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HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES.

LEPIDOPTERES.

I.

a

PARIS. IMPRIMl RIE ET FONDERfE DE FAIN, Rue Racine, n. 4- place de l'Odéon.

^•^, HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES

SPECIES GENERAL

DES

LÉPIDOPTÈRES,

PAR I.I: D' BOISSUVAI.,

Membre de la Légion-d'Hooneiir, de l'Académie Impériale fI Royale de Florence, de la Sociélé Impériale des Naluralistes de Moscou, du Lycée de New-York, de la Société Knlomologique de Londres , de la Sociélé Ëntoraologique de France, el de plusieurs autres Sociétés d'Histoire Naturelle ou Médicales,

TOME PREMIEK

OLVKAGK ACCOMPAGNE PLANCH

PARIS.

I.XBRAÎRIE ENCYCI.OPÉDXQUI: BE RORET,

RUE HAUTEFEUILLE , N" lO lîtS.

836.

^•orî'ft

PREFACE.

Cet ouvrage , dans lequel je me propose de classer et décrire toutes les espèces de Lépidoptères connus jusqu'à ce jour, est la réalisation d'un projet que j'ai formé il y a bientôt quinze ans, et dont l'exécution n'a souffert aucune interruption depuis cette époque. Dans cet intervalle, je n'ai cessé de rassembler le plus qu'il m'a été possible de ces insectes , d'étudier les auteurs qui en ont traité , de débrouiller et véri- fier leur synonymie , enfin de cultiver des relations suivies avec presque tous les entomologistes et les amateurs les plus distingués , afin de m'éclairer par leurs communications. Je n'avais néanmoins fixé au- cune époque précise pour l'apparition de ce specles , lorsque la publication des suites à Buffon , dont il doit faire partie, m'a décidé à ne pas la différer da- vantage.

Tout en livrant ainsi mon travail k la publicité , je suis loin de croire que j'aie atteint complètement le but , et surmonté toutes les difficultés de mon su- jet. Latreille a dit quelque part , qu'une bonne clas- sification des Lépidoptères était la pierre de touche des entomologistes; et déjà, avant lui, Fabricius y avait en quelque sorte renoncé , laissant ce soin à la postérité. En effet, aucun ordre ne se prête moins aux divisions de nos méthodes. On y distingue sans peine un grand nombre de groupes caracté- risés par une ressemblance dans le port, le dessin et les couleurs, hi/acies, en un mot; mais, lorsqu'on veut limiter ces groupes d'une manière rigoureuse,

i'£ii,r,vci .

ou ue trouve très - souvent pour le faire que des caractères d'une faible importance , presque tou- jours minutieux, et d'une application dillicile dans la pratique. Les organes qui , dans les autres or- dres, jouent le premier rôle dans rétablissement des coupes, sont dans celui-ci d'un faible secours. Les palpes , si utiles pour le classement des Coléoptères , sont ici presque constamment peu développés , et la grandeur relative , ainsi que les formes de leurs ar- ticles, varient très-peu. La trompe ne peut guère servir comme caractère , que par son absence ou sa présence. En prenant pour base les pattes, le nombre de leurs articles , les épines dont elles sont armées , ainsi que l'ont fait quelques auteurs, on arrive aux rapprochements les moins justifiables. Enfin les an- tennes, tout en offrant un peu plus de ressource, sont loin d'éprouver ces modifications nombreuses et profondes qu'elles subissent dans la plupart des au- tres ordres.

Cette uniformité d'organisation s'explique sans peine par celle qui existe dans la manière de vivre de ces animaux destinés à se nourrir presque exclu- sivement, sous leur dernière forme, du nectar des fleursoudequelquessucsvégétauxàfétat fluide. Leurs organes extérieurs de nutrition n'avaient pas besoin d'être aussi variés dans leur forme et leur puissance d'action , que chez ces insectes qui vivent de tous les corps organiques , depuis le tissu ligneux le plus dur jusqu'à la matière animale demi-fluide.

Il a donc fallu , pour classer les Lépidoptères, se rejeter sur la forme qu'ils affectent dans leurs pre- miers états , et c'est le seul ordre dans lequel on ait pris h cet é^ard la larve et la nymphe en considéra-

t'KEFACE. lij

tion. En cela les entomologistes ont devancé les au- tres zoologistes, qui n'ont senti que plus tard , qu'un animal ne pouvait prendre une place rationnelle et définitive dans les cadres méthodiques, qu'autant qu'on avait tenu compte de tontes les particularités qu'il présente dans le cours de son développement or- ganique. Cette manière de procéder est trop univer- sellement adoptée pour qu'il soit nécessaire de s'y ar- rêter ici. D'ailleurs je reviens, dans mon introduc- tion , sur la principale objection qu'on y ait faite , à savoir, l'impropriété qu il y a à prendre ses carac- tères sur un objet autre que celui cju'il s'agit déclas- ser. Cette objection n'en est véritablement pas une, puisque l'on ne peut pas dire que la chenille soit un animal autre que le Papillon qui en sortira plus tard ; C'est une individualité, toujours la même, sous des formes différentes. Mais on peut remarquer que les chenilles varient peut-être encore moins que les in- sectes parfaits dans les organes énumérés plus haut, et que les caractères qu'elles fournissent ne sont pris que dans des circonstances accessoires , telles que la villosité , ou son absence, la couleur, la présence de certains appendices, etc. De sorte que les caractères que l'on en tire sont encore d'un ordre inférieur à ceux tirés des insectes parfaits. Aussi est-on forcé fré- quemment de recourir tantôt à la larve, tantôt h l'in- secte parfait , pour établir des coupes, et de sacrifier l'un à l'autre, sans raison véritablement satisfaisante pour l'espiit. Ainsi ne considérez que les chenilles des genres Sesii, Cossus , Zeuzera ^ NoiKtg^r'ui ^ etc. , qui toutes vivent dans fintérieur des tiges et se res- semblent presque complètement, et vous serez forcé de réunti- ton? ce^ groupée en nn seul, f^f- iener

IV l'HEFACK.

compte au contraire que de l'insecte parfait dans les genres Melitœa et Nemeohius , A^lia et Satur- nia ^ etc., et vous serez forcé d'opérer une réunion analogue.

Les caractères tirés de la chrysalide sont plus gé- néraux et un peu plus stables que les précédents , et, après y avoir bien réfléclii , c'est sur eux que j'ai basé la division des Lépidoptères Rliopalocères en trois grandes sections. La nudité ou l'enveloppement de la chrysalide dans une coque soyeuse , son mode de suspension lorsqu'elle est nue , sont les traits carac- téristiques de trois grands types principaux , traits qui ont laissé une empreinte profonde dans \e faciès des insectes parfaits. On peut ensuite employer avec avantage les formes de la chrysalide comme carac- tères génériques. On a ainsi eu déiinitif trois séries de caractères, qui tantôt concordent entre eux, et dont tantôt l'un l'emporte sur les autres.

Entouré de toutes ces difficultés, je dois m'atten- dre à ce que mes coupes génériques ne paraissent pas toujours assez solidement établies. Je suis loin d'en être toujours satisfait moi-même , je ne les donne pas comme quelque chose de définitif, mais comme un essai que d'autres plus habiles perfectionneront par la suite. Il m'a surtout été très-difficile de trouver des caractères brefs et précis pour les tableaux synop- tiques qui sont en tête de chaque tribu. J'ai presque toujours été forcé de recourir à des circonstances de peu de valeur dans une méthode naturelle, telles que le dessin et le plus ou moins de consistance des ailes. Je préviens donc que ces tableaux sont entiè- rement artificiels , et qu'il ne faut tenir compte que des caractères placés en tête de chaque genre.

PRÉFACE. V

Donnant dans l'introduction un exposé des princi- paux systèmes proposés pour les Lépidoptères par les auteurs systématiques, il est inutile d'en parler ici; mais je crois devoir donner quelques détails sur la marche que j'ai suivie.

Quoique mes genres soient assez nombreux , il en est beaucoup qui contiennent un très-grand nombre d'espèces , et qu'on eût peut-être désiré de voir sub- diviser ; tel est entre autres le genre Papilio , dont je décris deux cent vingt-quatre espèces. On a cherché dans ces derniers temps à le partager en sous-genres. M. Swainson, particulièrement, en a proposé plu- sieurs basés sur la forme des ailes et autres considé- rations analogues. Il suffit de dire que cet auteur comprend , dans un même sous-genre , les Papilio Thoas ^ Agavics ^ Paris et Androgeus ^ qui sont chacun le type d'un groupe très-distinct pour juger des rapprochements bizarres auxquels on arriverait par une pareille méthode. Outre que je n'admets point de sous-genres, je ne crois pas qu'il faille à toute force , et pour l'unique plaisir de diviser et de subdiviser , séparer ce que la nature a réuni de la manière la plus évidente. Aussi, jamais le nombre des espèces renfermées dans une des anciennes coupes des auteurs n'a été pour moi une raison de cher- cher à la fractionner ; ce qu'on fait souvent , sous prétexte de faciliter l'étude , et ce qui, en réalité, ne sert qu'à la rendre plus pénible. Je me suis contenté de rapprocher les espèces qui ont entre elles le plus d'affinité , et je numérote simplement ces groupes sans leur donner de caractères. Ceux-ci eussent été quelquefois très-longs à exposer. Ce que je dis du genre Papilio s'applique à tous les autres qui sont

VJ fRÉFACE.

dans le même cas, c'est-à-dire très-riches en es- pèces.

Un usage blâmable , imité de la botanique , s'est introduit depuis quelque temps parmi certains lépi- doptérologistes , surtout en Angleterre; c'est celui de prendre le nom d'une espèce pour en faire un nom générique , et de donner un nom nouveau à l'espèce en question. M. Swainson , par exemple, a créé le sous-genre Podalirius aux dépens du Pap'tllo du même nom , qui est si connu de tous les entomolo- gistes, et doiit la synonymie n'a jamais varié à au- cune époque. Moi-même, dans mes premiers travaux, je me suis permis des changements de cette nature , dont Fabricius et Godart avaient malheureusement déjà donné l'exemple. Le mal ne serait pas grand si , à l'imitation de ces entomologistes , on se les permet- tait avec modération ; mais cet abus a été poussé si loin par quelques auteurs qui créent des genres et des sous-genres par douzaines , que , si l'on ne s'y oppose pas en ce moment, un quart ou un tiers des Lépidoptères figurés par Cramer et décrits par Linné et Fabricius auront perdu leur nom avant peu d'an- nées. J'ai donc fait justice de la plupart des genres que j'avais nommés autrefois d'après cette méthode vicieuse, et j'ai traité de même ceux que j'ai rencon- trés dans les auteurs modernes. Je n'en ai respecté qu'un petit nombre, auquel un long usage a donné le dro:t de cité, et qui ne pourrait être changé sans in- convénient. Un nom spécitique est une chose sacrée; si l'on admet qu'il puisse être changé suivant le ca- price de chacun , il faut renoncer à jamais de s'en- tendre en entomologie.

L'wspacp i\\w j'avais à ma disposition m.'a forcp

d'abréger la synonymie ; je cite avant tout l'entomo- logiste qui , le premier, a fait connaître l'espèce, puis les principaux auteurs, tels que Linné, Fabricius, Cramer, Drury, Stoll , Donovan , Smith - Abbot , Hubner, Oclisenheimer, Godart, etc. , etc. ; mais je ne cite pas toujours toutes les figures, surtout quand elles ne sont que des copies, telles que les neuf dixiè- mes de celles d'Herbst et d'Esper, ou , lorsque, tout en étant originales, elles sont trop grossières, comme celles de Seba , de Petiver, Mouflet, etc. J'indique aussi avec soin si je décris l'espèce ex visu., et, dans ce cas , la collection à laquelle appartiennent les in- dividus qui m'ont servi.

A mesure que les descriptions d'espèces se multi- plient , ht synonymie devient de plus en plus inex- tricable; et, avec la meilleure volonté du monde , il est souvent impossible d'arriver h connaître quel est l'auteur qui le premier a nommé ui> insecte. Quoi- que cette connaissance ne forme à qion avis qu'une partie secondaire de la science, je n'ai rien négligé pour l'acquérir aussi complète que possible ; mais toutes les ibis qu'il y avait doute , j'ai donné la pré- férence au nom le plus répandu dans les collections. Lorsqu'une espèce encore non décrite, comme il en existe un assez grand nombre , était connue des entomologistes sous un nom quelconque , je ne me suis jamais permis de changer ce dernier ; à plus forte raison , j'ai conservé celiii sous lequel l'un de mes correspondants m'envoyait une espèce lorsqu'elle était nouvelle.

ÎNIes descriptions ne sont pas précédées de phrases spécifiques latines , quoique j'eusse désiré me confor- mer à eet usage , qui , malheureusement , commeno'^

Viij PKÉFACK.

à tomber en désuétude parmi quelques entomolo- gistes ; mais , forcé de me resserrer dans un cadre prescrit à l'avance , j'ai y renoncer. J'ai surveillé avec le plus grand soin l'exécution des planches qui accompagnent cet ouvrage , et j'ai fait figurer à peu de chose près une espèce de chaque genre, ainsi que la chenille et la chrysalide , quand elles m'étaient connues. Enfui je donne la structure anatomique des ailes pour le plus grand nombre des genres. M. Du- ponchel , dessinateur aussi habile qu'entomologiste distingué , a bien voulu , à ma prière , se charger d'une part'o de ces dessins. Le lecteur doit être pré- venu que ces planches forment trois séries numé- rotées A , B , C ; la première consacrée aux chenilles et chrysalides, la seconde aux insectes parfaits, la troisième , eniin , à fanatomie des ailes.

Réduit à mes seules forces , il m'eût été bien dilii- cile d'exécuter cet ouvrage, et peut-être ne l'aurais- je pas entrepris. S'il est assez heureux pour obtenir les sufirages des entomologistes, il le devra en grande partie aux personnes qui ont bien voulu m'aider par leurs communications , et en mettant à ma disposi- tion , soit leur bibhothéque, soit leur collection. Je saisis avec empressement cette occasion de leur té- moigner ma reconnaissance.

Si ma collection est à peu près complète en espèces européennes, et l'une des mieux nommées, je le dois surtout à M. Treitschke de Vienne, le célèbre conti- nuateur d'Ochsenheimer; M. le baron Wimmer, à Prague; M. Passerini, de Florence; MîM. Schôn- herr et Fries , qui m'ont envoyé les espèces polaires ; M. Anderegg , qui m'a communiqué toutes ses décou- vertes dans le Valais et la Haute-Italie; M. Escher

PRÉFACE. ix

ZollikofFer, de Zurich ; M. le docteur Rambur, qui a partagé avec moi ses riches récoltes eu Corse et en Andalousie; M. Alexandre Lefebvre, secrétaire de la Société entomologique de France , dont les voya- ges entoniologiques en Sicile , en Egypte , et dans l'Asie mineure , ont beaucoup enrichi la science ; M. Daube, à Montpellier, entomologiste infatigable dans ses observations sur les chenilles ; MM. Donzel et Ghardiny, de Lyon; M. le comte de Saporta, à Aix , à qui la science doit une foule d'espèces nou- velles; enfin , je ne dois pas passer sous silence M. de Graslin , mon collaborateur pour les chenilles d'Eu- rope avec le docteur Rambur , qu'il a accompagné récemment en Espagne , ni M. Rippert de Beau- gency, qui, à diverses reprises , a fait de nombreuses récoltes dans les Alpes et les Pyrénées.

Pour les espèces exotiques, je n'ai pas été moins heureux. M. Audouin , professeur d'entomologie au Muséum , a bien voulu mettre à ma disposition les collections de cet établissement , ce qui m'a permis de vérifier une partie des descriptions de Godart , sur les mêmes individus qui lui ont servi pour l'arti- cle Papillon de l'Encyclopédie méthodique.

M. le comte Dejean, possesseur de l'ancienne collec- tion de M . Latreille, m'a permis d'en faire usage avec sa libéralité ordinaire. Gette collection assez nombreuse est très-précieuse , en ce qu'elle renferme toutes les es- pèces rapportées par MM. de Humboldt et Bonpland , et une suite considérable d^Hespéries que M. Latreille avait rassemblées pour la rédaction de l'article Hes- PÉRIE , dont il est l'auteur dans l'Encyclopédie mé- thodique.

M. Klug, directeur du Musée de Berhn , m'a

X VrtKF\CI.

communiqué une grande partie des rares Lépidop- tères du Sennaar , de l'Arabie et de l'Asie mineure , qu'il a décrites dans ses Sjmbolœ phjsicœ , et m'a procuré beaucoup d'autres espèces nouvelles de différentes parties du globe.

Je dois à la générosité de M. Westermann , de Copenhague, une belle suite d'espèces de la côte de Guinée, contrée dont on ne reçoit presque rien en France , et qui a fourni beaucoup aux anciens au- teurs. Ces espèces , réunies à celles qui arrivent assez fréquemment à Paris du Sénégal et du Cap , m'ont donné une notion étendue des Lépidoptères de la côte occidentale d'Afrique.

Tout ce que je décris de Madagascar, ce pays si riche et si peu connu , est à MM. Sganzin, oflicier d'artillerie, et Goudot, voyageur en ce moment pour le Muséum.

Pour les espèces de l'Inde , des îles de la Sonde , des Moluques , de la Nouvelle - Hollande et de la Polynésie , j'ai eu à ma disposition les récoltes faites par les naturalistes des grandes expéditions envoyées par le gouvernement dans ces régions éloignées , depuis celle de d'Entrecasteaux jusqu'à celle de l'A- strolabe. M. Payen , de Bruxelles , a bien voulu m'adresser, au fur et à mesure que j'en avais besoin pour mon travail , le résultat de ses chasses dans les Moluques et les îles de la Sonde , il a découvert beaucoup d'espèces nouvelles, la plupart magnifi- ques. Enfin, M. de Haan, conservateur du Musée de Leyde , m'en a communiqué un grand nombre des mêmes régions.

De riches collections nous arrivent fréquemment de l'Amérique du Sud , et surtout du Brésil. U n'est

J'KÉFACE. Xj

acLueilement aucun point de ce vaste continent dont je ne connaisse un plus ou moins grand nombre d'es- pèces. Je me contenterai de citer les riches collec- tions rapportées par M. Lacordaire, de la Guyane, dont les espèces étaient devenues très-rares en France; celle faite par M. d'Orbigny, depuis le Chili jus- qu'aux frontières les plus reculées de Bolivia ; enfm , celle faite au Mexique par madame veuve Salle et ses fds.

M. John Leconte, de New-York , mon ami et mon collaborateur pour l'Iconographie des Lépidop- tères de l'Amérique septentrionale, m'a envoyé une immense quantité d'espèces de cette vaste région , avec les dessins des chenilles, exécutés tant par lui que par M . Abbot ; excepté deux ou trois espèces , il n'en est pas une de celles de l'Amérique du Nord , décrites dans les auteurs , que je ne possède , sans compter beaucoup d'autres nouvelles , surtout parmi les Hétérocères.

MM. von Vinthem et Drege , de Hambourg ; M. Sommer, d'Altona; M. George-Robert Gray, de Londres, m'ont fait connaître chacun une quantité plus ou moins nombreuse d'espèces rares. M. West- wood , entomologiste distingué de Londres , a eu l'obligeance de m'envoyer de précieux renseigne- ments sur différentes espèces décrites dans quelques auteurs anglais.

En France, MM. Théodore Roger et Auguste, de Bordeaux; MM. Marchand et de Vilhers , à Chartres; M. le président de Luxer, à Nancy, M. Mû- risse , au Havre m'ont envoyé en communication , avec une obligeance parfaite, toutes les espèces in- téressantes de leurs cabinets. L'ancienne collection

Xij PRÉEACE.

de M. Franck aui a servi à Hubner pour son grand ouvrage iconographique , et qui appartient main- tenant au Muséum de Strasbourg, m'a été envoyée de môme par M. Silbermann, l'un des directeurs de cet établissement.

A Paris , j'ai eu à ma disposition celles de MM. le colonel Feistliamel, Viard , Dupont, Bu- quet et Lacordaire ; cette dernière, qui ne consiste qu'en Lépidoptères diurnes , est peut-être l'une des plus riches et des mieux conservées qui existent ; on en jugera facilement par le grand nombre d'espèces rares que je cite comme en faisant partie.

Enfin, ma propre collection renferme un très- grand nombre d'espèces de tous les pays, et est à peu près complète pour les Européens , ainsi que je l'ai dit plus haut.

En publiant ce species j'aurai atteint mon but, si je parviens à réveiller, pour les Lépidoptères exo- tiques , le goût des entomologistes qui aujourd'hui semble se porter presque uniquement sur ceux d'Eu- rope.

Paris, avril 1806.

D^ BOISDUVAL ,

l5, rue de la Vieille-Estrapade.

Explication de quelques signes et abréi'iaLions.

>K : Ce signe indique que l'espèce se trouve en Europe. c^ : Mâle. Ç : Femelle. Coll. : Collection. M. N. : Muséum National d'histoire naturelle, au Jardin

des Plantes. Yoy. : Voyage, ou Voyez.

HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES LÉPIDOPTÈRES

INTRODUCTION-

LEPIDOPTERES.

LEPIDOPTERA , Linné, Lalreille , etc. GLOSSATA, Fabricius.

Les naturalistes désignent par le nom de Lèpidop~ tires (i) tous les insectes appelés vulgairement Pa- pillons^ et qui ])résentent les caractères suivans :

Quatre ailes recouvertes, sur les deux surfaces, de petites écailles colorées semblables à une poussière farineuse ou lurfuracée. Une trompe plus ou moins longue , roulée en spirale , nommée spiritvompe , située entre deux palpes cylindriques ou coniques, plus ou moins relevés, composés de trois articles, et insérés sur une lèvre fixe. Deux antennes de forme variable et toujours composées d'un grand

:i) ?.G .-ic Âs-riJo;, ccailles, et TTêfct, ailes, d'où l'on a formé le mot Lépidoptères, qui siirnifie ailes ccaillcuses.

Li'pinop ri:i;r? , tdme i. i

2 INTRODUCTION.

nombre d'articles. Une pièce assez développée, ap- pelée ptêrygodc ou épaulcitc ^ située à la base des ailes supérieures en dessus. Un abdomen dépourvu de tarière ou d'aiguillon. Jamais que deux sortes d'individus, des mâles et des femelles.

Tous ces insectes , sans exception , proviennent de larves appelées chenilles , qui se distinguent des au- tres larves en ce qu'elles n'ont jamais moins de dix ni plus de seize pattes. Ces chenilles , arrivées au terme de leur croissance, se changent en chiysalides , desquelles , après un temps plus ou moins long , sor- tent des insectes parfaits , en tout semblables à ceux qui leur ont donné naissance.

Nous allons maintenant jeter un coup d'œil rapide sur ces insectes, et entrer dans quelques détails sur leur organisation extérieure, sous chacun de leurs trois états.

Etat parfait.

Comme dans tous les autres insectes , le corps des Lépidoptères se compose de la tête , du thorax et de l'abdomen. La seconde de ces parties porte toujours, sauf de très-rares exceptions, quatre ailes et six pattes : jouant, sous ce rapport, un rôle très-impor- tant dans l'organisation , nous l'examinerons la première.

Le THORAX ou corselet est formé de trois segmens intimement unis, dont l'antérieur très-court, et en forme de collier, est \e piolhorax ; les deux autres, ou ]et}tésothorax et \c nictaihorax ^ sout toujours sou- dés ensemble , et paraissent ne former cpi'un tout uiiicjue. Le dernier se termine en dessus ])ar une

INTRODUCTION. 3

petite pièce triangulaire dont le sommet recarde la tête, et qui est Vcciissoji. La partie supérieure du thorax s'appelle le dos, et l'inférieure hi poitrine. Le premier est presque toujours recouvert par les ptérygodes, qui, selon qu'elles sont plus ou moins développées , altèrent plus ou moins la forme du tliorax.

Cette forme, quoique variant beaucoup selon les races, est en général ovale. Sous le ra])port de la grosseur, on observe clans le thorax des différences analogues. Il est toujours très-gros et assez long dans les genres Charaxes , Prepona , Sphinx ; assez grêle et plus allongé dans les Erycinides , les Héliconides, les Satyrides, les Géomètres, etc. Dans les Cucullia^ chez qui les ptérygodes sont très-prononcées, il paraît former à sa ])artie antérieure une espèce de capuchon (cucullum) qui s'avance au-dessus de la tête. Dans les Xjlina ^ autre genre d'Hétérocères , les ptérygodes sont proportionnellement jdIus déveloj)pées en lon- gueur, et le thorax jniraît large , quadrangulaire et relevé sur les côtés , avec une carène dans le milieu. Chez les Zeuzérides, les Bombycines, etc., il est ar- rondi et presque globuleux. Celui des Plusia porte sur son bord postérieur deux faisceaux de poils écail- leux en forme de cornets et inclinés en arrière. La couleur du thorax est presque toujours semblable à celle des ailes supérieures dans la plupart des Hétérocères. Chez les Rhopalocères , il est finement velu, et par- ticipe aussi assez généralement de la teinte du fond; mais son premier segment ou prothorax offre souvent des caractères particuliers. Ainsi, dans plusieurs Papil- lonides, il est marqué de deux ou quatre points jaunes ou rouges qui ])euvent s'unir pour former un collier,

I.

4 IiNTHODUCTIOiX.

ponctué de blanc dans les Danaïdes , les Héliconides, rayé comme les ailes dans les Papilio delà l'i vision à'^jax^ les Cjrestis , etc. La poitrine n'offre rien de particulier relativement à la forme; elle est ordi- nairement de couleur sombre; seulement, dans ]du- sieurs genres^ elle est rehaussée par des points ou des taches de dilierentes couleurs.

La TÈTE est généralement arrondie, comprimée en avant, plus large que longue , toujours un peu ]dus étroite que le thorax. Sa partie antérieure, ou front , est désignée par beaucoup) d'entomologistes , mais im- proprement, sous le nom de chaperon. La tête est très-saillante dans les Diurnes , et garnie de poils fins. Celle des Hétérocères est plus petite, moins saillante, garnie de poils écailleux , et quelquefois entièrement retirée sous le corselet, comme dans les yidelocephala. Dans quelques genres , elle est ponc- tuée comme le prothorax. Les organes importans dont cette partie est le siège sont les jeux^ les sleni- niates ^ les antennes ., les jjaljjes et la spiritroinpe.

Les yeux, composés d'innombrables petites facettes, sont grands, bordés de poils , qui remplissent pro- bablement les fonctions de paupières, et n'ofïrent rien de particulier , si ce n'est sous le rapport de la couleur qui varie beaucoup ])endant la vie : chez quelques espèces , comme les Eiuybia , ils sont d'un vert brillant ; bruns chez les Sphinx et la plupart des Nocturnes ; rougeàtres chez plusieurs Saty- res , etc.

Les &\eviïmixits ^ on jeux lisses , sont situés sur le vertex, et n'existent pas chez toutes les espèces: ils sont cachés entre les écailles, et ne deviennent visi- bles qu'après que l'on a dénudé le dessus de la tète.

INTHOtlUCÏION. 5

On les observe, mais non sans quelque difFiciiUé, clicz les Zygœiia , les Procris , les Sesia et la plupart des Hétérocères.

Les antennes , situées près du bord interne de chaque œil , sont ordinairement plus courtes que le tronc , et composées d'un grand nombre d'articles. Leur forme est très-variable : dans tous les Diurnes^ qui pour cette raison ont été nommés Rhopalo- cères (i) , elles sont filiformes jusque près de l'extré- mité, et terminées par un bouton ou massue plus ou moins allongée. Celle-ci varie également beaucoup se- lon les races : quelquefois elle naît insensiblement du tiers (intérieur de l'antenne ; ailleurs elle est à peine sensible; souvent elle est formée par un renflement brusque, tantôt conique et tronqué , tantôt comprimé latéralement et aplati; quelquefois creusé en cuillère, et quelquefois terminé par une petite pointe recour- bée en hameçon. Dans tous les autres Lépidoptères, qui par opposition aux premiers ont reçu le nom à'Hétcrocères (2) , on ne retrouve plus d'antennes en massue, sauf dans la tribu des Castniaires, qui nous rappelle un peu à cet égard les précédens. Tantôt elles sont prismatiques, comme dans la plupart des Sphingides ; ou linéaires , comme chez les Sésiaires : tantôt en corne de bélier , comme dans \es, Zygama ; ou simplement arquées de dedans en dehors , comme dans les ^î^gocérides. Dans une infinité de genres, elles sont filiformes , atténuées à leur extrémité ; chez d'au- tres , surtout ceux qui font partie des Bombyx des an-

(i) fo^i/ov , massue; xsfjtç , cornes, antennes; c'est-à-dire an- tennes en massue. (2) ÊTjfoiciç, variable; x-i^xi , corne; antennes de formes variées.

6 INTRODUCTION.

ciens auteurs , elles sont peclinées , c'est-à-dire que de chaque côté elles olhent un rang de petites dents que l'on a comparées à celles d'un peigne. Quand ces dents sont longues, et ressemblent aux barbes d'une plume, les antennes sont dites plumacées ou plu- meuses ; celles de plusieurs Géomètres offrent un exemple de cette disposition.

Les palpes sont au nombre de quatre , comme chez les insectes broyeurs , deux maxillaires et deux labiaux ; mais , excepté chez quelques races d'Hété- rocères, les premiers sont toujours excessivement ré- duits, et visibles seulement à l'aide d'une forte loupe ; ils ont le plus souvent la forme d'un ])etit tubercule, et sont placés à la base de la spiritrompe. Les seconds sont au contraire, en général, très-apparcns, redressés, cylindriques ou coniques , couverts d écailles ou très- velus, formés de trois articles, dont le dernier, sou- vent très-petit , ou même presque nul dans beaucoup de Rhopalocères, est quelquefois très-long chez les Hétérocères , formant alors une pointe aciculaire plus ou moins prononcée. Les palpes sont le plus souvent contigus ou connivens ; ailleurs ils sont assez écartés , et laissent un intervalle notable entre eux. Quelques genres les ont très- écaillcux , d'autres simplement hérissés de poils raidcs , ou ])lus ou moins soyeux. Généralement ils sont ascendans et accolés au front ; quelquefois cependant ils sont entièrement droits et parallèles à l'axe du corps , comme dans les Ljbithea, Ceux des Eniesis , autre genre de Rhopa- locères, sont ])etits et si courts, qu'ils ne dépassent guères la base de la trompe, et qu'au premier coup (1 œil on croirait qu'ils n'existent ])as dans ce genre.

I^a spifjtronqîc se compose tle deux filets plus ou

INTRODUCTION. ^

moins longs , cornés, concaves à leur face interne, engrenés par leurs bords ; loiscju'on la coupe trans- versalement, on voit que son intérieur se compose de trois petits canaux , dont l'intermédiaire est , suivant cjuelques auteurs, le seul qui serve de conduit aux sucs nutritifs. Dans l'inaction elle est toujours rou- lée en spirale entre les palpes. Les Rhopalocères sont tous pourvus d'une Sjviritrompe bien développée. Dans les Hétérocères , sa longueur varie au contraire beaucoup. Chez quelques Sphinx elle est deux ou trois fois aussi longue que le corps ; très-courte cbez beaucoup de Géomètres , et dans une partie des Bom- byx elle n'existe plus qu'à l'état rudimentaire.

L'abdomen est en ovale allongé , ou presque cylin- drique dans la majorité des espèces. Il se compose de sept anneaux, lesquels, à leur tour, sont for- més chacun d'un arceau supérieur et d'un arceau inférieur , unis entre eux par une membrane. Les premiers sont beaucoup plus grands que les autres, et les recouvrent le plus souvent par leurs bords, de sorte qu'en dessous l'abdomen paraît quelquefois former une gouttière. Cette disposition lui permet de se dilater considérablement , ainsi qu'on le voit chez quelques femelles avant la ponte. A son extré- mité il offre une ouverture, en forme de fente longi- tudinale, servant d'issue aux organes reproducteurs et au canal intestinal, comme chez tous les insectes. Cette scissure, beaucoup plus prononcée chez le mâle que chez la femelle, et qui souvent est le seul caractère d'après lequel on puisse le distinguer de cette dernière, est située entre deux valves formées par le dernier anneau de l'abdomen. Lorsqu'on presse l'extrémité de celui-ci chez le mâle , on en voit sortir

8 INTKOUUCJIOS.

des pièces de tbimes très-diiïerenles , qui sont autant de dépendances de l'organe qui caractérise son sexe, le plus souvent ce sont des croclieLs ou pinces plus ou moins velus , ou , comme chez quelques Heliconia , des faisceaux de poils rayonnans en étoiles , etc. Après la mort de l'animal, ces pièces font souvent saillie d'elles-mêmes. Dans les femelles , l'oviducte ne s'an- nonce u,énéralement par aucune saillie extérieure; mais dans quelques races, telles que les Zeuzérides, dont les chenilles vivent dans le bois coiiime les larves de certains Coléoptères , ou les Diauthacia , qui dépo- sent leurs œufs dans les corolles des Caryophyllées, pour que plus tard leurs chenilles puissent s'intro- duire dans l'ovaire de ces végétaux , 1 oviducte est très- prononcé, et forme une queue grêle, pointue et rétrac- tile. Le genre Parnassius présente une anomalie plus remarquable; les femelles ont sous le ventre, à l'ex- trémité de l'abdomen , une poche cornée très-appa- rente , dont l'usage nous est encore inconnu. Dans beaucoup d'Hétérocères , surtout ceux de la divi- sion des P rocessionnaires , et dans les espèces ap- pelées lanestiis , catax , chrjsorrhœa , auriflua , dispar^ etc., l'abdomen est garni à son extrémité d'un épais faisceau de poils fins et soyeux , cjui sert aux femelles à recouvrir leurs œufs. Chez d'autres, particulièrement ceux qui font partie de la di- vision des Noctua des anciens auteurs , sa portion dorsale est un peu carénée, et offre quelquefois une rangée de petits pinceaux de poils formant des crêtes. La couleur de l'abdomen, dans la plupart des Noctua^ participe de celle des ailes inférieures. Chez les Chéloniaires , les Glaucopis , et plusieurs espèces de Bomb^cines il est orné de couleurs non moins

IN] HOOUCTION. ()

hrillaïUes ([Qc celles des ailes. Celai des D;uri)cs est souvent plus sombre que le tliorax ; cependant , dans quelques genres, surtout dans les Ljcénides , il est parfois saupoudré d'une teinte analogue à celle des ailes inférieures. JNous citerons également celui de plusieurs Papilio qui oflrc à sa base ou à son extré- mité anale des taches jaunes ou rouges, et celui des Tliais et de beaucoup èlAcrœa qui est marqué de points réguliers de dillerentes couleurs. Enfin, il est quelquefois de la teinte des ailes, avec une bande dorsale plus foncée.

L'abdomen des Spliingides a généralement une forme conique , quelquefois cependant, comme dans le ^enre Macroglossa ^ il se termine par un faisceau de poils raides étalés en queue d'oiseau. Chez les in- sectes de cette tribu , comme chez les Sésiaires, il est annelé de couleurs assez vives.

Les AILES attachées à la partie latérale supérieure du thorax sont toujours au nombre de quatre , excepté dans quelques femelles chez qui elles avortent ou sont réduites à de simples rudimens impropres au vol. Chacune d'elles, considérée à part, consiste en deux lames membraneases intimement unies entre elles par leur face interne , et divisées en plusieurs parties distinctes par des filets cornés plus ou moins saillans nommés /leruives. Ces deux lames, qui constituent le dessus et le dessous de l'aile , sont recouvertes d'une poussière farineuse qui s'enlève par le toucher. Avec le secours du microscope ^ et même assez sou- vent à l'reil RU, on voit que cette poussière est un assemblage de petites écailles colorées, im]>lantées sur la partie membraneuse au moyen d'un pédicule , et disposées avec la même symétrie que les tuiles d'un

10 INTlUiDUCTION.

toit. Leur forme varie à l'infini selon les espèces, et, clans chaque espèce elle-même, elles sont souvent très-diversifiées, selon la partie de l'aile qu'elles oc- cupent : elles sont généralement plus grandes dans les Hétérocères que dans les Rhopalocères; mais au- cun genre ne les offre plus distinctes et plus larges que les Castnia, chez qui on pourrait presque les comparer à celles de certains poissons. Les couleurs si variées et si admirables que présentent les ailes des Lépidoptères sont dues non à leur membrane qui est toujours transparente, mais aux écailles. La face infé- rieure de ces dernières est presque toujours sembla- ble à cet égard à la face supérieure. C'est j)ar cette raison qu'une aile de papillon peut être impri- mée sur un papier enduit de gomme arabique, ou de toute autre mucilage, et que le dessin cjui en ré- sulte est pareil en tout à l'aile qui a servi à l'expé- rience, quoique, dans ce cas, toutes les écailles soient retournées. Dans certaines espèces , telles que plusieurs Lycénides, le résultat serait tout autre, et l'impression n'ofïrirait plus l'image de l'aile.

Aucun Lépidoptère n'est dépourvu d'écaillés ; mais, chez quelques-uns, elles sont si petites et si peu nombreuses , que les ailes sont entièrement trans- parentes, comme chez plusieurs Satyrides, la divi- sion des Ileliconia transparentes , la plupart des Sésiaires, etc. Dans les 31 acro glas s a h ^\\es y ïivées ^ celles du centre de l'aile sont si peu adhérentes, qu'elles n'existent plus pour peu que l'insecte ait volé.

Les nervures sont des organes fistuleux , filiformes, plus ou moins ramifiés, qui semblent destinés à supporter les deux lames membraneuses indiquées

INTRODUCTION. II

plus haut , et qui constituent, à proprement parler, la charpente de l'aile ; elles s'étendent en se rami- fiant de la base au bord extérieur de celle-ci. Leur nombre, en les comptant du bord extérieur, varie depuis huit jusqu'à douze, et n'est pas toujours le même aux ailes antérieures qu'aux postérieures. Dans les aenres Papilio , Pavnassius ^ etc. , il est de neuf aux premières et de huit aux secondes. Dans les Piérides, les Colins et la plupart des Hes- pérides, il est de neuf à chaque aile, etc. Toutes ces nervures ne viennent pas directement de la base ; la plupart ne sont que des ramifications des ner- vures primitives ou basiiaires. Le nombre et l'origine de ces dernières varient aussi selon les races, et, comme nous en ferons un grand usage dans notre méthode, nous allons entrer dans quelques détails à ce sujet.

La première , en commençant par le bord antérieur de l'aile, et cjui vient directement de la base , s'appelle ners^ure costale. Celle qui la suit, et qui naît de la même souche que la médiane, n'a point reçu de nom particulier; comme elle est très-rapprochée de la cos- tale, et cruelle s'anastomose le plus souvent avec elle ou avec un de ses rameaux, elle n'en a pas été distinguée par les entomologistes ; nous la désignons sous le nom de sous-costalc. Quelquefois, comme dans les Melitœa ou les Av^jnnis , la costale n'existe pas, ou, si elle existe, elle se réunit dès son origine avec la sous-costale, et on ne distingue plus réelle- ment qu'une seule nervure.

La troisième, qui naît avec la sous -costale d'un point commun , et «jui divise le milieu de l aile, a reçu le nom de médiane. Elle fournit trois ou qua-

12 INTRODUCTION.

tre rameaux OU nervures secondaires, (}ui se]>ro- lonyent sans se ramifier jusqu a l'extrémité de l'aile. Elle envoie souvent, en outre, un rameau récurrent sur son côté antérieur, qui vient s'unir à aniile aii;u avec un rameau également récurrent fourni parle côté postérieur de la sous-costale , de manière qu'il existe entre ces deux nervures un grand espace fermée triangulaire, appelé cellule cliscoïdale. Chacun de ces trois ou quatre rameaux est nommé premier rameau ou première bifurcation de la nervure médiane, ou deuxième rameau, etc. , selon qu'ils naissent plus ou moins près de la base de cette dernière. Dans c[uel- ques genres , tels que les Hesperia , les Argus et les 77iec/rt, les nervures sous-costale et médiane ne don- nent point de rameau récurrent , et la cellule discoï- dale est dite ouverte.

Les rameaux situés entre le sommet de Taile , et ceux de la nervure niédiane , ordinairement au nom- bre de quatre ou de cinq dans les Rhopalocères , et quelquefois ]ilus nombreux chez les Hétérocères , sont fournis par la nervure sous-costale, ou par la réunion de cette dernière avec la costale. Quelque- fois cependant, comme dans les Pajjilio^ la ner- vure costale s'étend jusqu au bout de l'aile sans s'anastomoser avec la sous-costale, et sans se ra- mifier. Ces rameaux , selon que leur origine est plus ou moins rapprochée du tronc primitif, sont appelés comme les précédens , premier, second _, troi- sième, etc.

Dans certains cas , lorsque la cellule discoïdalc est ouverte, comme chez la plupart des Lycénides, il existe en face de sa partie postérieure un rameau qui s étend comme les autres jusqu'au bout de l'aile , mais

iNTnonrcTTON. 13

qui paraît être enticrenient libre à sa base ; nous l'appelons fausse nervure.

11 nous reste encore à parler d une nervure primi- tive qui est placée près du bord interne de l'aile , et que pour cette raison nous avons nommée ra- diale. Elle est parallèle à ce bord , et se prolonge le plus ordinairement , sans se ramifier , depuis la base jusqu'à l'extrémité. Elle est unique dans les Rho- palocères ; mais dans plusieurs Hétérocères, no- tamment dans les Zjgœna., les Glaucopis , les Pro- cris., etc. ^ elle est double. Dans ce cas, nous dési- gnons sous le nom d'inter^radiale celle qui est entre elle et la médiane. Chez les Sesia elle semble ne pas exister du tout ; mais si on compte les rayons fournis par la nervure médiane on en trouvera cinq. C'est pourquoi nous pensons que le plus inférieur de ces cinq rayons doit être considéré comme son repré- sentant. L'origine de cette nervure varie un peu selon les races : dans les Pa/)i7/o^ les Pieris ., les Satjrus., les Hesperia , etc. , elle naît de la même souche que la médiane; chez les M élit ce a .^ \es Nemœobius ., plu- sieurs Erycinides , et surtout chez un grand nom- bre de Lycénides , elle ne se sépare de la médiane qu'à une certaine distance delà base. Dans les Sphin- gides elle est double ou bifide à son origine.

Nous avons dit qu'elle était ordinairement simple ; cependant , dans le genre Papilio , elle envoie près de sa base un petit rameau oblique qui va se perdre dans le bord interne de l'aile.

Avant de terminer ce qui a rapport à la disposi- tion des nervures des ailes supérieures, nous devons encore signaler deux ou trois petits rameaux sup])lé- mentaires qui naissent quelquefois de la costale ou

l4 INTRODUCTION.

de la sous-costale réunies , et qui vont se perdre dans le bord antérieur, comme dans la j>]upart des Pieris et des Colcas.

Si nous comparons l'aile inférieure avec la supé- rieure, nous retrouverons les mêmes nervures, mais leur position est un peu différente. Le nombre de celles que nous appelons ^/imttiVe^ est de quatre ou de cinq ; elles naissent toutes d'une souche commune , et nous les désignons ainsi : la plus raj^procbée du bord antérieur s'appelle, comme aux ailes supérieures, nervure costale ; celle qui la suit sous-costale ; la troi- sième uiêdiane , la quatrième , en raison de sa ])Osition voisine du bord abdominal, porte le nom A! abdo- minale ; et lorsque entre cette dernière et la médiane il en existe une cinquième, comme dans les Piéri- des, les Njmplialides , etc., celle-ci prend celui d.'///- ter- ahdoinin aie .

Dans les ailes en question , la costale est plus éloi- gnée à son origine de la base que les autres ; chez les Rhopalocères elle naît toujours de la sous-costale , en formant le plus souvent un angle presque droit , et elle longe sans se ramifier tout le bord antérieur; seulement, dans une infinité d'espèces, elle donne naissance à un petit rameau récurrent qui va se perdre dans ce même bord près de la base. Très- rarement elle s'unit avec la sous-costale; les Pro- cris en offrent un exemple. Dans beaucoup de Lycénides, et dans les Leucophasia ^ son origine est encore plus éloignée de la base de l'aile, et sa séparation a presque lieu à angle aigu. Cette nervure est beaucoup plus rapprochée du milieu de l'aile que la costale des ailes antérieures , et four- nit trois rayons qui naissent d'un rameau récurrent,

INTRODUCTION. l5

lequel vient , le plus souvent, s'unir sous un angle ]ilns ou moins ouvert à un rameau pareil parti de la nervure médiane , de manière à limiter un grand espace à peu près semblable à celui dont nous avons parlé en décrivant les nervures des premières ailes, et que l'on nomme de même cellule discoïdale. Souvent le rameau récurrent n existe pas , et la cel- lule est ouverte postérieurement ; alors les rameaux naissent de la convexité extérieure des nervures mé- diane et costale, tandis que, lorsque la cellule est fermée , on croirait cju'elle est formée par une nervure continue repliée sur elle-même , et que les rameaux naissent de son bord ])ostéiieur et externe. Quelque- fois la cellule discoïdale paraît fermée par une pe- tite saillie nervifornae , comme dans la plupart des Kanessa^ des Lycénides, des Argynnis ^ etc. Nous ne considérons point cette petite saillie nerviforme comme une véritable nervure , mais simplement comme nnç, fausse fie/vuie. Du reste, la manière dont la cellule est fermée, et son étendue relative,, varient beaucoup, selon qu'on l'examine dans tel ou tel genre. Chez d'autres espèces elle est complète- ment ouverte et sans aucune saillie ;, comme dans les Limenitis ^ les 3Ielitcea et une infinité d'autres genres.

La médiane ne se trouve point ici au milieu de l'aile ; elle est aussi rapprochée du bord interne que la costale l'est du bord externe; elle fournit trois ou quatre rameaux , et souvent , en outre , le rameau anastomotique dont nous avons parlé en décrivant la cellule.

L'abdominale est plus grêle que les autres, etlon^e tout le bord de ce nom, sans jamais se ramifier.

l() INTRODUCTION.

li inlcr-.il)tloniinale suit ia même direction et ne fournit do même aucun rameau.

Lorsque nous avons ])arlé plus haut du nombre des nervures qui aboutissent à l'extrémité des ailes infé- rieures, nous avons cité des exemples ce nombre était de neuf, et d'autres il n'était que de huit. Parmi les Rhopalocères toutes les espèces dont le bord abdominal est concave et comme échancré , telles que les Papilio^ Thais^ Doritis et Parnassius , n'offrent jamais que huit nervures ; mais il y en a toujours neuf dans celles dont le bord abdominal forme une sorte de ij|0uttière. Ne serait-il point permis de croire , d'après cela, que chez les premiers, qui n'ont qu'une seule nervure au dessous de la médiane , tandis que tous les autres en ont deux , la véritable nervure abdominale manque, parce que la portion de l'aile elle se trouve manque elle-même ?

De même qu'à la cellule discoïdale des premières ailes, on remarque dans plusieurs Hespérides et Lycénides à celle des secondes un rameau isolé, un peu plus grand que les autres , et que nous désignons de même sous le nom àe fausse neruurc.

Les nervures sont généralement filifornles , et di- minuent peu de grosseur de la base à l'extrémité ; en cela elles s'écartent plus des lois de la dichoto- mie que les autres cor[)S organiques , qui ne se divi- sentqu'en perdant beaucoup de leur volume primitif. Dans certaines espèces celles des ailes supérieures se dilatent brusquement à leur naissance et sont presque vésiculeuses ; la plupart des Satyrides et les Bibli- des sont dans ce cas. Chez d'autres, tels que les mâles de plusieurs Argynnis , deux ou trois des

rNTr.oDUCTio?^'. 17

rayons «le la sons-costalfî de ces mêmes ailes sont ])lns ou moins diialcs et comme spongieux.

Nous avons déjà dit plus haut que les nervures con- stituent, à proprement parler, la charpente des ailes. En eilet, ce sont elles qui leur donnent ces formes plus ou moins diversifiées que l'on nomme coupe <l\ii/e. Dans certains penres elles se prolongent un peu au delà de la frange, et ies ailes sont alors dentées ou dente- lées. Souvent il n'y en a c|u'ime ou deux à chaque aile qui dépassent les autres ; dans ce cas les ailes sont anguleuses. Si les rayons du sommet des supé- rieures s'allongent plus cjue ceux qui les suivent, elles ont une forme falquée. Dans une infinité d'es- pèces de Papilio ^ de Nymphalides, quelques Sa- turnia^ etc., le troisième rameau de la nervure mé- diane des ailes inférieures s'allonge considérablement et forme une c[ueuc. Chez plusieurs Lycénides et Charaxes le premier rameau de cette même nervure devient aussi long ou même plus long que le précé- dent. Chez d autres Piliopalocères , comme , par exemple , les Papilio pyranthus , poljcaou , thjm- hrœus, etc., tous les rameaux dépassent plus ou moins le bord de la frange , et les ailes ofïrent trois ou qua- tre queues ou dents aiguës, allongées, dont la mé- diane est ])resque toujours plus longue que les au- tres-, mais dans aucun genre cet exemple n'est plus fraj)pant que dans XUvania Rhiplieus.

Dans d'autres circonstances ce sont les nervures abdominales et le premier rameau de la médiane qui se développent de manière à allonger en pointe le bord abdominal et à former une sorte de queue. Beaucoup de f^ ail es s a africaines, de Nymphalides, d'ilespéri- des , la Callydrias Cypiis^ quelques Ghéloniaires L;i'iD0PTi:ï'.ES, tome i. 2

l8 INTRODUCTION.

américaines, cfc. , nous en fournissent des exemples IV.îppans.'

Les espaces compris entre les nervures sont dési- aiiés sous îe nom de cellules. Ceîles-ci varient en raison de la disposition des premières. Les deux ])las remarquables sont les cellules discoïdales dont nous avons d(;jà parlé, et dont il sera souvent question dans le courant de cet ouvrage comme caractères de tribus ou de genres : c'est ce qui nous a engagé à insister peut-être un peu trop longuement sur la dis- position des nervures.

Les ailes inférieures, bien qu'elles présentent une structure anatomique analogue à celle des supé- rieures , ont toujours une forme qui en est assez dilié- rente. Elles sont généralement arrondies ou en ovale allongé^ quelquefois un peu évidées et comme écban- crées sur leur côté interne ou abdominal. Dans les espèces de Pvhopalocères, ce même bord n'est pas évidé, et ce sont les plus nombreuses, il est mince, duveté^ membraneux , et forme le plus souvent, avec celui du coté opposé, un canal ou gouttière cjui enve- loppe inférieurementrabdomen. Les supérieures, au contraire, se rapprochent plus ou moins de la forme triangulaire.

Outre les deux faces, les ailes offrent à corjsidérer plusieurs parties qui ont reçu les noms suivans : le milieu de l'aile porte généralement celui de disque ; la partie qui est près du corselet ce!ui de hase; et celle qui lui est opposée , et aboutissent les nervu- res, celui de bord postérieur ou extérieur. Ensuite les deux autres bords prennent des noms difïérens, selon quil est question de l'aibi supérieure ou de l'aile in- lérieure. Aux premières, icbord (fui est en avant s'ap-

INTRODUCTION. ig

loeWe bord an teneur , hord collai ou simplement côte ; celui qui lui est oppose, et qui par celte raison devrait avoir le nom de postérieur, est le bord interne , parce que , dans les nocturnes à ailes en toit , il est en rap- port avec le corps. Aux secondes;, la partie qui cor- resTîond au bord que nous avons appelé costal aux supérieures est i^énéralemenL désignée sous les noms de bord externe ou. antérieur. Enfin, celui qui est en rapport avec 1 abdomen s'appelle bord interne ou abdominal.

L'angle que forment en se réunissant le bord anté- rieur et le bord extérieur porte le nom de sommet. Ce BûoE s'emploie en outre fréquemment pour désigner non-seulement cet angle , mais encore la portion de l'aile qui en est voisine. L'angle opposé à celui dont nous parlons, c'est-à-dire celui qui est situé aux premières ailes vers l'extrémité de la nervure radiale , et aux secondes vers celle de la nervure abdominale , est dit aux unQS angle interne, et aux autres «wg-Ze anal.

Chez la plupart des Hespérides, le bord costal des ailes inférieures offre un re^di ou une duplicature très- prononcée. Dans 'autres genres, tels que les Sesia, quelques Macroglossa , cette duplicature fonne un rebord longitudinal (jui reçoit un repli analogue du bord interne des ailes supérieures , de sorte que ces dernières sont comme agrafées avec les posté- rieures. Le même effet est produit en partie cbez d'autres Hétérocères , par une nervure libre, simple ou multiple, que l'on appelle c/i/î ou J'rein^ et qui est située à la base du bord costal des secondes ailes. Cet organe est retenu dans une petite cou- lisse placée à la face interne des supérieures , et

2.

'?.0 INTnODL'CTIOiV'

formée l;!ni,û!. j^ar un ])ro!oni!;emenl, «le la moniLrane (Iciaile., [;iiUôL iyav uiic loulîe de poils relevés , ou euiiii j)ar une saillie scabre. Ainsi que l'a très-bien fait observer M. Poey, ii est simple chez les mâles, multiple ciiez les femelles, et peut fournir un très- bon caractère ])Our distinguer les sexes.

Le bord extérieur de chaque aile est bordé ]>ar une rangée (le petits poils très-serrés, un peu écaiileux^ plus ou moins longs, généralement ])lus développés et ])lus grands dans les Hétérocèrcs que dans les Rbo- jjalocères, et que l'on no-iiaïneJ}'ange. Celle-ci est sou- vent d'une autre nuance c[ue le fond de l'aile; tan- tôt, en outre, elle est d'une teinte uniforme, et tantôt de plusieurs, ce qui arrive lorsqu'elle est entrecoupée parles nervures.

Sous le rapport des couleurs , les ailes des Lépi- doptères offrent autant de variétés que les corolles des fleurs. Aux nuances les plus vives elles réunissent souvent l'éclat et le reflet des métaux , le brillant de la nacre et des pierres ])récieuses. Dans aucune autre race d'animaux îa nature n'a été aussi prodigue d'orne- roens. Mais c'est surtout cliez les espèces qui volent pendant le jour que les couleurs ont le plus d'éclat. Dans les nocturnes elles sontasse^ sombres, et les ailes de ces derniers sont souvent plus remarquables par l'originalité du dessin que par la vivacité de leur teinte.

Quoiqu'on ne puisse établir de règle générale pour la distri]>ution des couleurs , et qu'elles ne constituent pas un caractère fixe, cependant il est à remarquer que , de même que chez les plantes , certaines nuances semblent avoir été aiFectées à certains genres de Lé- p.idoplères. Ainsi la jdupartdes Picris sont blanches;

INTROnL'CTION. 21

les Collas , les XaiilJildla , les Jthodoccra , les Calll- dry as ^ ])resque toutes jauues ; la plus grande partie des Argus est bleue ; les Poljoniniatus , les McU~ tœa ^ les ylrgynnis ^ sont prescj^ue tous fauves; les Erebla sont noirs ; les Zjgœna bleus , les Catocala irrisâtres , etc.

Le dessin est un caractère plus constant, et clans certaines circonstances il est plus utile pour la déter- mination des genres cpie les j)alpes et les antennes. Il suffît même souvent de voir un simple fragment d'aile ]iOur reconnaître, sans se tromper, de c[uel genre fait partie le Lépidoptère auquel il appartient. Nous citerons seulement quelques exemples : toutes les Thaïs ont les ailes tacbetées de noir et de rouge ; les Collas et les Puiodocera oiï'rent, à l'extrémité de la cellule de la face inférieure des secondes ailes , une tache argentée ; 'es Banals ^ les Idœa et les Eujjlœa ont la poitrine et la tête ponctuées de blanc , les yicrœa ont le dessous des ailes plus ou moins ponctué de noir vers la base; les Ccthosia sont marc[uées en dessous d'byéroglypbes qu'on ne retrouve dans au- cun autre genre. Les Satyrides ont des taches oculaires ; les Zjgœna ont les ailes tachées de rouge ; chez les Sesla elles sont transparentes; les Thyrls ont des ta- ches vitrées; les Catocala. deux bandes noires trans- versales sur les inférieures ; les Pliisla des taches d'or ou d'argent sur les supérieures, etc.

Chez les Nocluélides et les Géomètres le dessin fournit des caractères importans , sans lesquels il serait souvent très-difficile de bien grouper les es- pèces. BeaucoUj> de Noctuelles ne diffèrent l'une de l'autre que par une très-légère modification de celui-ci, et il est teJiementcoïistant, <pie les parties ([ui le coni-

22 INTRODIJCIION.

})0scnl ont reçu des noms particuliers. La raie trans- verse placée près de la base porte le nom de raie basilaire ; celle qui la suit s'appelle raie extra-ha$i- laire i celle qui est au-dcla de la tache rénilorme est la raie pristique ou scri'éc^ nommée ainsi parce qu'elle est ordinairement dentée en scie; cnOn, celle qui se trouve erilre celle-ci et la irange , et qui est plus ou moins en zii^zag, est la /ïi/e/w/ga/Yi/e. Outre ces raies transverses, les ailes dans cette race olirent deux taclies qui manquent si rarement, qu'elles ont été appelées taches ordinaires ; celle qui est la j)ius ra])procLée de la base, et qui est plus ou moins ronc'e, est la tache or- biculaire ; l'autre, qui est un peu ])lus grande et qui approche plus ou moins de la forme d un haricot , est la tache rènifonne. Au-dessous de la nervure médiane on voit souvent encore une tache obiongue ou im peu conique qui est designée sous le nom de tache en houchon , et dont le côté ([ui regarde la base est adhérent à la raie extra-basilaire.

Nous avons dit que le dessin était assez constant ; cependant il ne fimdrait pas en tirer un caractère exclusif. La nature, dans certains cas, a reproduit le même dessin et la même couleur dans des genres assez éloignés. Ainsi, par exemple, les Zygœiia ont , à cet égard , les plus grands rapports avec VEuche- lia jacobeœ; la Spitoiiiis phegea avec la. Zygœna ep/hialtes , la Danais chrysippus avec la Diaderna holina femelle, la Danais archippus avec la Diaderna disippus , la Pieris pjrrJia avec certaines Heliconia ^ la Nemeobius lucina avec les Melitœa, etc. Ce qu'il y a d'assez remarqu.ible , c'est qu'outre l'analogie de couleur et de dessin, la nature a donné à ces espèces les mêmes habitudes et les a créées à côté les unes des autres .

INTHOni CriON. 23

Non-seulement on observe celte ressemblance de mœurs, de dessin et àliahitat entre les genres appar- tenant à l'une des grandes divisions des Lé])idoptères, mais encore entre les Rhopalocères et les Hétérocères, et même entre les Lépidoptères et des insectes d'un autre ordre. \Ln France , nous renrontrons souvent la Geometra dealbata . voltiiieant dans les allées des bois avec la Pieris napl. Au Brésil , on voit voler dans \ç.s mêmes lieux XAcrœa ilialia et la Castnia acrceoi- des ; la Castnia linus et YHelicouia psidii ont telle- ment le même faciès , que dans les forêts ombragées de la Guyane on les confond ensemble. La Castnia cronis de Surinam, a tant de j\ipport avec une Pieris, que Cramer l'a ])rise pour la femelle de son Papilio cronis. M. Lacordaire a rapporté de Cajenne une Erjcinide qui est si voisine d'une espèce de Lithosicle du même pajs, figurée par Hubner sous le nom de pulchricolora ^ que sans les antennes il serait im- possible de les distinguer. Il en est de raiême de la Phalœna osiris et du Papilio animon de Cramer, qui se trouvent l'un et l'autre à Surinam, et enfin de la Phalœna pjapiliunaris de la Chine, et de quelques Danaïdes à taches vertes du n.ême pays. Pour ce qui a rapport à l'analogie qui existe entre les Lépidoptères et quelques insectes des autres ordres , il nous suffira de citer les Scsia ^ qui ressemldent à s'y méprendre à certains Hyménoptères, et la Glaucopis coarctata , que 1 on ])rendrait pour une espèce d'Ichneumonide.

Les PATTES sont composées comme dans les autres insectes, de cinq parties : la hanclie, le trochanter, la cuisse, la jambe et le tarse. Celui-ci a toujours cinq articles distincts sans compter les crochets terminaux, qui quelquefois forment une grillé très-prononcée,

comme cela a lieu clans V./lchcro//tia atropos ^ ils sonL assez robustes pour éi^ratigner la peau.

Chez une i;artie des Rhopalocères et prescjue tous les Hétérocères , les six pattes sont d'égale lon- gueur; inais dans quelques tribus des premiers, tels que les ]Nyni])lialides , les Brassolides , les Satyri- des, etc. , les deux pattes antérieures sont très- petites, et impropres à la marche. Les Lépidoptères qui ofllcnt cette modification ont été appelés Tétra- podes, ]iar opposition aux autres qui sont dits Hexa- podes. Dans quelaues genres, ces pattes sont seule- ment atrophiées, c'est-à-dire cru'elles ressemblent aux autres, sauf qu'elles sont beaucoup plus petites. Dans d'autres, elles sont avortées, dépourvues de crochets, très-velues et appliquées sur le bord anté- rieur de la poitrine en manière de palatine , ce qui les a fait nommer pattes en palatines par quelques auteurs. Cet avortement des pattes antérieures a le ])lus ordinairement lieu dans les deux sexes comme chez les ylrs^ynnis , les Melitœa , les Vanessa , les Calliihea. \es yïcoiitJiea^ les Charaxes., les Lin lejiitis., les Satyrus ^ etc. Ce])endant dans certains genres le mâle est Tétrapode et la femelle est Hexapode; les Libylhea^ les Eiycina , les ISjmphidiuni, les Des- mozona, les Chrysilis , les Diophtabna , etc. , sont dans ce dernier cas.

Les pattes sont généralement plus ou moins velues ou écailîeuses. Celles de c[uelques espèces d'Hétérocères sont garnies d'épais faisceaux de poils, qui , chez d'autres , n'existent qu nux pattes anté- rieures. Chez le mâle de l Ophiusa repanda, les postérieures sont tiès- dilatées , très-veîucs et apla- lies en foinie de rame. Dans le genre J^riopus , le

INil;ODUCTir,N. 0,5

malo a le côLé iiilcrnc de ]a ]-!rc!nièrc paire garni d'un faisceau de poils très-remarquable.

Les jambes postérieures ont tantôt deux et tantôt quatre petites ]iointes aciculaires plus ou moins dé- veloppées, et désignées sous le nom d'épeioiis. Lors- qu'il y en a quatre, deux sont placées vers le bout et deux vers le milieu du côté interne.

Les deux sexes chez les Lépidoptères n'ofiVent c[uel- quefois d'autre difïérencc que le développement plus considérable dcTabdomcn, qui, chez la femelle, est distendu par les ceufs ; cependant cette dernière est ordinairement un peu plus grande que le mâle ; ses couleurs sont moins brillantes et le dessin en est plus prononcé. On observe toutefois le contraire dans quelques espèces ; c'est-à-dire que la femelle est plus j^etite que le mâle, comme dans le Sa! yr us phryJTe ^ chez les Setlna aurita^ irrorea ^ raniosa^ etc. Dans certains cas ses ailes deviennent même si cour- tes, qu'elles sont ira])ro]'!res au vol; on en voit des exemples chez les Trichosonia corsicuui , pnrasi- tiini ; Liparis morio ; Tinea Jaginella ; Geometra pomonaria, zonaria , etc. Ailleurs elles sont tout-à- fait nulles comme dans les Orgya rupestris ^ tvigote- phras, corsica ; Geometra œscularia^ etc. Il est môme des femelles qui ressemL>lent à leur larve, telles que celles des Psyché et des OEceiicus. Jusqu'à présent nous ne connaissons pas de mâle dont les ailes soient impropres au vol. Ceux des Geometra sexalata , lobidata et hexaptcrata^ offrent à la base des in- férieures \\n jjctit lobule ou espèce de cuillcron ressemblant à luie aile avortée, (jui a lait donner

2 O INTKODUCTION.

à ces espèces le nom de Pkalcnes à six ailes.

Sous le rapport de la forme des ailes il existe aussi c|uelquef'oi5 une i^rande différence entre les deux sexes. Dans quelques Nymphalides les ailes inférieures du mâle se terminent par une (jueue très-prononcée, tandis qu'elles sont arrondies dans la femelle.

Kelativement à îa couleur, les difïérences sont sou- vent si Grandes entre les deux sexes qu'on ne se douterait pas qu'ils appartiennent à la même es- ])èce. Ainsi, le mâle de la Chelonia mendica est noir, et la femelle est blanche; le màle du Sa- tjrus phi'jne est brun, et la femelle d un blanc de lait; la plupart des ylrgus et des Tliecla mâles sont bleus , et les femelles brunes ; WAiithocaris cardaniines niâle a l'extrémité des ailes aurore , et la femelle l'a blanche comme le fond de l'aile , etc Dans certaines circonstances la couleur est la même dans les deux sexes; mais le màle offre uu reflet bril- lant, bleu ou violet, comme dans les Nymphalides connues sous les noms vulgaires de Mars changeaiis.

Le dessin offre moins de variations du mâle à la fe- melle que la couleur. Elles sont cependant assez gran- des chez quelques individus pour qu'on ait pu les prendre pour des espèces distinctes. Les mâles de quelques Argjnnis , comme paphia ^ laodice , ont à l'extrémité des ailes supérieures des raies longi- tU'iinalcs, tandis ([ue les femelles n'offrent que des points noirs. La femelle de îa Callithea sapphirina a une bande orangée, et le mâle en est dépourvu; le Morpho cyiheris màle est d'un bleu-argenlin satiné , et la femelle fauve tachée de noir, etc.

Le dessin de îa face inférieure des ailes ]irésente

INTRODUCTION.

d'ordinaire des différences sexuelles beaucoup moins i^randes. Les mâles et les femelles des Lycénides , dont le dessus des ailes est souvent si diflérent chez une même espèce, offrent presque toujours les mêmes caractères sur la face inférieure (ieces ori^anes.

On rencontre quelquefois, mais très- rarement , des Lépidoptères hermaphrodites (i), qui ont tout un côté mâle et l'autre femelle; mais jusqu'à présent nous n'avons jamais vu un seul individu chez lequel il y eût fusion complète des caractères du mâle et de la femelle. Dans tous ceux que nous avons ob- servés c était une moitié de mâle accolée sur la ligne médiane à une moitié de femelle. L'analomie interne démontre que chez ces individus monstrueux il existe d'un côté un ovaire , et de l'autre la moitié de l'or- gane mâle; mais ces parties sont atrophiées et im- propres à la reproduction. Ces hermaphrodites sont très-rares ; ce qui provient sans doute de ce qu'atti- rant l'attention , ]>rinci paiement par les différences de dessin que présentent leurs ailes, ou par la forme des antennes, il est des cas rien ne les révèle à l'extérieur; cela a lieu lorsque le mâle et la femelle se ressemblent tout-à-fait , comme dans la plupart des Zjjgœna , des Noctuélides , etc.

On trouve aussi quelquefois le mâle d'une espèce accouplé avec la femelle d une autre espèce , mais

(i) Les hermaphrodites mentionnés par les auteurs ou observés par nous sont les Bombyx quercus , iicustria ; Salurnia carpini ; Aglia tau; Endromis versicolorn ; Lasiocnmpa quercifolia; SincriiUhus populi ; Clu'loiiia vi/lica ; Papilio nlysses ; Pieris brussicœ ; Liparis dispar; Orgya aiUiqua ; Hhodoce.ra rhamni ; AiUliocharis euphcno ; Ar- gynnis paphia- Mdilcra ciiixia; Lithosia quadra ; Argus cdexis; Apa- tura iris ; Geometra prunaria.

28 IN1'!;0DUCT](JP;.

toujours trcs-voi?ine ; il en résnUe, romn'.c cîirz les autres .animaux , des mulets ou liybrides incapables de se reproduire. Ces hybrides sont rares , et n'ont encore été observés que parmi les Zygœjia, les Spliin- gides et quelques Bombycines. Quoicfuc la plupart des petites clienilles provenant des œufs produits par les femelles c|ui sont dans ce c;!s , éclosent , il n'y en a c[u'un très-petit nombre qui parviennent à l'état d insecte parfait. M. Anderregg , de Gamsen , en Suisse, nous a communic|ué im fait ]>!us extraor- dinaire : c'est un exemple dljermapbroditisme et d'hybridisme tout à la fois, offert par un individu de Setina ra/nosa mâle, qui de l'autre côté est une aurita femelle.

L'existence est généralement de courte durée citez les Lépidoptères à 1 état parfait; le mâle périt cjuel- ques jours après l'accouplement, et la femelle après avoir achevé sa ponte. Dans cjuelqucs circonstances il s'écoule deux ou trois jours entre l'éclosion et l'accou- plement, mais ce retard est indépendant delà volonté des individus , et n'a lieu que lorsque les deux sexes ne peuvent se rencontrer plus tôt. Une femelle en captivité, et privée delà présence du mâle , vit ordi- nairement un temps beaucoup plus long que dans les circonstances normales; le plus souvent alors elle meurt sans avoir pondu. Plusieurs espèces ce- pendant font exception ; beaucoup de femelles de Bombyx se délivrent de leurs œufs , cjuoique non fé- condées ; mais il est à remarquer qu'elles le font bien plus rapidement, cju'elles soient fécondées ou non, lorsqu'elles sont fixées avec une épingle qui leur tra- verse le thorax.

L'accouplement est j)lus ou moins long suivant les

INTRODUCTION. 9-9

1 aces : cliez plusieurs UcLcroccres il Jure plus de vi)i.'r!,-quaLr(; iioures ; dans Jji:aucouj) deliliopalocères, au contraire, quelques minutes suliJsenî: pour que la fécondation soit accomplie. Il est cependant certains de ces derniers chez qui cet acte se prolonge plus long-temps; il n'est pas rare de voirie mâle d'une Pieris ou d'une Meliicea entraîner sa femelle dans les airs.

Quelques-unes de nos V ânes s a européennes , et , à ce que nous soupçonnons, plusieurs Hétérocères, présentent dans certains cas une anomalie des plus remarquables : leur accouplement n'a lieu que sept ou liuit mois après l'éclosion de l'insecte parfait. Ainsi, par exemple;, les Vanessa antiopa^ polychlo- ros , etc.;, qui vivent en famille a l'état de chenille, et qui éclosent en été, ne s'accouplent que l'année suivante au printemps. La plus grande partie con- tinue de voler jusqu'à la fin de son existence, tan- dis qu'une autre se retire dans les crevasses des mu- railles, les arbres creux, les souterrains, les caves, etc., et tombe dans un engourdissement léthargique jus- qu'aux premiers beaux jours. Quelques auteurs ont cru que c'étaient des individus tardifs qui avaient été surpris par l'approche de la mauvaise saison et qui s'engourdissaient; mais il n'en est pas ainsi, nous avons eu occasion d'observer des Vanessa poljchlo- ros et w'Licœ ^ au mois d'août, dans un engourdisse- ment profond, pendant que d'autres individus des mêmes espèces volaient à l'ardeur du soleil. C'est ce qui explique pourquoi on trouve au printemps des Vanessa qui sont encore assez fraîches, quoique tou- tefois leurs couleurs aient perdu un jjcu de leur viva- cité par l'hibernation.

3o INTRODUCTION.

Les mâles de quelques espèces peuvent s'accoupler plusieurs fois, ainsi qu'on le voit, faire à ceux du Bombyx du mûrier ; mais comme il éclot autant de mâles cjue de femelles , et même quelquefois beau- coup plus des premiers que des secondes , ce cas est rare, et n'existe peut-être pas cbez les individus non captifs. Certains mâles de Bombycines , dont les femelles sont lourdes ou aptères^ et en moindre pro- portion qu'eux, etc. , volent une partie de la journée à la recberclie de ces dernières. Plusieurs de ces es- pèces ont l'odorat si développé qu'on a vu des mâles franchir un espace de plus de deux lieues pour venir trouver leurs femelles. Ainsi, par exemple , des en- tomologistes , qui avaient en leur pouvoir une femelle vivante et non fécondée de WAglia taii^ ont j>rJs dans l'intérieur de Paris le mâle de cette espèce , qui , à l'état de chenille , vit exclusivement dans les bois de hêtres.

La plupart des Lépidoptères se nourrissent en pompant avec leur spiritrompe le suc mielleux des fleurs, soit penflant le jour, soit après le coucher du soleil. Ceux chez qui cet orgaiîe n'existe qu'à l'état rudimentaire , comme plusieurs Hétérocères, périssent sans prendre aucune nourriture. 11 esl des espèces , telles que Its Vanessa^ les Ajjataia^ qui pré- fèrent au nectar des fleurs les liquides sécrétés par les plaies des arbres. D'autres^ parmi lesquelles nous citerons les ylpaiuia iris , les Limenids populi^ re- cherchent les excrémens de diflérens animaux , ou même les charognes. On voit aussi souvent dans les chaleurs de l'été quelques espèces se rassembler en grouppes plus ou moins nombreux au bord des ruis- seau, ou dans les chemins fangeux , et sucer la terre

INTISOnCCTION. 3l

humide comme pour se désaltérer; enfin , une infinité (\c Noctuelles recherclient la miellée qui , à cerLaines époques de l'année, enduit les feuilles de plusieurs arbres.

Peu de temps après l'accouplement la fem.elle dé- pose ses œufs sur la plante qui doit nourrir sa famille. Ceux-ci ont ordinairement une forme sphéroïde ou obloniiue , et leur coque ofïre souvent des cannelu- res plus ou moins sensibles. Au moment ils vien- nent d'être pondus ils sont enduits d'une matière gluante, insoluble dans l'eau, qui sert à les fixer aux tiges ou aux feuilles des végétaux. Dans les es- pèces dont les chenilles vivent en famille , la femelle dépose toute sa ponte , ou au moins une grande partie, à la même place. Quelquefois elle recouvre ses œufs avec les poils qui garnissent son abdomen pour les ])réserver du froid et de l'humidité { Liparis clispar ^ auiiflua^ chrysorrliœa^ etc.), ou elle les cache entière- ment sous une substance blanchâtre écumeuse {Lipa- ris salicis). Lorsque les chenilles doivent vivre sur des arbres qui perdent Iturs feuilles à l'automne, et que les œufs doivent passer l'hiver, la femelle, par une sage prévoyance, les dépose sur le tronc ou sur les rameaux, ce quelle fait souvent avec une symétrie remarquable ; le Bombyx neustria , par exemple, place les siens avec beaucoup d'art, en forme d'anneaux ou de spirales, autour des bran- ches. Parmi les espèces qui déposent leurs œufs isolés, ou par petits groupes de deux ou trois , la femelle les recouvre aussi quelquefois d'une petite couche de jjoiis qu'elle détache de son corps {Dicranura vev- hasci ^ farcLilu). La plupart des Rhopalocères , des INoctuclides , des Splnngides , des Géomètres , etc. ,

.0'^ INTRODUCTION.

nedciposcnL qu'un seul œuC à la lois sur les ieuilles ou sur les Liires.

Le vol unie des œufs relativeaicriL à celui de lui- secte parfait varie beaucoup selon les races. Ceux des Saturnia ^ des Sphinx, des Bombyx, etc., sont i^é- néralement assez gros , tandis que ceux de la Zeuzera œsculi , du Cossus ligniperda , sont au contraire très- petits. Leur couleur est aussi variée que celle des fcufs des oiseaux; on en voit de toutes les nuances, depuis le blanc pur jusqu'au noir ])rof'oud, ou qui sont émaillés de différentes couleurs. Ceux, par exemple ^ de la plupart de nos Lasiocanipa d'Europe sont ])a- nacliés de gris et de blanc , et ont quelque ressem- blance avec des grains de chenevis.

La fécondité des Lépidoptères est aussi variable que celle des poissons ; il en est qui ne pondent pas au delà de cent œufs^ tandis que d'autres en font ]>lusieurs milliers. Les Rliopalocères sont généralement moins bien partagés , sous ce rapport, que les Hété- rocères , et les plus remarcjuables parmi ces derniers sont les espèces endopbytes , telles que les Sesia, les Ilepialus , les Cossus, les Zeuzera, etc.

La résistance vitale des œufs est très-grande; ils peuvent supporter une température de 5o à Go de- grés R. au-dessus de zéro, et un froid aussi excessif, sans pour cela que le germe soit détruit. On peut même les conserver à un froid artificiel pendant un temps plus ou moins long , et les faire éclore en leur donnant une température convenable. Les lii vers les plus rigoureux de la Sibérie n'ont aucune influence sur les œufs des Lépidoptères propres à ce pays, ni même sur ceux du Bombyx du mûrier (ce/- à soie). Ceux clun grand nombre d'espèces de nosclirnats éclosent avant! hiver,

INTP.ODlîCTION. 33

elles chenilles passent celle saison dans l'enj^ourdis- sement ou à 1 étal de chrysalide.

La cocjue de l'œuf esl d'une consislance solide et comme cornée; au moment de l'éclosion, la petite chenille couj^e la coquille circulairement avec ses mâchoires , de manière que le dessus forme une es- pèce de couvercle qu'elle n'a qu'à soulever pour sortir.

Etat de chenille.

A la sortie de l'reuf , les ]:)etites chenilles ont une forme plus ou moins allongée et cylindrique , leur corps se compose de douze segmens ou anneaux, d'une tête luisante écailleuse, de seize pattes au plus et au minimum de dix.

La tête est formée par deux espèces de calottes arrondies et écailleuses. offrant de chaque côté des petits points noirs sailians plus ou moins distincts, semhlahles à des yeux lisses, mais qui ne paraissent pas servir à la vision. La houche , située à sa partie antérieure , est très-dilïérente de celle de l'insecte par- fait, et ressemhle à celle des insectes hroyeurs; elle se compose de deux mandihules cornées plus ou moins tranchantes, selon les races, de deux mâchoires laté- rales portant chacune un palpe très-petit, d'une lèvre inférieure munie de deux palpes semblables, et d'un petit mamelon cylindri(|ue percé d'un petit trou que l'on nomme /f//è/c , parce que c'est lui qui donne issue à la soie que fde la chenille.

Le corjjs ollre sur les côtés, près de la base des pattes , les ouvertures rcs])iratoires ou stigmates. On en compte neuf de chaque côté^ une sur cha([ue LKPinoi'Trin-s , tomk i. 3

34 INTRODUCTION,

anneau, excepté sur le second, le troisième et le der- nier, qui en sont dépourvus. Ces organes ont une forme oblongue et ressemblent à de petites bouton- nières, lisse retrouvent sur l'insecte parfait. Ils sont généralement assez distincts, leur couleur étant autre que celle du fond; mais cliez plusieurs Rhopalo- cères , telles que les Melitœa , Vanessa , Argyn- nis , etc., et quelques espèces d'Hétérocères , on ne peut les apercevoir qu'à l'aide d'une loupe. \JA- g/otsn jjinguifialis , qui vit de matières grasses, pa- raît au premier coup d'œil en être dépourvue, sur- tout lorsquelle est au repos, parce que chez elle ils sont cachés sous un repli transversal des anneaux. Sans cette sage précaution de la nature, ces organes eussent été exposés à être bouchés par la graisse dans laquelle vit ordinairement l'animal.

Les pattes des chenilles sont de deux sortes, comme celles de la plupart des larves des autres ordres , les pattes écailleuses ou vraies pattes , et les pattes membraneuses on fausses-pattes . Les premières con- tiennent dans leur intérieur celles du papillon, les secondes disparaissent complètement dans l'insecte parfait. Ces dernières sont des espèces de mamelons susceptibles de s'allonger, de se raccourcir et de se dilater, couronnés par plusieurs petits crochets plus ou moins prononcés , qui manquent cependant en grande partie dans quelques genres [A gratis^ Sesia^ Hepialus). Elles sont plus indispensables à la che- nille que ses pattes écailleuses, qui ne lui servent guères qu'à marcher, mais qui ne peuvent lui of- frir le même secours pour se cramponner sur les tiges ou sur les feuilles. Leur nombre varie de quatre à dix ; Réaumur dit même avoir vu certaines chenilles de

INTRODUCTION. 35

Tinéides qui n avaient qu'une seule paire de pattes membraneuses; ([Uiinl. à nous, nous n'avons jamais observé ce cas. Leur longueur relative souffre aussi quelque variation. Chez les Catocala , Ophideres , Ophiusa , Homoptera , Brephos ^ etc. , les deux pre- mières paires sont beaucoup plus courtes que les autres , et la cbenille n'en fait aucun usage pour marcher. Les pattes écailleuses sont à très-peu d'ex- ceptions près égales entre elles. Cependant , chea la Harpya fagi, la première paire est de longueur ordinaire , et les deux autres sont très-grêles et plus longues que celles de l'insecte parfait, Chez la Geo- metra lunaria^ c'est la troisième paire qui est plus longue que les autres ; plusieurs chenilles exotiques offrent des exemples analogues, mais ces cas sont rares et ne se rencontrent que dans les Hétéro- cères.

Les chenilles de Rhopalocères ont constamment seize pattes , ainsi que celles des Sphingides des an- ciens auteurs. Dans les Bombycines et les tribus voi- sines, il n'y a pas non plus d'exception à cet égard,', si ce n'est que la dernière paire de pattes membra- neuses manque quelquefois ou prend une forme in- solite.

Dans la Harpja niilhauseri ^ et quelques espèces américaines , la dernière paire a disparu complè- tement : le douzième anneau est relevé et forme une sorte de bosse. Chez les Dicranura la même paire est remplacée par deux prolongemenscaudiformes ren- fermant un filet rétractile. Dans les Platypteiyx il n'y a point de filet rétractile, et les deux prolonge- menscaudiformes sont réunis dans une partie de leur longueur. L'Uropus ulnii offre, comme les Dicia-

3.

3o iN'TlU^DL'CTIOiV.

jiuva^ une espèce de queue, fourchue, mais qui en difïère essentiellement en ce que chacun des ]irolon- cemens est terminé par une couronne de petits cro- chets, comme les autres pattes membraneuses. Dans certaines circonstances , la chenille se crara])onne avec ces deux prolongemens préhensiles aussi solidement qu'avec ses autres pattes.

Les pattes membraneuses chez les chenilles, elles sont au grand complet, sont disposées par paires sur les sixième, septième, huitième, neuvième et dou- zième anneaux , de sorte que les quatrième , cin- quième, dixième et onzième en sont dépourvus.

D'après le nombre des pattes membraneuses qui ont disparu, et d'après leur raccourcissement on divise les chenilles en Fausses-Avpenteuses . Demi-ylrpen- teuses et Avpenteuses. liCS Fausses-Arpenteuses sont celles qui ont dix pattes membraneuses, comme la plu- part des chenilles , mais chez lesquelles les deux ou trois pi'emières paires sont trop courtes pour qu'elles puissent en faire usage lorsqu'elles marchent [Ophiusa^ Ophideres Catocala); aussi, dans la ]irogression, le milieu de leur corps forme l'arc, comme chez les Plusia, \es, Euclidia , etc. Les Demi-Arpenteuses ont six ou huit pattes membraneuses ( Pliisia clirj- s opter a ^ Erastria); elles marchent en formant l'arc ou la boucle , presque comme les Geonietra. Les Arpenteuses sont celles qui ont quatre jjattes mem- braneuses {Geotnetra^ Blctvocainpa^llyheniia , etc.). Ces dernières ont reçu le nom ^Avpejileuses ou de Géomètres ^ parce qu'en marchant, elles relèvent en arc le milieu de leur corps, en rapprochant leurs ])attes postérieures de leurs écailleuses, de sorte qu'elles semblent mesurer l'espace qu'elles parcou-

INTRODUCTION. ^n

renL Chez Jn plupart Je ces dernières les anneaux ont une assez grande rigidité, et leur corps ressemble presque à une j)etite branche d'arbre ou à un petit morceau de liois , ce qui leur a fait donner le nom ai Al penleuses en bâton. Lorsqu'elles sont en re- pos, elles se tiennent raides et droites, cramponnées avec leurs pattes ])0stérieures au pétiole d'une feuille ou à une jeime branche dans des attitudes si fatigan- tes qu'il leur faut une force musculaire prodigieuse pour rester ainsi pendant des heures entières.

Les chenilles sont plus ou moins vives, selon les genres : il y en a de très-paresseuses, comme celles des Papillonidcs, des Lycénides , des Hespérides, des Satyrides , des Nymphalides , des Zygénides, etc.; mais aucune n'est aussi lente que celle des Cocliopo- des , surtout les espèces du genre Limacodes ^ les pattes membraneuses sont remplacées par deux ran- gées de boulons rétractiles c[iii laissent suinter une matière visqueuse analogue à celle que sécrète la j^eau des limaces. Beaucoup de Geometra se laissent tou- cher et retourner comme un morceau de bois s;ins donner aucun signe de vie. La plupart des Chéloniai- res, au contraire, sont extrêmement vives, et cou- rent avec une grande vitesse.

La locomotion dans les chenilles a presque toujours lieu d'arrière en avant; cependant les Herniinia , beaucoup àeBotys , de Tinéides et de Tortrix ^ mar- chent à reculons avec une assez grande rapidité, et, lorsqu'on les inquiète ou qu'on veut les saisir_, elles font même certains petits sauts pour s'échapper, ainsi que Degeer Ta observé sur Yftc.rmiuin roslrnlis ; mais ces sauts ne sont comparables en rien à ceux vrai- ment prodigieux qu'exécutent celles des Catocala.

38 INTRODUCTION.

Ces dernières courbent en arc un des côtés de leur corps, et le débandent brusquement comme un ressort, de sorte qu'elles font de véritables sauts de carpes.

Le dernier anneau, dans lequel s'ouvre l'extrémité du canal digestif, se termine le plus souvent, à cet eflet, par une espèce de valve plus on moins saillante et ordinairement triani;u1aire , dont la forme varie un peu suivant les genres. On l'appelle chaperon ou clapet. Ce dernier mot est emprunté aux auteurs alle- mands.

Outre les appendices de différente nature, tels que poils , épines, etc. , qui existent sur le corps de beaucoup de chenilles , on observe dans quelques espèces deux tentacules rétractiles placés sur le bord antérieur du premier anneau , que ! animal fait sortir et rentrer à volonté comme les tentacules des lima- çons. Ces orcanes existent dans toutes les chenilles connues des genres Ornithoptera ^ Papilio ^ P amas- sais , et dans les Thaïs , malgré l'assertion de La- treille, qui a soutenu le contraire. Ils varient en lon- gueur et en couleur selon les espèces; mais géné- ralement ils forment par leur réunion une sorte de T. Dans le genre Ornithoptera ils sont renfermés dans deux espèces d'étuis cornés.

Certaines chenilles velues, telles que celles des genres Liparis et Orgja^ ont aussi, sur les neuvième et dixième segmens , une petite éminence charnue , vésiculeuse , toujours assez distincte, qu'elles font sortir et rentrer à volonté.

Quant à la vestiture, les chenilles sont rases, pu- besccntcs , velues^ poilues, hispides, épineuses, calleuses, etc. Celles qui sont rases sont entière- ment dépourvues de poils et d'épines , comme celles

mTHOUUCTION. 39

des Deilephild , des Sphinx , de beaucoup de Noc- tuélides, Geometra ^ etc.; leur peau est tantôt lisse [Deilepliila ^ Notodontu ^ etc. .1 , et tantôt chai2,rinée et rugueuse {Smerùithus , Agiia^ etc.). D'autres, quoique dépourvues de poils, ont sur le corps des protubérances ou bosses qui leur donnent une forme plus ou moins bizarre {Notodojita de la divi- sion de torua , tritophus , drotnedarius , Geonietra papiUoiiaria , etc. ) , ou des tubercules calleux ressem- blant à des petits bourgeons d'arbres , ou bien des es- pèces de nodosités (une infinité de Geometra). Nous plaçons encore parmi les chenilles rases certaines es- pèces qui ont sur le dos des prolongemens charnus , flexibles , disposés par paires sur quelques anneaux, telles que celles des Danais et des Adelocephala. Ce- pendant, sous le point de vue anatomique, ces espèces de tentacules devraient peut-être être regardés comme des épines ou des poils dégénérés ; car nous voyons dans le genre Acronycta , les espèces ont ensemble de si grands rapports qu'il est parfois difficile de les distinguer, toutes les chenilles être plus ou moins ve- lues, excepté celle d'alni, quia des prolongemens tentaculiformes. D'autres genres oflrent aussi des prolongemens charrnus plus ou moins grands ( les Papilio de la division de Crassus , le Papitio phile- 77or, les Ornithoptera , etc. ). Les chenilles de pres- que tous les Sphingides et de quelques Bombycines portent, sur le onzième anneau, une espèce de corne conique, charnue à sa base , et cornée à son extrémité, tantôt lisse et tantôt rugueuse. Cet organe est ordinai- rement arqué d avant en arrière , et penché vers la ])ar tie postérieure du corps. Nous ne connaissons jusqu'à présent que celle du Sphinx catalpœ dont la corne

4o JNTIUJDUCTION.

soit courbée en sens inverse Dans le genre Achc- rontiaVx corne est grosse, granuleuse, flexible et tron- quée. Chez (juelques espèces elle est presque nulle [ Deilepliila 2)orcellus ^ etc.); chez d'autres elle est remplacée par une ]jetite plaque lenticulaire {Pteio- g07i œnotherœ ), ou enfin elle disparaît complètement ( Deilephila K^espertilio ).

Parmi les espèces qui ont des poils , il y en a qui n'en ont que quelques-uns épars et , comme les Plusia^ la plupart des Tortrix, quelques N otodonta , une infinité de Noctuélidcs, de Géomètres , les Zeu- zérides, les Sésiaires , etc. Chez toutes ces espèces ils sont si peu nombreux qu'on n'en tient pas compte et que l'on considère ces clienilles comme glabres. Les P/e- ris ^ Colias^ Libythea^ les Lycénides , Sat^a'ides, etc. , ont des petits poils courts , qui les rendent pubes- centes et leur donnent un aspect veîOMté ; ceux des Bomhyxneustiia , franconica ^ evc.ria^ Icmestris^ etc., sont fins , soyeux et peu fournis. Ailleurs ( Liparis salicis , monaca ^ r/wjy«7") , ils sont raides et piquans. Chez quelques espèces ils sont si serrés qu'on ne peut distinguer la peau c[ue dans les incisions. Ceux des Chelonia^ etc., sont réunis par touffes aigrettées plus ou moins denses. Dans les Orgya , Phœgopie- ris , etc. , non-seulement ils sont aigrettes , mais encore, sur les segmi ns intermédiaires du corps , il y a des toulîes de couleurs dillërentes, coupées carré- ment , qui forment sur le dos des espèces de brosses.

Les poils varient beaucoup dans leur direction ; souvent ils sont disposés eu aigrettes rayonnantes dirigées en arrière, comme dans plusieurs Chelonia ; quelquefois ces aigrettes divergent en tous sens [Acro- nycia auricoma , Emyclia grammica , etc.). Chez d'au-

INTI'.OMlJCriON. :| I

1res espèces, les poslérieurs sonl flirii'és en ai'rière comme les piquans d'un porc-épic, et les antérieurs en sens inverse. Dans les 5o«zZ'^xitr//b//i, que/ eus, elc, la moitié de chaque toufïe est dirigée en bas, et l'au- tre en liaut , de sorte que les poils s'entrecroisent et forment une espèce de feutre lâche. Chez les Liparis salicis ^ Bombyx populi ^ Lasiocnmpa quercifolia, Betulifolia , etc., une grande partie des poils sont dirigés en bas, et le dos est presque à découvert. Plusieurs genres d'Iiétérocères ont des toufïes de longueur inégale; chez les Orgya^ par exemple, le premier anneau est garni de deux longs pinceaux de poils dirigés en avant comme des antennes, et le onzième porte un pinceau semblable penché en arrière. L'extrémité de chacun de ces poils est en outre écail- leuse et dilatée dans les 0/-gjfl à femelles aptères, telles que leucostigma , trigotephras , antiqua , etc. Tantôt €68 poils adhèrent immédiatement à la peau, tantôt ils sont implantés sur des élévations hémisphériques ou coniques , formant des rangées transversales plus ou moins rapprochées. Le déve- loppement de ces tubercules varie beaucoup selon les races ; il y en a qui sont à peine sensibles, tan- dis que d'autres sont extrêmement prononcés. Leur couleur est souvent aussi très-différente de celle de la peau : ils sont d'un rouge fleur de pêcher dans le Saturnia carpini ; d'un bleu d'azur dans le SaLuiiiia pyri ; d'un jaune orangé dans le spiiii, etc. Ou doit encore considérer comme des tubercules très-alloniiés ces ]^rolongemens latéraux que nous désignons sous le nom A appendices pédijbrnies , et que l'on re- marque chez les chenilles de Lasiocnmpa. Ces ap- pendices sont préhensiles , et les espèces qui en

INTRODUCTION.

sont pourvues en font usage pour se coller plus étroi- tement le loni> des tiges. Ils ressemblent si bien à des pattes membraneuses, qu'au premier coup dVeil on les prendrait pour telles. Plusieurs cbenilles exotiques de la tribu des Cocliopodes offrent vers la base des pattes des prolongemens encore plus remarquables. 11 en est quelques-unes cbez qui ces appendices sont al- longés comme des pattes de mygales, et qui, parla forme raccourcie de leur corps , ressemblent presque à certaines espèces 'l'Araclinides.

Pour terminer ce qui a rapport à la vestiture des cbenilles , il nous reste encore à parler des épines. Ces appendices sont à peu près, pour le zoologiste, ce que sont les aiguillons pour le botaniste , c'est-à- dire qu'ils ne diffèrent des poils que parce qu'ils sont plus gros, plus durs , d'une consistance cornée et plus ou moins rameux. Ils appartiennent en grande par- tie aux Rhopalocères , particulièrement à ceux de la tribu des Nymphalides ; cependant quelques genres d'Hétérocères en sont également pourvus. Les es- pèces du genre lo ont sur tout le corps des épines pennées ou verticiliées, qui en pénétrant dans les doigts y occasionnent une cuisson analogue à celle des orties. La chenille du Cerocampa regalis ( Bombyx laocoon Cramer) porte derrière la tête et sur les pre- miers segmens une couronne de longues épines ro- bustes^ qui lui a valu dans l'Amérique septentrionale le nom de diable corna du platane. Elle est fort re- doutée du vulgaire, à cause de son attitude mena- çante et de ses épines qui passent pour occasioner une piqûre très-douloureuse ; mais, d'après l'observation de M. John Leçon te , elle est aussi innocente que les autres chenilles.

INTBODUCIION. ^3

Dans les ij,enres Vanessa^ Argymiis ^ Melitœa^ Acrœa , Limenitis , Cethosia , Periclromia , Helico- nia ^ etc., etc., toutes les chenilles sont épineuses. Outre les épines, leur peau est ji^arnie çà et de quelques poils plus ou moins apparens, et les épines elles-mêmes sont velues. Quel<[uefois ces dernières sont simples, mais le plus ordinairement elles sont garnies de poils ou d'épines secondaires. Chez la plupart des Vanessa elles sont égales ; chez les Argjnnis le second anneau en porte deux moitié plus longues que les autres , et dirigées en avant comme des antennes. Celles des 3felitœa sont cour- tes, réduites en partie à des tubercules coniques hérissés de poils raides. Dans ces qenres ^ tous les anneaux offrent des épines ; mais il y a des espè- ces , telles que les Limenitis misippus , arteniis , Ur- sula , etc. , elles n'existent que sur certains seg- mens et sont disposées par paires comme les prolon- gemens tentaculiformes des /)a/iai5 et des Euplœa.

Plusieurs autres genres de la nombreuse tribu des Wjmphalides n'ont des épines que sur la tète. Chez les Çharaxes il y en a quatre, qui forment une espèce de couronne ; deux chez les ylpatura , etc. Quelques espèces de Bombycines , qui ont des épines -dans leur jeunesse, les perdent en changeant de peau pour la dernière fois ( Aglia tau^ Botnbyx erjthrinœ ).

La distribution des couleurs des chenilles varie au point qu'il est difficile de rien dire dégénérai à ce sujet. Cependant, la nature ayant toujours pour but la con- servation de l'espèce, lésa le plus souvent colorées, de manière à les dérober aux recherches de leurs nom- hrçux ennemis. A celles qui, comme la plupart des Çatocalaj des llomoptera , des Lasiocampa , onLl'ha-

44 iNxr.onuCTiON.

bitudo fie se tenir collées contre les tiges , elle a donné la couleur des écorres ou des lichens. Celles qui ont été destinées à vivre de feuilles ont reçu généralement unenuance analogue à celle de ces dernières. D'autres, comme celles de beaucoup de CucuUia et de Clœo- phana , offrent tout à la fois la couleur des feuilles et celle des fleurs. Les Géomètres ont été le mieux par- tagées de toutes , sous le rapport de la teinte et de la forme ; la plupart ressemblent tellement à des pétioles de feuilles ou à des petites brandies sèches qu'elles échapj>ent facilement aux investigations des oiseaux insectivores. Les espèces qui habitent l'intérieur des tiges [Nonngria^ Hepialus ^ Sesia ^ etc.), ou dans des fourreaux portatifs ( Psyché , OEceticus , Tjplionia ) , sont d'une couleur blanchâtre pâle. Celles qui vivent dans la terre, comme des Lombrics ( A gratis , Noctua poJyodon , ccspiîis , infesta , di- djma ^ etc.), ont d'ordinaire une teinte bleuâtre terreuse.

La couleur propre à chaque espèce est beaucoup plus constante, c'est-à-dire que généralement tous les individus d'une même espèce sont de la même couleur. Cependant il existe de nombreuses excej)- tions; il en est certaines dont les individus présentent les nuances les plus opposées : on voit des Tripliœna pro«MZ>a d'un vert tendre , et d'autres d'un gris noi- râtre. La Noctua brassicœ des auteurs oflre encore un plus grand nombre de variétés. Les chenilles des Deilephila elpenor^ nerii ^ celevio ^ sont tantôt vertes et tantôt noirâtres. Enfin il y a des espèces l'on trouverait à peine deux individus de la même nuance. La couleur varie encore chez les chenilles à leurs dif- fércns âges : lorsqu'elles sont adultes, elles sont quel-

INTr.ODUCTlON. 4^

quefois Irès-difrércntcstlc ce (juellcs étaient en sortant de l'œuf. Souvent aussi , ior8(|u'elles sont sur le point de se métamorphoser, elles prennent une teinte autre que celle qu'elles avaient auparavant , mais presque toujours jjlus terne. Les poils et les épines va- rient sous ce rapport comme la peau elle-même. La chenille de YOi'gja pudibunda est tantôt d'un beau vert pomme , et tantôt d'un gris enfumé, avec les poils de la même couleur; celle de Vanliqua a tantôt les brosses dorsales jaunes, noires, grises ou blanches, etc.

Le dessin est plus constant que les couleurs; il peut varier pour la teinte , mais les taches ou les raies qui le constituent occupent toujours la même place, ou, si elles viennent à s'etlacer ou à être absorbées par la couleur du fond , il reste toujours certains traits caractéristiques.

Dans une infinité d'espèces on observe de chaque côté , à peu près à la hauteur des stigmates , une raie longitudinale ordinairement d'une autre teinte que le reste du corps. Surlevaisseaudorsalilexisteaussi pres- que toujours une raie plus ou moins marquée , tantôt plus pâle et tantôt plus colorée que le fond. Entre cette raie et celle latérale on en voit quelquefois une ou deux autres parallèles et plus ou moins larges. Chez d'autres le dessin forme, sur le dos, des espèces de chevrons dont la concavité est tournée tantôt en avant et tantôt en arrière. Beaucoup de Noctuélides oflient en dessus et sur chaque anneau , quatre points obscurs formant un carré ou un traj^èze, etc. La plupart des Sphinx ont de chaque côté sept bantlcs obliques. Les côtés, dans une partie des Deilephila ^ sont variés de taches de couleurs vives. Une section du même genre offre à

4('> INTRODUCTION.

la même place, sur les premiers anneaux, des taches oculaires.

Généralement le dessin est assez semblable dans les esj)èces voisines d un même genre; mais il existe quelques exceptions , et deux expèces aussi voisines que les Pieris brassicœ et rapœ , et les Lithosia corn- plana et complanula sont produites par des chenilles qui n'ont aucun rapport entre elles. On voit quelque- fois le contraire; par exemjîle , les chenilles des lYoc- tua basi/i/iea , gemina et riirea se ressemblent telle- ment , que l'œil le plus exercé ne les distingue qu'avec peine , tandis que personne ne confondra les insectes parfaits. Nous pourrions dire la même chose de la Diphtera orion avec la chenille du Liparis salicis.

Avant de se transformer en chrysalides , les che- nilles subissent difïérens changemens de peau que l'on appelle mues. Ces dépouillemens sont plus ou moins nombreux selon les races : les Rhopalocères en éprou- vent ordinairement trois ou quatre; la plupart des Hétérocères quatre, sauf quelques espèces velues chez lesquelles on en compte jusqu'à sept ou huit.

La peau d'une chenille est en effet une espèce de membrane épidermoïde qui n'est douée que d'un cer- tain degré d'extensibilité , et on conçoit facilement que l'animal ne pourrait être renfermé jusqu'au terme de son accroissement dans cette enveloppe presque rigide. Le phénomène qui en résulte a la plus grande analogie avec la mue des animaux supérieurs, avec cette difïé- rence cependant que cLez ceux-ci les poils ne tombent pas, tandis que chez les chenilles ils disparaissent avec l'enveloppe générale. Cette différence tient à ce que dans les uns ils sont adhérens au tissu de la peau et traversent l'épiderme , et que dans les autres , ce

INTRODUCTION. ^n

tissu n'existe pas, ils sont immédiatement implantés sur la membrane léiaimentaire ; tle sorte que chaque dépouille d une chenille est si complète, qu'on la pren- drait pour la chenille elle-même. Il n'est pas jusqu'aux palpes, antennes et mâchoires qui ne s'y retrouvetit entièrement. On peut tondre une chenille velue, et après la mue elle sera toute aussi garnie de poils qu'auparavant. Il n'en est pasde même des espèces épineuses, parce que les épines sont des appendices charnus garnis de poils , qui se dépouillent comme les tubercules des Saturnia et la corne des Sphingides.

La chenille, avertie par un instinct particulier que le moment de la mue arrive pour elle, se prépare par la diète supporter cette crise. A mesure que celle-ci s'approche , les couleurs s'affaiblissent , de- viennent ternes ou livides , l'ancienne peau se flé- trit, et se fend au-dessus du dos sur le second ou le troisième anneau. La chenille, pour sortir de cette enveloppe, dégage d'abord la partie antérieure de son corps, puis la partie postérieure. Cette ojîération , toute pénible qu'elle est , est souvent terminée en moins d'une minute. Les individus qui viennent de changer de peau sont très-reconnaissables, leur couleur est beaucoup plus fraîche, et souvent leur dessin diffère totalement de ce qu'il était auparavant. Le nombre des mues varie peu dans une même espèce, et peut- être même clans l'état sauvage est-il toujours constant. Mais chez quelques ciienilles velues , que l'on élève en captivité, il peut être augmenté ou diminué par une nourriture plus ou moins abondante.

L'accroissement des chenilles est plus ou moins rapide selon les races , l'espèce de nourriture qu'elles prennent et l'époque de l'année. Celles qui vivent

4!S INTRODUCTION.

p_^e plantes succulentes se développent beaucouji plus vite que celles ([ui se nourrissent de grami- nées ou de lichens. Ji -y en a une infinité qui ne mangent que la nuit, et qui restent tout le jour dans l'engourdissement ; d'autres qui ont l'appétit si voiace qu'elles mangent presque constamment , et qui, ajirès quinze jours d'existence , sont arrivées à leur entier développement. Celles du Cossus ligni- perda , de la Chelonia matronula ^ vivent trois ans , c'est-à-dire qu'elles passent trois hivers avant de se changer en chrysalide. Beaucoup de nos espèces eu- ropéennes sortent de l'œuf à l'automne ou à la fin de l'été, mangent jusqu'à l'approche de la mauvaise sai- son , passent l'hiver dans 1 engourdissement , se ré- veillent dès les premiers beaux jours, et subissent leur métamorphose au printemps ou au commen- cement de lété. Plusieurs autres , qui éclosent à cette dernière époque , tombent en léthargie dans le courant de juillet ou d'août, et restent dans un état de mort apparente jusqu'au printemps sui- vant, qu'elles se réveillent et continuent de se déve- lopper.

M. Vaudouer, de Nantes, a publié, dans les Annales de la Société Linnéenne de Paris , un mémoire très- intéressant sur la léthargie des chenilles, des yJrgyunis dia et euphrosjne. Ky;\Bi fait pondre dans le courant de mai une femelle à' Eiiphrosyne^ il en obtint une cer- taine quanti d'œufs, d'où sortirent bientôt des petites chenilles épineuses qu'il nourrit avec de la violette odorante jusqu'à la fin de juin. A cette époque elles cessèrent de manj^er, et restèrent pour la plupart dans l'engourdissement jusqu'aux approches du printemps. Quelques-unes seulement se réveillèrent au commence-

INTHOorCTION. /^q

ment d'août , se mirent à manger avec assez d'avitlité , changèrent tic peau pour la quatrième et cin<|uième fois, et devinrent insectes parfaits à îa lin du même mois. La même expérience, faite sur les chenilles de dia^ donna le même résultat. L'observation de M. Vau- douer explique parfaitement ])ar quelle raison les jérgynnis en question sont si communes au prin- temps, tandis qu'on en rencontre un si petit nombre au mois d'août.

La plu])art des chenilles vivent solitaires sur dif- férentes plantes; mais quelques espèces, surtout parmi les Bombycines , vivent en sociétés ou fa- milles plus ou moins nombreuses , soit pendant leur jeunesse , soit pendant toute leur vie. Ces dernières proviennent des œufs d'un même papil- lon, qui ont été déposés les uns auprès des autres ou entassés les uns sur les autres pour former une espèce de nid. Les petites chenilles éclosent presque toutes dans les vingt-quatre heures , et continuent de vivre ensemble aussi long-temps que leur instinct le leur prescrit. Les unes ( Orgya antiqua , Liparis dis- par ^ etc. ) se sé])arent peu de jours après leur nais- sance; les autres {Liparis chrysorrhœa ^ Bombyx castrensis , neusiria ^ etc.) filent une tente commune qu'elles habilent jusqu'à leur dernière mue , époque à laquelle elles la quittent pour ne plus y rentrer ; d'au- tres, comme celles de beaucoup de Vanessa^ demeu- rent en famille jusqu'au moment de leur transforma- tion en chrysalides. Enfin , quelques espèces [Bombyx processioiiea^ J ponomeutapadella, euonyniella^ etc.), non-seulement vivent en société l\ l'état de chenille, mais restent encore toutes ensemble sous la forme de chrysalide.

LKi'tDorri'iîr-.s , tome i. 4

5o INTRODUCTION.

Certaines chenilles solitaires, dont l'organisation est telle qu'elles ne peuvent supporter le contact de l'air, se fabriquent des petites cellules de soie dans lesquelles elles subissent leur métamorpliose. Parmi ces dernières , généralement de très-petite taille , les unes fixent leut habitation à demeure au milieu d'une nourriture assez abondante pour leur suffire pendant toute leur vie; les autres, comme beaucoup de Ti- néides, les Psyché , les OEceticus , les Tjphonia^ etc. , se construisent une espèce de fourreau portatif qu'elles promènent partout avec elles , en laissant seule- ment sortir leur tête et leurs pattes écailleuses , qui sont les parties les moins impressionnables de leur corps. Ces fourreaux , que Réaumur a comparés à des manteaux ou à des robes à falbalas, sont tantôt com- posés de soie pure {Tinea sarcitella) ^ tantôt garnis de grains de pierre et de sable agglutinés qui leur donnent l'apparence d'une petite coquille ( Typhonia higuhris ) , quelquefois recouverts de brins d'herbes placés longitudinalement {Psyché graminella ^ etc.) , ou de morceaux de feuilles imbriqués les uns sur les autres , ou même de brins d'herbes rangés transversa- lement {Psyché ajjiformis ) , etc.

A l'exce])tion d'un grand nombre de Tinéides qui vivent aux dépens de nos pelleteries , de nos étoiles de laine, du cuir, ou des matières grasses, toutes les dienilles se nourrissent de végétaux, et, depuis la racine jusqu'aux graines, aucune ]xirtie n'est à l'abri de leurs attaques ; cependant la plupart des espèces préfèrent les feuilles. Les plantes les plus acres et les plus vénéneuses, telles que les euphorbes, les aco- nits, ne sont pas plus épargnées que les espèces in- sipides. Les races qui rongent les racines sont peu

T\TKODUCTION.

multijiliées , on ne cosinaît p,U(jies en Europe que les IJepinlus ^ les Cramhus ei quelques Noctuclides qui soient claiis ce cas. Celles qui vivent dans l'intérieur des tiges qu'elles rongent , sont plus nombreuses ; telles sont les Cossus ^ les Zeuzera ^ les Endagria^ les Stvgia , les Sesia , les Nonagria ^ plusieurs Noc- tuélides et Tinéides. Les Ciyptophasa de la Nou- velle-Hollande, d'après Lewin, se creusent dans l'intérieur des arbres des retraites qu'elles ne C[uit- tent que la nuit pour aller ronger les feuilles , etc. Celles qui font leur nourriture de la pulpe des fruits ne sont pas très-nombreuses ; certaines Tor- tricines, qui rongent les fruits à pépins ou à noyau, sont à peu ])rès les seules. Enfin, les espèces qui mangent les graines sont beaucoup plus commu- nes , la T'mea gvanella , les Noctuélides capsulaires , plusieurs Bolys , etc., sont du nombre; en général, après les feuilles, ce sont les fleurs que les chenilles j)réfèrent.

Pendant long-temps on a cru que chaque plante nourrissait une espèce particulière de chenille, mais cette erreur ne subsiste plus que chez les personnes qui n'ont pas les plus légères connaissances en ento- mologiie. La même espèce vit souvent sur vingt arbres différens, et le même arbre nourrit quelquefois plus de cinquante chenilles diverses ; ainsi, par exemple , la chenille de la Livrée vit sur tous les arbres frui- tiers et forestiers.

Quelques espèces s'accommodent à la fois de toutes les plantes basses, ou des arbres indistinctement; mais généralement celles qui vivent sur ces derniers n'attaquent pas des plantes herbacées; certaines es- pèces, au contraire, telles que les Chelonia caja,

4.

'jCt INTnOnUCTION.

purpurea^ qui sont ])ropres à ces derniers végé- taux , se nourrissent aussi très-bien du feuillage de certains arbres ou arbrisseaux. Il s'en faut cepen- dant beaucoup que toutes les clienilies soient poly- pbages ; dans une infinité de cas au contraire nous trouverons que l'bistoire des Lépidoptères se lie intimement à celle des véi^étaux ; nous verrons cer- tains genres ou certains groupes correspondre à telle famille , ou à tel genre de plantes , et quoique la con- naissance des clieniiles soit encore très- imparfaite pour les contrées hors de l'Europe, iepeude données que nous possédons nous mettra quelquefois à même de démontrer cette connexion. 11 n'y a pas de plante peut-être qui ne soit attaquée par quelques chenil- les dans les lieux elle croît naturellement; mais, transportée dans un autre ]>ays, elle ne sert de nour- riture à aucune, à moins toutefois qu'elle n'ait une grande analogie avec les cs[)èces indigènes. Ainsi les arbres exotiques cultivés en Europe;, tels que le ro- binia faux-accacia, le tulipier, le ])latane, le noyer, le marronnier d'Inde, l'arbre de Judée, le mûrier, etc., ne servent de pâture à aucune de nos chenilles euro- ]>éennes, tandis que dans leur pays natal ils sont souvent dépouillés de toutes leurs feuilles. Mais lorsqu'un arbre fait partie d'un genre qui se trouve dans le pays il a été transporté, il cesse d'être épar- gné. Tous les peupliers et les saules de l'Amérique septentrionale, que l'on a multipliés en Europe, ne sont pas plus exem])ts de la voracité des cheniiles (|ue nos Salicinées indigènes.

Il ne suffit pas néanmoins qu'une plante ;, ])ropreà telle espèce, croisse dans un pays poiu' que le Lépi- doptère correspondant s'y trouve, il faut encore que

INTIIODUCÏION. 53

le climat convienne h ce dernier. Ainsi, le micocou- lier, le cyprès, le lentisque, (fui se sont acclimatés aux environs de Paris , ne nourrissent point, à cette latitude, les JAhylhca celtis ^ Lasiocampa liiieosa^ Xylinii lapiilea , Ophiusa lirrliœa , Eurhipia adula- tri x^ etc.

Le peu de matériaux que nous possédons sur les chenilles exotiques, cond'int; avec ce que l'on connaît des espèces européennes , nous fournit ])Our beaucoup de groupes dos analogies qui nous mettent plus ou moins sur la voie de la vérité. Ainsi les Papilio du groupe de machaofi , tels (.[\x alexanoi\ xuthus , asterias , vivent sur les ombeîlifères. Ceux de l'Amé- rique septentrionale , si remarquables parleurs taches fauves , vivent sur les lauriers, particulièrement sur le sassafras. Ceux du groupe àe thons , ou de celui à'agauus , et autres espèces à taches rouges de l'Amé- rique du sud, se nourrissent sur les orangers ; tous les autres groupes propres soit à l'Afrique, tels que ni/eus et es])èces voisines, soit à l'Asie, comme hecLoi\ poîjodorus^ habitent aussi Y^i'esque tous sur ces mêmes arbres ou sur les aristoloches.

Les Thais sont aussi toutes propres aux aristolo- ches ; les Parjiassius aux saxifrages.

Si nous passons à la famille des Piérides, nous voyons (jue le genre Pieris en particulier vit ])rcsque exclusivement sur les crucifères , les résédacées, les capparidées ou les tropéolées. Les vrais 60 /"W habi- tent sur les légumineuses herbacées ; les CalUdryas et les Je/m.jrecherclient , au contraire , les légumi- neuses arborescentes.

La tribu des Lycénides , si diversifiée et renfermant

54 INTRODUCTION.

une grande quantité de races , est répandue sur une infinité de plantes de genres différens.

Celle des Danaïdes est propre aux Asclepias , Ne- rium^ Cynanclie , Apocynum et autres plantes delà même famille.

Les Héliconides , d'après les observations de M. Mac-Leay fils , vivraient sur les Passiflorées , fa- mille de plantes abondante dans l'Amérique du sud; mais qui , de même que le genre Heliconia , ne se re- trouve pas dans les autres parties du monde.

Nos Argjnnis d'Europe se nourrissent de violettes. Quant aux espèces exotiques qui forment des groupes qui s'en éloignent plus ou moins , il est à croire qu'elles vivent sur d^1utres plantes.

Les J^anessa constituent plusieurs races , dont les unes vivent sur les plantes basses et les autres sur les arbres.

La grande série des Nympbales , la plus nombreuse des Rbopalocères, paraît vivre exclusivement sur les arbres, et cbacun des groupes qui la composent sem- ble avoir choisi une famille de plantes. Nous voyons les Limenitis habiter sur les chèvrefeuilles ; les Apa- tura et les Njmplialis sur les saîicinées, etc. Toutes les chenilles connues des Satjrus se nourrissent de graminées.

Nous pourrions étendre ces généralités aux Hétéro- cères , et montrer que bien que ce soit surtout parmi eux que se trouvent les chenilles véritablement po- lyphages, une infinité de groupes, soit parmi les Zygénides , les Sphingides, les Bombycines ou les Noctuélides , soit parmi les Géomètres, sont pro- ])res à telle ou telle famille de plantes ; par exem- ple^ nous verrions qu'une partie des Cucullia se

INTIIODLCTION. 55

nourrit de rerbasciim ., qu'un autre i^ioiijic habite sur les aitemisia^ et qu'un troisième vit Je coryiiij^if'ères et Je chicoracées , etc. Mais, comme nous traiterons cette partie avec détail lorsqu'il sera c[uestion Je chaque genre, il est assez inutile J'étendre cette re- vue , et nous allons maintenant jeter un coup J'œil ra- pide sur le second état JesLépiJoptères.

État de chrysalide.

Lorsqu'une chenille est arrivée à son entier dévelop- pement, elle cesse de manger comme aux appro- ches d'une mue, elle se raccourcit, se décolore, de- vient terne , livide ; si elle est gibbeuse , ses bosses s'absorbent, disparaissent, et, après avoir trouvé un endroit convenable, elle se dépouille de sa peau et passe à l'état de chrysalide. Dans cet état intermé- diaire entre la chenille et le Papillon , sa forme est entièrement changée et ne ressemble plus en rien à ce qu'elle était auparavant. C'est un être qui respire à peine, dépourvu de tout organe propre à prendre de la nourriture , et immobile comme la graine d'une plante. Cependant;, en l'examinant avec attention à une cer- taine époque, on voit à travers son enveloppe une partie des formes du Papillon qu'elle renferme, et qui semble être emmaillotté. C'est pour cette raison c[ue quelques naturalistes ont donné le nom depow- j5ee, piipe onpiipa, aux nymphes des Lépidoptères^ en faisant allusion h cet emmaillottement ; mais celui de chrysalide a prévalu , quoique inexact dans la plu- part des cas.

Une partie des chrysalides sontcylindrico-coDiques,

56 IJNTKODLICTIOIN.

les autres anguleuses, et leur forme i^énérale est en même temps plus ou moins conique.

Dans les chrysalides on distingue : l'enveloppe de FaLdomen , composée de neuf segmens ou an- neaux correspondans à ceux du corps de l'insecte parfait, tous visibles seulement en dessus, attendu qu'en dessous les trois premiers sont recouverts jiar l'étui des ailes ; l'enveloppe de la tête^, comprenant les yeux , les antennes et la trompe, qui sont renfer- més chacun dans un petit étui à part ; l'enveloppe du tliorax; l'envelopiie delà poitrine et des pattes^ enfin celle des ailes. Outre cela, chacun des anneaux, moins l'avant-dcrnier , oiire les mêmes stigmates que la che- nille. Quant au neuvième, qui était placé sur le pre- mier anneau de la larve, il se retrouve entre l'étui des antennes et l'enveloppe du thorax. L'extrémité pos- térieur(.' des chrysalides, ou vulgairement la qucue^ est , dans beaucoup de cas , armée d'une pointe sim- ple ou double, souvent recourbée en crochet ou accom- pagnée de soies raides et crochues.

Les bords des anneaux sont quelquefois garnis de petites pointes ou épines symétriques qui les rendent scabres [Cossus^ Scsia , Zeuzera^ etc.); ailleurs de petits bouquets de poils ( Orgja , Liparis inonacha^ clispar ^ sa liais ^ etc.) ^ de couleur autre que ceux de la chenilîe, quelquefois leur surface entière est ru- gueuse ( une infinité de Papilio) , ou parsemée de points enfonces .beaucoup d'Hétérocères) ; mais dans la majeure partie des espèces elle est unie.

La forme des chrysalides est très-variable dans les Rhopaiocères , et elle ofïre souvent de bons caractè- res génériques ; dans les Hétérocères elle est ])eaucoup plus constante; l'extrémité antérieure est o]>tuse,le

INTUODUCTION. Ôy

tronc est cylindrique, et la partie postérieure ou ab- dominale se rétrécit insensiblement en cône. Les étuis sont aussi parfois un peu modifiés dans quelques races. Ainsi , dans les Sphinx de la division de con- i'oh'idi ^ carolina ^ cingufata ^ ligustfi ^ etc., bipar- tie antérieure de l'étui de la tête et de la trompe se prolonge en une longue gaîne re])liée sur elle-même. Dans les Dianthœcia l'enveloppe des ailes forme un prolongement saillant, obtus, qui s'avance sur la poitrine comme une espèce de buse. Dans les Cu~ cullia , les clœopliana , les pattes postérieures sont renfermées dans une longue gaîne ;, détachée et plus ou moins grêle, c[ui s'étend quelquefois au delà de la c[ueue de la chrysalide. Chez les Adelocephala de l'Amérique septentrionale, les derniers anneaux de l'abdomen sont aplatis et comprimés. Dans les Psyché la chrysalide du mâle est de forme ordin;;ire, et celle de la femelle est renflée en barillet comme la nymphe d'un Diptère. Rien de plus variable que la manière dont se termine la ]>oinle anale, même dans les espèces voisines , sous le rapport de la forme et du nombre des soies qui l'accompagnent ;, etc.

Parmi les Rhopalocères les formes sont beaucou]) plus bizarres. Une infinité de chrysalides de cette di- vision sontanguleuses ou hérissées de pointes coniques; les autres étranglées , etc. Quelques-unes ont la tête tronquée et coupée carrément [OrniLhopteva^ Papilio)^ ou simplement tronquée ( Thaïs ) ; d'autres ont la par- tie antérieure terminée en pointe (beaucoup de Pie- ris ) ; beaucoup portent sur le dos deux rangées de pointes coniques ( Vcuiessa , Avgynnis , etc. ) ; quel- ques-unes ont la tête bifide (quelques Vanessa^ ylr- gynnis)^ ou prolongée en deux oreilles [ Limeuitis y

58 INTRODLCTÎON.

Peridromia); les unes sont droites [Pleris) ^ les autres arquées et en nacelle {Callidryas ^ Lcuco- phasia ^ Aîithocaris); beaucoup sont courtes , ren- flées , cylindroïdes ( Charaxes , -Arge , Danais , Eu- plœa); quelques-unes comprimées en carène sur le dos {Apatura ) , etc.

La couleur des chrysalides des Hétérocères est ordinairement le brun ou le testacé ])lus ou moins rougeàtre , avec toutes les nuances intermédiaires. Cependant, chez quelques espèces dont la coque se réduit à quelques fils lâches et qui sont expo- sées à la lumière , il en est plusieurs c[ui ont une teinte différente. Ainsi celle du Liparis \>. nigrum est d'un beau vert, avec une espèce de raquette noire sur la poitrine; celle du Liparis rnonachn d'un bronzé cuivreux ; celle de Ja Zerena grossidariata est annelée de jaune et de brun , etc. ; celles des Catocala et c;enres voisins , de même c[ue celles de la Cosniia ajjinis et de plusieurs autres espèces, sont recouvertes d'une efflorescence d'un bleu glauque ou pruineux.

Les chrysalides des Rhopalocères sont de couleurs plus variées et ornées d'une manière plus brillante. Quelques-unes sont d'un vert jaunâtre , ou blanches émaillées de noir {Pieris ), ou d'un vert tendre {Apa- tura, Charaxes^ etc. ). Il en est qui ont des taches ou des bandes d'or bruni {Vanessa cardai^ limitera, atalanta) ; d'autres des points d'or ou des bandes formant des cercles sur l'abdomen {Panais); cer- taines sont entièrement recouvertes de cette cou- leur splendidc , de sorte qu'elles ressemblent à une bulle d'or (quelques Eiiplœa). On en voit aussi qui ont des taches d'argent ( F^anessa volychloros ,

INTRODUCTION, 69

C. album ^ Argyjinis latonia ^ etc.). C'est h cette couleur dorée, que l'on a long-temps prise pour de l'or véritable, qu'est le nom de chrysalide ()^pOcroç, or), appliqué aujourd'hui par extension à la nymphe de tous les Lépidoptères.

Dans la plupart des chrysalides les anneaux de l'abdomen sont mobiles les uns sur les autres , et elles peuvent imprimer à cette partie du corps des mouve- mens dans tous les sens, lorsqu'on les touche ou qu'elles sont inquiétées par quelque insecte importun. Celles des Anthocliaris , de la plupart des Lycénides et de beaucoup de Lilhosides, etc. , ont les segmens soudés et plus ou moins réunis, et forment ainsi une exce[)lion à la règle générale.

Dans quelques races d'Hétéroçères à métamorpho- ses endophy tes ou hypogées, telles c[ue les Cossus, Zeuzera , Sesia, Noctua , Geometra , etc. , il y a une véritable locomotion. Ces nymphes, par un instinct qui leur est propre, prévoyant que dans beaucoup de cas l'insecte parfait ne ])Ourrait sortir de sa pri- son sans déchirer ses parties délicates , se rappro- chent peu à peu par une espèce de ramper de l'ou- verture qui doit livrer passage au Papillon. Chacun a été à même d'observer, sur les peupliers , les ormes et autres arbres , l'enveloppe de la chrysalide du Cossus ligniperda , de la Zeuzera œsculi et de la Sesia apifbrmis , à moitié sortie à travers les écor- ces. Avant l'époque de l'éclosion, ces chrysalides sont souvent à plus de six pouces de l'ouverture en question. Elles montent ainsi dans l'intérieur des arbres à l'aide des petites pointes qui garnis- sent les segmens de l'abdomen. Celles qui habitent le sein de la terre , et qui se trouvent quelquefois à

6o INTKODUCTION.

plus (le six poLicts fie profondeur , diixnl ordinaire- ment dépourvues de ces petites pointes, emploient un autre moyen : avec la ]Dartie antérieure de leur tête elles se fraient peu à peu un passage en faisant mou- voir les anneaux de l'abdomen en différons sens.

La durée de l'état de chrysalide est très-variable selon les races , et elle est d'ailleurs subordonnée à la grosseur relative, à l'époque de l'année et à la tem- ]>érature. Généralement les petites espèces restent moins long-temps dans cet état que les grosses , mais îc contraire a lieu quelquefois , et nous pourrions ci- ter une foule d'exceptions. On explique ce fait par la transpiration qui est nécessaire pour qu'une chrysalide ]uiisse arriver à maturité , et par l'évaporation des flui- des, qui s'onère plus vite chez les petites que chez les grosses. On attribue au même phénomène rinJluence que les différentes époques de l'année ont sur le plus ou moins de ]n'olongation de l'état de nymphe. Ainsi , telle espèce ne mettra que quinze jours à se dévelop- per au milieu de l'été, parce que la chaleur augmen- tera la transpiration, tandis que transformée à l'au- tomne elle n'éclorra qu'au printemps, les liquides ne s'évaporant presque pas pendant l'hiver. Les exj^érien- ces de Réaumur, qui a retardé l'éclosion, soit en ver- nissant une chrysalide , soit en la tenant dans une gla- cière pendant Tété, et qui l'a hâtée par une chaleur artificielle, prouvent incontestablement que l'évapo- ration plus ou moins prompte de ce fluide joue un grand rôle dans l'effet dont nous ])arlons. Mais, pour que les expériences de ce grand observateur fussent tout-à-fait concluantes, il faudrait que toutes les chry- salides provenant dune môme ponte ;, métamorpho- sées dans les mêmes circonslances, donnassent leur

INTRODUCTION. 6l

inscclc nnrfail; à la mcnic cpotpie; c'est jiréciscraent ce qui n arrive pas toujours, et le retard rjui a lieu est un phénomène inexplicable dans l'état actuel de nos connaissances physiologiques, et tout-à-fait ana- logue à Tétat léthargique des chenilles des ArgjnJiis (lia et euphrosyne , dont nous avons parlé dans le pa- ragraphe précédent.

Si l'on élève de l'œuf une ponte des Notocîonta toiva , ziczac , tvifophus , des Deilephila euphovhiœ , et d'une foule d'autres espèces, la majeure patie des chrysalides se développera au mois d'août , tandis que l'autre n'éclorra qu'à la fin du mois de mai de l'an- née suivante ;, à la même époque que celles pro- venant de la seconde ponte et métamorphosées en octobre. On remarque aussi parmi les chrysalides de nos pays , qui passent l'hiver pour se déveloj<per l'année suivante, un phénomène analogue. Celles à\x Satuniia pyri , du Deilephila cupliorhiœ , etc., éclosent ordinairement au printemps ; mais il arrive très-fréquemment qu'une certaine quantité restent dans un état d'engourdissement jusqu'au printemps de l'année suivante , ou même jusqu'au printemps de la troisième année, et passent ainsi trois étés et trois hi- vers sous l'état de nymphes. Jusqu^à présent on n'a- vait observé ce phénomène que dans les Hétérocères, mais il a aussi lieu chez les Pihopalocèrcs. La Tliais niedcsicaste en offre un exemple bien remarqual)le. Une partie seulement des chrysalides de cette espèce éclot au printemps de l'année qui sait la métamor- phose, tandis que l'autre reste dans l'engourdisse- ment, malgré la chaleur du climat , jusqu'au prin- temps de la seconde année.

La transpiration ne peut nous fournir l'explication

G>. INTRODUCTION.

de ces variations , à moins que l'on admette un état létliargique chez les chrysalides comme chez les che- nilles , pendant lequel cette fonction serait à peu près suspendue , et nous ne sommes pas éloignés dele sup- poser. Nous n'en admirerons pas moins la prévoyance de la nature qui , craignant d'exposer une espèce en- tière à sa destruction, en plonge une partie dans une léthargie profonde , tandis qu'elle permet à l'autre de se développer.

Quoiqu'il soit difficile de rien préciser pour l'éclo- sion des chrysalides , on peut dire que dans nos cli- mats l'évolution des Rhopalocères a lieu au bout de douze à vingt-cinq jours, et de sept à quatorze dans les régions intertropicales. Celle des Hétérocères (qui ne doivent pas passer l'hiver) est beaucou]) plus variable. Il y en a qui ne restent que huit jours à l'état de nym- phe , et d'autres quatre ou cinq naois. Rœsel a même vu une Plusia gamma qui sortit de sa chrysalide le lendemain de sa métamorphose, et nous avens ob- servé un fait analogue chez un individu de la Chry- soptera mo/ieta^ qui , après trois jours de métamor- phose, nous a donné un insicte ])arfiit.

La manière dont les chenilles se changent en nymphe varie beaucoup selon les races. 11 en est qui, comme celle appelée vulgairement uer à soie ^ filent des coques pour envelopper leur chrys.ilide, tandis que d'autres , comme la plupart de celles des Rhopalocères, sont tout-à-fait nues. Ces der- nières ont trois modes diîiérens de se métamorpho- ser, et c'est d'après eux qu'est établie une partie de notre méthode. Chez les unes, que nous nom- mons succemt.es , la chrysalide est fixée par la c£ueue et par un lien transversal en loriîie de ceinture

IXTP.OnUCTION. 63

[Papilio, Pieris , Colins, Thaïs , Polyammatus , etc.) sous toiUes sortes d'inclinaisons ; ciicz les autres , que nous appelons suspendues , elle est pendante et fixée seulement parla queue {J anessa, Satyrus , Ar^yn- nis , etc. ) ; enfin cliez les troisièmes, que nous dési- gnons par le nom d^ enroulées ( Hesperia sjvich- f M5, etc. ) , elle est enveloppée entre les feuilles ou dans un léger tissu , et maintenue en outre par plu- sieurs fils transversaux.

Les Hétérocères ont deux modes principaux de se chrysalider ; les uns s'enfoncent dans la terre, et les autres fabriquent leurs coques à sa surface. Kien de plus admirable et de plus varié que l'instinct , on peut même dire l'intelligence, dont leurs cbenilles font preuve pour se mettre en sûreté et se préserver de leurs ennemis. La coque de l'espèce appelée vulgai- rement ver à soie est sans doute une des plus inté- ressantes sous le rapport de son utilité pour nous ; mais d'autres chenilles en fabriquent de beaucoup plus remarquables par leur forme.

Plusieurs espèces se contentent de quelques fils croisés en différens sens, de manière à imiter plus ou moins le tissu d'une toile d araignée (quelques Plusia, Chrjsoptera) ; d'autres se font des coques un peu plus fournies, mais assez transparentes pour laisser voir la chrysalide au travers { Megasoma repandum). La plupart de ces chenilles ajoutent à leur coque quelques feuilles qu'elles replient de manière à suppléer au peu de soie de leur habitation. Quelques autres ( Liparis monacha , dispar^ salicis ^ v. nigrmn , etc.), possèdent une si petite j>rovision de matière soyeuse , que, pour se métamorphoser, elles entrecroisent seu- lement quelques fils auxquels la chrysalide est plu-

G4 INTRODL'CTION.

tôL suspentluc par les crochets de la pointe anale, f[ue maintenue en place ])ar le tissu. Il en est qui, pour rendre leur coque plus ferme et moins trans])arente, l'humectent d'une liqueur jaune qu'elles rendent par l'anus, et qui, en se desséchant, de- vient pulvérulente comme du lyco])odiuni ou de la fleur de soufre [Bombyx neustria , franconica ^ cas- trensis ^ etc ).

Un £^rand nombre de celles qui sont velues , n'ayant que peu de matière soyeuse , trouvent une ressource dans leurs poils , qu'elles s'arrachent ou qu'elles coupent avec leurs mâchoires pour fortifier leur co- que et lui oter sa transparence {Cheloiiia^ Litlwsia^ Bombyx ^ etc. ).

Celles qui sont rases ou qui n'ont ni assez de soie et de poils pour fournir à la construction d'une coque aussi forte qu'elles le désirent, ont recours à des matiè- res étrangères. Les unes lient ensemble les feuilles de !a plante sur laquelle elles ont vécu [Gonopiera libatiix) ; les autres y font entrerdes petits fragmcns de feuilles qu'elles détachent de la ])lante et qu'elles ajustent les uns à côté des autres avec symétrie ( Clœophana linariœ , opaliua^ ustulaia^ etc. ). Quelques-unes de celles qui habitent les arbres descendent le long du tronc, et enveÎ0i)pent si artistement leur coque de petits fragmens d'écorces et de lichens, que l'œd le plus exercé ne peut les distinguer {Dicrauiira^ Bom- byx populi , Harpya milhauseri ^ etc.). Certaines che- nilles qui vivent sur les murs tapissent en entier l'ex- térieur de leur habitation de menus grains de sable ou de petits brins de mousse, de sorte que leurs chrysalides ne se distinguent de la surface sur laquelle elle est fixée que par la petite saillie qu'elle forme.

INTRODUCTION. 65

Celles des Bryophila , qui se nourrissent des li- chens des murailles, se retirent dans une petite ex- cavation de la pierre , dont elles bouchent I entrée avec des fragmens de lichen , et le lieu qu'occupe la chrysalide est exactement sur le même niveau que le reste de la surface.

La nature de la soie varie autant que l'industrie des chenilles. Dans nulle espèce elle n'est plus pure et plus belle que dans le Bombyx du mûrier, le Satumîa mjlitta du Bengale, et la Processionnaire de Madagas- car. Cette précieuse matière pourrait être retirée aussi des coques de plusieurs autres espèces; mais dans la plupart elle est trop peu abondante pour que Ton s'en donne la peine , ou trop grossière pour pou- voir être employée aux usages ordinaires, ou bien en- core tellement mélangée de matière gommeuse que les coques semblent être faites d'une membrane papy- racée , coriace, qui ne ressemble pas plus à de la soie que les nids de certaines guêpes ne ressemblent aux gâteaux de cire des abeilles. Les chenilles des Saturnia sont du nombre, pour la plu2:)art^ de celles qui font une soie grossière, mais abondante. Celle de l'espèce appelée vulgairement Grand-Paon de nuit se construit une coque fort remarquable sous le rapport de Fart, mais si dure , si forte et si gommée, que l'insecte parfait y resterait prisonnier si la che- nille n'avait pris la précaution de laisser une ouver- ture à l'extrémité la plus mince. En examinant cette extrémité, ou mieux en divisant la coque longitudi- nalement , on voit que les fils viennent se réunir à l'ouverture, à la manière des baguettes qui composent les nasses , pour former une espèce d'entonnoir. Cette chenille ne se contente pas d'un seul , elle Li'pTDoi'Trnrs, tome i, "5

G6 INTRODUCTION.

en fabrique|^un second sous le premier, dont les fils sont encore plus serrés et plus forts; on comprend fa- cilement l'usage de ces entonnoirs : ils servent à in- terdire l'entrée de la coque aux insectes rôdeurs ; ils sont pour ces insectes ce c[ue sont les nasses pour les poissons qui en veulent sortir , et ils sont pour l'in- secte parfait ce que sont ces çaémes nasses pour les poissons qui s'y présentent.

La forme des coques est aussi diversifiée cjue la nature de leur tissu. Le plus généralement leur figure approche de l'ovale ou de 1 ellipse-, mais il y en a qui sont parfaitement ovales {Saturnia milytta)^ d'autres qui sont ovales et en même temps un peu cylindri- ques , de manière à ressembler à un gland {Bombyx quercus ) , quelques - unes sont allongées en four- reau presque cylindrique [Lasiocampa). On en voit qui sont fusiformes ( Zygœna) , ou qui ressemblent à des fioles à goulot {Saturnia carpini). Plusieurs ont la forme d'un bateau renversé ( Tortrix quer- cana)^ etc. Leur figure est toujours la même dans chaque espèce, et il y a constamment à cet égard la plus grande analogie entre celles d'un même groupe. Nous verrons souvent, dans le courant de cet ouvrage, qu'elle peut être d'une grande utilité pour réunir naturellement certaines espèces. Celles des Zy- gœna du groupe àe JilipendulcB sont fusiformes, tan- dis que celles du groupe d'occitanica sont tout-à- fait ovoïdes. Celles des Saturnia d'Europe sont en nasse comme nous l'avons dit; celles des Saturnia à ailes falquéessont cylindroïdes, pointues aux deux ex- trémités ; celles d'un autre groupe du même genre {Saturnia luna) sont ovales. Celles des Bombyx de la division de ueusiria sont ovales et saupoudrées

INTRODUCTION. 67

(l'une matière jaunâlre ; dans une autre division du même genre, elles sont ovales et comme cartonnées {Bombyx que/ eus ^ tnj'olii). Toutes celles des i)/cy«- nwa se ressemblent, etc.

La grandeur de la coque n'est pas toujours propor- tionnée à la grosseur de la chenille. Celle du ver à soie est beaucoup plus grosse que celle du Bomhjx quer- cus , et cependant la chenille de ce dernier est deux fois pl'is grosse que celle du premier. La coque du Saturnia pronietlieus est deux fois plus petite que celle du pjri^ quoique les deux chenilles soient à peu près de taille égale , etc.

Parmi les chenilles qui se métamorphosent en terre, il en existe un grand nombre qui ne se donnent pas la peine de s'y fabriquer des coques. Il leur suffit d'être environnées de tous côtés d'une terre ferme. Chez d'autres, les coques sont phitôt des ouvrages de maçonnerie que des coques proprement dites. A l'extérieur elles ressemblent à une petite boule de terre plus ou moins ovoïde, et à l'intérieur elles sont lisses , polies et comme vernissées. En exa- minant attentivement cette dernière surface, on la voit tapissée d'une toile de soie plus ou moins distincte, mais quelquefois si mince qu'on ne peut en aperce- voir la trame qu'en cassant la coque de dehors en dedans. Généralement les grains de terre sont unis par quelques fils de soie et pétris avec une matière gommeuse.

Ce ne sont pas seulement les chenilles qui vivent de plantes basses qui se métamorphosent en terre , une infinité de celles qui vivent au sommet des arbres descendent le long du tronc et s'enfoncent au pied ou à quelque distance, selon (jue la terre qui l'entoure

5.

es TX'TRORL'CTION,

leur paraît plus ou moins convenable pour se chry- salider.

Quelques chenilles cle la division des Succeints ou des Suspendus , qui vivent sur les plantes herbacées (plusieurs Ljcénides ou Satjrides)^ n'attachent point leurs chrysalides comme leurs congénères ; elles s enfoncent à înoitié dans la terre ou sous les débris de végétaux , comme celles de certains Hétérocères , sans faire la moindre coque.

j" En thèse générale , et nous ne connaissons qu'une seule exception {Bombjx dumeti) , toutes les chenilles velues font des coques, et, parmi ces dernières, les espèces à tubercules produisent beaucoup plus de matière soyeuse que celles qui sont simplement velues.

La coque ne sert pas seulement à envelopper la chrysalide pour la mettre àlabri de ses ennemis et des injures du temps, elle a un autre but d'utilité, c'est de favoriser le développement de l'insecte parfait au moment de son évolution ; pour sortir de la chrysalide celui-ci a besoin de trouver un point d'appui qui lui aide à se débarrasser de son fourreau; sans cela, lorsque la partie antérieure de ce dernier est ouverte et que les pattes sont dégagées de leur étui , il serait exposé à res- ter emmailiotté et à traîner après lui son enveloppe. On en voit quelcfuefois des exemples chez les espèces que l'on élève en captivité, et qui n'ont pu trouver pour accom j)lir leur métamorphose les mêmes circonstances que dans la nature. Les chrysalides renfermées dans la terre se trouvent dans une situation très -favo- rable à leur éclosion. Celles-ci étant environnées de toute part par le sol , le Papillon n'a que des légers efibrts à faire pour sortir de son fourreau, sans avoir

INTRODUCTION. 6g

à craindre Je l'entraîner a])rès lui , comme cela pour- rait arriver si elles étaient à sa surface, surtout clans un endroit dcDOurvu d'inégalités.

A. C

Les chrysalides des Rliopalocères et de quelques Hétérocères étant suspendues par la queue et quel- quefois en outre attachées par un lien transversal, l'insecte parfait n'est jamais exposé à entraîner son en- veloppe.

Lorsque l'époque de l'éclosion est arrivée , la chrysalide change de couleur, elle s'amollit, devient transparente, et permet souvent de voir à travers l'étui des ailes, surtout dans les Rliopalocères, le des- sin et la teinte du Papillon. Les efforts du prison- nier la fendent longitudinalement sur le corselet; l'ouverture ne tarde pas à s'agrandir et celui-ci sort avec facilité. Mais quand la chrysalide est renfermée dans une coque dure et coriace, comme celle de cer- tains Bombyx , des Dicraiiura ^ des Limacodes ^ etc. , ou dans une coque de soie pure , il lui reste à ouvrir les portes d'une autre prison.

Pour cette opération , les moyens varient selon les races. Chez certaines , l'instinct de la chenille a prévu d'avance les obstacles, et tout se trouve disposé d'une manière admirable pour le moment de la métamor- phose ; par exemple, la chenille de lnJYonagriapalucfi- colci , qui vit dans le chaume de Varuudo phragmites, fait intérieurement une ouverture circulaire dans une des parois de la tige , en ayant soin de conserver l'é- piderrae. L'insecte parfait , pour sortir, n'a plus qu'à percer cette espèce de membrane. Plusieurs Tortrix font aux feuilles , dans lesquelles elles se renfer- ment, une ouverture pareille. Celle de la Tluea gra- nella ^ qui vit dans les céréales, ronge, à l'endroit

no INTRODUCTION.

doit se trouver la partie antérieure delà chrysalide, une petite pièce circulaire qui ne tient plus que par une chai'nière , et qui s'ouvre de dedans en dehors au moindre effort que fait l'insecte parfait. Chez d'autres races, les chenilles emploient pour la sortie du Pa- pillon des moyens aussi ingénieux. Les coques ont une espèce de couvercle ou d'opercule qui s'ouvre comme une boîte à savonnette, et qui extérieurement est maintenu par quelques fils qui se rompent à la plus légère pression c[ue fait l'insecte. D'autres coques , comme celle de la Tortrix quercana ^ qui est compo- sée de deux parois réunies par une carène, s'ouvrent comme certains fruits à déhiscence valvaire. La su- ture n'étant que légèrement unie à l'une des extré- mités, les fils qui la maintiennent cèdent au moindre effort du Papillon, et les valves s'écartent. Chez plu- sieurs Saturnia^ la coque étant, comme nous l'avons déjà dit, fermée à l'une de ses extrémités par des fils raides , convergens, disposés en nasse, le Papillon n'éprouve d'autre difficulté pour sortir que de ramollir ceux-ci et de se frayer ensuite un passage ; mais, comme ees fils sont très-éhistiques, ils revien- nent aussitôt à leur place ])remière , et ce n'est qu'au poids que l'on peut juger si la chrysalide est éclose. Chez les Psyché et plusieurs TénéideS;, le fourreau de la larve devient la coque de la chrysalide ; mais comme la partie antérieure se trouve bouchée par une opercule et fixée contre les tiges ou les mu- railles , le Papillon y resterait enfermé ou serait forcé de sortir l\ reculons, si la chrnille, avant de se méta- mor]>hoser, n'avait pas la sage précaution de se re- tourner lorsqu'elle doit produire un mâle. Quant à ce qui regarde la femelle , comme l'accouplement doit

INTRODUCTION. 17 1

avoir lieu dans la coque , elle reste dans la même po- sition que pendant sa vie de chenille , et termine sa carrière entière en prison : d'autres races d Hétéro- cères , dont la coque est d'une texture uniforme très- toriace et comme cartonnée ( Dicranura , Harpya milhauseri ^ etc.) ramollissent l'endroit qui doit leur donner passage , avec un liquide qui dissout la gomme.

Quelques autres, tels que le Bombyx du mûrier (ver à soie) , coupent les fils de la coque pour se faire une ouverture. Cette opération, selon Réaumur, est exécutée avec les yeux , qui font l'office d'une lime.

Enfin, cliez un certain nombre de Lépidoptères, c'est la chrysalide qui, avec sa partie antérieure gar- nie de pointes, perce la coque par une espèce de té- rébration.

Lorsqu'un Papillon sort de sa chrysalide il est très- faible ; toutes ses parties sont molles , sans Consistance, et imprégnées d'humidité. Ses ailes sont pendantes, très-courtes , et offrent en petit tout le dessin qu'elles vont avoir un instant plus tard. Bientôt il se fixe contre une tige ou les parois de sa coque _, il étend suc- cessivement tousses organes, en imprimant de temps en temps un léger frémissement à ses ailes; celles-ci croissent , se développent en tous sens et poussent, pour ainsi dire, comme une feuille. Lorsqu'elles ont acquis leur ampleur normale, il les relève et les abaisse successivement pour achever la vaporisation du liquide dont elles sont encore imprégnées , et le plus ordinai- rement, en moins d'une demi-heure, elles sont aptes à remplir leur fonction.

Voici comment on explique le développement en

^2 IJNIKUDUCTION*

tous sens des ailes d un Lépidoptère, car non-seulement leur surface prend de l'étendue, mais chac[ue portion grandit et se dilate. Ces organes , ainsi que nous l'a- vons dit plus haut, sont composés de deux lames ou de deux membranes , entre lesquelles sont situées les nervures , qui sont autant de petits tubes fîstuleux. Dans l'état de iiymphe ces membranes ne sont point encore réunies par leur face interne ; elles sont pliées longitudinalement et transversalement d'une manière égale sur toute la surface , de sorte que tout le dessin s'y retrouve , pour ainsi dire , en miniature. Immé- diatement après l'éclosion , un liquide pénètre dans toutes les ramifications des nervures, c[ui étaient elles-mêmes pliées, et les oblige à s'allonger et à se redresser ; il en résulte que les portions de mem- brane comprises dans chaque celkde doivent néces- sairement s'étendre. Au fur et à mesure que cette di- latation s'opère, les deux membranes se rapprochent l'une contre l'autre et finissent par s'unir au point de se confondre.

Le Papillon récemment éclot rejette j)ar l'anus un liquide de couleur variable, tantôt rougeâtre ou comme sanguinolent , tantôt blanchâtre ou grisâtre, et quel- quefois noirâtre, liquide qui est un véritable méco- niuni , analogue à celui c[ue rendent les mammifères nouveau-nés.

IiMKOUUCTION. n3

DISTRIBUTION MÉTHODIQUE

DES LÉPIDOPTÈRES.

Linné, dont le génie embrassa tout l'ensemble de la nature, est le premier qui ait essayé de diviser méthodiquement les Lépidoptères; mais il rencontra une telle difficulté pour les partager en familles et en irenres , que ses travaux sur cet ordre sont beaucoup plus incomplets que pour aucun des autres. Dans les premières éditions de son Systema naturœ il ne créa que deux genres , celui de Papillon ( Papilio ) , et de Phalène ( Phalœna ). Plus tard , dans les dernières édi- tions de ce grand ouvrage , il y ajouta le genre Sphinx.

Ces trois genres furent subdivisés de la manière suivante :

Gen re PAPILLON . PJPILIO.

Il comprend toutes les espèces appelées Diurnes ou Papillons de jour. Il est subdivisé ainsi :

Al Papillons chevaliers. (P. equiles.)

Les ailes supérieures plus longues de l'angle postérieur à leur exlrémiLé, que de cet angle à la base, ou, en d'autres termes, côté postérieur plus long que le bord interne; les antennes souvent filiformes.

a. Chevaliers troyens. {P. equitcs troes.)

Des taches d'un rouge sanguin sur la poitrine. Ailes le plus souvent noires.

h. Chevaliers grecs. ( P. equiles achivi. )

Point de taches de sang sur la poitrine; une tache eu forme d'œil à l'angle anale des inférieures.

^4 INTRODUCTION.

B. Papillons héliconiens. (P. helicotiii.)

Les ailes étroites très-entières ou un peu dentelées , sou- vent nues et sans écailles; les supérieures oblongues ; les inférieures très-courtes.

C. Papillons danaïdes. (P. danni.)

Les ailes bien entières.

a, Danaïdes blanches. ( P. danai candidi. ) Ailes blanches.

h. Danaïdes bigarrées. ( P.daiiai fcslivi.) Ailes "variées de plusieurs couleurs.

D. Papillons NYMPUALEs- (P. nj-mphales.)

Les ailes dentelées.

a. Nymphales à taches ocellées. ( P. njntphalcs gcmmali. )

b. Nymphales sans taches ocellées. ( P.nymphalcs phalerati .)

E. Papillons plébéiens. ( P. pleheii. )

Chenilles raccourcies.

a. Plébéiens ruraux. ( P. plcbeii rurales. )

Ailes avec des taches plus obscures que le fond.

ù. Plébéiens urbicoles. ( P. plcbeii urbicolœ. )

Ailes ajant le plus souvent des taches transparentes.

Genre SPHINX. SPHINX.

Antennes un peu prismatiques , plus grosses au milieu , ou un peu atténuées aux deux extrémités. Les ailes rabattues. Vol lourd, ayant lieu le soir ou le matin.

A. Spuinx légitimes. {Sphingcs légitima;.)

Les ailes anguleuses ou enlières. Extrémité de l'abdomen avec une brosse ou sans brosse.

INTHODUCTION. ^5

B. Sphinx kFTihiis. (Sphingcs adsci/tr.)

Différant des autres par leur port et par leurs cLenilles.

Genre VEkLE^E. PIIJLJBNJ.

Antennes sétacées, acuminées depuis la base jus- qu'à Textremité. Vol nocturne.

A. Phalènes attacÊes. (Plialcrnœ aîhtci.)

Les ailes un peu étendues, inclinées.

a, A antennes pectinées et sans trompe. ( P. A- pcciinicornes dingues- ) h. A antennes pectinées avec une trompe. (P. A. pectinicornes spirilingues .) c. A antennes sélacées avec une trompe. {P. A. seticornes spirilingues . )

B. Phalènes bombyx. ( Phalœnœ homhy^ces. )

Les ailes croisées sur le corps. Antennes pectinées.

a. Sans trompe manifestement en spirale. ( P. homhyces elingucs. )

j ... { (P- lombyces elinmics

b. .... Ailes reverses \ i- x "

( alis revers ts.)

,•1 , .. i ( P. bombyces clinmies

c. .... Ailes en toit ! ,■ in- ■. ^

\ alis dcjlexis. )

d. Avec une trompe manifestem"-. en spirale. {P. bombyces spirilingues.)

, , . I (P. bomhyccs spirilinmies

e. .... A dos uni . . . ! ^ , , . *^ ^

( aorso levés.)

f A ri 'i' j {P. bombyces spirilingues \ dorso cristalœ.)

G. Phalènes fiOcyv.iLi,i,^s. {Phalœnce nocliiœ.)

Les ailes croisées sur le corps. Antennes sétacées.

a. Noctuelles sans trompe. ( /''. nocLuœ dingues. )

b. Noctuelles à trompe ( P nocluœ spirilingues. )

•j6 I.NTRODUCTIOIN.

D. Phalènes géomètres. ( Plmlanœ gcomclrcc. )

Les ailes horizontales dans le repos.

a. Antennes pectinées. ( P. geometiœ pectiuicornes. ) h. A antennes sétacées. {P. gcoinelrœ scticorncs. )

E. Phalènes TORDEusES. {Phalœnœ iortrlces.)

Les ailes très-obtiises , arquées au bord extérieur.

F. Phalènes pvrales. {Phalœnœ pjTcilcs. )

Les ailes formant avec le corps un delta fourchu.

G. Phalènes TEIGNES. (^Phci/œnœ lincœ.)

Les ailes presque roulées en cylindre. Front saillant.

H. Phalènes alvcîtes. {Phalœnœ alncllœ.)

Les ailes digitées fendues jusqu'à la base.

Dans la première édition de la Faune Suédoise et du Systema nalurœ , Vordre des Lépidoptères ne constitue que deux genres , les Diurnes étaient divisés en tribus , d'après le port d'ailes et le nombre des pattes ambulatoires.

Geoffroy, dans son Histoire abrégée des hisectes , reprit la méthode primitive de Linné , et divisa le genre Papilio de la manière suivante :

I'". Famille.

Quatre pattes , tetrapi.

a. Chenilles épineuses. Ailes anguleuses. ( Urticce. )

b. Chenilles épineuses. Ailes arrondies, {^dippe.)

c. Chenilles non épineuses. Pâtes antérieures très-courtes. (3ïccra.)

IiVTROBTJCTION ^^

'->". Famille.

Six pattes, hexapi.

a. Les grands Porle-Queues. {^Machaon.)

h. Les petits Porle-Queues. {Betulœ. )

c. Les Argus. {Phlceas, Rubi, Steropes. )

d. Les Estropies. {^Comnm, Malvœ. Tages.)

e. Les Brassicaires ou Papillons decboux. (Napi, Rhanmi, Hj-alc.)

Quant à la division des Sphinx et des Phalènes , de Linné , il n'y ajouta presque rien de nouveau, seu- lement il partagea le genre Sphinx en trois familles au lieu de deux.

La première comprend les Sphinx-Bourdons. Ils se distinguent des autres par une trompe peu sensible.

La seconde les Spliinx-Eperviers .

Et la troisième les Sphinx^B éliers .

Les Nocturnes proprement dits formèrent trois genres , qui sont : Ptérophoie Phalène et Teigne.

Degéer, pour les Diurnes, se servit comme Geof- froy du nombre des pattes , et , en outre , du dévelop- pement plus ou moins grand de la gouttière abdomi- nale des ailes inférieures ; mais il ne tint pas compte de la forme des chenilles. Dans sa méthode , le genre Papilio est divisé en cinq familles. Il conserve le genre Sphinx de Linné ; mais il réunit dans le genre Phalœna les divisions des Noctiia , des Geometra , des Tortrices^ des Tineœ , et il substitue aux Alu- cites le nom de Phalœna-Tipula.

Scopoli fit aussi quelques petites modifications à la

y8 INTRODUCTION.

méthode linnéenne. Il partagea comme Geoffroy le genre Papilio en Hexapi et en Jctrapi; mais il en détacha la phalange des Plébéiens ruricoles avec les- quels il forma les genres Battus, Graphiuni , Ascia , Argyrus , Argus et Pterourus. Il ajouta aussi quel- ques genres à celui de Spjhmx et de Phalœna.

Fabricius dans sa Maiitissa et son Species^ adopta la méthode de Linné sans aucun changement ; mais , dans son Entomologia sjstematica , il ajouta au genre Papilio la phalange àe& Parnassiens et celle des Satyres , et il créa, avec la section des Plébéiens , le genre Hesperia. iivisé en ruricoles et en urbicoles. Au genre Sphinx il ajouta ceux de Sesia et de Zjgœna^ correspondant à ceux de Macroglossa et (\! A ntl tracera^ de Scopoli. Le grand genre Phalœna fut divisé en dix genres, répondant pour la plupart aux divisions de Linné ; savoir : Bombyx , Cossus , Hepialus , Noc- tua , Hyhlœa , Phalœna , Pyralis , Tinea , Alucita et Pterophorus .

L'étude des Lépidoptères se compliquant de plus en plus parles découvertes faites dans les pays hors de l'Europe _, cet entomologiste sentit qu'il était in- dispensable d établir de nouvelles coupes à celles déjà existantes, et, dans son Sjstema glossatarwn , ou- vrage dont il avait terminé en grande partie le pre- mier volume au moment de sa mort , il créa une infi- nité de genres nouveaux, dont les caractères sont tirés de la forme de la massue des antennes et des palpes. Son ancien genre Papilio en forma quarante à lui seul. Ce premier volume n'a jamais été imprimé, et nous ne le connaissons que par le petit extrait qu'Iliiger nous en a donné en 1807, dans le tome IV

INTRODUCTION. ^O

de son Magasin. Cependaiit , comme beaucoup des ccnres de Fabricius ont été adoptés , et que le sixième volume d'IUiger est assez rare en France, nous don- nons ici la traduction de cet extrait.

SYSTEM A GLOSSATARUM (tome I ).

I. Genre Urania.

Deux palpes très-longs, à trois articles, le second hérissé. Antennes sétiformes , à articles multi- pliés.— Papilio leiLus , twctua paLroclus. (^ es- pèces.)

2. Genre Amathusia.

Deux palpes longs, velus , à trois articles; le second plus long que les autres , courbé ; le troisième court et comprimé. Antennes filiformes. Pattes antérieures en palatine. Papilio phidippus .

3. Genre Papilio.

Deux palpes courts , à deux articles ; le premier barbu, renflé et arrondi à l'extrémité. Antennes ren- flées à l'extrémité. Six pattes égales, à onglets.

-f Troyens. Papilio hcctor , pammon.

■\--\- Grecs. Papilio hrulus , podaliritis , macliaon. (i25 es- pèces. )

4. Genre Zelima.

Palpes courts^ h deux articles; le second arrondi à

8o INTRODUCTION.

l'extrémité. Antennes longues , terminées par un bouton. Pattes égales et à onglet. Papilio pjlades. ( 3 espèces.)

6. Genre Morpho.

Palpes longs, velus, à articles nombreux (i); le second très -long, comprimé, velu des deux côtés. Antennes filiformes. Pattes antérieures en palatine. Papilio achilles^ menelaus, hecuba. (19 espèces.)

6. Genre Cethosu.

Deux palpes longs , à trois articles ; le second al- longé, garni de poils longs sur le coté externe. An- tennes renflées à l'extrémité; l'articulation terminale pointue. Pattes antérieures en palatine. Papilio cjdippe^ biblis, penthesilea. ( 7 espèces.)

7. Genre Castnu.

Deux palpes courts, à trois articles; le troisième très -court, cylindrique, nu. Antennes renflées en bouton à l'extrémité; massue avec une petite pointe subulée, courbée. Pattes égales et complètes. Pa- pilio icarus ^ cyparissias ^ oroiiles, ( i3 espèces.)

8. Genre Euplœa.

Deux palpes courts, h trois articles; le second plus long ^ terminé par un petit faisceau; le troisième

(l) Est-ce une faute trimpresslon ?

INÏUODUCTÎON". 8l

court, vciu, tionqiu'. An!.ennes en massue, à articu- lations multipliées. Pattes antérieures en palatine.- Papilio corus , similis. (3?. espèces.)

9. Genre Apatora.

Palpes médiocres , velus , à trois articles; le second très-long, velu; le troisième cylindrique , comprimé. Antennes terminées en bouton ; massue grêle et cylin- drique. Pattes antérieures en palatine. Papilio iris^ bolina ^ aiiinena. ( i4 espèces.)

10. Genre Limenitis.

Deux palpes longs , à trois articles ; le second plus long, velu, garni d'un faisceau de poils ; le troisième assez long, nu et pointu. Antennes presque en mas- sue. Pattes antérieures en palatine. Papilio ca- niilla , populi , nia^ius . (, 1 4 espèces.)

1 1 . Genre Cynthia.

Deux palpes longs , à trois articles ; le second très- long, pourvu d'un petit faisceau de poils vers son milieu. Antennes terminées en bouton comprimé. Pattes antérieures en palatine.

-j- Ailes à queues. Papilio arsinoc, interrogationis.

++ Ailes anguleuses. Papilio cenojie , cardui. j'aîro- plice . allionia. (g.S espèces.)

I •>.. Genre Vanessa.

Palpes longs, très-velus, à trois articles. Antennes LTPTDOPTi':nrs, tome i. 6

82 INTRODUCTION.

terminées par un bouton. Pattes antérieures en pala- tine. — Pnpilio io ^ atalanta^ urticœ , le\^ana, ( 3o espèces.)

10. Genre Biblis.

Palpes allongés, à trois articles; deux fois aussi longs que la tête ; le troisième infléchi , un peu plus court que les autres. Antennes renflées vers l'extré- mité. Pattes antérieures en palatine. Papiiio biblis^ leucothoe^ nerœa. (3^ espèces.)

i4« Genre Hipparchia.

Deux palpes longs^ grêles, comprimés, plus forte- ment hérissés en dehors qu'en dedans , à trois articles ; le troisième court, recourbé, pointu. Antennes ren- flées à l'extrémité. Pattes antérieures en palatine. Papiiio hermione ^ fauna^ mœra^ ligea^ epipliron^ galathea , pilosellœ^ hyperanthus , rumina. (119 espèces. )

i5. Genre Neptis.

Palpes grêles , à trois articles ; le troisième cylin- drique, très-pointu. Antennes courtes , renflées à l'ex- trémité. Pattes antérieures en palatine. Papiiio melicerta , aceris. (21 espèces. )

16. Genre Brassolis.

Palpes longs , h trois articles; le second plus long, pourvu d'un faisceau de poils vers le milieu ; le troi- sième article tronqué. Antennes renflées vers l'cxtré-

IIÏTRODUCTION. 83

mité. Pattes antérieiires en palatine. Pnpilio so- phorœ^ cassiœ ^ obrimis. (3o espèces.)

17. Genre Papuia..

Deux palpes velus, à trois articles; le second plus loni^-, courbé, élargi, velu ; le troisième court, ar- rondi. Antennes renflées vers l'extrémité. Pattes an- térieures en palatine.

"f Ailes à deux queues. Papilio jasius . pollux.

•J**^ Ailes à (jueue. Papilio veranes , laertes , chorinœus.

•f**J*'f' Ailes avec les Lords dentelés. Papilio niedon , Ursula.

^^.^^ Ailes avec les bords entiei'é. Orion, iljs , antio- clius. (79 espèces.)

18. Genre Melanitis.

Deux palpes longs, larges, velus , à trois articles; le troisième comprimé , arrondi. Antennes filiformes. Pat- tes antérieures en palatine. Papilio ufulularis^ leda.

19. Genre Argtnnis.

Deux pal|)es, à trois articles; le second élargi un peu avant son extrémité. Antennes terminées par un Louton comprimé , ovoïde. Pattes antérieures en pa- latine.

•f* Ailes à bords dentelés. Papilio papliia , cj^nara, cetho- sia , aglaja.

•f-f Ailes avec les bords entiers. Papilio liriope , mor- plicus , hernies. (/, i espèces.)

6.

S^ INTRODUCTION.

20. Genre Tiuis.

Deux palpes grêles, écartés, recourbés, à quatre articles ; le quatrième en forme de mamelon , hérissé de poils raides. Antennes courtes, renflées à l'extré- mité.— Papilio hypsipyle. (i espèce.)

2 1. Genre Idea.

Deux palpes courts , comprimés , à trois articles ; le troisième très - court , cylindrique , poiutu. An- tennes filiformes. Pattes en palatine. Papilio idea. (2 espèces. )

22. Genre Doritis.

Deux palpes courts, grêles, velus, barbus à leur base , à articles multipliés ; article terminal petit. An- tennes courtes, renflées en bouton. Pattes égales. Papilio apollo , mnemosyne. (4 espèces. )

28. Genre Pontia.

Deux palpes longs , à trois articles presque égaux ; le troisième plus grêle , cylindrique. Antennes assez longues, terminées en bouton. Pattes égales. Pa- pilio cratœgij rapœ ^ daplidice, belia^ elathea. (94 espèces.)

24- Genre Colias.

Deux palpes courts, à trois articles; le premier et le second presque égaux; le troisième petit, grêle.

IiNTKODUCTIO.\. 85

pointu. Antennes courtes, un peu plus grosses vers l'extrémité. Pattes égales.

-f Ailes arrondies. Papillo palceno , hj'ale , glaucippe .

•J**^ Ailes anguleuses. Papilio rhamni , cleopaira. (i6 es» péces.)

25. Genre Hâtera.

Deux palpes longs , fins , presque nus , à trois arti- cles ; le second très-long. Antennes filiformes. Pattes antérieures en palatine. Papilio piera^ diaphanus. (i6 espèces.)

36. Genre Acr^à.

Deux palpes longs, velus, à trois articles; le troisième nu, petit. Antennes terminées en bouton. Pattes antérieures en palatine. Papilio horta, terp- sichore f brassolis. (34 espèces. )

27. Genre Mechanitis.

Deux palpes longs, à trois articles; le second plus long , presque nu; le troisième avancé, cylindrique. Antennes filiformes. Pattes antérieures en palatine.

Papilio calliope , polymnia , cloris , psidii , phjllis.

(49 espèces. )

28. Genre Libytuea.

Deux palpes très -longs, avancés, comprimés, h. trois articles. Antennes courtes, raidcs. Pattes anté- rieures en palatine. Papilio celtis , carinenta.

86 INTRODUCTION.

29. Genre Melit^a.

Deux palpes longs , à quatre articles ; les deux der- niers courts et égaux. Antennes terminées par une massue ovale et aplatie. Pattes antérieures en pala- tine. — Papilio maturua^ cynthia^ cinxia ^ Lucina.

30. Genre Helicopis.

Deux palpes très-gréles , à trois articulations. An- tennes en bouton cylindroïde. Hesperia cup'ulo ^ gjiidus. ( 2 espèces. )

3i. Genre Hesperia.

Deux palpes comprimés , à trois articles ; le second très-loDg et velu ; le troisième cylindrique, nu. An- tennes renflées vers l'extrémité. Pattes égales.

•f" Ailes à trois queues, Hesperia amor, helius.Jimnus.

•^'•f' Ailes à deux queues. Hesperia vulcanus, marsjYis.

•f-]-*f* Ailes à une seule queue. Hesperia hœtica, acmon.

*i"^'i"î* Ailes sans queue. Hesperia thj^sbe , cesuopits, preius. (108 espèces. )

32. Genre Lyc/ena.

Palpes à deux articles; le premier velu ; le second cylindrique, nu. Antennes en bouton. Pattes égales.

•f- Ailes à (h'ux queues. Hesperia mars, echion.

•\"^ Ailes à une seule queue. Hesperia amj-ntas , ruJ>i.

•f"|**|* Ailes sans queue. Hesperia arion, corj'don, adonis, ^'/r^aureœ, phlœas. ( i5o espèces.)

INTRODUCTION. 87

33. Genre Ertcina.

Deux palpes recourbés, comprimés, presque nus, à trois articles; article terminal très-petit. Antennes en bouton allongé , presque cylindrique. Pattes égales et parfaites. Papilio melibœus , lysippus , orsilo- chus. (11 espèces.)

3/,. Genre Myrina.

Palpes très -longs, recourbés, à trois articles; le troisième un peu plus court que les autres, comprimé. Antennes en massue conique. Pattes égales et par- faites. — Hesperia alcides , heleus. (8 espèces. )

35. Genre Thecla.

Palpes longs , à trois articles; le second plus velu que les autres ; le troisième nu , cylindrique. Anten- nes renflées à l'extrémité. Pattes égales et parfaites. Hesperia spini ^ quercus ^ betulœ. (8 espèces.)

36. Genre Nvmphidium.

Deux palpes longs, à deux articles ; le premier très- long, à peine velu. Antennes un peu renflées vers l'extrémité. Pattes égales et parfaites. Hesperia telephus , artemon , caricœ. ( 28 espèces. )

37. Genre Danjs.

Palpes très-courts, plus renflés au milieu, à deux

88 INTUOiU'CTION

articles. Antennes en boriton. Pattes antérieures plus courtes, scabres. (4 nouvelles espèces.)

38. Genre Emesis.

Deux palpes très - courts , rapprochés du corps , à trois articles ; le troisième petit. Antennes en bouton. Pattes égales et parfaites. liesperia ouidius , ab- salon.

Sg. Genre Thymelk.

Palpes courts, rapprochés, à trois articles; le se- cond un peu plus long , informe , garni de poils rudes ; le troisième court , cylindrique , nu. Antennes renflées vers leur extrémité et terminées en crochet. Pattes égales et parfaites.

•^ Ailes avec une {|ueue. Hesperia proteus , mercaius.

•f-'f» Ailes sans queue. Hesperia ihrax , gnctiis , hixœ.

♦î-^**!* Ailes arrondies. Hesperia aracynlhus , malvce , tages. ( i3i espèces. )

/(O. Genre HeliaS.

Palpes longs, avancés, écailleux , à trois articles ; le second et le troisième presque égaux. Antennes en massue. Hesperia phalœnoides. (Nouvelle espèce.)

4i. Genre Pamphila.

Deux palpes, à deux articles; le premier plus long, velu. Antennes courtes , en massue termince par un

iNTiioDUcnoN. 8n

]>ctit crochet. Pattes éi^alcs et parfaites. Ilesperia coJiima^ pamscus,Ji'itil/um , lauaterœ. (34 espèces.)

42. Genre Laothoe.

h Deux palpes écailleux , tronqués, à deux articles. Langue roulée et très-courte , membraneuse , peu distincte. Antennes filiformes à articulation basilaires tronquée. Sphinx oceUata , tiliœ ^ quercus. ( 21 espèces. )

43. Genre Sphinx.

Palpes épais, écailleux , tronqués, à deux articles. Antennes filiformes , écailleuses à leur base.

•J* Ailes dentelées. Sphinx cllo, tctrio.

•f'*J* Ailes entières. Sphinx ncrii, atropos , euphoi-biœ » ligustri. (74 espèces. )

44. Genre Sesia.

Deux palpes courts , épais , écailleux , tronqués , à deux articles. Antennes plus grosses vers le bout, terminées par un petit crochet.

•J" Ailes comme rongées. Sphinx cenolherœ.

•^••f* Ailes enliércs. Sphinx slcllataram , fuciformis, ( i8 espèces. )

45. Genre -/Egeria.

Deux palpes avancés à trois articles; le second plus long et écarté de la tête; le troisième plus court, cylindrique, pointu. Antennes cylindriques à articles

qO INTRODUCTION.

nombreux ; article terminal plus long , plus grêle et plus pointu que les autres. ( Sesia apiformis ^ ichneu- moniformis , (19 espèces. )

46. Genre Amata.

Bouche ayant des lèvres aplaties recouvrant la base de la langue. Palpes très-courts , à un seul article. Antennes sétiformes. Zjgœnapassalis ^ cerhera.

47. Genre Zyg^ena.

Palpes de deux articles; le second plus long que les autres, très-velu sur son côté externe. Antennes renflées dans leur milieu. Zygcena quercus , sca- biosce^ filipendulœ . (17 espèces. )

48. Genre Glaucopis.

Palpes longs, recourbés, à trois articles; le second plus long que les autres, et velu sur son côté externe; le troisième comprimé, nu. Antennes sétiformes. Zygcena argyiinis ^ pugione^ halterata , infausta. ( 65 espèces. )

49. Genre Procris.

Deux palpes minces, recourbés, de trois articles presque égaux. Antennes cylindriques. Zygœna statices^ priini. ( 9 espèces. )

L'auteur, dans une note additionnelle, dit qu'il n'a pu classer encore , dans aucun de ses î^enres , les espèces suivantes : Papilio cenœus , chrêmes , hesperus , tairas , pirithœiis , darius , dœdalus , polynienus et neriiia.

INTRODUCTION. Ql

Celte raétîiode, les genres les plus disparates sont placés les uns à côté des autres , tandis que l'au- teur sépare souvent par un intervalle immense ceux qui sont voisins , doit nous faire peu regretter la perte du Systema glossatarum. Cette observation s'étend aussi aux espèces qui les composent. Que dire en voyant le Papilio rumina retranché du g:enre Thaïs et placé avec les Hipparchia'i ( Satyres de Latreille. )

Latreille, dont les ouvrages sur l'ensemble des insectes lui ont mérité à juste titre le nom àe prince des entomologistes , profita des lumières de ses pré- décesseurs , et fit faire par ses propres observations de grands pas a la science , quoique ses travaux sur cet ordre laissent , comme ceux de Linné et de Fabri- cius , beaucoup plus à désirer que pour les autres. Il établit trois familles correspondant aux trois grands genres de Linné, qu'il divisa en un certain nombre de tribus, subdivisées en genres, dont les noms sont à peu près les mêmes que ceux de Fabricius ( Syst. glossat. ) ; mais il ne s'en tint pas exclusivement aux caractères des antennes et des palpes comme l'ento- mologiste danois , il en tira quelques autres de la forme des chenilles et des chrysalides.

Voici le tableau de sa méthode , avec la correspon- dance des noms de Fabricius.

92 INTRODtJClîON.

FAMILLE PREMIÈRE.

DIURNES. BIURNA. (Genre Papilio , Linné.)

Les quatre ailes , ou au moins les supérieures , élevées dans le repos. Antennes renflées à leur extré- mité. Point de frein au bord antérieur des secondes ailes.

TRIBU PREMIÈRE.

PAPILLONIDES. Papilionides.

Jambes postérieures n'ayant qu'une paire d'épines ou d'ergots; savoir, celles du bout. Extrémité des antennes droite , ou simplement un peu arquée au bout, et jamais fort crochue. Les c|uatre ailes toujours élevées perpendiculairement dans le repos.

T. Chenilles allongées , presque cylindriques. Chrysalides nllon~ gées, anguleuses, ou unies, rertfermces alors dans une coque grossière. Dernier article des palpes inférieurs , ou le troisième lorsqu'il est distinct, aussi couvert d'écaillés que le précédent. Crochets des tarses très-apparens, grands, ou du moins de grandeur moyenne.

I. Cltrysalides fixées par la queue , ci attachées en outre par un cordon transt^ersal en forme d'anse, ou sans attaches sem- hlahlcs , mais renfermées dans des espèces de coques. Les deux premiers articles des palpes inférieurs presque de la même longueur. Toutes les pattes semhlnhles dans les deux sexes, uiiles inférieures de plusieurs concaves au bord interne.

A. Bord interne des ailes inférieures concave. Crochets des iarset i impies.

TXTnODtJCTION.

9^

1. Genre Papillon. Papilio et Zelima , Fab.

Palpes inférieurs très-courts, atteignant à peine le cliaperon , obtus à leur extrémité supérieure; le troisième article, ou le dernier, point ou très-peu distinct.

3. Genre Parnassien. Parnassitts. Doritis, Fab.

Palpes inférieurs s'élevant sensiblement au delà du chaperon, cylindrico-coniques , à trois articles très- distincts. Bouton des antennes presque ovoïde et droit. ( Une poche cornée et renfermant des œufs à l'extrémité du ventre de la femelle. )

3. Genre Thaïs. Thais, Fab.

Palpes s'élevant sensiblement au delà du chaperon , à trois articles très-distincts. Bouton des antennes allongé , obconico-ovale , courbe.

B. Ailes inférieures sans concavité au bord interne, et /étendant sous le ventre. Crochets des tarses unidentés ou bifides.

4. Genre Coliade. Colias , Fab.

Palpes très-comprimés; le dernier article beaucoup plus court que le précédent.

5 Genre Piéride. Pieris, Schrank. Pcntia, Fab.

Palpes presque cylindriques , point fortement corn-

g4 INTRODUCTION.

primés ; le dernier article presque aussi long que le précétlent-

3. Chiysalides suspendues seulement par l' extrémité postérieure et jamais renfermées dans des coques. Second article des palpes évidemment plus long que le premier. Pattes anté- rieures, dumoins dans l'un des sexes, beaucoup plus courtes que les quatre autres et ne servant pas à marcher. ( jiiles inférieures embrassant presque toujours le dessous de l'ab- domen, cl formant une gouttière oii il se loge-, jamais con- caves au bord interne. )

A. Toutes les pattes semblables et ambulatoires dans les femelles ;

les deux antérieures très-courtes et en palatine dans le mdlc.

6. Genre LibyxhÉe. Libj'thœa, Fat».

Nota. Les palpes inférieurs formant une sorte de bec très-avancé et pointu.

B. Les deux pattes antérieures tr'es-courtes dans chaque seXe,

a. Crochets des tarses simples. (^Ailes souvent oblongues. )

îf Palpes inférieurs très-écartcs l'un de l'autre dans toute leur longueur, grêles, presque cylindriques. {^ Ailes inférieures n'embrassant pas ou presque pas le dessous de l'abdoînen.')

"l" Palpes inférieurs ne s' élevant pas ou presque pas au delà du chaperon; le second article à peine une fois plus long que le premier.

7. Genre Danaïde. Danais. JEuplœa, Fab.

Bouton des antennes épais et courbé. Ailes trian- gulaires ( une poche discoïdale aux inférieures du plus urand nombre et dans le mâle seulement).

INTRODUCTION. qS

8. Genre Idéa. Idea, Fab.

Antennes presque liiiformes. Ailes allongées, pres- que ovales.

*f**f* Palpes inférieurs s' élevant manifestement au delà du chaperon ; le second article beaucoup plus louf^ que le premier. ( édiles supérieures et abdomen ordinaire- ment allongés. )

g. Genre hÉliconie. ffeliconia. Mechanitis, Fab.

Bord interne des ailes n'embrassant presque pas le dessous de l'abdomen. Palpes inférieurs grêles et presque cylindriques. Antennes une fois plus longues que la tête et le corselet,, grossissant insensiblement vers leur extrémité.

lo. Genre Acrée. uicrœa, Fab.

Bord interne des ailes inférieures n'embrassant presque pas le dessous de l'abdomen. Palpes infé- rieurs grêles et presque cylindriques. Antennes peu allongées et terminées brusquement en bouton.

5^ ^ Palpes inférieurs rapprochés et contigus inféricurement , écartés simplement à leur extrémité , épais et terminés brusquement par un article en pointe d'aiguille. ( Ailes inférieures embrassant le dessous de V abdomen. )

II. Genre Céthosie. Cetliosia, Fab.

Palpes inférieurs écartés dans toute leur longueur. Grocbets des tarses simples ou point bilides.

C)<3 IX'TRODtJCTION",

Jj. Crochris drs larsa fort cincnt hijl des et paraissant doubles. Palpes inférieurs trcs-rapproclic's l'un de l'autre, ou en partie continus.

T^ Palpes inférieurs peu comprimés ; la face antérieure de leurs deux premiers articles presque aussi large ou plus large que leurs côtés. Cellule discoïdale des ailes ouvertes en arrière. ( Chenilles plus ou moins épineuses ou tuherculées .)

12. Genre Argynne. Argynnis, Fab. Melitcea, Fab.

Antennes finissant brusquement par un article grêle et en pointe d'aiguille, et paraissant ainsi écartés entre eux à leur extrémité. (Ailes inférieures souvent rondes. )

i3. Genre Vanesse. F'ancssa, Fab. Cj'ntlna, Fab.

Antennes finissant brusquement par un boulon court en forme de toupie ou ovoïde. Palpes infé- l'ieurs terminés insensiblement en pointe etcontigus.

14. Genre BiEHS. Bihlis, ¥ 3.h.— Melauiiis, Fab.

Antennes terminées par une petite massue allongée. Palpes inférieurs manifestement plus longs que la tête.

i5. Genre Nymphale. Nymphalis. Jpalura, Paphia. Neptis et Limenitis, Fab.

Antennes terminées par une petite nervure allon- gée. Longueur des palpes inférieurs ne surpassant pas notablement celle de la tête. Chenilles n'ayant que quelques épines ou quelques tubercules, avec

INTRODUCTION. CjH

l'extrémité postérieure du corps fourcluie, et les an- gles de la tête prolongés quelquefois verticalement.

T^ 5^- Palpes inférieurs très-comprimés , avec la tranche anté- rieure étroite ou aiguë. Cellule discoïdale des secondes ailes fermée en arrière. (^Chenilles nues ou presque rases, termi- nées postérieurement en une pointe bifide. )

i6. Genre Morpho. Morpho et Jmalhusia, Fab.

Antennes presque filiformes , légèrement et insen- siblement plus grosses vers leur extrémité.

i"). Genre Brassolide. Brassolis , Fab.

Palpes inférieurs courts, ne s'éîevant pas au delà du chaperon, point barbus. Antennes terminées par une massue épaisse et en cône renversé.

i8. Genre Satyre. Satjrus. —-Ilipparchia.Tah.

Palpes inférieurs s'éîevant notablement au delà du chaperon, très-hérissés de poils. Antennes terminées par un bouton court, ou par une petite massue grêle et presque en fuseau.

II. Chenilles ovales ou en forme de cloportes. Chrysalides cour- tes, ramassées , obtuses aux deux bouts. Dernier article des palpes inférieurs , ou le troisième presque nu. ou peu fourni décailles. Crochets du bout des tarses très-petits, à peine sadlans.

I . Les deux pattes antérieures très-courtes et point propres au mouvement , du moins dans l'un des sexes.

LKPTDOPTF.r.KS , TOME I. 7

9^ INTRODUCTION.

ig. Genre Erycine. Erj-cina, Fab. Ilelicopis , Njinphidium , Emciis, el plusieurs Lj'Cfvna et Ilcspcria, fab.

2. Toutes les pattes ambulatoire:/ dans les deux sexes, et de forme semblable.

20. Genre MrRiwE. Mj-rina. Fab.

Palpes inférieurs très-allongés. ( Ailes inférieures en queue. )

2 1. Genre Polyommate. Polj^ommatus . Tliecla. ITesperia et Lj'ccena, Fab.

Palpes inférieurs de longueur moyenne ou courts.

TRIBU DEUXIE.ME.

HZ:SF£B.I1>ES.— Hesperides

Jambes postérieures ayant deux paires d'épines ou d'ergots, l'une au bout et 1 autre près du milieu. Extré- milé des antennes presque toujours très -crochue ou fort recourbée. ( Ailes supérieures relevées , mais écartées ; les inférieures souvent presque horizontales dans le repos. ) Chenilles rases sans épines. Chrysa- lides sans éminences et renfermées dans une toile légère entre les feuilles.

2î. Genre Uranie. Urania, Fab.

Antennes d'abord filiformes , ensuite grêles et séta- cées. Palpes inférieurs allongés, grêles ; le second ar-

INTRODUCTION. qq

ticle très-comprimé; le dernier ])eaucoLip plus menu, presque cylindrique et nu.

23. Genre HespÉrie. Hcsperia. Thj-mele , JTelias, Pamphila.

Fab.

Antennes terminées distinctement en bouton ou en massue. Palpes inférieurs courts, larges et très-garnis d'écaillés.

FAMILLE SECONDE.

CRÉPUSCULAIRES. CREPUSCULARIA.

(Genre Sphinx , Linné. )

Les quatre ailes presque horizontales ou en toit , dans le repos ; un crochet ou frein au bord antérieur des secondes ailes pour retenir les piemières. An- tennes en massue allongée ou en fuseau.

TRIBU PREMIÈRE.

SPHIBJaiDES. Sphingides.

Palpes inférieurs larges (vus en devant), couverts d'écaillés très-nombreuses ; le troisième article ordi- nairement peu distinct. Antennes en massue prisma- tique, toujours terminées ])ar une petite houppe.

24- Genre Gastwxe. Castnia, Fab. Papilio, Linné.

Palpes brièvement garnis d'écaillés , écartés l'un de l'autre, et de trois articles distincts. Massue des antennes ne commençant que vers leur extrémité.

INTROnUCTION',

25. Genre SpniNX. Sphinx.

Palpes n^nyaiit que deux articles bien appai-ens ( le troisième très-pelit), contigus , et paraissant éj)ais à raison des écailles très-denses qui les couvrent. Mas- sue des antennes commençant près de leur milieu , simple, ou n'ayant au plus que des stries transverses, barbues , jamais fortement dentées en scie ; une langue cornée et très-distincte.

26. Genre Smerinthe. Smerinthiu.

Palpes n'ayant que deux articles bien apparens , contigus , et paraissant épais à raison des écailles très- denses qui les couvrent. Antennes fortement en scie. Langue nulle ou peu distincte.

TRIBU DEUXIEME.

ZYGÉNISSS. Zygœnichs.

Palpes grêles, comprimés, cylindracés ou cylin- drico-coniques , barbus ou hérissés; le troisième ar- ticle très-distinct. Antennes en fuseau, ou en cornes de bélier, et rarement terminées par une jictite houppe.

I. Antennes simples ou à peine pcctinècs dans les deux sexes.

X. Antennes terminées par une petite houppe ou bouquet soreux. Antennes toujours en fuseau. Ailes horizontales, écartées, plus ou moins i'itrççs. Anus barbu.

liVTRODUCTION. lOI

27. Genre Sesie. Scsla, Fab.

2, Antennes sans houppe à leur cxtrcmité,

A. Jambes postérieures aj'ant à leur extrémité des cr- gots très-forts.

28. Genre /Egocère. Mgocera. Bomhjw, Fab.

Antennes bien fusiformes. Second article des palpes garai de poils formant un faisceau avancé en bec. Ailes en toit.

29. Genre Thyris.— Thj-ris. Hoffmansegg.

Antennes légèrement en fuseau, presque sétacées. Palpes Rayant point de faisceau de poils. Ailes hori- zontales , écartées ( anguleuses vitrées ).

B, Jambes postérieures n'aj'ant à leur extrémité que de ir'es-pclils ergots, abdomen cjHindrique, obtus, ^iles allongées, ires en toit.

3o. Genre Zygèîne. Zj'gœna, Fab.

Antennes en massue brusque , forte et contournée , du moins dans l'un des deux sexes. Palpes cylindrico- coniques, et s'élevant au delà du chaperon.

3i. Genre Syntomis. Sjmtomis, Illiger.

Antennes en fuseau grêle et formé insensiblement. Palpes presque cylindriques , obtus, et ne s'élevant pas au delà du chaperon.

II. Antennes hipcclinces dans les mâles , et simples dans les femelles.

I02 INTRODUCTION.

33. Genre Procp.is. Procris, Fab.

Palpes ne s'élevant presque pas au delà du chape- ron, point velus. Ailes longues. Jambes postérieures n'ayant à leur extrémité que des ergots très-petits.

33. Genre Atycuie. v^/^c/f/rt, Hofîmansegg.

Palpes s'elevant notablement au delà du chaperon, ès-velus. Ailes courtes. Des en trémité des jambes postérieures.

très-velus. Ailes courtes. Des ergots très-forts à l'ex-

III. Antennes bipeciinécs dans les deux sexes. I. Une langue distincte.

34. Genre Glalcopis. Glaucopis. Fal).

î. Point de langue distincte.

35. Genre Aglaope. Jglaopc.

Palpes très-petits, plus grêles et presque nus à leur extrémité. Ergots de l'extrémité des jambes pos- térieures très-petits, (Anus sans brosse.)

36. Genre Stygie. Stfgia. Draparnaud.

Palpes épais, cylindriques, obtus, s'elevant au delà du chaperon, entièrement garnis d'écaillés. Des ergots remarquables à l'extrémité des jambes posté- térieurcs. ( Une brosse à i anus.)

INTRODUCTION. I o3

FAMILLE TROISIEME.

T^OCTVmES.—NOCTUÂN^. Phalœna, Linné.

Les quatre ailes horizontales, ou en toit dans le repos ; bord antérieur des secondes pourvu le plus souvent d'un frein qui passe dans une boucle du des- sous des premières. Antennes sétacées.

1. Ailes sans Jtssures.

i. Deux palpes.

A. Chenilles point renfermées dans des fourreaux détaches, ou traînant avec elles ceux qu elles se construisent. Une queue longue et Jourchue lorsque les deux pattes anales manquent. Ailes jamais en chappe. Palpes n étant pas à la fois grands,

recourbés sur la tête, lorsque les a des forment un triangle

allongé et presque plan.

a. Chenilles ajanl seize à quatorze pattes. Nvmphes ren- fermées dans des coques d'un tissu plus ou moins serré. Corpsépais, ou grêle, mais ailes roulées autour de lui. Ailes inférieures aussi larges que les autres, souvent même plus larges , trés-plissées au côté interne ; les quatre for- mant souvent un toit à vive arrête, ou moulées sur le corps.

TRIBU PREMIÈRE.

BOMBT CITES , Bomliy cites .

Antennes toujours pectinées, en scie, ou monili- formes. Point de vestiges sensibles de trompe. (Ailes horizontales ou en toit. Corselet laineux sans crête. Abdomen des femelles gros , ovalairc. Chenilles à seize

lo4 INTRODUCTION.

pattes ; les deux dernières remplacées dans quelques- unes par une double queue. )

I. Antennes soi/ monillformes , soif pourvues d'une seule rmis;ce de dénis , chez les deux sexes, ou simples dans les femelles et demi-pectinccs dans les mâles. {^Ailes ordinairement étroites et allongées , toujours en toit. Chenilles vivant dans l'intérieur des végétaux. Bords des anneaux de la chrysalide dentelés. )

87. Genre Hêpiale. Eepialus , Fab.

Antennes moniliformes ou grenues, beaucoup plus courtes que le corselet. ( Palpes très-petits et fort poilus. Ailes elliptiques, étroites et longues. )

08. Genre Cossus. Cossus, Fab.

Antennes sétacées , aussi longues ou moins longues que le corps, n'ayant qu'une seule rangée de dents chez les deux sexes.

09. Genre ZeuzÈre. Zeuzcra.

Antennes des mâles pectinées inférieureraent , sim- ples à leur extrémité; celles des femelles tout-à-fait simples , seulement cotonneuses à leur base- Il. Antennes entièrement hipectinécs dans les mâles. (Chenilles vivant à découvert. Anneaux de la chrj^salidc point dentelés sur leurs bords.)

40. Genre Botiihyx. Bomli^x , Fab.

I. Chenilles nues.

I. Chenilles allongées à pattes très-distinctes.

INTRODUCTION. 105

A. Chenilles à seize pattes.

a. Ailes horizontales.

5t- Chaque article des antennes du mâle birameux ou bidenlé de chaque côté.

)f-)c Chaque article des antennes du mâle unirameux ou unidenté de chaque côté.

h. Ailes en toit: les inférieures débordantes.

M" Palpes avancés en bec.

+ -K Palpes n'avançant point en bec.

c. Ailes en toit; les inférieures entièrement couvertes.

B. Chenilles à [quatorze pattes; les anales man- quant ; une queue fourchue.

2. Chenilles ovales, à pattes comme nulles.

II. Chenilles renfermées dans des fourreaux .

TRIBU DEUXIÈME.

WOCTUO-BOMBYCITES. Nocluo-Bomhy cites.

Antennes pectinées ou ciliées. Une trompe (sou- vent courte et peu cornée ). Palpes cylindracés , peu ou point comprimés, toujours courts. Ailes en toit ; les supérieures en triangle , dont la longueur n'excède pas plusieurs fois la largeur. ( Corps des Bombycites cependant plus grêle et plus allongé dans quelques- uns. Chenilles à seize ])attes. )

4i. Genre Arctie. Jrctia, Schrank.

Langue très-courte , et dont les deux filets sont

I06 INTRODUCTION.

ordinairement disjoints. Palpes hérissés. Antennes bipectinées , dans les mâles au moins.

42. Genre Callimorphe. Callimorpha.

Langue allongée, et dont les deux filets sont réunis en un seul. Palpes unis, ou ne paraissant pas héris- sés. Antennes simples, ou seulement ciliées.

TRIBU TROISIÈME.

TTN±ÏT-SS,— Tineites.

Antennes ordinairement simples. Une trompe. Palpes cjlindracés , peu ou point comprimés , courts dans les uns , très-longs et en forme de cornes recour- bées dans les autres. Ailes moidées sur le corps, ou roulées autour de lui ; les supérieures très-étroites et longues. Chenilles à seize pattes , en a^^ant rarement deux de moins , vivant en société sous une tente soyeuse; ou solitaires , et les unes rongeant le paren- chyme des feuilies, elles se tiennent à couvert; les autres se fabriquant des tuyaux servant de domicile et portatifs.

I. Antennes et yeux écartés.

ï. Une lans;ue distincte et allongée.

A. Ailes couchées horizontalement sur le corps, ou se mou- lant autour de lui, et lui donnant une forme trcs-allongéc, linéaire on cylindrique. Palpes n étant pas plus longs que la te te.

43. Genre LimosiE. Litliosia, Fab. Palpes jdus courts que la te te ; dernier article sen-

INTRODUCTION. 107

siblement plus couri: que le second, cylindrique. Ailes couchées horizontalement. Dos très-aplati.

44- Genre Yponomemte. Yponomeida.

Palpes de la longueur delatcte; dernier article aussi loulou plus long que le précédent, obconique. Ailes se moulant autour du corps en forme de demi- cylindre.

B. Ailes en toit. Palpes beaucoup plus longs que la tcle. en forme de cornes recourbées.

/(5. Genre OEgophore. OEcophora.

3. Langue point distincte, ou comme nulle. ( Un toupet re- marquable de poils ou d'ccaillcs sur le front. )

46. Genre Euplocame. Euplocamus .

Antennes très-pectinées.

47. Genre Teigne. Tinea, L

aine.

Antennes simples , ou tout au plus ciliées. 11. Antennes très-lûngucs, et j-eux presque contigus.

/{S. Genre Adèle. Adcla.

TRIBU quatrième.

K-OCTUÉI.ITES. Noctuelitcs.

Antennes ordinairement simples. Une trompe. Palpes très-comprimés. (Ailes horizontales ou en LoiL.

I08 INTRODUCTION.

Corps ]iliis squameux que laineux. Corselet et abdo- men ayant souvent des écailles relevées, disposées en crête ou en forme de dents. Abdomen conique. Chenilles ayant de seize à douze pattes. )

49- Genre Erèbe. Erchiis.

Dernier article des palpes presque aussi long ou plus long que le précédent nu.

5o. Genre Noctuelle. Noctua, Fab.

Dernier article des palpes beaucoup plus court que le précédent , squameux.

I. Chenilles à seize pattes.

1 . Chenilles demi-arpenleuscs ; leurs premières pâlies mem- braneuses, sensiblement plus courtes que les autres. Ailes presque horizontales, ou en toit large et écrasé.

2. Chenilles à pattes membraneuses de la même grandeur. Ailes en toit, ou horizontales, mais couchées l'une sur l'antre au bord interne.

A. j4iles horizontales appliquées l'une sur Vautre au bord intente.

B, j^iles en toit.

a. Bord postérieur des ailes supérieures entier ou légèrement denté.

•^ Corselet notablement huppé.

•^ Ailes supérieures guéres plus longues que larges.

q. Chenilles velues.

qq. Chenilles glabres ou simplement pu- bescentes.

INTRODUCTION. 109

•j^'l- Ailes supérieures allongées, nolalilemenf plus longues que larges.

Ht -k Corselet uni ou sans crête remarquable.

/;. Bord postérieur des ailes supérieures très-denté ou très-anguleux.

<0> Palpes guères plus longs que la tête. O <©' Paljjes beaucoup plus longs que U tête.

II. Chenilles à quatorze pades.

1. Palpes guères plus longs que la tète.

2. Palpes beaucoup plus longs que la tête.

b. Chenilles ayant de dix à douze pattes (arpenteu- ses). Nymphes presque nues. Corps grêle. (Ailes inférieures plus étroites que les supérieures, ou à peine de leur largeur, peu plissées au côté interne; les quatre souYCUt étendues, ou en toit large et écrasé. )

TRIBU CINQUIÈME. O

PHALÉlfflTXS. Phalœniles.

5i. Genre Phalène. Phalcena. I. Chenilles à douze pattes. II. Clienilles à dix pattes,

1. Corps épais. Palpes très-velus.

2. Corps grêle. Paljies peu ou point veluS.

A. Jilcs étendues; bord postérieur très-anguleux.

B. Jiles étendues; les inférieures prolongées et tron^ quêcs, comme terminées en queue.

IIO INTRODUCTION.

C. Ailes étendues, sans dents ni angles remarquables au bord postérieur.

D. Ades supérieures couvrant les inférieures et for- mant avec elle un iriamrle.

B. Chenilles renfermées dans des fourreaux fixes , qu elles se construisent le plus souvent avec des feuilles qu'elles roulent ; point de queue longue et fourchue dans celles dont les pattes anales manquent; insectes parfaits aj'ant les ailes en chappe , ou en triangle allongé , presque plan , et pourvus en même temps de palpes grands recourbes sur la tête, {^Port des Phalé- nites dans un petit nombre.)

TKIBU SIXIÈME.

PirRAI.ITXS. Pyralilcs. 5s. Genre PlatyptÉryx. Platjyierj'x.

Chenilles à quatorze pattes ; les anales manquant. Ailes larges, point en chappe ni en triangle allongé et presque plan.

Nota. Antennes des mâles pectinées. Palpes très-courts. Langue très-courte ou presque nulle.

53. Genre Herminie. Hcrminia.

Chenilles à quatorze pattes ; la première paire des membraneuses manquant. Ailes formant avec le corps un triangle allongé et presque horizontal ; hord an- térieur des supérieures droit, point arqué à la hase.

Nota. Antennes le plus souvent presque pectinées ou ciliées dans les uiàles. Palpes toujours plus ou moins grands, re- courbes , comprimés.

INTRODUCTION. I i j

54. Pyrale. PjTalls. Fab.

Chenilles à seize paltes. Ailes supérieures élargies à leur base ( en chapjje ) , formant avec le corps une espèce d'ellipse tronquée , ou un triangle dont les côtés opposés sont arqués près de leur réunion.

Nota. Antennes simples. Palpes ordinairement courts.

I. Palpes peu ou point recourbés au-dessus de la tête, ni en forme de cornes re jetées en arrière.

1 . Second article des palpes notablement plus long que le troisième (le dernier), plus couvert d'écaillés ; celui-ci court, tronqué ou obtus.

2. Second et troisième articles des palpes presque égale- ment longs et écailleux.

A. Palpes courts. Corps peu allongé.

a. Palpes relevés. Ailes supérieures divergentes et laissant une partie des inférieures à découvert dans le re2)OS. (Paltes membraneuses des chenilles eu forme de jambe de bois. )

h. Palpes avancés. Ailes inférieures entièrement cou- vertes dans le repos.

B. Palpes avancés. Corps allongé.

II. Palpes recourbés sur la télé , en forme de cornes repliées en arrière.

112 INTRODUCTION.

2. Quatre palpes.

TRIBU SEPTIEME.

CAAMBITES.— Cramhites.

Nota. Ailes en triangle allongé, écrasé, ou roulées autour du corps.

I. Ailes supérieures n'étant pas très-étroites, ou plus longues que larges , formant avec le corps un triangle aplati, presque horizontal.

56. Genre BoTYS. Botj's.

Une langue.

67. Genre Agi-osse. Jglossa. Point de langue.

II. Ailes supérieures tres-é traites, ou beaucoup plus longues que larges, moulées autour du corps , ou inclinées presque perpen- diculairement, et enveloppant ses côtés.

68. Genre Gallerie. Gallcria, FaL.

Langue presque nulle. (Palpes supérieurs cachés sous les écailles du chaperon , qui forment une sorte de voûte ; le second article des inférieurs ou des plus grands sans faisceau d'écaillés avancées. )

69. Genre Grambus. Cramhus, Fab.

Une langue distincte. Les quatre palpes très-appa- rens; les inférieurs très-grands. Tête n'ayant pas de

INTRÛDUCTIOK. Il3

toupet d'écaillés. ( Ailes moulées sur le corps et lui donnant une forme cylindrique.)

(io. Genre Alucite, ^hicUa, F;ib, "

Une langue très-distincte. Palpes supérieurs point découverts ; le second article des inférieurs ayant un faisceau d'écaillés allongées et avancées. Un toupet sur le front. ( Ailes très-inclinées. )

II. Les quatre ailes, ou deux au moins, Jendues.

TRIBU HUITIÈME.

PTÉROPHOHITES. Ptcrophorites. 6i. Genre Ptéuophore. Pteroplioriis. GeolTroj.

Palpes pas plus longs que la tête, recourbés dès leur naissance, entièrement garnis de petites écailles. Chrysalide nue , suspendue par un fil,

62. OrnÉode. Orneodcs.

Palpes sensiblement plus longs que la tête, avan- cés; leur second article très-garni d'écaillés; le der- nier presque nu , relevé. Chrysalide dans une coque.

Le tableau que nous venons de reproduire est ex- trait des Considéi'atioyis générales sur les in socles. Il [)rcsente toute la série des genres que Latreille avait adoptés ou créés jusqu'en 1820. La méthode est à peu près la même que celle ])ubliée par lui en

LKPIDOPTF.RES, TOMKI. 8

11^ INTROnUCTION.

1809 dans son Gênera^ et la plupart des coupes génériques qu'il a adoptées depuis, étaient déjà indiquées dans cet ouvrage ; seulement il avait ap- pelé tribus ce que plus tard il nomma familles , et vice verset , et il commençait la série des Diurnes par les Tétrapodes; puis il passait des Coliades aux Ery- cines , Polyommates et Hespéries.

Depuis l'article Papillon de l'Encyclopédie , cet entomologiste publia ses Familles naturelles du Bègne animal en iSaS , et la partie entomologique à\x Règne animal de Guvier en 1829. Dans le premier de ces ouvrages il fait peu de changemens dans les Diurnes ; il place les Libythées entre les Biblis et les Vanesses ; il adopte le genre Eurjhia d'illiger, que Godart avait déjà publié dans l'Encyclopédie , et il le met entre les Satyres et les Brassolis ; les Erycines sont reportées après les Polyommates, et suiviesdu ^enre B ai bico mis , déjà adopté dans l'Encyclopédie, et du ^enre Zephj- rius de Dalman. Ptelativementà ce dernier, Latreille a commis une erreur singulière , qui tientévidem- raent à ce qu il ne connaissait que très-imparlaitement les travaux de Dalman, car il aurait vutjue dans ses descriptions des Lépidoptères de la Suède cet auteur donnait le nom de Zephyrius à tous les Plébéiens ru- raux de Linné, et que ce nom était le synonyme de Po- lyommatus. Dans son Analecta enlomologica^ p. 102, il dit que l'extrémité des antennes du Papilio trio- pas Cr. [Zephyrius triopas X)â\ïi\.) lui a paru plus moniliforme et moins en massue cjue dans les espèces congénères. D'après cela , Latreille a cru que Dalman en avait formé un nouveau genre sous le nom de Zephyrius.

Dans les Crépusculaires il créa une nouvelle tribu

TJfTRODUCTION. ir5

[ Hesperies- Sphinx ) ^ qui précède immétliatement celle des Sphingides, et qui est composée des genres Castnia Fab. , Agariata Leach , et du nouveau genre Coi'onis.

Les Sphingides sont augmentés des genres Ache- fontia et Macroglossa.

La famille des Nocturnes est toujours divisée en huit tribus. La première est augmentée des genres Attacus et Lasiocampa ; les genres Cossus e\. Zeuzera en sont retirés, et le genre Hepialus ^ qui en est si voisin, y reste.

La tribu suivante , ou celle des Faux-Bombyx^ est accrue des genres Cossus, Zeuzère^ Queue-Fourchue, Dicranoure, Platyptéryx , Notodonte, Orgya et Li- macode ; le genre FJcaille est substitué au genre Arctia .

Celle des Tinéites offre de plus , entre les Euplo- cames et les Teignes^ le genre Phjcis.

La tribu des JNoctuélites est augmentée de quatre genres nouveaux, qui sont : Calyptre, Gonoptère , Chrysoptère et Plusie.

Celle des PyraliLes est appelée celle des Tordeuses. Les Platyptéryx en sont retirés et reportés, avec rai- son^ près des Faux-Bombyx. Les genres Volucre, Xylopode et Procérate , formés aux dépens des Pyra- les, y sont ajoutés.

Celle des Phaléniles , qui était la cinquième, de- vient la sixième , et est augmentée des genres Mé- trocampe et Hybernie.

La septième tribu, ou celle des Crambites, n'a subi d'autre changement que l'addition des genres lUithja et Hydrocamp a.

La huitième et dernière est restée, comme elle était,

I (6 INTRODUCTION.

comjioséc des deux eenres Ptérophore et Ornéode.

Dans la dernière édition du Règne animal de Cu- vier, Latreille a remplacé le nom de tribu par celui de section. Les changemcns pour les Diurnes se bor- nent à l'addition du i^enre Zelitna , de Fabricius, entre les Papilio et les Paninssius ; à l'adoption du genre Pavonie , formé avec une section des Morpîios et à celle du genre Eumenia ^ déjà signalés l'un et l'autre j)ar Godart dans l'Encyclopédie ; et enCn au dépla- cement des Erycines , c{ui , de nouveau, sont ]jlacées avant les Polyommates.

La famille des Crépusculaires , qui était formée de trois tribus dans l'ouvrage précédent , est augmentée de notre tribu des Sésiaires, dont le nom a été cbangé , nous ne savons trop pourquoi , en celui de Sésiades. Le déplacement à\i '^enve Stjgla.^ opéré par nous pour le placer près des Cossus, est adopté.

Les Nocturnes , qui étaient divisés en huit tribus, sont ici jiartagés en dix sections.

La première, qui est tout-à-fait la même que notre tribu des Zeuzérides , comprend les genres Hepialus , Cossus^ Stygiaei Zeuzera ^ sous \e nom d'IJéjjialites.

La troisième renferme les genres Séricaires, Noto- donte, OrgyC;, làmacode , Ecaille et Callimorpbe, et est augmentée du genre Psyché. Le genre Lithosie est retiré delà tribu des Tinéites et placé à côté des Callimorphes comme dans notre Index.

Le reste de la tribu des Faux-Bombyx constitue la section des Aposures, composée des Dicranourcs et des Piatyptéryx. Le genre Queue-Fourchue est su])- prinié et réuni aux Dicranoures.

La cin(|uième section est celle des Noctuélites , elle est composée des Erèbcs et Noctuelles, Les quatre

INTRODUCTION. I \n

irenres Calj^ptre, Gonoptère, Chrysoptèrc cl Plusie sont passés sous silence.

La section suivante est celle des Tordeuses ; elle n'a subi d'autre changement que le retrait du genre Herminie.

La septième répond complètement à celle des Pha- lénites , mais le nom est changé en celui à'^rpeii- teuses.

La huitième est celle des Deltoïdes, formée du seul genre Herminie.

La tribu des Crambites est réunie aux Tinéites, et constitue sous ce dernier nom la neuvième section,

La dixième , ou celle des Fissipennes , est la même que la tribu des Ptérophorites.

En dernière analyse, le tableau suivant donne la série exacte de l'ordre des Lépido])tères, tel que M. Latreille l'a laissé au moment de sa mort.

flIURNKS.

Genres. Typ«.

j. Pàpilio ..... P. machaon,

1. Zelima P. pj-ladcs, Fab.

.3. Parnassius. ... P. apollo.

4. Thaïs P, rumina.

5. PiERis -P. hrassicœ.

6. CoLiAS p. rhamni.

7. Danais P. plexippiis , midamus.

8. Idea P. Idea, Gr.

n. Helicokia ... p. psidii, ricini.

10. AcR^A P. horta.

11. Getuosia> .... P. penthesilea, Cr. ; juno. Cr.

12. Argynnis P. paphia. phœhe.

13. Vanessa P- alalanla . io.

14. LiiîYTUEA P. cellis.

i5. BiBLis P- hj-peria, Cr. ; i/ldhj-a. Cr.

1X8 HNTKODUCTION.

Genres. TtP^^-

iG. Ni'MPHALis .... P. iris . jasius , sihjrllu.

17. MoRPHO -P. mcnelaus, phidippus.

i8. PjlVONIa P- teiicer.

19. Brassolis P. sophorœ.

20. EuMENiA P- minijas, Hiibuer.

21. EuRYBiA P- Salonie. Fab.

22. Satvrus P. mœra, gahtlca.

2 3. Erycina P- ciipido, manihus , mandana, Fab.

24. Myrina P- eiuigoras, Fab.; atyinnus , Cr.

2.5. PoLYOMMATL'S . P- (tfgus , qitcrcus , gordius.

26. Barbicornis ... n. sp. Basil is, Encjcl.

27. Zephyrius. . . . (Delendum.)

28. Hesperia P- nudvœ, protcus, co/nma.

29. Urania P- leilus, riplicus, pairoclus.

CRÉPUSCULAIRES.

30. Agarista Plctn , Leach.

3i. GoRONis Jgarista Leachii, Encjcl.

32. Gastnia P- dcvdahis, Cr. ; Licas.

33. Sphinx Sph. convolvuU, porcelhis.

'6{. Macroclossa. . . Sph. stellaiarum.

35. AcHERONTiA . . . Sph. otropos . triangularis, Donov.

36. Smerinthus. . . . Sph. popdi, quercus.

37. Sesia Sph. apiformis.

38. Thyris Sph. fenestrina.

09. jEgocera Bombyx venalia, Gr.

40. Zyg^na Sph . filipendula .

41. Syntomis .... Sphinx quercus , cerhern.

42. Glaucopis . . . . Zyg.auge. argj-nnis.

43. Atychia Sphinx chima'ru, H.

44. Procris Zfgœna siafices , Fab.

45. Aglope Zrgcena infausta, Fab.

?)OCTURNES.

4(1. IIepialiis Bomhyx hinnuli.

'17. GossLS B. lupnlinus , cossus.

INTRODUCTION.

^9

Genres.

Types.

48.

Stfgia. . . .

. . B. terehelhim, Hiibner.

49-

Zeuzera. . .

. . B. cesculi, scalaris, Fab.

5o.

Saturnia. . .

B. atlas , pcA'onia major.

5i.

Lasiocampa. .

. . B. quercifoUn , ilicifolia.

52.

Bombyx . . .

. . B. mori, querciis, ncustriai

53.

Sericaria. . .

jy ( dispar, vcrsicolora . piulllnutda , ' \ anaslomosis.

54.

NOTOBONTA. .

. . B. zlczac , ramrUna.

55.

Orgta ....

. . B. aniiqua , s^onostigma.

56.

LiMACODES . .

B. testudo.

57.

PSYCUE. . . .

. . B. t'est lia.

58.

Cheloma. . .

. . B. caja, mcndica.

59.

Callimorpha.

B. dominula, rosea.

60.

LiTHOSIA . . .

. . B . quadra , pulchella .

61.

DlCRAKOFRA .

. . B. vinula.furcida.

62.

Platypteryx.

Ph. lacertaria, Fab.

63.

Ereeus. . . .

. . Noctiia odora , slri.v , Fab.

64.

NOCTDA. . . .

. . Noctua elocata. pronula, ineliculosu.

65.

Galyptra. . .

. . Noctua thalictri, Hub.

66.

GONOPTERA. .

. . Noctua lihatrix.

67.

Chrysoptera .

. . Noctua moneta, concha.

68.

Plusia ....

. . Noctua cliiysltis, festucœ.

69.

Pyralis. . . .

Tortrix quercana, sorbiana .

70.

VOLDCRA . . .

. . Tortrix keracleana.

/i-

Xylopoda . .

. . Tortrix dentana .

72.

Procep.ata . .

. . Tortrix soldana.

73.

PUAL/ENA. . .

. . Geometra rohoraria, purpuraria.

74.

Metrocampa .

GcoTti. honoraria, margaritaria.

75.

Htbernia. . .

. . Geom. defoUaria, zonaria.

76.

Hermiîvia. . .

. . Cramb. rostralis, proboscidalis .

77-

BOTYS ....

. . Urticalis et verticalis.

78.

Hydrogampa .

. . Potamogalis, nj'mphœalis

79

Aglossa . . .

. Pinguinalis , farinalis.

80

Galleria. . .

. . Tinea cerella.

81

Crambus . . .

. . Pratclla, culmella.

82

Alucita . . .

. . Tinea rostrclla, bicostella, x^losiella

83

EuPLOCAMtJS .

. . Tin. anthracinella.

81

PuYCIS . . . .

. . Tin. holctclla.

85

. TlNEA . . . .

. . Tin. granella, pcllionella .

120 INTRODUCTION.

Genres. ^JP*^*

86. Illithya Cnnnhiis carneiis.

87. Yponomeuta . . . Evonrmella, pndclîa.

88. QEcoruoRA. . . . Tinta viifirnilrcUa , hractcella,

8g. Adela Tin. suitzclht, rcainnurclhi.

go. Pterophorls . . . Tin. pcnladacly^la , didaclj'hi .

gi. Orneodes Tin. hc.vddaclj'la.

Quoique M. Latreille ait quelquefois fait usage , dans sa méthode^ des caractères tirés de l'état de larve ou de nymphe , on a pu voir, par l'extrait que nous venons d'en donner, qu'il les a puisés presque tous dans l'insecte parfait, ce qui lui a parfois occasioné des rap- prochemens moins heureux que ])0ur les insectes des autres ordres : entre autres, on ne conçoit pas trop ]iourquoi il a mis Y Hepiahis htpiiUnus , dont la che- nille olire les mêmes mœurs et les mêmes caractères que celles des autres espèces , ])armi les Cossus; et pour- quoi il a fait un genre de la Procris iufausta^ si voisine delap/7<7?i, tandis qu'il laisse ensemble, sous le nom de Glaucopis ^ toute cette série d'exotiques qui avoi- sine les Zygènes. S'il eût mieux connu les chenilles il n'aurait probablement pas restreint le genre Orgya aux espèces dont les femelles sont Aptères , et si toute- fois il eût persisté à mettre les espèces à femelles ailées dans le genre Sericaria^ espèce de magasin l'on est tout étonné de trouver le Versicolora à coté du Mona- cha^ il n'aurait pas séparé ces deux genres par les JNotodontes. Il y aurait beaucoup d'autres observations à faire, ne fût-ce que pour le genre jEgocera ^ qu'il place dans îa section des Sésiades, lorsqu'il en crée une à part pour les Agaristes ; ou pour le genre Eu- ryhia^ qu'il met entre les Brassolis et les Satyres ; mais lorsque Ion regarde ce qu'était l'entomologie

INTRODUCTION. 121

avant Laticillc, et les progrès qu'il lui a lait faire, on comprend facilement cju'il n'ait pu étudier l'ordre des Lépidoptères comme les savans qui se sont exclu- sivement adonnés à cette spécialité.

Lamarck , qui avait pour système, dans la classifi- cation des êtres , de commencer par ceux dont les organes étaient le moins développés pour arriver gra- duellement à ceux ils Tétaient le plus, a donné, dans ses animaux sans i^ertèbres , une méthode inverse de celle que l'on avait suivie jusqu'alors. îl commence la série des Lépidoptères parles Ptéropliores , et il la termine par les Papillons. Les Nocturnes sont divisés en trois familles, savoir: Rouleuses , Pyralites et Pbalénites. La première comj)rend les Ptéropliorites et une grande partie des Tinéites de Latreille; la se- conde est formée des genres Botjs , Aglosse, Pyrale, Herminie et Platyptéryx ; enfin , la troisième , ou celle des Phalénites , est constituée par les genres Phalène , Campée ( Meirocampa , Lat. ) , Noctuelle , Callimor- phe, Bombice , Furcule {Dicranoura ^ Lat,), Hé- piale et Cossus. Les Crépusculaires forment une seule famille^ composée de huit genres. Les Diurnes ne forment aussi qu'une setde famille^ répartie en dix coupes génériques.

La plupart des genres ne diilèrent aucunement de ceux que Latreille avait publiés dans son Qenera ; seulement le nombre en est plus petit, les caractères en sont moins restreints, et l'acception du nom est quelquefois changée. Dans les Diurnes , par exemple, son genre Libythée comprend les Vanesses ^ les Ar- gynncs, les JN'ymphales, les Céthosies et les Liby- thécs. Son genre Argus est un composé des Polyom-

12 ^ INTRODUCTION,

mates, des Erycines et des Myriues. Le j^enre Danaïde contient , outre les Danaïdes de Latreille , les Héliconiens, les Acrées et les Idéa. Les Coliades sont réunies aux Piérides , et les Satyres constituent son grnre Nymphale. Les Nocturnes et les Crépuscu- laires se composent d'éléinens tout aussi liétéro- gènes : nous ne citerons que le genre Slj-gia ^ dans lequel Lamarck fait entrer toutes les Zygénides exo- tiques.

La méthode de M. Duméril est presque aussi simple que celle de Linné. Il répartit l'oidre des Lépidop- tères en dix-sept genres seulement, et de la miuiière suivante :

PREMIÈRE FAMILLE.

GLOBULTCORNES ou RHOPALOCÈRES. Antennes terminées en massue.

I. Geni'e Papillon. Papillonulcs , Laireille.

Masse des antennes droite. Ailes planes ou verti- cales dans le repos.

2. Genre Hksperia. Polj'ommatei- oA Evycines, Laireille.

Masse des antennes en crochet. Ailes planes ou verticales dans le repos.

3. Genre HétÉroptÈre, Hespéries, Latreille.

Masse des antennes en crochet. Ailes supérieu- res verticales; les inférieures horizontales dans le repos.

INTUODUCTION. 123

DEUXIÈME FAMILLE.

FUSICORNES ou CLOSTÉROCÈRES.

Antennes en fuseau ou en prisme , plus grosses au milieu qu'aux extrémités. Une soie raide au bord externe de l'aile inférieure.

i. Genre Sphinx. Sphingides , Latreille.

Antennes prismatiques , renflées au milieu , ter- minées par des articles plus grêles, en soie. Ailes longues , triangulaires , horizontales dans le repos. Abdomen conique , pointu.

.5. Genre SÉsie. Sesiades, Latreille.

Antennes en massue allongée, courbée, terminée en pointe. Abdomen non pointu , plat , tronqué ou arrondi. Ailes variables.

6. Genre ZygÈne. Z^-génidcs , Latreille.

Antennes prismatiques, simples ou pectinées. Ailes en toit. Port d'une Phalène.

TROISIÈME FAMILLE.

FILl CORNES ou NÉMATOCÈRES.

Antennes en fil, souvent pectinées. Une soie au bord externe de l'aile inférieure. Ailes supérieures le plus souvent en forme de toit.

la/f INTRODUCTION.

7 Genre Bomcyce» Bomhyxiies e( Faux-Bomln'^y , LaLreille.

Antennes pectinées ou barbues. Une trompe courte.

8. Genre Cossus. Cossus et Zeuzerc, Lalreille.

Antennes pectinées ou dentées en scie. Ailes en toit. Point de trompe visible.

g. Genre HÉpiale. Cossus et HcpiaJe , Lalreille.

Antennes filiformes , à articles courts , pressés , ar- rondis en firains de cbapelet.

QUATRIÈME FAMILLE.

SÉTICORNES ou CHÉTOCÈRES.

Antennes en soie, rarement pectinées. Ailes varia- bles pour le port et la forme.

lo. Genre LiTHOsiE. Lithosic, Lalreille.

Ailes allongées , formant autour du corps un four- reau plat en dessus.

II. Genre Noctuelle. Noctuclilcs , Lalreille.

Ailes inclinées en toit voûté à base aiguë. Antennes moins longues que le corps.

lî. Genre Crambe. Dcltohlcs et Tinèiies, Lalreille. Ailes triangulaires inclinées eu toit plan.

INTRODUCTiOX. 12 5

lo. Genre Pii.vtÙNE. Jriumleuse.s. Lalreille.

Ailes étendues planes , horizontales , non di- visées.

14. Genre Pyrale. Tordeuses , Latreille.

Ailes en toit large à la base , légèrement croisées. Antennes courtes.

i5. Genre Teigne. Tlncitci\ Latreille.

Ailes entières , en fourreau arrondi , court ; les in- férieures plissées en long.

16. Genre Alicite. fidèles, Latreille.

Ailes en toit rétréci en devant , écbancré en arrière. Antennes très-longues. Pattes grêles , longues, épi- neuses.

17. Genre Ptérophore. /^w«/>e««ej', Latreille.

Ailes étendues dans le repos , fendues ou divisées en plumes ou en branches barbues.

En 1816 , Dalman publia , dans les J[ des de V Aca- démie de Stohholin^ la classification méthodicjue et la description des Lépidoptères de la Suède. Aucun auteur, à ma connaissance , n'a formulé ses genres d'une manière plus nette, et il a, je crois, le premier, eu l'heureuse idée de faire l'application, aux ailes des Lépidoptères , des caractères tirés de la disposition des nervures. 11 commence la série des Diurnes par les Tétrapodes, et il dispose ses genres dans l'or- dre suivant :

126

INTRODUCTION.

Genres.

LiMONITIS

Aglais. . Argynnis

MeuTvEA.

Erebia. .

Amaryssus.

DoRITIS . .

Ganoius. . Zephyrius.

2'. FAMILLE. | HeSPERIA.

Tétrapodes.

Types. Pap. populL

urlccœ.

adippe.

al ha lia,

ligea.

Hexapodes.

machaon.

apollo.

brassicœ.

betulœ, argus, chryseis.

Il établit dans le genre Garioris une phalange qu'il nomme Codas., et qui répond entièrement au mcme genre de Latreille. Il partage également le genre Zephyrius en trois phalanges , Aurotis , Heodes et Cyaniris .^ correspondant toat-à-fait aux genres TJie- cla., Polyoniniatus et Argus.

Il divise, comme Latreille l'avait fait dans son Gênera , les Crépusculaires en deux familles , dont les genres sont coordonnés comme il suit :

Genres. Types.

DiLiNA Sph. ocellaia.

FAMILLE. J. Sphinx ligustri.

Hemaris JuciJ'ormis.

i Sesia apiformis.

1''. FAMILLE. < Zycena fiiipendulœ.

I Aclaope sialices.

Je ne crois pas que la suite de ce travail ait été pu- bliée , mais ce qui en existe peut être considéré comme

INTRODUCTION. 12^

un chef-d'œuvre de clarté et de précision qui fera long-temps regretter la perle de cet entomologiste distingué.

Godart , qui ne paraît pas avoir eu connaissance des travaux de Dalman sur la structure anatomique des ailes des Lépidoptères, a fait cependant usage avec beaucoup de succès de la disposition des nervures, dans l'Encyclopédie. A la tête du tableau qui termine le second volume des Lépidoptères de France, il dis- tribue la série des Diurnes d'après la cellule Hiscoïdale des ailes inférieures, et, à l'aide de cet excellent ca- ractère, il a beaucoup amélioré la méthode de M. La- treille, et facilité l'étude des genres. Il s'est nussi servi avec avantage du renflement de la nervure costale pour séparer les Biblis et les Satyres des genres voi- sins. Il avait promis de donner un tableau semblable à la fin de chacune des deux autres familles de ses Lépidoptères de France; mais, outre qu'il avaitbeau- coup moins étudié les Nocturnes que les Diurnes , il aurait, s'il eût vécu plus long-temps, rencontré une foule de difficultés, surtout s'étant astreint, comme il l'avait fait, à adopter seulement les genres de La- treille, qui ne sont presque que les grandes divisions de Linné.

M. Duponchel, son continuateur, n'a pas tardé à s'apercevoir que ces genres étaient trop étendus : pour mettre son ouvra£,e en harmonie avec les pro- grès de la science, il en a adopté une grande quan- tité de nouveaux, empruntés aux auteurs allemands ou anglais, et en a créé plusieurs qui lui sont pro- pres ; de sorte que la partie rédigée par M. Dupon- chel s'est éloignée de plus en plus de la méthode de

IftH INTRODUCTION.

Latreille^ pour se rapprocher, au contraire, de celle Je M. Treitschke.

Toutes les méthodes dont nous venons de parler sont en général fondées sur des caractères tirés de l'in- secte parfait, et, si dans quelques-unes il est parfois question des larves, ce n'est que comme caractère très -secondaire. Maintenant nous avons ^ à parler d'une autre qui est entièrement établie d'après les che- nilles. C'est celle de MM. Denis et Schifïérmûller, qui a paru en 1776, sous le titre modeste et anonyme de Catalogue systématique des Lépidoptères des envi- rons de Vienne. Qui croira que cette méthode, peut- être la plus parfaite de toutes , est restée pendant plus de quarante ans sans être appréciée à sa juste valeur? A cette époque, Linné était tout puissant; son système était adopté partout, et aucun natura- liste n'aurait osé s'en écarter, et bien moins encore faire de l'opposition. C'est même par déférence pour ce grand homme que MM. Denis et ScijiiFermûller ne donnèrent point de noms à leurs familles, parce qu'ils y attachaient , disaient-ils , la même valeur c[u'aux genres des botanistes. Leurs observations sont telle- ment exactes^ pour la plupart, que tous les travaux postérieurs n'ont fait que les confirmer, et que leurs familles sont maintenant presque toutes adoptées comme genres. Il nous suffit pour le démontrer, de citer, en exposant le tableau de ces familles, une espèce typique, avec le genre actuel auquel elle se rapporte.

Ils commencent leur méthode par les Sphinx , Sphinges, qu'ils divisent ainsi :

INTRODUCTION'.

I2C)

F/irn. A. B. C. D. E. F. G.

Lai

SpniNGF.S. \x nci'or(^j)liala'. ainplocejilialtc. macLiIalœ. ophthalmicte. elongatœ. suLpilosœ.

Typ<«;. Occllnht. Ccm'olvuh. Euphoibiœ. Cclcrio. Slellatarum. Apiformis.

phakcniformes . Filipendulœ.

Gpnrns achiois. S\!EniATHrs.

Sphinx. Deilepuila. DeilEphila. (Seclion.)

Macroglossa. Sesia.

ZyCiENA.

I. Larva pedibus i6 instructa.

Fa m.

PHAL/EN.E.

Types.

Genres actuels.

A. Larvse sphli]e;iformes.

f^ersicolora .

Endromis.

B. . .

. verlicillatce.

Pj^n.

Saturnia.

C. .

. tuberosœ.

Ruhea.