les IniHtuUont pi>Uliqut$ tt administratives du pays de tanjuniric, par M.Paul Dognon, p. 612. En 137!, 1p duc d'Anjou obtint l'octroi de trois subsides de ïfr.,'

I

FEVRIEB 1S78

Totz len^ro ine, per »quel deute e per los aatres deutea

le la vila deu, hou» trameaea a Tholosa per malevar aquo Hat hom pogra, ho en autre loc, al mielhs que aïs aenhors cojioU sera vîsl fasedor.

T«[tiiDoniH] M' jutge d'Albegea, Pos Qlieja, R. Ouila.

H[eta] mai vole lo dig aosflelh que hom ineses dos boa homes décida gâcha, loscals aguesso a provesJret a veser e reguar- dirde que se jiagarian Iob sobredigz doutes, ut aiaso essemps im loB sobredi^'z senhora cossols. De la guacha de Yerduasa fomes, perprovesedor[s], M* G™ Ouarnier, Frances Pioart;

It. d« la guacha del Vigua Duran Daunia, Sicart Nicolau ;

It. de Ugaohn de S" Maroianafo mes P. Donadieo, B.Col;

It. de la guacha de S. A-ITi-iqua Domenge de Monnac, P. Soelb;

II. de la guaoha de S. Estefe senh Qualhart GolQer, B. Otl«9 ;

It. de la gtiacha ds las Combas B. [■:steve, M* P. Costa.

Al> asuala tôt lo cosaelb volo e coaaentic que aïs ne feseao tlor volontat.

deman^iero cosselh los digz senhors cossola sXa sobre- dlgiienliora dels deljatz que ao entre la vila e moss. d'AIbi '. eowi s'en regirian ni canha via penrian. E totz tengro que Iob Mnbors aoasola ae tireaso vas el e que bom as meses en lui mielhs termes que hom pogra per aver patz am el '.

It. l'ait desus, a VIll de mars, los senhors cossols que s'en- ifgijo,.. tengro cosselli en la maio cominal am loa aenhorfi jots Mcrigi ' sobre l'ncordi dels débats que so entre moss. d'AIbi e là ïila.

It, demandero mai coasalh loa digz senhors coaaels als dîgz Knliora, aobra lo fag de so que la vila deu de que se paguarian e dcl tractât que era comenaat de mètre sobre uada liai de

ifr.ildoî fr. Cr. Libre de fiemoriat de Jacme Mascara, Rav. DagLiKo. *M.,(oinc 34 11890), p. 11.

' L'Mqu« d'AIbi «tBÎt Hugues d'Albert. Il prit possession du siâge f^pal en 13K. Nouti aurons l'occasion de ïoic que son épiacopal ns Tut qu'ans longue bataille judiciaire.

'Dinsis diiiWralion du 26 murs aui«anl lo conseil nomma Gaillard CioUier pour cùmpromestai-i e tractador.

' n tonieilleM ou aolablea sont pri^ieiil».

i

78

DEL1BEBAT10N3 1372-1388

1

VI ' II d[eniers], carmosa. d'AIbi e la glieiahi volian cosaentir, am cosaelh de nostre seahor lo papa, mosa, d'AIbi hi volia escrieure, e de moes. lo oardeual de Famiialona soq honcle, E totz tengro que la vila lii tnimeses 1 senhor cohsdI ho 1 savi home que ho saubea ben ensegre am las dJcbaa letras de moaa. d'AIbi '.

L'an M" CGC LXXIII, a XXXI del roea de mars, loa senhors coasola... tengro cosaelh en la maio cominal am los senhors que B'eDSeguo, sus lo fag delà dentés que la vila deu, de que se paguarian *.

E tolz tengro e cossentîro que hom malevee de aal la soma de miel ho de doas melia fraoci, e (|ue d'aqui se pagues; que !o qui» denier hom donea de guasanh a'n aquela que la ûomprero per aver plus leu l'argen *.

L'an LXXm, a VIII d'abrial, los aenhors oossols tengro. eoBBelh... sobre lo fag de las emposecios delà vis, de metrs sobre cada aaumada de vi III gros * del astrainh que es ialr&4 en Albi de S. MiqueJ ' passât ensa.

E totK teugro que hom ne feaes tina aengua per vila de tolK aquels que sa ao intratz del dia desus enaa e que hom ap levée per cada aaumada III g°.

L'an M» CGC LXXIII, a VIII de mai. G" Tnarinas e'n G- Engilbert, jiiratz de la ciutad d'AIbi, feiro retacio en la maio coininal queela, de mandamen del(a) senlior^s) Dorde Gau- detru, cossol(s], ero anatz veser e rcguardur I débat loqual

1 La liai était .s litres.

e par

edu s

■. Le 9

t 123 da I

» La délib*ralion qui anît débute ainsi : L'an M- CGC LXXIII, > XXVI de mara... Preuve ^rideiile que, dins l'Albigeois, l'année coromenfait le 25 mars. Il ; a li«u de tenir compte de cette obiervalion pour U flia- tion du millésime. Cette délibération ost la répétition de celle du 10 [â-

' Pr4»ents M conseillera ou notables * La délibération quiauit est du l" a

notabUs soient présents, il ne Tut prisi

t'f, souB-entenda acoiiinnu. ' Lb Taleurdu gros e^t inTanabteme ^ C'est à-dire 39 septembre.

it de 15 deniers.

M.^l-JUIN 1373 79

[ itentru en Qualli&rt del Faro e'a B. Dales; loqual débat es I de ua& aiguieira que ei en l'ostal dsl djg. B. a la Pelissaria I jue»le am l'ostal del di[ij] Gualbart del Furo et aiu la glieia L dsS. Jolia; e vist per lorlo dig débat, disueroque uQaaot que lodig. B. Daies avîa eu soq ostul hoates Uj lu aliinbes del Dur, que es entre ea Qualbai't et el, de i'ej[>asi de mieja utia, e la mesna en tal ostat que la ordura de la aot non leaguea vas lo dig mur ai vai l'aîguieira que resep laa aiguas liel dig osial.

II. diacero mai que la dig B. non agnea a far venir oeguna orilura de sas privadas a la dicha aiguieira.

It. diaoero mai que lu digB. non aguea a far ajust d'aiguas corrompudas ni de DL-gunaautra ordura que aqui aguesagitar.

It. dixiero que ad els era viat que b dig B. podia far putar [m aiguaa que el râscep delà vesh en son oatui e aquelas d« to manestier per la diolia aiguieira. E totas las causas AtKi dicbas lor ea vial que raaonable es de far.

It. l'an desua, aXVI de mai, loa senhora oosrola... aten- dndïU sobredicha relaiûo per los sobredigâ Juratz fâcha, eonogro e ordenaro que las cauaaa aobredi:hai ela tenguesso (le poD^ en pong enaiaai coma deaua es dig.

E$ordenada en mo... ' protacol e grosaada,

T[6atimonis] Joban Dalea. R. Astiuc.

L'an desus, a VIII de mai, Ar. Lurabart e'n G^Cabede; joraude la ciutad d'Albi,feiro relacio en la m lia coinljial, que ell, de niandamen d'en laarn Redon e de M° Dorde Gaude- Iru, cD3aolB,ero anatz veser e reguardar uiia tala de blat e da trdhnt que es en I ort de Beraui Toisa, a la Fustaria *, otral ponde Tarn d'AIbi, laquai tala ea eatada facba per bestial haj et adxeni ; et estirnero ho, am lor maUrag, aJ una emina du rao.

L'an LXXIII, alIdejun,lo3 senliors oosboIb ...... tengro

i^OMelb, en la maio cominal... sobre la pagua dels deuies del IT^mier franc per fuoc de la pagua del mes d'avan passât ; I' 'oliro lo dente de B. Pancarota e de M" Ar. d'OraaIenï, de K Taorina^ e de fraire P. Oinieis.

'L« lin du mot esl illisible: peut '^trr mod".

' Il cmUit une porta de c« nom dans le faubouri; da la Madeleine

PO DÉUBÉRATI0N9 IS7Ï-13B8

Ë totz a(|ueU remairoacordans que lasguachas del Vigus. de S. AfTriqua, de lnn Combaa et ti'otral pon se carguo tongutz de paguar loa deutes que son degutz a M' Ar. de Ri- Ihac ', de P. Taurinas, de fraire P. Oinieia ; e las guaehas d« Veriltms.de S^» Marciami, de S. Rstefe sa carguo e sian ten- gutz depaguarlos deutea del dig premier franc per fuoo. de B. Pancarota e totas daspeaaaa que, per paao del dig»' dentés veguesso, que las dichaa guaehas, aisai cant toqua oa^cuna, sia teuguda de paguar loa deapens que veorian pêr raso delà deutea de que son carguadaa de paguar, fora aqueli que se fariau d'aissi a dimergue per tôt lo jorn ; las somasi dois deutea de que se so carguadas laa guaehas del Vigua, di S. AfTriqua, las Combas e oiral pon son nqueiz, so es asaber a M'Ar. de Rilhac. per C cartos da oivada, H' LXVI Ibr. II terses. It. a P. Taurinas, 11= L francx, et a frayre P. Gi nioÎB IIP XL francxa. It. lo* deutes que devo paguar las gu&-' chus de S" Marciaiia. de S. Estefa e de Verdussa so aqueti: a nostre seiihor lo rey per !o dig premier frana per lao9* VI" LVfancii' It.alsenh. PaDoarota IIIP XXXllII franoM.

It. fo hordooat, par lo voler dels sobredichs, que a paguar liisoausaa soljredicliaSipague tôt home per aon cap XU d[e- niers] par sotmaua, e per C Ibr, de pos8[es8ori] XII d. per setmana, e aqiiels que han raoble e ao en aliurainen per lo< moble paguo parClbr.de moble II s. per setmana, on tal oondioio que aquels que no seran alîuralz suâcienmea per lo moble, que ioa aenhors coaaola, apelats très homea suffi- oiens de caacuna guacha, prove^isco ; aquel que no so a pro Diable que los meto a mai, e aquels que so a trop que loa torno eu estât degut, e aquels que no so aliuratz,que los digz aenhors cossols los aliuro ara cosselh dels desua ; e que toB deutes desus digz els autres que aveiiran per temps a la vil» se paguo per la forma e segou la aliuramen desus dig.

L'an LXXIII, a XXVIU de .jun, los saiihorj cossols .. teu- gro oosselh.

■ Le scribe aTsit d'abord âcrit lianaten «t puis d'Araalmex. Ces daui

ots ont tlé caiitelk'a.

> Le narabre ds fsui, en 1373, Attit donc de 6K e

tobre una letra clausa que lor avia mandada maeatre

llîlip Bona ' que aU stnhors aguea a plaaer que al disaapde

Tenen il volguesso far honor a Tholoaa que dévia ôsaer liaen-

ciat. E totz teiigro que hom lii aaea e que li donea IIII tassas

d'argen jiobredauradas.

It. demaiidero mai cosselh del franc per fuoc que es aras a terme, I.i premier jorn del mes de julli, de que se pagaria, car en Pas del Tilh de Carcasaona loi' ho avia denoDciat *.

t

L'an LXXIII, a XVU d'octembre ', los eenhora coasole ten- gTO cosselh. en la maio cominal, sobre lo fag delà vie a de las vendetuiss que intraran d'uiasi enan eu ia vlla.

E tolz tengro que negan vi de Galhac ni de la Yla ni de Rabasleucxs hom no sa laisses (hom) iiiti'îir.

Ë mal tengro que da toLaaaumada de vendeaiia rasa que intres en vtia, que hom ue paguea VII d. m', e de cada sau- Dada comola X d., e de cascuna saumada de vi que iotrara nvila per cascuna 11 a. VI d.

T[eBliffloiiiH] P. delBosc.JoliaoRispa.sirvens. Pos Glieias.

L'an XXIII, a III d'octembre, io^ genhurs cossols tengro cosselh Bobre la provesio del derier franc per fuoo que demanda lo seuhor, e sobre la deute de la sa! del terme de Harlero venen.

E totz tengro que bom vendes lo soquet par l'an venan, se far se poo, ab amigable acordi de la Olifj'a, bo que bom tra-

< Cul le (Ils de Bernard Bonne, coselgnenr d'Hautpoul, juge crimi- lul At Curcassonne, le protecteur de la ville d'AIbi On sait qu'il eut aae ta mallieureuse. Deux prétendants ae disputaient le siège architpis- ofial de Tonlouïo, Vital Castelmoron, élu par le Chapitre, et Pierre R»TOt, nommé par Benoît KIII. L'Université soulut, le 13 novembre Itffi, installer te dernier ; Philippe Bonue, juge Mage, qui s'opposait à «tu iostallatian, fut assailli h coups de dagues et d'tpées, (oul^ aoi pii-iiiei Idlement niuurlri qu'il mourut quelques jours aprûs. Cf. Bill. <^Ung. IS. p. 1000 et iOOI. ' Ij! conseil ne prend iiuciine d^cisien.

' Il [«ni pi'obablenienl lire leteinbre ; la dâliboralion qui suit est en cflcl da 3 octobre ; da plus il n'est guère admissible que les vendanges se Sumi dans la seconde quinuine d'octobre.

88 DELIBERATIONS 1372-1388

meaes a Tholosa per malâvar ho autras causas ds que aquait 1

deute se pagues.

L'an LXXIII, a XIII d'octombre, lo^ senhors cossoU tengrol cosselh sobre lo débat que ea entre la vila el(a) senhor drfj Lescura', que lo senhor deLescuraaviahufert que los dsbatK] que so entre el e la vila que hom ho meaes en compromes a très ho en IIII prohomes, aquels que la vila ae voUa, car et borl te per fag.

Et totz tengro que hom hi meaes sobre aquetz debatz alcua J bon homes que tractcsao aaordi delà digz debatz, agul oosaelh i de moss. d'AIbi, ab una que eh no poguesao re hordenar seno am cosselh delà aenhors cossols e de la vila, e elegiro per tractados en Doraenge de Monnac b"d S. Esteve.

L'an LXXIll, a XXI de octombre, loa senhors cosaola ten- gl-o cosselh delà illl* francis que so degutz del derier franc per fuoc de que §e paguanan e del deute de Cabeatanh dol terme de Martero.

E totz tengro que hom trameaea a Tholoaa a' n B. Col e que tractes se trobera neguQ cabimen de que se pagues lo deute del franc derier.

E d'aulra part que hom trameses a Cabestanh per aver cabimen al deute de la sal sobredicha se hom trobaria malau de que se pagues.

* Nonj sTûna raconlâ ailleurs (AintALM do Uidi oa la Fbâhob, t. X,

189&I, les orlgÎDBs de ce dilTéroad entre la ville et le seigneur de Lei- cure. Il reaiOQlait à 1363. Sicard 111, baron de Lescure, avait tnxis des prttteutLons au drnil de péage sur les biens des Albigeois silnés dans sa baronnie. Il jeLa une pelite armiïe sur In Juridiction d'AIbi, Ht des pri- sonniors, anleTS des bestiaui el commit mille autrea excès. Les habitants d'AIbi coururent sus *ui pillards. Finalement Sicard, qui avait aasiigA l'évéque d'AIbi dans son cliàteau de Combefa, fut condamné au baania- aemcDl, à la conQscatian de iea biens, bL à une amende de 1500 livres au profit de la villa d'AIbi. Cet ai-rH du Parleinenl fut rapporté, et. le 30 msi 13TÏ, Sicard dut venir dans la maison commune d'AIbi, pieds nus et léte découverte, demander panion au< consuls, payer 800 fr. d'or et eiempter les albigeois et tes étrangers qui viendraient aui foires d'AIbi de tout droit de piinge.

Nous trouverons de nombreuses traces de cette affaire, notamment à U délibération do i" janv. 1383 (vieui sty.).

Cf, Sur cette affaire : Hitloiie de Languedoc, IX, p, 757.

OCTOBHE 1373

Conogada causa sia a tot^i] boaea ^oe, eona foa d*bat e

cootraveraia eolre ea Gailham Rjbiejra, habitador d'&Ibi,

d'una part, e Breogoier Pararel, habiU'jor del dig lœ, et

aco sobre uaa rinba e terra qae lo diç O" Rlbtejra ha a Ba-

nha Vontor, e sobre una riaha e terra que lo Aig Brengnier

FaTarel ba el loc apaiat al pa do Baoha Vojiu->r, entre laaqaala

poceasios del dig O* e de! dig Bren^er ha I eani e miey;'

et aco per las algas i\ae deMeniisn del digr paeg de BaDk& *

VoDtor e del pueg de Vaicabriejra: e easea ditia la n a l'ait-

tre que deviau recebre la« dichas aîga* ; e del débat fo fag e

mes en cotupromefl [ler las dichai partiiaa. to es aaaber en

los discretz en Joban B^riejra et a'a Pm Renbaa, e aoo am

■agramen, segon que aqui, ea preseacia de mi notari e delà

taaticuoiiia sots eacrig(9]. foa dig per la dig 0~ e Brengnier;

ein per amor d'aco loa sobradJg[s] comproinesaam. Mes aaaber

en Jobau Barieira e*n Pos Renhas, roleo donar fi a la diaha

qoestio e débat, declarac lor dig, ateadat qde ds ero eatatTsj

■UB loi loc[s] sobredigz. Tacha eorormacia am homes espertTs]

ad aco, disseio en la maoïeïra qae l'eoje:. lo ej aaaber que

lo dig Ribieira fassa 1 valat, o faïaa fir. entre lo cami publie

«ina es e mieg de lu pocessioi del dig Breo^ier e del di; Q~

vjoha e terra del dig O* Ribieira ; loqaal valat reeepia

las aigas dissendeo del pueg sobre dig de Banha Vontor e qae

lo dig valat sia fag d'aissi a Ia(B] fe«ta de S. Andrîeu propda-

venen ; e qne, per lo dampnatge «jae lo ilig Brenguier a re-

ceubat entro al dia prsjen, (que) lo dig G* doue e pague al

dig Brenguier ving H. t. de la moneJa al dia d'ue; coren,

losquals Ihi pagDe d'Bi»si a Marteror propdaveneo. E dîssero

na; losdigs compromessaris qae lo dig Brenguier faasao faasa

far I Talat ai cap de la sua vinha, entre si el dig Q* RibieTTa,

cami e mieg, loqual valat reeepia las aiga« que dissendrau

del pueg de Valcabrieyra ; e que cascana de las partid.is fasso '

loi dig[B] valatz eu tal manieira que to dig cami pnblic demore

I mieg; e las causas desu^ per lor dichas e da^iaradas. dis-

Mro qiie caaauna de Us partidas fesesao d'ambidoa en tal

TBinieira que la u oi l'aulre no prezesso. per fauta d'aco, negun

danpnatga d'aiui eaan ; et el cas que d'aissi avaii, per fauta

' l-'lccord. du larbe le fait arec parlidai.

S4 DELIBERATIONS 1978-1388

de far las caui'.as per lor Jeolaradas, la I ni l'aatre ne sufer- tRva Degun dampnatge, que caseu ne fos cargat a Bon par. E de las cauzas desusdichas loa sobreJigi^ O" e Br^nguier vol- gro que ieu, notari soia escrig, ne fezes e n' receubes public inatrumen. Acta faeruût hec Albie, domino Hugone eadein gracia episcopo Albienaî, domino temporali eiistente, in pre- sencia et teslimonio Ramundi Vinhals, Hetrî de Somas, Johan- nis Belerii, Albie, et mei Ouilhemi Pruneli, clcriai et notarii Albiensi8publioi,qui requisitusdepremisBishocinstrumentum racepi(t]. '

L'an LXXIII, a XXXl del mea d'octombre, los senhors cossols tengro cosselh en la maio coujiual, sobre lo deute delà V": franoz que so degutz, a Martero.a'n Johan Pradier de CabBstanh, e deU III" fraocz que so degulz de la derieira pagua dels IIII francz per fuoc a moss. lo duu ".

E totz tengro que hom empauses VIII cornus per paguar loj sobrcdigz deutca, logeais se veiideeso ; e donero loa a M* Bertran Cbavilho per 1111' Ibr. eper II sealiera de sa! guarnitï, e que tôt cant ne poira aver que sîa seu e que la rila no Ihi aia d'al rea lenguda.

L'an LXXIII, a XXIII de novembre, los senhors oossola tengro cosselh sobre loa n<^L francz de que restavo a paguar dels Illl francz deriers per fuog endigz per moaa. lo duc a Narbona ; e sobre lo fng île la reparacio, de que se pagara.

E totz tengro que hoiu trameses a P. Taurinas et a Ro- des per malevar de que ee paguea; e trameiro bi en B. Esteve '.

L'an desua, al premier dîa de Jenier, en la maio cominal d'Albi.

Totz esaempa tengro cosselh sobre lo accord! de la vila am

■ Cel acte est d(i l» main de Guillaume Prunel, le notaii-e dos coukuIs.

1 11 9'n(:U iIdb i francs par feu orirovés su duc d'Anjou par les coRimu- iica de Languedoc réunies à Narbonue les 4-24 mars 13TJ.

Cf. Init.jiùUt. et admin., p. 612 et Memor. de Jae. Mmi!., p. 71.

* Le 8 et le 12 doccmbrc, le Gonsoil se réunit pour délibérer «o&rff to fag de la reparacio de la elatuuiv de la vita. 11 na prit aucune décision : t/on àomonrv m re.

NOVEMBRE 1373-FEVBIF.R 13T4

S5

lo senhor da Lescura sobre aquo que lo aenhor da Lesoura voUa doDar a la vila VIiI° francs a [lagruar tantost IIIo, e ca- dan9*...eDtro que tôt gia pagat, e que tôt home que aia talha- blede laciutatd'AIbi *... totz'... mai quiti de pczaigs anati e tornan per sa terra a mercadejan ; b que tôt hocne que ven- gua en las fieiras d'Albi ^... sia quiti de pezutge anan e tornan en la fietra; e que amb aiaso la vila II r^meta tôt aquo que avia cocoprat' de lui e tôt quant li podo demaixlar per raso del arest e de la [a] despesaas. B fo aeordat, dejvoter de toi/ o de la major partida, que hom o prengna corn desus es diz, e que obligue fortmen la preraieira obligaoio '... enaa'... a I mai que io diib senhor pague la finansa,

I L'anMCCCLXXIlI.alIIdiasdelmesdefebrier.a'o Cabede I el Arnaut Lumbart. juratz de la ciulat d'Albi, feiro relacio, eu la majo cominal, que els, an en Duraa Sobira e'n Bertiat pAt&yre, cosaols de ta dicha ciutat, ero anaU veser, de mao- damen dels senhor^ coj:iols d'Albi, lo carai cominal el rleu de Quiao que es a la partida del cami de Poys*, davas la boria d'en P. Calvet, loqual rieu passava per lo cami cominal e donava grati dampnatge; e regardan lo pro&eg cornu e so que Sd dévia far, aègaa que a lor aemblava, dissero que la ïila deu ubrir l'engolador dal rieu e deu voivre l'aj-ga dal dig rieu que passe per la mayre del rieu, enaissi ooma ba acos- tomatde paasar; e diasero may que la vila fassa adobar lo eacoi eobradig, de la paissieira ensa, als despesaeos (sic) d'a- quels qae an las pocessîos d'en desus lo pont de Guiso anaa ïa»Poj* a pep lo cami de Pregairolas ", e por totz \os autres camis anaa del pont ensus, ao es aaaber d'aquels que an las pDceasioi en la senliona d'Albi. K d'aîsso foro losumonis en Peire Soelb, enGuiihem Bibieira e'n Guiraut Marti, habita- dof[s] d'Albi".

' Un mot UlUible.

*-* Mois illisibles.

' Autro mol ilUsibla.

' Lucture dootease.

*-■ Mois iliisiblus.

■ A l'est d'Albi.

» ILomin. du cani. d'Ailii,

'* Ecriture de Pronet.

8e DELIBERATIONS 1312-1388

L'an M" CGC LXXIII, a VIII diaa de febrier, en la mayo GomÎDal d'Albi.

TengTo coaselh sus aquo que moBS. d'Albi avia dig que no prooesis hom al acordi dal senlior de Legcura; quar Perreu de Bre TOlia la dicha terra. ' E totz tengro que hom s'en tome a moas. d'Albi per veaer ses voira tolre que no empaohe Tacordi, e que Ihi plassa que noa doQe cosselh.

L'aiiMCCCLXXin,aXXIIIdefebrier,lo38enbor9Co3Sols... tengro uosselh sobre lo deute dcis miels francx de la sal dagutz en lo premier jorn de mars venen, a del miag franc par fuoo del mes de febrier degut ^,

B totz tengro que hom maleve quatre melia qujnt.als de sal par pa^ar los diga deulea, e que hom trameta a Cabestanb I home ab auficien podei* per malavar la dicha aal.

L'an LXXIII, a V dias de mars, Ar, Lambart e Guilliem Cabede, juratz de la oiutat d'Albi. fairo reiacio, en la maio cominal, que els, de mandamen deh senhors oosaola, ero anatz veaer e reguardar una lala fâcha per motgamen de porcss en I prat que ea a la Calm de S. Àmaran ', de R. Roquaa al[ia3] Camiao ; et estimero la dicha tala a III a. It. per lo trebalh a II a.

A VI d'abril, l'an LXXIIH, los senhors cosaola.., teagrro coBsalh. .

Sobre aquo que los aenbors coaaola demandero oosselh als singulars... oossi ae levero los comus per pagar loa carcz de la vila ; quar dissero los senbora que alcus Iof aviau reportât que foro aprofechable que lo pocessori que se obra ni es bo

' Le rotavtit attrilmi la (erra de Lsïcnre à son chancelier Philippe de S*Tni»j. Cf. Hist. df Lang., IX, p. 756. nota 2 de la p. 751. On peut se demander si ce Pierre de Bre n'est pn^ le chevalier Pierre de Bri, un chef des tuchin», qui tiil décapité a»ant le moia de junvier I3S3-)3»l, Cr. m^i. de Lai'j., IX, p. 9il, note S de In pa^e 910.

* 11 l'agit des 2 franci par feu octroyus nu duc d'Anjou par les com- munes réunie) à Nîmes on décembre VJia. Ils <>taiènt payables en i ter- mes égaux, janTier-arril i'.fti- CI'. Iml, pol. et adin. p. t)12 et M<im. de Jae.Maëcp. 71.

1 Au sud-est d'Albi.

AVRIL-MAI 1374 87

que da bo que es aliurat sa deadussea per metat ; e lo poceaaori

que es de tôt evsa e fo de la gran mort ensa '{ue no pagues mas la quarts part de so que ea aliurat ; e qua lo cornu de la t«sta se vostea e se deadusses per metat ; e que lo moble no paguea mas per metat. Et agut cosaelh am los diga ain^ulars, t«ngro, una partîda, que sla teniau ad aprofechable e bo que lo poceasori bo pagues ooma ha costumât , e qua lo pocessori erm se aliures e que pagnes so que aeria razo(a); e que tôt faornepague da lot lo moble que aura, e que lo mobla se allure de novel ; e que se voste la meitat de! comu de la testa per amor de la gen paubra; e la autra parti Ja teno que tôt lo poceasori pague coma ha acostumat e que sa voate la mej- tat del comu de la testa, e que tôt home pague del moble que aura coma es aooatumat ' .

L'ao M CCCLXXIIII, a XXIII d'abril, en la maj-o cominal.

Teogro coaselh sobre los articles que ero adordenatz sobre la solution del dejme de las vendemias de que era mogut tractât ab loasenhors canongesde Sancla-Ceselia', se lor pla- gia l'aaordi trsctat sus los dîga articles. E lotz diasero que ela ni negu delà, en naguna maniejra, no oonsentirio ni cosaento que se pague lo deyme aeoo en la manieyra que es acostumat ; ans eipresaament protestero que se autra maniej'ra se aoor- dava, fora aquela que es estada acostumada, que puesco aver recors a sobira; e d'aquo requeregro carta.

Tleites] Pon[ciu8] Glieyas, P. Boerii, al[iaB] Boairo, P. Tor- namira.

L'an M CCCLXXIIII. lo XX jorn de mai'.

Per aver cosselh sus lo fach del aoort fazedor del plah de lavilaede moaaenber d'AIbi ; e legida la carta, laquai ara ordeDad& per laa dîchas part[idas], tot[z] comunalmen dissero ^W lo acort se fezes; eafar feiro aendix Frances de Lagrava,

< B«rtluT« de Prunet.

1 Le chtpitre mitripotitain. Le nombre dei prébendes ennonialei ">il.»u XIll- (i6cl8, da 21. Una bulle de Bonifiiee VIII du 4 des cïlen. dtjmllel li'/T, «InTi ce cbiiFrs ï 31. A chacun des ctisnoînes était atta- cMnnTicoire. Cf. Ahb,arh>iifi>,7U,. Vol. VI, p. 174.

> Ëntftte de U liste destiomsdea canaeillers et n'>table9, on lit; Feiro Sftiar m' P. de Lafon, julge iCAlbtgtt.

88 DELIBERATIONS

Guilbem Brus d'Albi, eaaissi coma en la carta del sendioat

fâcha per m' P. fie Rius se conte.

Teatimonis moaa. P. de Lïl'on , jutge d'Albeges, Poa Glieias, Ramon Guila.

L'an M CGC LXXIIII, lo X jorn dol mes de jun.

Fon dich e reniaaut que liora a^'uea icay gen, jier aver coa- aelh al lus propda[venen] '.

L'andeaus, a XII de jun '.

Fon dig a remaaut que hom tranieses a Tholosa e que hom feses cornus am una quel moble se repares.

L'an desus , a XXV de juD, los eetiliors cosaola, so es aaa- ber M* Bertran de Modj'uzuou, M' P. de Rieua, M° B. Lonc, M* Johan Bot, en Johau Segui, eu G" Rotgior, en G" Eiteve, n'Arnaut Chatbert, en P. Borssa, M" R. Boycr, dissero et ordenero, atenJut lo coaaelh deaus aacrig, teugut a XII de juD, l'an prescD, que tôt home paguea, oada senptnana, per ^^ sa testa VI d., e totafempna veuza, tenen hosdal. III d., e per

^L possessori de XXIIII Ibr. II d.. e de XXIIII Ibr. de moble

^H IIII d., e de maj- ho de mena a l'aviuen.

^M los

I -

■

^m pei

^H

fejrro apelar

L'«n M CGC LXXIIII, a XXVIII de jun., los sotz eacrig[3J '.

Sobre aiaao que los diga cossoU vuliau trametre a Tholosa, duc, per aver gracia e per far la reparacio deU fuoci. K fo ordeoat que I cos^ol, am sen Oalliart GolQer, ano , Toloza, e que pago V= franï del terme del darier franc empauaaleL temps de l'autre cosaolat ' , e que ajo la repara-

1 delà fuocE, et hom prometa a pagar al dig moss. lo duc IIII'^ franx per la reparacio, et aiaao justa la relacio fâcha per lo dig Galhart Golâer, local fe relacio que espauaafrj qae la dicha reparacio pasauria a IlII^fra

■ A partir de ce point nous ne quillorons pli l'âcrituts de Prund.

roiiscillers ou notables pnïSDiils sont au nombre de !4.

:rin9Dilters et notjibles sont au nombre de 27.

communes, rAunîos en arril à Toulouse, araient nctrajé au duc d'Anjou 2 francs par feu, payalilas an deui tenues égaui, eo juin et août 1374. Cr. /nl.;<oli(. «t mlmi.p tjl3 et Uiinor. de Joe. Hase. p. 11.

lUl.V-AOOT 1374 89

que aqoels que la anaran fasso tant que ios très franx empau- sat2 se levo juata la reparacio,

U. acosselbero que hota maleva a. far tôt aisâo, del seah Aroaut Raynaut, lUl'^ fraui, e que tg([zj los sobreiioconaiz ho oblige ; laquai obliganssa fo aqui meleys faiiha am carta roceubuda par la ma de m' Johau Duran. notari d'Albi.

It, voigro la mujor partida que lo leu del ouey se vaste,

L'anMCCC LXXIllI, a XXX de julh, P. de Valenoaa. G' Tauriaaj, Jacnie QJnssta, l'uatiera Je la ciutat d'Atbî, fejrorelacto, ea laniayo cominal, que eU ero anatz vezer, de mandamen delà senhors cossoIb, una am lo sen G" Bsteve, seo F. Borssa, cossola, 1 débat que era entre Bernât de Moa- tels e G' Candezas, teiaseire, sobre I hostal en que ténia porcx lo dig G" Candezas; loqual liostal es del dig 0*°, so es aaaberlo sotolen dejotz.e lo solier es dal dig Bernât de Moa- telhs ; e coma lo dig Bernât de Manthela se coujpîalsses F.lel dig G" Candezas, diseu que lo dig G", fazen solz e teneii sos porcs, Ibi donava gran darapnatge ; e sua aquel dampnatge, de mandameD del[i^] dig[j] senhora cosaols, los sobrediga bo aoero pergardar ; e vist per lor, feiro lor relacio en la forma qoe s'ensec, so ea aaaber que lo dig G" Candezas non auze far sot ni tener porcs en lo dig sotol que ea desotz lo aolier del dig Bernât de Montelhs ; e non rsmens que lo dig Q" Can- dez .1 aja a far una porta en la ussada que es entre lo sotol lobredig e l'autre sotol que es del dig G". It, disaero que los ienhora co'sols se complaiaaero que l'ostal del dig G" Can- dciai, loqual se te de la malautia, estava Sacamen, e per- gardât per lor, dissero que lo dig G" agueâ a melre 1 estanh déferas lo seu ostal, so es asaber el claupont davas lo eanto, en manieira que lo aeu ostal ni los autres Qon pusco penre dampnatge ; et en cas que el vuelha tener pomx dins lo seu oslal que ea davaa lo canto, que el U hi fasaa en tal manieira nnasot que non dons dampaatge al seu hoatal ni ais autres, «IDe ladichasot el aja a far curar soen en manieira que ordora ni pudor non hi esta,

T[e8timouiB] P. Gorgori, B. Rossinhol, Johan Guitbert, C[ia»] lo Ganag. L'an desD9, a I d'aost, Af. Lambart e G" Cabede, jurate

00

DELIBERATIONS 1 372-] 388

sobrediga feiro relacio, en la mayo oominal, que els ero tuiatz vezer, de mandameD d'ea Johan Segui, cosaol d'AIbi de Tan presen, I tala doaada en I* quantitat de garbaa de fro- men, de mûsaola e de seg^uiai, que m de Johan Bélier, las- quala ero el mur de la Teula ; laquai tala ea estada fâcha par porex. Et estimero la ad I carLo da froineD,B perlorraaltrag. Ils. T. Dnran Daunis, R. Guila.

L'an LXXIIII, a III de setembre, Ar. Lumbart a G" C&- beda feico relacio, que els ero anatz vezer, I* tala que era estada donada en lo renoybre de I prat deis heretiers da d" Rotgiep ; loqual prat es a Prat Gaussai ', que ste ara lo flami de Tarn ; laquai tala era estada fâcha per bestial, laquai estimero a III s., per lor salari II s.

L'an desuB, a X da satembre. . .

Sobre aisso que Iob aenhors cossoU dissero e prepausero que els, e nom de la univeraitat, aviau a pagar a S. Miquel propdavenen II<= XX francxa per raso da la sal q^a liom avia malevada, temps passât, a Cabastanh, It. aviau maj a pagar lo franc per faoc ' de Marlecor propdaveuen. It, deviau may, e nom qua daaus, al aenh A.r. Rayoaut 1111° franxa, losquaU avia preatalz a la vila ; e que els non aviau de qua lia paguesso, e que caacua via quai remedi s'i poiria penra que hom agues de que sa pagues. E fon de cosselb de totz qua hom levés tôt quanthom pogra levar del uabatge ongartempausat, e que hom ne pagues tôt quant pagar ne piiria ; a par aquo que hi falhira que Iob senhors empauseaso cornus aquals qua lor aerablaria que hi faria tuestîera que s'eu pogues pagar.

{A suivre).

Auguste Vidal

' Aujourd'hui Pral Gi-au^ial.

* Les communes. rAunies à Toulouse du 13 au 20 juin 1314, iTaisnt octroyé au duc d'Anjou un subside de 3 francs par fou, payables gd trois termes tgaui i la fête do S. Micliol, ù la Toussaint et en récrier.

I^s complet corisulaires nous apprennent que ie duc stiII fait remise i la Tille d'Albi. sur ce subside, une fais de 317 francs et une autre fois de 75 fr. CC 153, art. 302.

Cf. liul. polit. el adm., p. 6t3.

REVUE DES REVUES

Hevne de Gascogna, nouv, série, III, S. — A Clergeae : Biane : II. Ls charte des coutumea, p. 409 ; — V.Foix: Folklore: Glossaire de la sorcellerie landaise (Buile), p. 444.

ADnala» do Midi, n' 60. — G. Derloni: Un deacort d'Albortet

de Sisteroa, p. 593 ; — .^ Vidal: Glanures le lico graphiques, p. 498.

ArchlT fdr das studinm der nauereu sprachen and Ilte-

rfttnreD, CXI, I et 2. — H. Morf: Daa franzôaiaciie volkslied,

122; — A.-L. Stiefel : Eine rraïuûaiaohe novelle des 15. jahrhun-

[idiaches roiirchea, p. 158.

c

COMPTES RENDUS

lEarcliot (P.). — Petite phonétique du français prélittéraire {TI*-X* aièolesj. Seconde partie : Lea ConBoanea. Fribourg (Suiaia) 1902 [58 p.].

Cette aeconde partie comprend comme la première (vojei RLR, XLV, p. 01] deux chapitres, l'un portant sur le latin vulgairt de la O&nle du nord, et l'autre aup le/rançaû prililUraire. loi comme dana la |iremiAre partie, ces deui chapitres sont de valeur inégale. Il est risible que la compétence de l'auteur est moindre pour les matiârea tmitëes dans te premier que pour celles qui font l'objet du second. Comme beaucoup trop de romanistes, il ne connaît pas Buffisamment ee que noua pourrions appeler les alentouri du romanisme. Ainsi il ut parfois nécessaire de pouvoir discuter une forme latine ou germa- nique [pour ne paa parler des langues qui ont moins fourni au do- maine roman); M. Marchot ne semble pas être en état de le faire. Pranona par exemple son § 22. Il i cite à cdté de tkeneauru» la gra- fie -oniuf du sufSxe -omt comme un exemple d'introduction fautive de ■ rotre vojelle longue et », déterminée par ce fait que l'a dans cette poiition ne ae prononçait paa; or précisément -ontui est la forme ucienoe et étimologîque. Deux lignes plus loin il nous dit, ce qui est fort juate, que la chute de l'n devant s avait eu pour effet d'allonger lt>u;elle précédente lorsqu'elle était brave: c ainsi même était ieiinu mite •>. L'exemple est vrainiient muleureux, puisque \'e de « mot a toujours été long, dès l'indo-européen, cf. leab. fiwo(,

9!

BIBLIOGItÂPHIE

V. ii'l. mi, got.mê(H(,lil,HiÈflK,v.al.i/ apparaît la question de minUteriu i * mua(«rJH ; pour le premierdes deuil le pense M. MarchoC : i

1

K«$er,8k.mâ!-. AiiiDèineparagrafe t moniuleriu devewxa 'mîtlerùtet loU elle d'est pas au«8i difficile qus devenu' iiiiuultriu par chuta de La prétoDÎque, et lefùaomâne de la chute de n devant i qui s'étuit accompli en InCin se reproduit avec la réajipanlion des Liiëinea condilioas ; c'est ainsi que de nouveau aujourdui dans le midi de la France CbrifluR', (rofu- eriptiaii, etc., ae prononcent coummment et régulii^rementCbtfant, tret- eriptimi. ï,e meneititr de i'Eulalie n'est peut-être p&a savant, mais il eat mi-savant, ce qui revientuu même. Quant nu second mot, moiiatteriu, il embarrasse beaucoup plus notre auteur, à cause de son a. Si la forme * monieUriu était attestée ]iar un tente la difficulté ne ecratt pas plut grande que pour miaitleria. On l'a ai bien senti que certains ont fait bon marché de l:i forme livrée monasUrlu et ont restitué bravement une forme * monisUriu comme base du mot fiaoï^aia laoutier. Mais cette forme est attestée bien plus aolidemeiit que par un lesta — qui peut toujours élie fautif — par la forme iHonratier dans des région» du midi où l'a dans cette position ue devient pas e, et par l'allemand milnster qui, à cause del'unilaut, ne peut remonter qu'à* monifferium; on ad' ailleurs en vieux aut alleniand muiiutres, mitnitCre, numîtlrilih dans Kêro (version interliuéaire de la régula S. Seaedicli, VlU* siècle). Ajoutons que v. irlandais mainkler estlùio de répugner à une forma de latin vulgaire * ntonitterinm.

Nous ne saurions nous étendre autant sur chacun des paragrafea de M, Marchot ; ce serait refaire tout son livre. Il faut d'ailleurs ajouter, pour être juste, que tous ne fournissent pus une aussi ample inatièrâ i, la critique.

Noua noue bornerons donc à quelques observations de détail sur le reste de ce chapitre :

1° Ea ce qui concerne le vocabulaire, il faut constater que ' garo- fulu (pp. 42 et51) ne saurait convenir au lut. vulg. de la Guule da nord, car cette forme n'aurait jamais pu donner girofle ; — si pertica avait été ]>eu(i)ca (p. 45) dans la Uaule du nord, il n'aurait pu i donner prÈc dans les dialectes à métalàse ; — de même si germ. jîrcte i avait été ' fiite{p. 45), il n'aurait pas pu donner yV^t dans lesmémei dialectes; — ai fiebiie i avait été ' ftbite (p, 54], il n'aurait pas donné la vieille forme JUble, ni ses représentants dialectaux modernes ; — avant de poser ' itela comme ■«présentant de innila dans la Gaule du nord (p, 4â) il aurait f<illa éliiblir l'existence de ' icle dans les ré- gions où ' mite(ujlal à donné niécle; — uhtiea (p. 51) n'est pas à côté de itirica une prononciation défectueuse, mais uu doublet ubao- lument régulier, comme eâ^pa A cûté de cûpa, cf. RLR, XLIV, p. 134.

BIB[,10GBAPHIE 93

2" Bn ce qui concerne la t^orie et l'expo si (ion. M. Marchot pease (S 35] qn' * une forme vulgaire ueclu n'est jies benucoup \i\\xn ancienue qoe If phén>)nidne de syncope » ; elle lui est au contraire poHlérieure, c»r 11 n'a pu devenir cl que lorsque los deux fonèmee ont été nn con- lact> Qu'est-ce d'ailleurs que le féDomèna de eincope ? 11 faudrait dire Ui féDomènea de sîocope, car p'pst à diverses reprises et a des dates ItAm éloignées qu'il s'est produit des «incopca: la sincopc française «at relativement tardive ; celle de uerla remonte au latin vulgaire; etU» derofu/u, npalnla lui est pusténeure. 11 ne faut pas dire non plus que le groupe II •• était rare en latin <•, mais qu'à l'intérieur du mot il s'existait psa dans cette langue. — Le fénomËne par lequel une (bnne da lipe ivitiut avait échappé à l'aBaibilKlion n'est pas de la dia- umilatioD (p. 54], mais de la difTérencintion (cf. A . Meillet, MSL, XII, p. 14 et suiv.) - par contre ce n'est pas k une difTércnciation de fonè- mea qu'est dû fr. gésier (p. 59). 11 est bon d'appeler les choses par leur nom ; l'inexactitude dans l'exposition est souvent l'indice d'une intelligence imparfaite des évéuements.

11 n'i a peut-être pas un seul paragrafe dans ce premier chapitre qui ne présente des taches et ne prâle par quelque côté à la critique. Le second chapitre débute par deux paragrafes, 36 et 37, qui sont aaseï Iwna, et il i en a plusieurs dans le reste dont on i>eut faire le même éloge; on sent que l'auteur est entré duns une période qui lui est plus laniibère et dans laquelle il se meut plus à l'aise. Mais il ne faudrait pas que le lecteur se figut&t qu'il pouna parcourir tout ce cbapitre uoaeurts. Dès qu'il aura vu aux g§ 38 et 39 les groupes cret cj devenir irretpJdans les mots empruntés au V° ou Vl> siècle, il se demandera 4vec inquiétude à quel endroit l'auteur a étudié le traitement de cea /rnu^ dans les r j'itqu'au bout, BU conireire il notera •l'ubterva tiens as s

On remarqi

et cette inquiétude l'accompagnera que rien se présente qui puisse l'apaiser; au passage d'autres oublis ; ainsi au § 47, au milieu lei! imprÉcises pour qu'on se demande parfois si ce ne rs, il cherchera en vain ce qui concerne le groupe bl. aussi çà et là que M. Marchot ne parait pas con- de la Société des langues romanea ni ceux de la Société de linguistique. 11 aurait trouve des éclaircissements aur o*owr Ip 66j dans la SLR, SLIV. p. 131, sur afre {p. 70) dans le BuO.Je la Soc. d« linguhtiquet X, p. cxlvi, sur les conditions dans iCTijuellcs le redjubleiiieiit il'uno cunsooiie ictervocalique n'est paa - inormal .. (p. 711) d:ius la RLIÎ. XLl. p. 288 et dans les MSL, Vin. p. 320 ; il aurait vu d.ins le Bull. <k la Snc. de nnijuislique, VUi, p. nxxix, ia loi qui a empêche ■ aukellos (p. 89, note 1) d'eûiter en latin vulgaire (voyez A. Meillet, Revue bourguignonne, r,| p, 224 aqq.) ; il aurait compris d'autre part qu'un genn. " triau

94

RIBLIOGRAPI

deatioé à fournir 'Irigua ([>. 73)estimp< similation, p. 53, où les coalitions du rappelées ; le même ouvrsge lui aurait , plede G, Paris, ;jeiy)i« (il. 65), est sans groupe 7)2 intervocalîque. Sana doute il que le groupa pi n'entrave pas, mais on est la plus solide des certitudes ; pour le destinëes du p, ce mot a l'inconvéuient o'est-i-dire d'avoir detix eiliabes cons^ rnSme occloaive, ce qui peut susciter !■ redoublement el dooner lieu à une aai occlusives, c'est-à-dire empéther le p ment. M. Marchot a abaolutnent raiai groupe n'est pas resté intact, inaisil s'en tioD, et surtout il a tort d'affirmer que i trave ". Noua ne saurions trop l'en blJU n'a pas compris que ce ao qu'une pareille affirraatioD

La métode n'est pas m< spécialement à l'influe] de I, d ialervocaliques dep, fi eu t> et de e, ^<

M. Marchot attaque ■aurait l'en blAmer en objections qui se dressent contre leafci pagea (et c'est beaucoup pour une élu^ en tout 30) sont consacrées à discull^ de la sonorisation des intervocallq^^ Sea argumenti démonstratif u c'est la quantité de si recoure pour expliquer lei plusieurs sont abso lumen escamoter iicintre ; il aura' comprendre d'ailleurs par prouvent absolument rien présentent trois cas qui n' le premier remuntanl i ancora qtt^^j, caneru qui n'a pas lie voyelle entre* ,(^ euridie où il ne s'agit pas d'une po»]!

Nous conclurons donc en diaaffj^j^^ delà première, qu'elle contient de^^^j

itB d'ôef (ntrairrf e du t* ice des populatifi

avec ardeur leA principe — ; ^

Ce qiil^ ibterfiigea %^ s nombraa^^ it inadmiea^^ lit pu voir ^ L lui-même 1^ eu faveur Vlë

t

3E-L,U(

j -

OONSONNBS.

^rsistent mieux q

> et finales. Poar pli

' <lui faisaient partie

^ combinés^ et ceux

q^ue nous appelleroo

^t naturellement les sei ^ ou finaux.

* persistent en général. *^ ; cl, gl, pi, bl :

^ ».

^i^ac» esprit follet (p. -ô.ra

^ ^^d t. ^^^^ »

le •- *•

«î »^^«e ».

x*curiale » (plante).

^ti^j^ **emarqaer, swns compter 1 * ^^^3 le latin. r^(/ui7 [Ex.:

1903.

91 BIBLIOGRAPHIE

destiné k fournir 'tngua (p. 73) est impossible, eo c mmilalion, p. 53, où les conJitionB du fénomène rappslèes ; Is mâme ouvrage lui aurait niuulrë, p. . pie de O. Paria, peuple (p. 6^], eatsnns valeur pour le ' groupe p2 iutervocalique. Sans doute il est eicâlleut pu que le groupe pf n'eutrïve pas, mais on en était sûr a / est la plus solide des certitudes ; pour le puint importani. destioées du p, ce mot a l'inconvéuieut de débuler déj- c'est-à-dire d'avoir deux sillabea conaéculivea coromeu' même occlusive, ce qui peut susciter le seuliment iaeci redoublement et donner lieu à une assimilation continu occlusives, c'eat-à-dire emp^L'her le p du groupe pi d'év ment. M. Marchot a absolument raison d'affirmer que groupe n'est pas resté intact, maisil s'embourbe un peu da tion, et surtout il a tort d'affirmer que doble et treble « a\ tr&ve >i. Nous ne saurions trop l'en blâmer, non pas tant j n'a pas compris que ce sont mots d'ëcole et mi-savants, qu'une pareille affirmation est contraire à une inétoile critiii

La métode n'est pas meilleure du reste, qui consiste à spécialement à l'influence des populntions frsnciquei le chi de t, d iutervocaliques en d spirant, alors qu'il est parallèl' de p,b en V et de c, g enj'od.

M. Marchot attaque avec ardeur les opinions reçues — saurait l'en bifimer en principe — ; mais it s'aveugle de^ objections qui se dressent contre les sienues. Ainsi ses 12 0 pages (et c'est beaucoup pour une élude sur tes consonnes < en tout 3(1) sont consacrées à discuter encore une fois l'uii de la sonorisation des inlervocaliques et de la chute des Ses arguments sont souvent inléresaants ; maïs l'ensemble n démonstratif ni convaincant. Ce qui rend ses règles in auoepi c'est la quantité de subterfuges auxquels il est obligé i9 recours pour expliquer les nombreuses exceptions, sublerfugei plusieurs sont absolument inadmissibles, tel celui qui est de» escamoter vtintre ; il aurait pu voir à ce sujet les MSL, X, p. ÎJ| comprendre d'ailleurs par lui-même que anere, chancre et mère prouvent absolument rien en faveur de son ipotèse, puisque oei présentent trois cas qui n'ont rien de commun avec celui d« % le premier remontant i ancora qui a pour finale un a, le s( caneni qui n'a pas de vojelle entre le c et \'r, et le troisième ûuridie où il ne s'agit pas d'une posttonique.

Nous conclurons donc en disant de cette seconde partie, o de la premiàre, qu elle contient des qualités réelles, qu'elle eil

BIBLIOGRAPFIIE 95

uliKlé in ton les table, mais fju'oa ne saurait rutilisor qu'avec les plu» gnaites prëcaiitiotia.

Maurice GHiMMONT,

t. Hornlng. — Die beliandlung der lateinischen proparoïjtona in den mundarteii dcr Vogcsi:it uiiil im Waltoiiisi:liED, Siraaibwg , 1902 I» p.).

Lu qiwition du Iraitenieal des proparoxitons a déjà été agitée bien du (ois. M. Scbucbardt, dans le preiiiiei- fascicule de ses Roiaanische iljnnolojrifn, lui a fait faire un grand pas ; mais le procesaus qu'il luppose ne rend paa compte de tout. M. Horning, bien connu par sea travaux aur les patoia lorrains, a cru bon de reprendre ce sujet eu limi- lut autant que possible son élude au domaine voagieu ot wallon; c'est a effet une des régions qui fournissant les formes les plus variées Mcnma produit des proparoiitons. Il examine successivement les diffé- nnteaipotèsesquiont cté émises, retien t certaines parties de quelques- oaea d'antre elles et en propose d'autres qui lui sont personnelles. Étude très soignée et très approfondie, maïs qui est loin de lever toutes Im difficultés. Il ne faut pas oublier qu'il i a des questions insolubles, M il est i craindre que celle-ci n'eu soit une. Sans aucun doute il i a «u dans quelques-uns des vocables qui sont en cause des substitu- tions ou des modificatiouB de suffixes, et d'autre part ils ne sont pas totii entrés à&as les diverti ptitoia au métae moment et psr la même voie; mais, si nous sommes bien renseignés sur les formes actuelles, la documentation nous fait presque tolalement défaut sur les formes uilérieures. Comme dans le même patois des traitements divers se cAtoienL ce n'est pas une Ipolâse qui peut rendre compte des féDomà- li«*; il faut plusieurs ipotcses simultanément, et on ne voit guère le moyen de les réunir en un sistème suffisamment coérent pour qu'il ■'en dégage une impression de solidité réelle et de quasi certitude.

U. Horning aborde en passant le problèmo de la diflongaison d'nn e entravé par r -f- coiu. dans cettaineit conditions. Le fénoraène appa- raît, setnble-t-il, sur un duoiaine assez vaste. L'auteur cite en effet les mots français (isri et tierce; la question est peut-être plus ample iju'il ne pense. Sansparler dumotconcifr^edontle ie remonte aussi àun e oavert.iiiacfer^eet fierpequi pumisaent avoir subi la même diflon- gaison, bien que leur va<relle tonique ait été primitivement un e fermé. El là aussi il s'agit île mots qui ue sont pas strliitenient populaires, de ménia que quelques-uns de ceux que M. Horning signale en lorrain et en wallon n'ont jirobablemeut pas pûnâtre dans ces patois (Ua la première eure. Il résulte de là, entre autres conséquences, que C*U( au moins avec imprudence que M. Uuruing u cru devoir poser

k

BIBLI06RAPHIE

pour Isa patois lorrains une base 'Srpiee {Z. IX. 497) aii liau de h piee. Ce pelil protiliimc est intéressaiii ; nom tenoin A le signaler.

RÎ'ICTl FI CATION

NouB RVODB reçu la lettre euivanle qi d'iuBÔrer ;

Monteur le Président,

Dans le fascicule de sept.-o^t. 1903 de U RÈVuê. p. 543, M. An- glade a bien voulu mentionner la trailuction nllemande de YAmira' (fou que j'ai dounéa au iF Jahrbuch der KSlner Blumenipiele, en ni« louant de ce que < les jugea n'ont relevé dans celle traduction que tes l'imes Taraicouti et j'utig n.

Cet éloge est iiuDaérité. Les juges n'unC pas eu a exainioer une piâce qui n'était présentée à aucun concoui'*. C'eit moi-inêoie qui, dans une note mise au bas de mou manuBcrit, ai cru devoir expli- quer, pour prévenir un étonnement éventuel du lecteur, que Tarot- eoun prononcé par un provençal peut rimer décemment avea Jung prononcé par un ulleruaud du N. 0.

Je n'attache d'uilleurs paa plus d'inipurlance à la présente rectifi- catiiin qu'à, mes essais de versifîcation en eux-mêmes , et j'y

ne oiicnsioû excellente pour professeui' Anglade de l'ïntérât qu'il >

remercier publiquement M. le !Ut bien portwr k mes travaux aeils grâce auKjuels ma ver- rop de déshonneur a cité de la

Jules RosjAT.

I

AVIS DE CONCOURS

Im prix Anatole Boucherie, fonilo par la Société pour l'étude dea Langues romanes, d'une valeur de 100 francs, sera décerné par la Faculté des lettres de Montpellier, à la fin de l'imnée IQ04, à l'auteur du meilleur travail sur un sujet, laissé an choix des concurrents, d'histoire littéraire on de philologie romane, comme, par exemple, une étude sur un iroubadour ou un tpouvùre, sur un texte en vers ou en prose du moyeu Age, sur un dialecte delà langue d'oc ou delà langue d'oïl.

Les mémoires présentés au concours devront parvenir ru aecré- Inriat de lu Facalté des lettres, au plus tard le 1'^ novembre 1904.

Le Ocrant rapontahle : P. Hamslis.

LE PARLER

DE BAGNÈRES-DE-LUCHON

ET DE SA VALLÉE

iSuite)

B) Groupes de consonnes.

Les groapes de consonnes persistent mieux que les con- sonnes isolées, surtoat médiales et finales. Pour plus de clarté^ nous distinguerons les groupes qui faisaient partie de la méoie sjU&be, qae nous appellerons combinés^ et ceux qui étaient divisés entre deux sjllabes, que nous appellerons disjoints.

1) Groupes combinés.

t) En général.

Les groapes combinés sont naturellement les seals qui aient pnétre dôs le latin initiaux ou finaux.

l*)Les groapes initiaux persistent en général. Exemples, poortr, dr, cr, gr, pr, br; cl, gl, pi, bl :

1* très, frés a trois ».

draco (7) Drâk « le Drac » esprit follet (p.-é. rad. celtique)

cmce, krûts a croix ».

grande, gràn a grand s.

prata, prdt a pré ».

'bracia, bras « bras ».

2* clave, klâw a clef s.

*glacia, gfâso a glace ».

plena, pléy c plein ».

bllta, biét a mercuriale » (plante).

11 j a cependant à remarquer, siins compter les cas où le groupe initial s*était, dés le latio, réduit [Ex. :

XLwn. — Man-ATiil 1903. 7

LE PARLER DE BAGNERES-DE-LUCHON

f(l)ebile,

/'^66/fu faible M, d'aill. emprunté

ou mi-savant; kaicilko i( chevilla »]

c(l)avicula, ou transformé [Ex. :

'cline p. orine, kiig a crinière » ; esp, o!in.

'crémere p. trémere, ki-énlie a craindra »; montalb. (mouillure analogique) krenfid],

qu'il y a eu parfois des traitements particuliers.

1, D'abord, dans les groupes initiaux où la aaconde con- sonne est r ou 1 :

1* Si dans ces groupes la première coaaoaae est une f (fr, fl), f est régulièrement passée à â, et celle-ci a entraîné en per- sistant, comme nous le savons, une voyelle d'appui entre elle et r ou I ; parfois elle est tombée avec cette voyelle. Ex. :

— fraga, frioare, •frlctooes,

'Frontas,

ftatàgo '< fraise ». Hetegà a frictionner u . Retiiùs I' fritons «. Hexùntea (n, de iiea),

Nous n'avons pas trouvé en luch. d'exemple pour la chuta de a devant %. M. Luohaira cita en gascon arrûno ii fronde n pour "riino, ' Rtnûno, de frunda.

— flagellu, /lalajêlch u fléau ».

flammare. Ralamâ u enflammer n.

'flammine (?), * Ralàme, puis lame n flamme ».

flore, ' Rulù, puis là h flaur, a.-&-d. meilleure partie n ; et d« même lôlo a fleurette n vieux mol, lutû^ • fleuron, bouton ii , luiU M moisi 11, editxà n effleurer, prendre la fleur », etc. Mais on dit cependant:

frây n frère d, en latin fratre.

/re(â " frotter 11, — *frictare.

frûnt n front », — fronta,

/I()A<i gland, flocon », — floccu,

fiûi II diarrhée h, — fluxu ; mais prob. du

tr. flux.

Et de Sa VALLEE

etïnoore /ïd n fleur», /luii « fleurir »,/ïamieja o flamboyer », fiamliùskd a passer â la flamme >, etc.

Ici, comme pcar f simple ÎDittate, la persistance de / évite des confusions (p. ex. de frây u frère » devenu 'Haxày, avec mây a charrue n ) ; mais le besoin de clarté o'est pas l'eipH- ofttiondu maintien des groupes fr.fl, puisqu'on a dit /il" fleurs, m&lgré le danger de !a confusion avec lii n leur u; c'est ici encore l'influence d'autres parlera d'oc, du français ou du latin qui explique la présence de /"dans flii, frelâ, frùnl, flùs, etc. 2* Le même phi^nomène de dissociation s*est produil, mais tout à fait exceptionnellement, avec les groupes analogues où la première consonne est autre que f. CTest ainsi que l'on a eu, eomme nous le savons (groupes initiaux on médians) ;

I

libetày-ie a libraire ».

arbexilhôt « arbrisseau ».

mafatik n gourdin » .

Kaxabyitohi {n. de pic), etc.

[kràntfi << quarante » pour 'kaxànto, de qua-

drâginta ou du fr., présente le phénomène

opposé].

Il 7 est aussi arrivé parfois que l'initiale, sans douta de très bonne heure, s'est adoucie devant r ou I (mais alors il n'y a pas eu de voyelle intercalée et r est restée r. C'est ainsi qu'on ft gréto, grêc/io, gras et grùi (de crassu et ' crossu), grédo, glêyzo (mi-sav.), drabâ, brtslulà, etc.

2. En second lieu, dans les groupes initiaux se, st, sp. Ils étaient dès le latin populaire précédés d'un I, en d'autres termes divisés entre deux syllabes. Le luchonnais a gardé sans allé- L ration Ve prothétique et les groupes sk', si, ip. Ei, :

'Iscala, eskâlo u échelle ».

'ÏBCûtu, eskût « écu )).

'Islatu, estât <• état «.

'ïspargera, espdrje « répandre le fumier ».

(Uaia nous écrivons généralement les formes latines sem- t Pom M dcTsnt o et i, toj. C) ci-gprtt.

100 LE PARLER DE BAGSERE9-DE-LUCH0N

blables sans cet I initial, a&a de n'avoir paa à les marquer pour

cela seul d'un astérieiiue).

nsonaes ânalea eo

2"} Lea groupes ftna

tx, comme les consor

général, se sont affaiblis

1. Ainsi, nt a'eat récia

t à n. El. :

aunt,

Sun H ils sont ii.

volunt.

Wrt «ils veulent ».

vaduQt,

bân u ils vont ».

(h)abent,

an n ils ont c

amant,

âymen n 'ûs aiment

ils partent •, affmâ\

innés du pluriel en n.

2. £ (= ks)tna.\ii s'est réduite à

vent H, léjen v ils lisent», pdrtettt ils aimaient u, et toutes les 3" peN

( I dans ex-préfixe n'a jamHix été traitée comme Qnalâ). Mais daoj les mots savants x finale a donné ts. Ex. :

Félix, FéliCa « Félix ».

0 X médiale, Alexis, Alêlsis « Alexis » ).

b) En détail.

Certains groupes combinés méritent un examen apéoiaL Ce sont ceux, d'origine latine ou roraaue ', et médiaux, forméa avec les muettes et r ou 1 '.

< N^li • nuit I, dans U locution k'esîiéts « il fait nuit •, ne vient donc pas, indgrdlei apparences, danôiqui aurait mdi dente donné 'nméya, iïden^f linuit', ardinairenient) i»su de nficte ,elau;;ment6 de t marque du nomioalif : par analogie sans doute avec dyi» • jour ■ dans ke lié di/tt < (I fait jour ■, alors que u jour i se dit ordinairement dfi6.l.a mtnlnlb. iirf/ï rienl de nÛcle. — /•!« («tm*me pli) tpuia .suppose e forme 'postiis, dirirée de po»t; — Léa (n. de Tillago), "^le aurait donné 'Léch. * Quand Us sont d'origine romane, lu muette d'un t0t6. et r ou 1 de appartenaient d'alwrd à deut s;llabe« dîO'érentes. Mais Us ont t èlé traitas comme groupes combiné*, dans les mots satanlt. > Pour coui formés avec y ou tt>, voy. ci-d«i3us la Réduction des .diphtongues, et ci-oprès C).

1') Groupes combiniia médiaux formés avec r'.

Ils persiHeDt primitivement, comme Iqs groupes initiaux semblables, sauf qu6 r n'empêclie pas de traiter la consonne prtii:é(iente (à moins bien enteiitlu qu'elle ne soit appuyée d'une Mire consonne)' comme une médiale, o.-à-d.de radoucir(oude lïlaisserdouce.si le groupe est de formation romane). ^ — Mais ensuite, il j a eu duui tr«itemenl8 différents. Ou bien (le plus souvent)! est tombée, l'autre consonne persistant seule, avec IVdonl le groupe devenu final s'était appujé (r n'a persisté à la 9;rllsbe finale que dans les mots savants);— ou bien (plus rare- meni) la première consonne s'est vooalisée (ce qui est de rè»Ie avec les non appuyées, sauf p adouci), et parfois t est toitibéfldansce cas après elle, ainsi que Te d'appui: ce deroiep tmitement caractérisant le luchonnais. (Voy. ci-dessus dans 1« Voyelles les Apparitions de voyelles nouvelles). Ainsi:

1. Avec les labiales p et b appuyé ou savant, r donne br{e) ou i{t)',iaa.\Bpr{e)QU p[e) avec p appuyé. Eï.:

{d)aioèrê (1 ouvrier» (adj.].

\

âperariu,

càpere, 'càprlu, vésperu,

kâbe « contenir n.

kàybre, auj. kèbe acbevron».

béspe «soir h.

libre H libre » , mot savant

récent. Hbe ' livre », m. sav. pi. anc.

Jivre, fr. (ou lat.sav.)

arbore, drbe <> arbre <>.

a subi parfois une métathèse (v. plus loin). Ex. :

càpra, krâbo ii chèvre u.

"operire p. aperire, urbi n ouvrir • '.

câperâre, k&rbâ a recueillirs.

temperàre, Iretnpà a tremper ».

Vésperas, Brês/ies a Vêpres > .

/«bre{ianguoii.oulat.saT,), 'fiébre. * Hrêbe , auj. Hetêbe [aranaia /è//)*, empr. réc |

I Pour les groupes m-r. n-r, & B-r, Toyei plus loin. ^* Voj. ploa loin \ea Oronpes diijoinla. ■ urbi est plus lucboDnaîs. Cf. l'espagnol « abrir ». et le i

102 LE PARLER DE BAGNERES-HE-LUCHON

(Dans Retéhe ce ii'eat même que la métatbèse qui a main- tenu r}.

Mais les groupes p-r et b-r ont donné uix, p ou b Be voca- À lisant en w, le premier, exceptionnellement, dans :

*c6pre«,"c6breu(?) "ftdioti/e.'AdM'i/ïe, auj.ftioeyteu cuivre». 1

aperire, av>t.i n ouvrir m, larb. ; d'où r/uw^fl

«ouvrir», aranaia.

[Caa verbes pourraient cependant venir tous deux de *ôpepire, par 'àwxi, Ô tendant adonner aw (5d6re,aiodM)] ; le second, régulièrement, dans:

fàbru, Râtoxe ■ forgeron t.

libra, lyéwïo ou (héwxo f livre »

laboràre, latoiâ ii labourer ».

Febr(u)ariu (osque 'Freb(r)ariu, d'après Mohl, Inlrod. à la

chrnn. du lai. vulg., p. 117), 'Herotê, puis par métath.

' Hretoét auj. Hetetoé « Février d ; (la métalli. est p.-é.

primitive ici : * Frebariu ; sinon on aurait conservé s. d. J

Il «et arrivé parfois, en languedocien, que p-r et b-r oa^ donné fr. Ex. : * asperoau, aspericu, afrûi « affreux », afrik « tenace ii

'tubera p. tubere (?) trûfo u pomme de terre u.

[Ce dernier exemple est très incertain ; il semble qu'il vaut mieux remonter à l'osquo * trûf(r)i (Mohl, ibid.). Comparer pour la forme ne trûfa ■ se moqnet' »].

On dit de môme en luchonnais afrûs, trûfo et trùfâ s. Cf. le fr. truffe, affreux. Mais les Aranais disent trûfia et trùHd-t. Il est donc probable que le lucb. a dA jadis former (ou avoir) ici, lui aussi, le gi-oupo />•, mais que s'il dinaerve /"aujourd'hui, c'est qu'il a emprunté ces mots ou du moins subi pour eux une influence étrangère (française ou languedocienne).

Dana des mots comme tufyi « souffrir ». tchafrâ a écraser u à côté de tcliafâ, na/rti (m. sons), il doit y avoir eu aussi une influence étrangère (fr. souffrir, navrer (?) ; ichafrâ par ana- logie? esp. (I chafor n); certes la métalhèse de r était impos-

A

la h.

J

A

ET DE SA VALLEE 103

«blé ici (p. «z. on ne pouvait dire 'srufi); maia on aurait pu dire 'suKe^i ou 'tuti: cf. awfri, béarn. aïo/leti « offrir 11,

'i. Avec les gutturales 0 et g, r donoe T/t[e), c-à-d. que o el g le vocalisent ; y peut disparaître ensuite, d'autre part te tjttabe ânale^Voy. ci-dessus les Vojelies). Les mots contenant graukr Bout sans doute savants. Ex. :

I

îocru.

"stoéyui, auj, swéio 11 belle-mère 11. 'stcéiji, auj. sieé « beau-père ».

"aerifolu,

'ayxéliew, auj. aréto u houx ».

weigRTO,

gwàijie a guère D.

nigru,

'neyie(?), auj, neiomoir» (larb.né)

■J.néto.

macru.

mdgre n maigre ».

acre,

sac rat u,

âijre « aigre 9.

»akrdt « sacré », m. savant.

Remarquons le maintien de r dans le groupe tout récent kr àamatakrôa cela», deecû(u)inùd, p. 'aketô; larb. oAevti, sana ehute de e et p. suite sans groupe kr établi.

Avec les dentales t et d, r donna encore yx[e], 0. 'à-d. que t et d se vocalisent ; ici encore 1/ et le syllabe finale peuvent diaparaitre. Dans lea mots savauls, il a pu y avoir maintien de ir ou dr, ou assimilation ; mais tr appuyé a gardé son t mâme dans les mots populaires. Ex, :

vitru, béyte n verre », p.-é. emprunté.

'arréyz, auj. arrê a arrière «. Kwaytût {p. lie pic, eu forme de pyramide

à 4 faces). esbâ>/x,e 11 éqtierre 11, s. d, emprunté. 'pâyx, auj. pàij b père ". ' fiéyt, auj. béy « voir n,

rétro, Qitadratu.

ex-quadru, pâtre.

nostrii, nôste « nôtre a.

' vostru, bôsle a vôtre ii.

ventre. Iiénie « ventre n.

cf. èsfeiièire" pour *ê.«(rede"és'7'e(essere).

Et, comme mots savants, karrrii « * cadrer ».

n^lre a astre u

I,K PABI.EB DEBAGNEBES-DE-LUCHON Le aui!. -dsire » -âtre », de -astru, f. -âstro, est donc sans doute savant; sinon on aurait eu 'àste tt'àslo. (Cf. aurTinscr. de Cazaux de Larbouat, tarbsts; s. d. p. f larrêsle, auj. terrestre o terrestre ■).

n le voit, lea labiales, surtout p, sont dana ces gi-oupea plus solides que les gutturales et lea dentales \ c'est aprëa elles que r est tombée, et quand elles ont donué un 10, ce w a duré, tandis que lea gutturales et lea dentalea, même c et t, se sont toutes régulièrement vocalisées sauf quand elleB. ont été appuyées, et que même le y qu'elles ont donné est Bouvent tombé devant r.

3*J Groupes combinés médiaux formés avec 1. Ces groupes sont ti aités de façons diverses. 1. Avec les labiales.

— Le groupe pi, par adoucissement du p eu b, puis redon- biement du 6, donne bbl. Ex. :

duplu.

dUble

double

triplu.

Iribble

( triple

pôpulu,

pdbble

peuple

côpulu.

kUbie

couple

Appuyé, il persiste naturellement. Ëx, :

mespila, mésplo n nèfle b.

— Le groupa b-voj.-l, par vooaliaation régulière du b, donne tel. Ex. :

tabula, tiitolo n table n.

'pibilare p. pipulare, pyetuld « piauler >. exsibilare, eehchewlà 11 siffler n, etc.

Mais, dana

e norabreu

z mots Bavaiila. ou mi-Bavanta, il a

douné bbl. Ex

diàbolu.

dydbble « diable n.

•abile.

■âbbte: aymàbbk <> aimable ».

■ébite.

-iMk: fÉbble«la.\hle».

■ ibile.

■Mie: lerribble « terrible ».

ijubulu.

sàbbie n sable n, p.-è. du français

ET DE SA VALLEE 105

Appajé, il persiste d'abord, et, isolé par métathèse, passe à m. Ex. :

torbulare, trubblà a troubler ».

— Le groupe f-voj.-l, devenu final, paraît avoir donné -/*-/; pan, ^gT'felei -âew^ ou peut-être directement par-^u;, et en tout cas grâce à la chute de /i affaiblie et à la production d*Qne diphtongue, il s*est réduit à w. Ëx. :

'trifolu, tréfl, auj. tréw « trèfle jaune »,

^Cbristopholu, * Kristôf-l, auj. Krislâw a Christophe ».

Cest le fr. qui a donné trêfio^ suflà^ etc.

2. A?ec les gutturales.

— Le groupe cl ou mieux k-l a donné ggl dans: *8êc&le,

séggie f seigle » ; mais comme il j a ici un & après le c, on peut

croire que la forme régulière serait ^ségew (montalb. ségel).

Cf.*cànn&pe,ikânep c chanvre » ; séggle sereiii alors un emprunt

ta français.

[Dans aquila, àgglo « aigle », on a affaire à qu-1]. Appujé, il persiste naturellement. Ex. :

* cilculu p. circulu , séwk/e c cercle •. *sslculu p. sarculu, sàwkie n sarcle ». *misculare, meskld c mêler ».

Cependant, il a donné généralement (notamment dans le aoffixe cA a où il se rencontre le plus souvent), après être fiasse par g-l, un y qui a mouillé 1, d*où Ih. Ex. :

fàcûla, fiàl/io • chandelle ».

miràcûlu, mixàlh a miroir ».

ôoûlu, ywélh « œil ».

«rticA'u, artélh c orteil ».

* veclicûlu, hetiih « levier ».

* genûeûlu, * yën]ûlk^ auj. jûlh c genou ». *MnDÛcûla p anuîcû'a, anùlho o génisse »>.

* acûcûia, atjù//io • aiguille ».

Ce n'estque dans quelques mots savants ou mi-Favuiits «|u*il a donné ggL Ex. :

)6 LE PARLER DE BAGN15RES-DE-LUCH0N

miracalu, mixâggle « iniraiile n , doublet de mi'tâlh ;

lulu,

syéggle « siècle <>, p.

è. du fr.; car buGcuia aurait dû

et Bans doute aussi bùgglo >• boucle doaaer'bùklo.

— Le groupe g-voy.-l, par chute de g devant toute antre voyelle que a tonique, donne des diphtongues. Ëx. :

téguU, téwlo u tuile d. C'est seulement dans des mots savants qu'il donne ggl. Ex, :

régula, arrêgglo u règle ii ', Appuyé, il reste gl. Ex. :

ûDgula, ûj/ff/o « ongle b.

3. Avec le

— I.es gr(

de mal

dentales.

Ex.:

s tl, dl ont été ramenée à cl et à gl et traités

vétfllu (= 'veoûlu). byélh u vieux ».

Et d'autre part, avec consonne d'appui :

dsklo « bûclie n . j

iiskld «passera la flamme II. |

(dmtu/d u torréfier », de p(e}rustûlare , doit donc être mi-savant, ou plutôt analogique, comme forme verbale.)

OOastûla (= ustftlare(^

scâla), lûlare).

< Le monUlbai pie; aytàpl-; • haïssable, « troubler »\ uplidd n ou ,eiel.

I durcit b et g devant 1. Il dit par eiem- _ c.-à-d. agaoanl »; dùpte t dooble >; trupU 1 lier > ; — et rékio ( régie >, wiitdklt n mira- ■ ségel. — D'ailleurs le redoablemenl lachon-

nais est asiei ddlicat i eipliquer. Y a-t-il eu souvenir de la disjonctioa latineT mais U plupart des cas sont mi-saTBnla. Il j a donc eu sans doute disjonction introduite, mais pourquoi? Est-ce i ifaï s'est prononcée arec force, si bien que la muelte, au sein de laquelle du reste se IrouTail la coupe syliabiqae (V. Grammont, La DùuirnUalion. p. 58), a eu besoin de se dédoubler neltemant pour rentrer en contact avec cette 11 Ou est-ce la Tojelle prfcédente qui, abrégée, a eu besoin d'un appui7 Colle dor- niâre eiptïcation conTiendrail également aux formes oi/yi, inlerj. ironi- que, du fr. t njei •, el uAiei, do fr. ■■ obéir ". — Voy. pour Us Redou- blements la > Partie de la Phonétique.

ET DE SA VALLEE 107

Câpandant qu&nd les groupes sont restés disjoints, il j a eu Assimilation de la dentale à 1. Ex. :

lodaiai

kàllii B caille »(on attend, "ftic arrullà « rouler «. muUâ u mouler ».

Ulo).

Cf. brûUà « brûler ii, pris sans cloute au v. fr, brusler, de p(e)rustulare '.

3") Groupes oorabinéa médiauï formés avec n.

La plupart des groupe? où n est la seconde consoane sont disjoints. Noua croyons cependant devoir placer iui le groupe gn, traité parallèlement à g-l i:3U réguliëremenl du suffiie cûlu, c.-i-d. ramené à nA, un ^ donné parle g ayant mouillé n. Ex.:

pugnu, atagnu, Rgiiellu,

pÛnA n poing ». esiiinh « étang ». an/iélch » agneau » sen/iàl i< bénit i>, el

Dans quelques mots savants il y a e

signu, dignu.

tinne « si^im dinne « digne

, etc. (V. plus loin).

2) Groupes disjoints.

Or peut distinguer parmi eux, pour les examiner plus com- modément, les groupes homogènes, c.-à-d. formés d'une con- sonne double ou géminée, et les groupes hétérogènes.

Groupes disjoints /lomngénes.

groupes disjoints homogènes.

|uMs soient restés ) s. ule con^om

uédiau: B. Ex.

3 dut

abbate.

ahâl

abbé >

vacca.

liùko

vache

gutta,

flf'/tn

goutte

gannitu,

i/anil

" en dfl

Four 1m grcapei ra-1, n-l, Voj. plu» loin.

LE PARLER DE BAGNERES-DE-LDr,HON

beccu.

hêk a

bec « ;

caltu,

gdt «

chat >i ;

summu,

iùm i

somme

Jeanne,

Jwdn

u Jean

epissu,

e,pés

épaia

Les exceptions sont rares : 1') Le groupe rr a peraiaté, et ii il est devenu final. Ex. :

serra, ferru. Carre,

têrro K terre d sêrro, anc, n s

Gâr u(le pic de) Qar ii

2") Le groupe II a donné, comme médial, t; mais, devenu final, tch. C'esl là an des traita caraciéristiqui phonétique luahonnaîse. Ki. :

illa.

ton

Éxo K elle w, procl. exa « k

aquilla,

eskéto (1 sonnette » ;

bella,

/létO t belle D ;

agnella,

m/iéio " agnelle » ;

gallioa.

gatyô Hgelineii;

bullire.

buzi n bouillir » ;

ampulla,

ampû-vo « ampoule de sapio

illu.

ton

étch a lui B. procl. elck ii le

bellu.

liêtck H beau n ;

agnellu,

anhètch u agneau u ;

valle,

bâtch a vallée > ;

molle,

môtch c bumide e ;

bullit,

bùtc/t 1 (il) bout .. ;

puUu,

pûich « coq II ; etc.

Il suit lie là que les motB pûlo <■ poule », kaliàlo «jument », ckibàw n cheval ». sont pris au français; car ils auraient dû être °pùio, de pulla {cf. puiik a poussin » ), "ftnwûïo de caballa, et 'kawdtck He caballu. — Les dérivés où II a donné t sont s. d, anciens (El.: bedetôl ii petit veau », ankeiOl •< petit agneau », etc.); cependant ils peuvent avoir éié formés par analogje avec les féminins {bedèto, anhèio); cf. les pluriels

ET DE SA VALLÉE 109

^i I beaux n, éti • eux •, etc., bien qua î final atone ait Ad

tomber |Voy. ci-deaaus . En tout caa, les dérivés où ich Be

IrouTe (Ex. : putchét v petit coq », mvtcha^kê « humide ») aont

réc«ntï.

Comment maintenant expliquer ces transrormationa de 11?

Celle de H intervocalique en i (géuérale en gascon} s'expli-

qae lans Joute par la production d'une / fricative, favoriaôo

parle redoublement. La pointe de 1a langue a continué i. se

porter en arrière pour prononcer la première 1, celle-ci fitiis-

aant par ne plus fournir aucune occlusion '. puis de là elle est

revenue en avant, vera les gencives des inciaivea, en vibrant

légèrement sou j l'influence du courant d'air j^as^ant désormais

■a-desau8 d'elle. Mais l simple intervocalique est restée /,

parce que, en ancien lucbonnais', elle n'amenait pas la pointe

de la langue à se porter en arrière, pour ab.indontier môme

plua tard la voûie du palaia*.

Celle de 11 devenu final en tek s'esplique s. d. à aon tour

par ce fait que les deux 11 ont donné Ih ; pui?, Ih, s'assou. diasant

comme toute finale en lucbonnais, a dû donner, en vertu de

la prononciation nettement dentale de / eu lucbonnais, une

_,4flul&le sourde et forte, un f, mais un ( mouillé, paaaé aiaé-

■Mentà leh'. D'ailleurs, Ih. même devenu ôual, mais ayant une

' * En basqoe, I simple interrocalique eila-m£iae est passée à %. Ex. ■ cem 1 ciel >, de ctelui miru • milan >, de niîluu. En daupbinoù dei Alpef, 11, 1 et Q ( = 1 nasale) intervocalique s d'^nnenl aussi t, prononcée peut-être comme en lucbonnais. — Vo;. l'Appendice 11.

> iiiti (lis», de liliUgi'eipliqDe s. d. par dïssimilBIion.c. le béarnais «out/'A < soleil t. Kaxà-i < se taire n, suppose peot-étre 'callare p. c(b]alare (moDtalb. l'arald). — Voj. plus loin pour » fe combinant btcc y pour dannel Ik ('talleare, lalhiS • tailler » -, malleu. tnàlh t rocher t ; elc.J.Voj. en ODtre la Morphologie pour les Cormes contractes peta, ena, de per,

1 Dans la plus grande partie de la Gascogne, le l mouilla Anal s'ast rMuit i t. — Rappelons qu'à S'-Bé:i( tout / simple final a donn^ Icti; en d'aalrei termes, le parler de ce pajs a dû identifier la légère mouillure donnée par U final (btditch, de vitelluj avec te souffle léger Femplaçant peut-étre f i II !• pcrs. du plur. des rerlies {kanliitdt, luch. kaittdt. Urb. psrfo>ïjtfJii/(ïri>,dei^3nlalis]etaccompagnanlmcine tout/Iinal comme toute muette finale (tuiirO'cA, Incb. et larb. inn(<i/. de cantalu ; de même baatàUk • beauté •, luch. et larb. beiclàt] ; — puia, il a fait passer tout cala a un y qui avec ( a donné Ich, — Voj. l'Appaiuliea 11.

^

no LE PARLER DE BAGNERES-DE-LDCHON

autre origine (1-y et même 11-^; cl passé à gl ; Ig devant

o oui; etc.) ne s'est point trac aformé en fcA, mais est resté /A.

Groupe» disjoints héiérogénes.

a) En général.

Les groupes disjoints formés de deux consonnes différentes persistent ordinairement. La seconde coosonne est la plus solide.

Nous pouvons distinguer \es groupes disjoints hétérogènes restés médiaux et ceni devenus finiiux.

a') Groupes disjoints liétérogèoea restés médiatix. 1*) A leur égard, la persistaoce est de rëgle. 1. Quand la seconde consonne est dure, elle le reste, i après la vocalisation ou la chute de la première. Ex

vespa,

béspo B guêpe » ;

(h)asta,

dsto (i manche de faur u ;

esca,

ésko H amadou » ' ;

campana,

kampâno n cloche \. ;

canta,

kànto « chante s;

arca,

drko a arche, coffre de char n ;

porta,

pûrio « porte » ;

branoa.

brâgko n branche » ; etc.

faota.

'Railla, 'fiêyta, auj. fièio ■ faite :

'in-soct-àre,

'enseyiâi, auj. enselà « entamer

Bulcariu,

'suwkê>/i, auj. sukè « sillon »;

a(u)sculta.

'esh'cwta, auj. eskûto « écoute s ;

ursa.

ùso n ourse » ; etc.

[Le groupa ns ne fournit qu'une exception apparente ; en effet, il avait perdu son n depuis le latin ; il était dès lors réduit à s ; cette s est naturellement devenue : (puis i^ entre deux voyelles. Ex.;

pe(n)

;d ou pedd « peser » :, fém, êso ou -édo.]

* gourmet (, Mt pour akafinût Gsrb.).

ET t

: SA VALLEE

111

Cest là ce qui explique le maintieD, au moins dans leur premiôre consonne dure, de certains groupes combinés. appujés par une consonne précédente qui forme groupe dis- joint areo eux. Ex. :

*cilc(u}lD p. circ(u)!u, oalalare {^= U8c{u)lare), nostru, voatra, ïésperu, lemperare.

sétokle " cercle ûsklii « passer à nôsie, bôste n nôtre, vôtre «

, puis (rewi/idn tremper II,

2. Pour les groupes disjoints hétérogènes dont la seconde oonsoDoe était douce, ceux d'entre eux qui étaient primitifs Tont gardée douce. Bx.:

carbônt * arma.

knrbùt) V charbon ârmo a arme u ; pêmes " jaraboB d ardi « ardeur >< ;

sauf les exceptions que nous verrons ci-après.

Quand le groupe disjoint est de formation romane, la seconde consonne, s'étant adoucie avant de former groupe, est également restée douce. Ex. :

kargâ «charger ». undd 0 faire les andaius ». béndo a vente u, kundà t conter set <i compter h. cindà H tinter u, mont, dindd. dundâ f dompter u. Kundéso, litt. • Comtesse u (n.de fam,).

bonitate, ' bundàl a bonté » ; eani-

carncare, •an(d)itare(î(

vendita,

compntare,

tinnitâre,

do mit are, * comit-iaaa,

On aurait donc dô avoir: I tatfli 'sondât II santé »'.

Si l'on a buntâl, sanldt, c'est que le suffixe làt a dû naître dans I des mots comme: paupertate, prawbHàt < pauvretés ç.* paio-

K « réritd > t. d, pir analogie ;

^

llî LE PARLER DE BAGNBRIÎS-DE-LUCHON

bertâl, à côté de pawtiretdl ; ]ihecta.te, libertdl a liberté ii , mot savant où cependant rt est régulier (l'inâ. savante peut aussi avoir agi) ; ' vertàte, probable, pour veritàte, èerldt ■ vérité » ; d'où par aaalogie bunldl, sanlàt, betoldl n beauté », etc. avoc -tdi pour -ddi. Mérae raïuarque pour le suif, -tût, dans new-ci- lûl II nourriture J). formé à l'imitation dejwenlûttjeuDeBas », is9U régulièrement de juventûte'.

Ainsi donc, réserve faite de l'analogie, ces groupes persis- tent en général, et leur seconde consonne reste ce qu'elle était, ou, quand le groupe est de formation ultérieure, ce qu'elle était devenue.

2°) Cependant, il j a eu souvent ici soit des assimilai! ons, soit des accommodatiuiis diverses, principalement lorsque le groupe est d'origine romaoe.

1. Dans le^ assiimiations, c'est la seconde consonne qui a obligé la première à s'assimiler '. Ex. :

fémina, Héttno t (emnia >.

damnàre, dannà ■ damner i>.

Bfiptimant, âemmâiio « semaine ■.

spâtala. espâllo « éjiaule n ; ea\\. espalda.

■ rotulàre, arrullà « rouler » .

'(h)irûndula. arrùllo a hirondelle n.

modulâre, mulld * mouler n.

*dis-,junàre', dinnà « dîner ».

'ex-lacerare, eUarrd n éraflem p. 'eilai-xd.

' oapitëltii. kntidél t cadet ».

'inrle-levâru, elhlhewd n enlever ii.

*eï-foriiài*e, rffunà « efforcer », mi-sav.

■iiiiriu9-flaàw, meffi-ldt méfier .., mi-sav.

I PB paaai* par * snde ■ pour donner ag- ; , entià ilucb. «nM, « pour > ]; et nâma I, signala par U. Luchaire, Id. Pyr.^ i : le luch. eiirlAlliQ, eiidritho, le bigou inverse s la douce n

' InTersamenl, anla- est peul-i cf , dans d'autres parlers gascon kanild (luch. kaiità t chanter > p. 240); il faut s. d. en rapprooht dan tyçalit câlin i, etc. (Assim.

* I Soldat 1 se dit iulldt. Dans ce mot, pris d'aill. au fr., I'd! tion s'est railu en 9cns inverse : d «'est assimila à /.

' 'Diïjejunare réduit a 'diïjiinare.a donné, en luch. comme ei Tsrbfl liïnnd - dîner >, iaiu des formes où le radical est atone d</H)d » Jeiïser i {pr jf. de-) ait Usu de formol où le radical est t

nila- ,

ET DE SA VALLEE 113

[^0 a âme n vieDt da fr. on bien est pour ' âmmo de anima. \éAvmo« dame «(dans le n. de lieu Pni'ldez Dnwnes], d'où daionèlo ou daivanélo « narolsse •, aujipoBe-t il ■dob(i}na pour dom(i)aa, par diasiinilation, ou bous une influence teltique? (Voy. Grararaont, La Dissimilalion, pp. 51, 63, 122.) On attendait "dôrmo. làm a somoieil n, vient de somnu, mais ici mn est devenu - et jdni a songe s, qu'il soit issu de somniu ou de twijâ « Booger », suppose pour n des influences analo- giques. Mais on trouve en béarnais sriwHi n premier som- meil ». Ltmëroe fait s'est produit avec des mots savants ou emprun- ' I. Ex. :

harât «carré », de quadratu ; forme pop. Kwayiàc {ii. d'un

pic, en forme de pyramide quadrangulaire); de même

karritcfi ii carreau du terre », karrêto ii rue », etc. ; tiimea signe n, de aignu; f. pop. sénk ou sé/h » sceau n ; linno u signer », de signare; f. pop. senhâ-{i), n se signer,

faire le «igné de lu croix u ; dnm H digne », de dignu; mais pop. denhà t daigner * de

dignare; de même ettdinne a Indigne m, hnllà n brûler ii s. doute de l'ancien fr. brusler ; car p(e)rus-

tulare donne bristulà m torréfler », et ustulare{ = *use(u]-

Itrej ùsktâ « passer à la flamme ». tratti (i traiter »,Bav,, de traotare; mais tractua donné Irâyt

'tiré n en larb.

2. Dans les accommodations, on peut distinguer dea réduc- ii(iDS,deB accommodations proprement dites et des additions de ooJiioDaes.

^P Voy.plusloin d'autres réductions.avec des groupes ppéciaui (fflb, nd],

£• Il j a eu dea accommoda lions proprement ditea, remar^ qmràles auttout avec les nasales et les sifflantes.

1° Il 7 a en des réductions de groupes intolérables. Ex. : [h)osp(i)tàla, usiôw « maison u.

sangninàre, satina n saigner ».

^H 114 LE PARLER

DE BAGNERKS-DE-LUCHON V

^H C'est ici enoora la seconde cûosonne qui inâue sar l'autre.

^m -~ Ainsi, n est devei

nue m devant une labiale ; m, n devant

^B une dentale ; n et m, i?

devant une gutturale, en entraînant la

^H nasalisation de la voyelle précédente. Es. :

^H 'amit-lcula,

andilho « espèce de loquet ».

^^1 domitare,

dundâ « dompter ii.

^H

kumbént a couvent ii.

^1

àlà^ko «blanche n.

^^1 branca,

brâT/ko u branche ».

^P

tùijgo <t longue u.

^H Les vojellea nasales et y sa sont donc produites avec n deve-

^H nue finale; avec m finale persistant exceptionnellement; et

^^1 avec m ou n devant g

ou 0 persistants. Dans ce dernier cas,

^H il y avait peut-être une

: n gutturale dès le latin dans ne, ng.

^^1 — Devant une muette douce ou encore 1, m, n, les sifflantes

^H X et s sont passées à z.

Ex.:

^H 'ex-lavatu.

exlatoâl <• nettoyé par tes eaux u.

^H 'ex-dentatu,

ezdenldt * sans dents •.

^H 'dJB-looare.

liszluijâ « démettre, disloquer •>.

^ft Mis-mandioare se.

deimiiijd-a u s'user h, etc.

^H D'autre part, devant

une